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Centrales nucléaires du couloir rhodanien

Sécurité des centrales nucléaires du couloir rhodanien :
          Alerte aux tsunamis ou à l’assèchement* brutal.

* baisse significative et rapide du niveau de l’eau
 
    NEXT-UP ORGANISATION   26 03 2011
  Dans le journal Le Crestois du 25 mars 2011 le député Hervé Mariton
déclare : "La fermeture de la centrale du Tricastin serait un sinistre
économique majeur", ce qui a entraîné la réponse de l’autre figure
régionale Éric Besson, Ministre de l’industrie en ces termes : "La
fermeture de cette centrale n’était pas à l’ordre du jour, … La central du
Tricastin au même titre que les autres sera soumise à la procédure
d’audit annoncée par les Premier Ministre en tenant compte de l’accident
dramatique de Fukushima".
Le prolixe Hervé Mariton rajoutant : "Il ne faut céder à aucun lobby, ni
pro, ni antinucléaire. C’est mon cas".  
 
  Quant à Michèle Rivasi elle répond en ces termes : "Avant de parler du
poids économique que représente le nucléaire, c’est avant tout à la santé
et à la sécurité des citoyens drômois et ardéchois vivant autour de cette
centrale qu’il faut penser. L’emplacement et l’âge de la centrale du
Tricastin comporte trois risques : Un risque sismique, la centrale étant
construite sur une faille, un risque d’inondation par rupture de barrage, et
l’effet domino qu’un accident pourrait causer du fait des nombreuses
usines situées sur le site".  
 
  Hervé Mariton et Éric Besson ont la mémoire courte pour oublier l’avalanche d’incidents et d’accidents survenus
récemment à la centrale nucléaire du Tricastin qui ont tenu pendant des mois les Français en alerte.  
  D’ailleurs au-delà de l’aspect santé publique, Tricastin est maintenant associé à une tare locale difficile à porter.
Non seulement la pollution physique de toute la zone est réelle en rendant l’eau impropre à la consommation,
mais aussi en terme d’image négative (activité vinicole) et à un effondrement de l’immobilier. En dire plus n’est
pas nécessaire, pour les initiés le dossier Tricastin est une "encyclopédie" du mensonge chronique.   
 Tsunamis sur le Rhône  
  Dans le couloir rhodanien de nombreux barrages hydroélectriques régulent la hauteur manométrique du Rhône,
ceci en fonction du débit naturel, mais aussi artificiellement en fonction des heures de la journée où soit l’eau
est stockée en partie dans tout le lit du fleuve aux heures creuses, soit turbinée pour injecter plus d’électricité
aux heures de fortes demandes. L’eau du fleuve est donc régulée tant faire que se peut jusqu’à plusieurs
milliers de m³/seconde (moyenne de 3000 à 6000 m³/s). Lorsqu’il y a un débit trop important qui ne devient plus
canalisable (> 10 000 m³/s) l’eau s’écoule par des déversoirs dans des zones dites inondables, c’est  ce qui se
produit en moyenne une à deux fois par décennie avec des amplitudes variables.
 
  Les centrales nucléaires situées dans la vallée du Rhône ont leurs prises d’eau nécessaires au refroidissement des réacteurs qui sont situées sur les berges du fleuve.
 
  Parler de tsunamis sur le Rhône pourrait faire rire, sauf que la réalité est tout autre notamment pour ce qui l’on
vécu, ce qui est le cas de l’auteur du présent.  
  Un tsunami se définit par un séisme, un éboulement, un glissement de terrain, un événement qui engendrent un
gonflement d’une masse d’eau sous forme de vagues qui peuvent atteindre plusieurs mètres, voire pouvant
aller à une amplitude de plus de 20 mètres. Il y a chaque jour des centaines de tsunamis dans monde, la
plupart ont une amplitude de vagues de quelques centimètres et passent inaperçus.    
 
  Les faits : Le 22 septembre 2006 vers midi un tsunami composé de deux
vagues déferlantes a eu lieu dans le bief de partage situé entre les
barrages de Bourg-Lès-Valence et celui de Beauchastel ayant une chute
d’eau de 11,8m et comportant six turbines de type Kaplan de 32 mw.  
 
  A cause du silence des autorités, difficile de savoir exactement les
causes exactes qui ont provoqué ces deux vagues déferlantes à contre
courant dans le sens sud-nord sur le Rhône. Est-ce une fermeture non
contrôlée de vannes des groupes des turbines (groupes bulbes) du
barrage ou des essais qui auraient mal "tourné" des systèmes de vannes
déchargeuses qui servent à diminuer les vagues néfastes en cas de
brutale interruption de l’activité des groupes turbines, à ce jour nous ne
pouvons toujours pas apporter de réponse à cette question. CNR Barrage de Bourg-lès-Valence
  Ce qui est sûr c’est qu’un tsunami de plus d’un mètre de haut a remonté
le Rhône sur plus de 20 kilomètres pour se fracasser avec une grande
violence contre la structure aval du barrage de Bourg-Lès-Valence.  
 
  Par chance tous les bateaux navigants sur le Rhône dans cette zone se
sont trouvés l’étrave ou la proue face aux vagues, si l’effet de surprise fut
total et le choc brutal, en fonction de cette configuration favorable aucun
incident ne fut à déplorer.  
Par contre cela ne fut pas le cas lorsque celles-ci se sont littéralement
engouffrées à grande vitesse dans la passe d’accès située plein sud du
port de plaisance de l’Epervière de Valence.  
Personne n’ayant été averti, la surprise fut totale pour les quelques
dizaines de personnes présentes dans les bateaux de plaisance au
moment de la préparation du repas.  La première vague, supérieure à  
1 mètre qui fut la plus importante projeta les bateaux d’un coup, ils
s’entrechoquèrent dans des mouvements de grandes amplitudes, tout
vola en l’air dans les carrés (cuisines), les pontons flottants résistèrent
aux tractions des amarres, néanmoins la force brutale fut telle que
certains se disloquèrent par arrachement du métal. Il fût aussi constaté
sur les bateaux des dégâts des structures et de nombreuses bites
d’amarrages furent couchées (attaches) par la force subite des tractions
exercées sur les amarres.   
 
Ponton  Port Epervière Valence  
Arrachement et déformation longeron métallique

  Ce tsunami qui peut être classé en incident mineur pourrait-il avoir une autre ampleur ?  
  Un tsunami de plusieurs mètres, pourrait-il avoir lieu notamment l’été lorsque le niveau du Rhône est bas si un
barrage, une écluse ou des turbines seraient défaillants ?   
Tout est dans le domaine du possible, un tremblement de terre en serait évidemment la cause la plus probable
et le plus dommageable avec des hauteurs manométriques de chutes d’eau des barrages comprises entre 11 et
plus de 20 mètres, de nombreux scénarios avec diverses variantes sont possibles.  
 
  Néanmoins, après ce que nous avoir vu au Japon, qu’adviendrait-il si un tel tsunami s’engouffrait avec une
force d’inertie dans les prises d’eau des refroidissements des centrales nucléaires ou pire provoquerait des
dégâts aux pompes et systèmes électriques connexes.
 
  Un tsunami en aval provoque un assèchement en amont !!
 
  Néanmoins en analysant les complexes hydrauliques de la vallée du
Rhône où sont situées les centrales nucléaires, on se rend compte que
beaucoup d’autres événements pouvant générer des problèmes soit de
submersion des prises d’eau de refroidissement ou l’inverse un
"assèchement" partiel du Rhône ou plus exactement par exemple celui
du canal du Rhône de Donzère Mondragon qui subitement ne permettrait
plus un débit l’arrivée d’eau correct au refroidissement des 4 réacteurs
de la centrale du Tricastin.  
Cette hypothèse n’est pas issue d’un scénario "d’allumés", mais bel est
bien dans le domaine du possible !
 
  La prise d’eau de refroidissement des 4 réacteurs de la centrale
nucléaire du Tricastin est située à moins de deux kilomètres juste en
amont du barrage de la centrale hydroélectrique de Bollène André
Blondel sur le canal de Donzère-Mondragon, qui n’est en réalité que la
dérivation du fleuve Rhône.
La construction de cet impressionnant barrage s’est échelonnée de 1947
à 1952, soit il y a plus d’un demi-siècle, ce barrage est même classé
monument historique, un comble pour un barrage en activité !!
 
  Ce barrage possède l’écluse ayant la plus haute différence
manométrique de France, soit 23 m de haut de chute d’eau, ce qui est
unique et phénoménal pour un fleuve.  
 
  Plusieurs scénarios sont envisageables par rapport à la baisse subite du
niveau de l’eau du canal de Donzère-Mondragon face à la prise d’eau
nécessaire au refroidissement des 4 réacteurs de la centrale du Tricastin.
 
  Le premier serait suite à une erreur humaine ou technique de défaut des
portes (incluse celle de secours) de la gigantesque écluse du barrage ce
qui engendrerait un vidage brutal en amont du canal du Rhône et une
vague déferlante en aval.  

  porte amont de 24 m de haut de l’écluse  

  La configuration topographique des lieux montre qu’en amont le niveau
de l’eau est maintenu de façon totalement artificielle par d’importantes
digues qui surplombent la région, c’est à cet endroit que se situe la prise
d’eau des 4 réacteurs de la centrale du Tricastin.
 
  Ce genre de scénario paraissait hautement improbable,
voire impossible jusqu’à présent.
 
  Pourtant  le 2 février 1998 à 12h45 c’est produit l’impensable, le système
de la porte amont de l’imposante écluse a été défaillant (incontrôlable
d’après l’enquête) ce qui à provoqué un drame  puisqu’un bateau de plus
de 1200 tonnes a été totalement submergé par une énorme vague
déferlante de plus de 23 mètres de haut, soit la hauteur d’un immeuble
de 10 étages ce qui causa la mort de la batelière âgée de 43 ans.
 
  Heureusement que la porte aval a résisté à la pression du choc, car dans
le cas contraire l’incident aurait eu des conséquences d’une toute autre
ampleur avec une chute brutale et spectaculaire du niveau de l’eau en
amont du barrage, un tsunami en aval et surtout, cela aurait subitement
mis hors eau les bouches d’alimentation nécessaires au refroidissement
des 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin.
 
  La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) gestionnaire des
infrastructures a tout fait pour minimiser cet incident rarissime.
 
  Évidemment comme toujours dans de telles circonstances, une enquête
a été diligentée par le Ministère de l’Écologie ainsi qu’un contrôle de
toutes les écluses des barrages sur le Rhône a été ordonné.
 
   Hervé Mariton et Éric Besson respectivement maires de Crest et de
Donzère ont-ils envisagé ces types de scénarios catastrophes qui sont
tout à fait dans le domaine du plausible ?
 
  Les centrales nucléaires exigent pour le devenir de l’humanité un risque
zéro, qui peut le garantir ? personne.
 
  Certains n’ont pas tenu compte de ces paramètres dits quasiment
improbables, maintenant l’humanité va en payer le prix fort, mais
malheureusement peut-être que cela ne sera pas suffisant ...
 
  On constate que ceux qui s’acharnent actuellement sur les plateaux de télévision à minimiser l’ampleur de la catastrophe nucléaire majeure et inégalée de Fukushima sont en passe de gagner un pari
psychologique
incroyable par stimuli (actions susceptible de provoquer un changement de comportement) : en effet depuis quelques jours il semblerait que la majorité des français soit en plein délire du syndrome de désintérêt  (par peur pour ne pas prendre conscience de la gravité de la catastrophe actuelle dont ils n’ont plus envie d’entendre parler). 
 
 L’écluse gigantesque fait :
195 m long, 12 m de large et 25 m de haut
soit la hauteur d’un immeuble de 10 étages !

  Une vague meurtrière submerge l’écluse de Bollène  
Défaillance technique ou erreur humaine ?

  Le réveil risque d’être brutal, voir traumatisant pour beaucoup, car que personne ne s’y trompe la tragédie  
qui se joue actuellement au Japon va impacter non seulement le Japon, mais aussi le monde entier dans  
des limites que personne à ce jour ne peut prévoir.
 
  Pour avoir cautionné souvent malgré nous cette nouvelle société malsaine où seul le profit compte, nous
sommes des minables par rapport à nos ainés qui nous ont légué une terre propre, mais le pire et l’horreur
étant que nous allons peut-être devenir indirectement dans peu de temps les assassins de nos enfants.

                http://www.cartoradiations.fr/#1
__________________________________________
 
Prochaine News "Fukushima : Analyser avec professionnalisme et lucidité les scénarios possibles du
moins pire à celui du risque d'atteinte du seuil de la criticité au réacteur N° 3 chargé en MOX d'AREVA".


03/04/2011
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