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Chomage : Une mystérieuse catégorie...Démonstration avec les chiffres de février 2010,

Chaque fin de mois, Pôle emploi et la Dares (ministère du travail) publient le nombre de demandeurs inscrits à Pôle emploi à la fin du mois précédent. Ces chiffres sont très commentés dans les médias. Surtout en ce moment, vu qu'ils ne cessent d'augmenter. Fin février 2010, 3,8 millions de Français étaient à la recherche d'un travail. Ils n'étaient “que” 2,3 millions il y a deux ans, en février 2008. 

Dans cette note mensuelle, on trouve pourtant beaucoup d'autres infos. Comme, par exemple, le nombre total de personnes inscrites à Pôle emploi le mois précédent, et ceux qui en sont sortis.

En février 2010, 484.000 personnes se sont inscrites ou réinscrites: licenciés, personnes ayant démissionné ou signé une rupture conventionnelle, fins de CDD et d'intérim, etc. A l'inverse, 471.000 sont sorties des statistiques. Problème: les données sur leur compte sont de moins en moins précises. Démonstration avec les chiffres de février 2010, publiés fin mars par Pôle emploi. 

 Cliquer ici pour les télécharger.

Seul un demandeur d'emploi sur 5 (18%) a quitté les listes du chômage parce qu'il a retrouvé un travail. La crise est passée par là: c'était un sur 4 (25%) il y a deux ans.

6% (29.000 personnes) sont en “stage”: les chômeurs en formation sortent temporairement des statistiques.

8,6% ont mis leur recherche entre parenthèses: congé maternité, maladie, accident du travail, départ en retraite...

9,2% (43.300 personnes) ont été radiés (entre 15 jours et 12 mois) faute d'avoir répondu à une convocation ou parce que les demandeurs d'emploi ont refusé une offre jugée raisonnable. Cette proportion est stable (autour de 10%).

Et les 60% restants? C'est là tout le problème: ils sont classés dans deux catégories aux contours très flous.

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    Dans cette note mensuelle, on trouve pourtant beaucoup d'autres infos. Comme, par exemple, le nombre total de personnes inscrites à Pôle emploi le mois précédent, et ceux qui en sont sortis.

    En février 2010, 484.000 personnes se sont inscrites ou réinscrites: licenciés, personnes ayant démissionné ou signé une rupture conventionnelle, fins de CDD et d'intérim, etc. A l'inverse, 471.000 sont sorties des statistiques. Problème: les données sur leur compte sont de moins en moins précises. Démonstration avec les chiffres de février 2010, publiés fin mars par Pôle emploi. 

     Cliquer ici pour les télécharger.

    Seul un demandeur d'emploi sur 5 (18%) a quitté les listes du chômage parce qu'il a retrouvé un travail. La crise est passée par là: c'était un sur 4 (25%) il y a deux ans.

    6% (29.000 personnes) sont en “stage”: les chômeurs en formation sortent temporairement des statistiques.

    8,6% ont mis leur recherche entre parenthèses: congé maternité, maladie, accident du travail, départ en retraite...

    9,2% (43.300 personnes) ont été radiés (entre 15 jours et 12 mois) faute d'avoir répondu à une convocation ou parce que les demandeurs d'emploi ont refusé une offre jugée raisonnable. Cette proportion est stable (autour de 10%).

    Et les 60% restants? C'est là tout le problème: ils sont classés dans deux catégories aux contours très flous.

  • Une mystérieuse catégorie...

    42% d'entre eux sont sortis des listes parce qu'ils n'ont pas mis leur dossier à jour: des “cessations d'inscription pour défaut d'actualisation”, en jargon Pôle emploi. Ils sont 200.000 par mois: c'est 16% de plus qu'il y a un an.

    Chiffres en milliers. Cliquer sur l'image pour l'agrandir © Pôle Emploi

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    16,7% appartiennent à une catégorie carrément mystérieuse: les «autres cas». 78.700 individus dont la situation «ne correspond à aucune autre ventilation», dit Pôle emploi. Pas très précis! Or ces “autres cas” représentent une part toujours plus grande des sorties: en un an, leur nombre a explosé de 76%!

    Chiffres en milliers. Cliquer sur l'image pour l'agrandir © Pôle Emploi

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    Chaque fin de mois, Pôle emploi et la Dares (ministère du travail) publient le nombre de demandeurs inscrits à Pôle emploi à la fin du mois précédent. Ces chiffres sont très commentés dans les médias. Surtout en ce moment, vu qu'ils ne cessent d'augmenter. Fin février 2010, 3,8 millions de Français étaient à la recherche d'un travail. Ils n'étaient “que” 2,3 millions il y a deux ans, en février 2008. 

    Dans cette note mensuelle, on trouve pourtant beaucoup d'autres infos. Comme, par exemple, le nombre total de personnes inscrites à Pôle emploi le mois précédent, et ceux qui en sont sortis.

    En février 2010, 484.000 personnes se sont inscrites ou réinscrites: licenciés, personnes ayant démissionné ou signé une rupture conventionnelle, fins de CDD et d'intérim, etc. A l'inverse, 471.000 sont sorties des statistiques. Problème: les données sur leur compte sont de moins en moins précises. Démonstration avec les chiffres de février 2010, publiés fin mars par Pôle emploi. 

     Cliquer ici pour les télécharger.

    Seul un demandeur d'emploi sur 5 (18%) a quitté les listes du chômage parce qu'il a retrouvé un travail. La crise est passée par là: c'était un sur 4 (25%) il y a deux ans.

    6% (29.000 personnes) sont en “stage”: les chômeurs en formation sortent temporairement des statistiques.

    8,6% ont mis leur recherche entre parenthèses: congé maternité, maladie, accident du travail, départ en retraite...

    9,2% (43.300 personnes) ont été radiés (entre 15 jours et 12 mois) faute d'avoir répondu à une convocation ou parce que les demandeurs d'emploi ont refusé une offre jugée raisonnable. Cette proportion est stable (autour de 10%).

    Et les 60% restants? C'est là tout le problème: ils sont classés dans deux catégories aux contours très flous.

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    42% d'entre eux sont sortis des listes parce qu'ils n'ont pas mis leur dossier à jour: des “cessations d'inscription pour défaut d'actualisation”, en jargon Pôle emploi. Ils sont 200.000 par mois: c'est 16% de plus qu'il y a un an.

    Chiffres en milliers. Cliquer sur l'image pour l'agrandir © Pôle Emploi

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    16,7% appartiennent à une catégorie carrément mystérieuse: les «autres cas». 78.700 individus dont la situation «ne correspond à aucune autre ventilation», dit Pôle emploi. Pas très précis! Or ces “autres cas” représentent une part toujours plus grande des sorties: en un an, leur nombre a explosé de 76%!

    Chiffres en milliers. Cliquer sur l'image pour l'agrandir © Pôle Emploi

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  • Chômeurs découragés, agents épuisés

    Pôle emploi tenterait-il de cacher des chômeurs sous le tapis en les masquant dans ces deux catégories fourre-tout?

    C'est un peu plus compliqué.

    La hausse des “cessations pour défaut d'actualisation” est sensible depuis l'été 2009. A l'époque, Bercy invoquait un prétendu «effet vacances»: des chômeurs se désincriraient l'été pour se débarrasser des charges administratives. Cette explication conjoncturelle ne tient plus la route... Il semble plutôt qu'à cause de la situation économique, de plus en plus de chômeurs soient découragés de chercher un travail, montrent des études du cabinet Alpha. «Avec la réorganisation des agences qui a suivi la fusion Anpe-Unedic, on balade les demandeurs d'emploi d'une agence à l'autre ou alors on les convoque à un entretien mensuel très éloigné, ce qui revient à les dissuader», dit Sylvette Uzan, responsable du Snu, premier syndicat de Pôle emploi.

    Et l'explosion de la catégorie “autres”? «A l'extérieur, ce phénomène risque d'apparaître comme une volonté de la direction de masquer des pratiques inavouables dans la gestion des listes des demandeurs d'emploi», met en garde la syndicaliste.

    Sollicité, Pôle emploi plaide la bonne foi. «Nos services statistiques n'ont pas d'explications. Nous aussi aimerions comprendre», dit un porte-parole.

    Chaque trimestre, la Dares réalise une enquête beaucoup plus précise auprès d'un échantillon représentatif de chômeurs sortis des listes. La part des sorties inexpliquées y est très faible (3 ou 4% en général). A contrario, les données de Pôle emploi sont de moins en moins précises.

    Selon Sylvette Uzan, ce bazar statistique est une conséquence de la fusion chaotique Anpe-Assedic: «L'augmentation des sorties pour “autres motifs” est brutale, et date de la création de Pôle emploi (en janvier 2009, ndlr). Les agents n'ont souvent pas été assez formés, ils sont débordés et fatigués, ils ont donc désinvesti cette activité qui consiste à faire remonter l'information: quand ils ne savent pas ou qu'ils n'ont pas le temps, ils cochent la case “autre”.»

    Pôle emploi ne commente pas. Le porte-parole dit que des études vont être lancées. «Les syndicats ont raison de sonner l'alerte, peut-être cela aidera-t-il à accélérer les choses.» Si même lui le dit... 



10/04/2010
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