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Dictionnaire de la Langue de Bois et des concepts opérationnels ...

 

      Dictionnaire Collectif de la Langue de Bois et des concepts opérationnels

 

 

...En 1968, un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 

30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines, et l’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité, mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini.

Des «concepts opérationnels» qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme, même quand nous pensons naïvement le combattre.

Notre langage est doucement fasciste, si l’on veut bien comprendre le fascisme comme l’élimination de la contradiction.  Georges Orwell ne s’était pas trompé de date : nous avons failli avoir en 1984 un «ministères de l’intelligence».

Assignés à la positivités, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon....

Ainsi, par exemple, nous sommes tous plus ou moins conscient de l'impérieuse nécessité de nous opposer à la « démarche qualité », s'agissant de l'intervention sociale, culturelle, éducative, ou médico-sociale. Mais à moins d'avoir sérieusement approfondi la question, cette nécessité reste pour le moment au niveau d'une intuition.

Il nous semble que quelque chose ne va pas dans cette démarche. Mais comment s’opposer à la « qualité » à moins de passer pour un fou ou un saboteur ? Nous ne le pouvons pas ! A moins de dévoiler le mensonge du langage, nous sommes désormais condamnés à accepter TOUT ce qui se présente sous cette démarche.

La question stratégique qui se pose à nous est donc : « comment nous réapproprier un langage critique » qu’on nous a interdit, volé, maquillé, dont on nous a dépossédé ? De quelle manière ? cela est-il simplement possible, et à quel prix ?

Nous appelons "éducation populaire", ce travail de réappropriation, d’interrogation des évidences, et de reconquête d’une pensée critique.


Dorénavant, vous pouvez ouvrir et enregistrer ce dictionnaire complet au format PDF ou au format ODT, grâce au travail et à un envoi mail de Benoit DELAUNE...

 

A
ACTEUR (être acteur de...) : Au sein de nombreuses entreprises et  administrations comme à l’Education Nationale, chacun est invité à être l'«acteur de son propre changement », - portant sur ses épaules le poids d’une responsabilité étrange et difficile à assumer. Telle association d’animation propose à ses adhérents, à travers la fréquentation des activités de loisirs, de « devenir  acteur de leur propre vie »…! Etrange pléonasme ! (Lire la définition complète)

 

APPRENANT : Ce mot, traduit de l'anglais "learner", est tout droit sorti d'un livre blanc de l'European Round Table (ERT), un puissant lobby industriel siégeant au sein de la Commission européenne et essentiellement axé autour des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC). L'évolution que ce lobby voulait voir être opéré sur les systèmes éducatifs européens était bien évidement mercantile mais aussi idéologique. En parlant de la France plus spécifiquement même si cela visait toute l'Union européenne, Il était essentiel pour ce lobby très influent de changer radicalement le rapport entre l'élève et son instituteur (aujourd'hui devenu professeur des écoles) à l'école primaire, mais aussi bien sûr entre l'élève et le professeur au collège ou au lycée. Il était clairement dit dans ce livre blanc que l'enfant à l'école ne devait plus acquérir des savoirs de la part de celui qui enseigne mais une méthode pour apprendre et découvrir les savoirs par lui-même grâce à cette méthode. Il devait désormais apprendre à apprendre. Et comment ? grâce aux NTIC bien évidement, l'idée étant que les contenus à découvrir devaient à terme générer un marché très lucratif du savoir prédigéré et mis à disposition sous diverses formes de communication par les grosses entreprises privées moyennant finance ou moyennant l'acceptation de la distillation de l'idéologie dominante.  Vivendi, Micosoft, et tous les ténors du secteur possédant soit la technologie matérielle et logicielle, soit des bases de données en constante progression, voir les deux à la faveur de fusions acquisitions ont travaillé d'arrache-pied pour convaincre Edith Cresson en 1997, alors commissaire européen à l'Education, avant la publication de ce livre blanc. Idéologiquement Edith Cresson était d'accord : le secteur privé avait tout à apporter à l'enseignement public et appelait de ses voeux les Etats et les collectivités territoriales dans cette voie dite du "partenariat" (voir ce mot) privé/public, acceptant de facto l'idée que le secteur privé vient au secours du secteur public en la matière. D'ailleurs pour signifier une position d'égal à égal entre privé et public elle employait le mot "partenariat" dans le titre de son intervention au Mip-Com de cette année 1997 pour ravir son auditoire lobbyiste*. Nul complot puisque tout cela était accessible au public à condition de savoir chercher (tiens, tiens...) C'est au début des années 2000 (2000 ou 2001) que ce mot "apprenant" est passé des recommandations de la Commission européenne dans le langage de l'Education nationale en France pour désigner l'élève. Désormais, un enfant ne s'élève plus en allant à l'école il doit y apprendre à apprendre. Il y a là une forte similitude entre apprenant et apprentis, là aussi c'est une question idéologique. (envoi mail de jean marc Fiorese)

*note : voir //attaceducidf.gardiendutemps.org/interventions/interventionsprive/partenariatprivepubliceducation.htm

 

ACTIVATION. On ne le répétera jamais assez, l'assurance chômage, comme son nom l'indique est une assurance, c'est à dire un droit automatique, voté par un parlement, et ne nécessitant aucune contrepartie en terme de recherche d'emploi. (lequel emploi est inexistant car massivement délocalisé en Ukraine ou au Bangla Desh). Pour le dire simplement, je touche mon allocation chômage parce que c'set un droit et si je décide de en pas chercher d'emploi, cela ne regarde personne. Cette conception française du "wellfare state" (bien-être) a été moquée par les anglosaxons qui lui opposent le "workfare" : si tu veux avoir le droit de vivre, accepte n'importe quoi pourvu que tu ne restes pas oisif. D'où une palanquée de "contrats" tous plus ubuesques les uns que les autres, qui sont "proposés" aux "demandeur d'emploi" lesquels sont aujourd'hui rebaptisés "prospecteurs d'emploi". (SIC). La conception américaine s'est imposée, je te donne ton "droit" moyennant un engagement par lequel je peux suspendre ton droit à ma guise. Or si il y a une contrepartie il ne s'agit plus d'un droit. Un droit est sans contrepartie. La seule contrepartie au droit au chômage est le chômage. Mais le contrat n'a pas suffi. (Et pour cause, d'emploi il n'y en a pas) ! Il va faloir des mesure coercitive qui passent outre la logique de contrat. On a vu dernièrement apparaître cette perle : l'activation des chômeurs. "Activer" un inactif, c'est se donner le droit de lui retirer son droit. Le mot "activation" a deux sens ordinairement, dont l'un s'emploie en physique: augmentation de la réactivité d'un corps. Une nouvelle occurence s'applique désormais aux corps humains (à distinguer des sujets que sont aussi les humains), méthode dont les effets  seront un jour analysés. synonymes : contrainte, niveau de contrainte élevé, coercition. Exemple extrait des COMPTES RENDUS DE LA MISSION COMMUNE D'INFORMATION RELATIVE A POLE EMPLOI, commission de Sénat, mardi 31 mai 2011. :
- M. Jean-Paul Alduy, rapporteur. - Le système britannique oblige-t-il les demandeurs d'emplois à accepter une offre d'emploi ?
- Mme Véronique Hespel. - Le point fort de ce système est l'activation. L'incitation à rechercher un emploi est plus forte au Royaume-Uni qu'en France car le lien entre indemnisation et recherche d'emploi est plus fort et contrôlé tous les quinze jours."
(envoi mail de Florence S.A.)


ANIMATION

ARBITRAGE : Il y a un mot qui revient souvent actuellement, le mot "arbitrage". Un arbitre est une personne désignée par des parties adverses pour régler un conflit, ou dans le sport celui qui veille au respect des règles. Lorsqu'actuellement on nous dit "le Président rendra les derniers arbitrages", par exemple au sujet de la réforme des retraites, tout laisse à penser qu'il prendra une position médiane entre les syndicats et le patronat. Après avoir écouté les diverses parties, il choisira les solutions les plus appropriées en tenant compte des impératifs auxquels on ne peux pas échapper. Neutralité et objectivité. Avec l'arbitrage, il n'y a plus de lutte des classes. La solution adoptée sera dictée par les règles économiques, les données démographiques et toutes ces conditions auxquelles on nous démontre qu'il faut faire face parce qu'elles nous sont imposées. Le "principe de réalité" balaie toute opposition et l'arbitrage est présenté comme la meilleure et la seule position à prendre. Avec ce mot "arbitrage", les dirigeants deviennent des acteurs impartiaux chargés de faire respecter des règles de bonne gouvernance. On ne conteste pas les décisions de l'arbitre. (Envoi mail de Jean- louis Siccardi)


AUTONOMIE : Piège sémantique désormais évident depuis le matraquage de cette notion sur l'institution scolaire, l'autonomie est la conditions préalable de la privatisation. L'école, l'université "autonomes", sont des écoles et des universités ne bénéficiant plus d'aucune protection étatique. Une école rendue "autonome" par l'habituation au surréaliste "projet d'école" à établir à chaque nouvelle rentrée, est une antichambre de l'école de marché qui arrive à grands pas. Depuis la création de son groupe de travail Education, en 1989, la Table Ronde des Industriels (ERT) n’ a cessé d’ « encourager des modes de formation moins institutionnels, plus informels ».Le lobby patronal européen a été parfaitement entendu. Les systèmes d’ enseignement de tous les pays européens et à tous les niveaux suivent grosso modo la même évolution, vers une plus grande autonomie et davantage de compétition entre établissements scolaires. Un rapport de la cellule européenne Eurydice souligne le caractère international de ce mouvement de « libération » du tissu scolaire : « Les réformes apportées à l’administration générale du système scolaire se résument principalement à un mouvement progressif de décentralisation et de délégation des pouvoirs vers la société. Pratiquement tous les pays concernés ont introduit de nouvelles réglementations qui déplacent le pouvoir de décision de l’État central vers les autorités régionales, locales ou municipales et de celles-ci vers les établissements d’enseignement. ». Dans le cas de l'individu on voit bien ce qu'est un travailleur "autonome". C'est un travailleur sasn métier , sans collectif, sans syndicat. Il est d'ailleurs préparé par l'élève autonome ! Respecter le rythmes de "travail autonome" de l’élève ? Cela signifie : certains élèves travaillent plus vite, mieux et plus, certains élèves travaillent plus lentement, plus mal et moins. En fait, cette notion de « rythme autonome » est tout à fait idéologique. En réalité, le rythme est modelé socialement et loin d’être autonome. Cette idée apparemment généreuse de l’élèves constructeur de soi-même, fait abstraction de toutes les déterminations sociales, biologiques, culturels et biographiques des élèves. L’instituteur quant à lui est supposé faire travailler tout le monde et ne pas abandonner les plus faibles au rythme de travail « autonome ».Voir le site de l'APED Animé entre autres par Nico Hirt (Appel Pour une Ecole Démocratique)


B
BENEVOLE

C

CHRONOPHAGE : (envoi mail de Emilie). du grec "chronos", "le temps", et "phagos", "manger", signifiant littéralement "manger le temps" désigne l'idée d'accaparement du temps, notamment dans les activités liées aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Qui occupe beaucoup de temps. Dans mon entreprise, j'ai l'impression que c'est l'excuse numéro 1 pour tout :"c'est beaucoup trop chronophage ce que vous nous proposez!" En gros de l'art de dire que pour faire certaines choses il faut du temps donc qu'on ne va pas les faire. Par extension et je cite car c'est une phrase entendue en réunion : "Nous allons prendre le temps de voir ça rapidement" ... ben voyons! continuez! Emilie


COACH

COMPETENCE : Management / jugements psychologiques de la personne remplaçant "métier" et "qualification". Permet de détruire la mobilisation collective au profit de l'individualisation des carrières.Directement importées des techniques du management libéral, les « compétences » ont avantageusement remplacé... (Lire la définition complète)

CULTURE
Pourquoi le mot Culture connaît-il depuis trente ans un tel succès que même le sport plaide d'être une pratique "culturelle". D'où vient cet impérialisme ? La culture est ce qui remplace le politique(Lire la définition complète)

CITOYENNETE
:Habilement confondue avec la "civilité", la « Citoyenneté » détient le triste record du concept le plus galvaudé, récupéré, mis à toutes les sauces, pour justifier la soumission à la domination. On a aujourd’hui des entreprises « citoyennes » parce qu’elles consentent magnanimement et contre exonération de cotisations sociales, à exploiter un CES et deux RMA de plus ! On entend ainsi couramment proférée cette définition étrangement judiciaire, (voire policière) : «  le citoyen est...(Lire la définition complète)

COHESION SOCIALE : La cohésion sociale est un concept généralement employé par les responsables de la droite modérée souhaitant donner un volet social à leur action politique sans souscrire à l'idée de gauche de lutte contre les inégalités. Traditionnellement, l'approche qualifiée "de droite" en France considère les inégalités comme naturelles. C'est pourquoi il est vain, selon cette approche, de vouloir lutter contre elles. La pensée "de gauche" considère que les inégalités sont ...(lire la suite)

CONTRAT : Contrairement à tradition révolutionnaire française pour laquelle l'individu est titulaire de DROITS inaliénables,  dès sa naissance ou conquis par la lutte, dans la philosophie libérale anglo-saxonne les relations sociales sont supposées régies par une sorte de « contrat » volontaire dans lequel l'homme accepte une certaine aliénation en échange d'une certaine sécurité.  La différence n'est pas mince... (lire la suite)

COMMUNICATION

CONVIVIALITE

CONSENSUS

CREATION (Créateurs) . La création, c'est une action qui fait advenir l'être à partir du néant. Créer, ce n'est pas faire avec ce qui existe déjà, mais faire exister quelque chose qui n'existait pas avant. Il convient donc de distinguer la création de la production, car dans la production, on produit quelque chose à partir de quelque chose d'autre qui existait ... Extirpé du vocabulaire religieux et transposé dans le vocabulaire institutionnel, ce terme, (central dans la langue de bois culturelle) véhicule un triple critère idéologique essentiel au capitalisme : celui du dynamisme et de l'innovation, et celui de la souverainneté absolue et incriticable du patron...pardon de l'investisseur...pardon...de l'entrepreneur....enfin du créateur (de valeur). Dans sa stratégie de communication MANPOWER n'est plus une agence de travail intérimaire. Maintenant, on peut lire : "MANPOWER...Créateur de solutions d'emploi" ". La survalorisation du sale boulot enrobée sous la magie de la création.
Dans le champs artistique, le ministère paie des sommes conséquentes des "créations" dont il n'a plus que faire qu'elles tournent ensuite, qu'elles soient diffusées ou qu'elles soient vues. L'essentiel est qu'il y ait eu une création. La création se suffit à elle-même. On nage dans l'idéologie. Et cela marche. Il est légitime de critiquer une production, voire une réalisation, d'interroger son bien fondé ou sa réussite en tant que production, mais osez critiquer une "création" ! Essayez donc pour voir. Vous nous raconterez. La création est religieuse. Silence, on crée.

CRISE
D
DECENTRALISATION. Dans le cadre du processus de privatisation généralisée des services publics européens tel que promu par l'Union Européenne et l'OCDE, la "décentralisation" est une pièce maîtresse de ce processus, au point d'en devenir presque un synoyme. La décentralisation est avant tout la mise en concurrence généralisée des territoires sur le modèle de l'entreprise, et c'est surtout la destruction des cadres de régulation du capitalisme, qui restent des cadres nationaux. Qu'on ne s'y trompe pas, le capitalisme est internationaliste, et c'est d'abord lui lui a intérêt à la discocation des soit disants "Etats-nation". Le méchant Etat centralisé, ce sont aussi les conventions collectives, les syndicats nationaux, etc...La décentralisation est une impressionnante régression démocratique. Elle a abouti très rapidement à la liquidation de toute forme de contre-pouvoir, et à l'instrumentation des associations dans des logiques de communication et de valorisation des élus locaux, de dépolitisation avancée de la population, et de transfert discret de pans entiers des services publics à des formes de gestions où le caractère associatif n'est lpus qu'une franche plaisanterie. le fruit étant mûr pour être cueilli par le marché privé.Il faut être niais comme un social démocrate pour croire à cet oxymore : "la démocratie locale". La démocratie ne peut JAMAIS être ni locale ni sectorielle. Pendant qu'on s'occuppe des ralentisseurs et des crottes de chien, on ne s'occupe pas de la provatisation de l'Education nationale qui arrive à grand pas, et qui sera d'abord...régionalisée !!! Confier la conpétence éducative aux régions, quelle noble tâche n'est il pas ? Lire l'article de Roger Lepeix / décentralisation et libre pensée. ou encore l'article de Nico HIRT "décentralisation/marchandisation"

DETERMINE (Serein et déterminé) : L'homme politique est généralement têtu, et ses idées ne sont pas toujours en adéquation avec la volonté populaire. Lorsqu'il rencontre un opposition, il a tendance à s'arcebouter sur sa position, il utilise alors le mot magique : "Je suis déterminé ... " Dans le cas d'une forte opposition qui commencer à foutre vraiment un gros bordel, il prend peur et sort une autre formule magique : "Je suis serein et déterminé ... ". Il est amusant de constater que tout ceux qui prononce cette phrase sont tout sauf serein. (envoi mail de Eric Sanson)

DEMOCRATIE LOCALE : Lorsqu’un premier ministre - Michel Rocard - a dit que la démocratie commençait avec des problèmes de couleur boîtes à lettres, il a proféré un mensonge : la démocratie meurt et s’achève avec des problèmes de boîtes à lettres. Les réunion « crottes de chien » dans les quartiers sont beaucoup plus qu’une insulte à l’intelligence populaire : elles sont la traduction du mensonge de la « proximité » et de la démocratie locale. La démocratie ne peut être ni locale (à Roubaix à propos de Roubaix) ni sectorielle (avec des jeunes à propos des jeunes). Cette démocratie-là s’appelle du contrôle social. Démonstration (lire l'article en entier).


DEVELOPPEMENT : Remplace avantageusement "exploitation", ou encore capitalisme. Développement local, développement social, développement culturel… Dans le quatrième pays le plus riche du monde - la France - nos actions doivent dorénavant produire du développement, terme jusque là réservé aux pays dits “ sous-développés ” ? L’envahissement de la pensée économique et de son vocabulaire correspond en France à...(Lire la définition complète)

DIAGNOSTIC PARTAGE

DIFFERENCE (Droit à la...)

DURABLE (Durabilité)
E

ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : Probablement une des dernières meilleures blagues de la décennie écoulée ! Dans son désir pathétique de faire partie de la grande famille économique - c'est à dire de se marchandiser tout en faisant semblant d'avoir une âme - la "vie associative" s'est mise à se revendiquer d'une économie qui ne serait pas méchante comme celle du vilain capitalisme, mais "sociale" et "solidaire"...Un capitralisme à visage humain en quelque sorte, mais dont les dirigeants nous rabachent les oreilles du "poids économique", et de la reconnaissance qui tarde à se faire admettre à la table des grands. Disons le tout net, L’économie sociale et solidaire n’existe pas ! Empruntons au sociologue Matthieu Hely son explication limpide. Derrière les célébrations du monde associatif, la promotion de « l’économie sociale et solidaire », Matthieu Hély décèle le désengagement de la fonction publique et la dérégulation programmée du travail. Il faut en finir avec l’enchantement d’un monde associatif pris pour ce qu’il n’est pas (un compromis entre plusieurs logiques antagonistes) pour l’aborder comme ce qu’il est devenu : un marché du travail dont les acteurs précarisés ont perdu le statut naguère garanti par la fonction publique. (Lire l'article en entier)

EDUCATION TOUT AU LONG DE LA VIE
: Derrière cette généreuse formulation, le contraire d'un droit : l’attaque coordonnée du patronat européen : la condamnation à se former jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Pour se rendre « employable »  et faire disparaître la notion de « métier » (et toutes les mobilisations syndicales qui y étaient liées) il faut remplacer les « qualifications » établies une fois pour toutes, par des « compétences » changeantes. Vive l’entrée dans la « précarité » et « l’imprévisibilité », vive la « société du risque » chère au MEDEF qui n’en prend aucun. (Lire la définition complète)

EGALITE DES CHANCES : Après avoir éliminé Robespierre, la réaction thermidorienne de 1795 met fin à la révolution et à l’idéal d’une société dans laquelle l'égalité serait réalisée. Mais comment consacrer le retour de l’inégalité, de l’argent, de l’aristocratie, de la fortune, de la propriété sans que le peuple ne reprenne les armes ? Comment abandonner l'égalité sans que cela ne se voie ? En l’appelant : « l’égalité des chances ».  (lire la suite)


EMPLOI : synonyme de "travail aliéné, ou travail subordonné". Le contraire est le travail libre, celui que l'on choisit, et qui ne se met pas au service de la valorisation d'un capital. C'est en ce sens qu'on peut dire qu'un retraité "travaille" enfin : à faire son jardin, à sculpter, à construire une maison, à être élu communal, etc...Il n'a plus besoin d'aller s'employer pour toucher son salaire. Dans la vulgate capitaliste, ne devrait recevoir un salaire que celui qui renonce à son droit à choisir librement son travail et se soumet à un emploi non choisi, souvent inepte (trimballer des caisses pour un SMIC au service d'un propiétaire de l'entreprise qui amasse des bénéfices) voir destructeur : dans la pub, dans l'armement, ou comme conseiller fiscaliste ! Il y avait jusqu'en 1998 un ministère du travail. Puis ce ministère est devenu un "ministère du travail et de l'emploi"...tiens tiens....les oreilles distraites n'y auront vu qu'n pléonasme curieux. POurtant ce ministère devint bicéphale, composé de deux directiosn antagonistes : une direction du travail, avec des inspecteurs du travail, dont le rôle était de préserver, défendre et continuer le droit du travail, et une direction de l'emploi, dont le but était de massacrer le droit du travail, c'est à dire de faire accepter au nom des poltiiques d'emploi, des contrats de travail qui dérogent au droit du travail. C'est le début des emplois aidés, des emplois jeunes et autres astuces pour exercer une basse pression salariale et faire baisser les salaires. Il n'y a AUCUN problème du chômage des jeunes en France, qui est exactement au même pourcentage que le chômage du reste de la population. Statistiques sérieuses. Mais l'argument du chômage des jeunes (et prochainement des emplois seniors) est une mervaille pour accepter de se faire embaucher à moitié moins (en francs constants) que dans les années soixante-dix. On rappelle que les emplois jeunes sont une mesure "socialiste" (autre usurpation de langage). Les "politiques d'emploi" ont TOUTES pour but de casser le droit du travail et la protection sociale. C'est au nom de l'emploi que l'on peut exonérer de cotisations patronales !!!

EMPLOYABILITE : Capacité à se soumettre, à se renier, à renoncer à son métier, à son savoir faire, à son désir professionnel, et à accepter n'importe quoi au nom de l'emploi. L'employabilité est ce qui tue le travail. Officiellement : capacité individuelle à chercher, trouver et se maintenir dans un emploi...L'employabilité, c'est comment faire en sorte d'entrer mieux que l'autre dans une case précise. « Comment je vais pouvoir, mieux que mon voisin, me conformer à ce qu'on attend de moi », et donc être docile et rentable. L'employabilité pourrait même, si l'on va jusqu'au bout de l'idée, se préciser en pourcentage : untel a une employabilité à 80%, celui-là plutôt à 50%, puisque que l'idée est de quantifier ce qui n'est pas quantifiable. « Améliorer l'employabilité », quelle belle expression lorsqu'il n'y a pas de travail!!!! Quel non-sens! Tout comme sa cousine l'insertion, l'employabilité est un leurre, qui ne fait que pousser à l'individualisation des parcours professionnels et à la culpabilisation des personnes au chômage (c'est qu'elles ne sont pas « employables », alors!). Et comme l'employabilité c'est « être acteur de sa réussite professionnelle », la non-employabilité équivaudrait logiquement à « être responsable de son échec professionnel »!!! Issue de la logique de compétition chère à la doctrine libérale, elle permet donc aux employeurs d'exploiter des salariés généralement sur-qualifiés, qui se seront battus pour être plus « employables » que d'autres afin d'avoir le privilège de toucher un salaire de misère. L'employabilité, c'est le pansement sur la jambe de bois, se préoccuper du symptôme sans guérir la maladie qui en est la cause. L'employabilité part du constat suivant : « s'il y a des chômeurs, c'est parce qu'ils ne savent pas trouver du travail, pardi! » Ou comment éviter de se poser certaines questions : pourquoi y-a-il du chômage? A qui cela bénéficie-t-il? Comment (vraiment) faire pour qu'il y en ait moins?

Exercice de traduction : « Nous allons œuvrer afin d'accompagner les personnes à améliorer leur employabilité pour qu'elles puissent ainsi s'insérer efficacement dans le monde du travail. »
ou
Nous allons pousser les personnes à entrer dans une logique de compétition afin qu'individuellement, elles puissent acquérir des compétences pour ainsi être mieux exploitées par un employeur qui n'arrivera peut-être jamais (et si elles n'y parviennent pas, c'est qu'elles n'auront pas donné le meilleur d'elles-mêmes).


ENGAGEMENT Raffinement de l'anti langage, le concept d'engagement signifie aujourd'hui toute forme de manifestation non-politique, voire anti-politique. Au nom de l'engagement, on cesse de discuter ou de brasser des idées (politiques) pour agir "concrètement". La forme par excellence de ce nouvel "engagement est l'action humanitaire . Triomphe de l'idéologie de droite dans le langage, "l'engagement" signifie aujourd'hui... (Lire la définition complète)

EQUITE

EVALUATION

EXCELLENCE

EXCLUSION
F
FLEXIBILITE

FORMATION : Remplace en toutes circonstances l'éducation des adultes, laquelle n'est désormais envisagée que sous l'angle de la performance professionnelle. Dès 1971 l'obligation de "formation continue" remplace le droit à "l'éducation permanente".En 1971, la loi sur l’éducation permanente, grande victoire de l'après 68 arrachant le savoir adulte des universités, se pervertit dans la...(Lire la définition complète)

G
GOUVERNANCE : Afin de dissimuler la relation de pouvoir et d'autorité, la "gouvernance" , terme new-look, laisse entendre que le gouvernement des choses et des gens, que la décision (publique ou d'entreprise) , ne sont plus qu'une affaire de gestion en bonne intelligence et en participation avec le plus grand nombre. Dans la gouvernance il n'y a plus de chefs ni d'autorité. Il n'y a plus que des procédures pour... (Lire la définition complète)

GAGNANT-GAGNANT

GERER

H


I
IDENTITE

IMAGINAIRE

INNOVATION Dans l'accélération des idées , des biens et des services sur le mode du renouvellement de la marchandise, l'innovation est une "méta-valeur". Elle remplace toute les valeurs et s'y substitue. Le sens est annulé, c'est la nouveauté qui fait sens. Bon ou mauvais, (anciens critères) peu importe, c'est nouveau, donc c'est bien...même quand c'est mauvais !Le capitalisme n’étant pas un régime de satisfaction des besoins mais...(Lire la définition complète)

INSERTION : N'importe quel agent d'insertion sait qu'il n'a jamais inséré personne autre que lui-même.pour reprendre la très belle définition de Bernard EME (voir article), l'insertion, cela consiste à lier en déliant...c'est à dire à fixer la personne à une place en dehors des parcours d'intégration. l'insertion cela n'existe pas. Cela supposerait il y a des gens en dehors de la société d'autres qui sont en dedans. Mais même le clochard sous un pont est à une place précise dans la société et les rapports sociaux .L'idée "d'insertion" c'est qu'il n'y a pas de place pour tout le monde. Lorsque nous acceptons d'utiliser le terme d'insertion, nous acceptons de véhiculerl'idée aberrante qu'il n'y a pas de place pour tout le monde, que cette société est une assiette au beurre qui tourne un peu vite pour certains, et que les plus faibles ne savent pas s'accrocher et sont éjectés vers la sortie. N'importe quel anthropologue sait que l'on fait partie d'une société quand on peut la contester. (mai 68) Il serait donc infiniment plus intéressant plutôt que d'utiliser le terme d'insertion, de faire appel au concept d'intégration critique. De ce point de vue, dans une mission locale pour l'emploi, plutôt que de trouver un travail de balayeur de cheveux chez un coiffeur, d'expliquer aux jeunes qu'il n'y a pas d'emploi parce qu'il a été méthodiquement détruit depuis une vingtaine d'années par le patronat, et de travailler avec eux à une compréhension des mécanismes de sélection sur le prétendu "marché du travail"...On verrait alors ces jeuenes commencer à s'intégrer ! En faisant de la politique.

INTERCULTUREL : 1) Présentation pacifiée et non politique des rapports internationaux. 2) Ethnicisation des rapports sociaux, et transformation de la lutte des classes en un problème de compréhension mutuelle entre différents codes culturels. "faire de l'interculturel", dans un quartier, c'est oeuvrer à une "meilleure compréhension" entre des identités culturelles devenues non-politiques, c'est gommer le conflit, les raisons du conflit, c'est interdire l'explication politique des souffrances. Implicitement, le problème ce ne sont plus les ouvriers, ce sont les Arabes, les étrangers, les autres.. Le fin du fin de l'action interculturelle, c'est la fête de quartier avec mélange des saveurs ! On avance !
J
JEUNESSE : « La jeunesse », ça n’existe pas. Personne ne peut en produire une définition correcte. C’est impossible. « La jeunesse » est un adolescent Algérien qui habite à la Courneuve et un étudiant de 24 ans à sciences po qui habite Neuilly. Pourtant cette notion apparaît dans le discours politique à partir des années soixante  (les jeunes qui traînent et ne travaillent pas) et permet de masquer le vrai problème : A quelle condition ...( lire la suite)

K


L

LIBRE ET NON FAUSSEE : Magie du langage : dans le projet de traité établissant une constitution pour l’Europesoumis au référendum du 29 mai 2005, « L'Union offre à ses citoyens (…)  un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. » (Art. I-3) Somme toute, un paradis de liberté…pour qui ? (lire la suite)



LAICITE : voilà un terme qui a subi un retournement complet. Dans la définition du Petit Larousse de 1968, on peut lire la phrase suivante : laïcité, système visant à exclure les églises de la gestion des affaires publiques. Le terme d'exclusion a ici tout son sens. Aujourd'hui, sous la définition de la laïcité, on trouvera un système visant à respecter également toutes les religions ». nous sommes donc passés une vingtaine d'années d'un système de mise à distance du religieux à un système de respect universel des religions. Ceci porte pourtant un autre nom, l'oecuménisme. Confondre la laïcité avec l'oecuménisme, c'est se priver d'un outil pour tenir à distance les clergés. Une autre dérive fréquemment entendue consiste à confondre la laïcité avec la neutralité politique. Il s'agit de deux concepts totalement différents. pour désigner la vraie définition de la laïcité, dans le discours des media ou des hommes politiques on entendra fréquemment parler de laïcité "laïcarde", que l'on verra opposer au curieux concept de "laïcité ouverte", splendide oxymore !

LIEN SOCIAL : Au chapitre des nouveaux mensonges qui permettent de masquer la demande sécuritaire d’ordre et de soumission, l’appel au « lien social » incite à apprendre aux pauvres et aux jeunes à bien se tenir, à « jouer le jeu » et à limiter leur rébellion malgré leur absence de perspective de travail et d’avenir. Il n’existe pas de société sans lien social, mais des sociétés où l’on réprime le lien politique. Le seul lien qui fasse société est...(Lire la définition complète)

M
MARCHE DU TRAVAIL

MIXITE SOCIALE : Le  rêve de coexistence pacifique des petites gens et des classes moyennes, celles-ci  tendant la main à celles-là dans une ascension sociale inéluctable, s'est effondré avec l'autorisation politique donnée aux dirigeants d'entreprise de se comporter comme des prédateurs, à partir des années 8O.  Avec la vague de déréglementation... (lire la suite)

MOBILITE
MONDIALISATION

N
NEUTRALITE

O
OBJECTIFS (pédagogie par...)

O.N.G. : Le langage de l'action internationale est une merveille de mots langue de bois. Il suffit de se ballader sur le site du conseil de l'Europe pour s'en convaincre. Ci-après un envoi Mail de Emmanuel Charles Dominique, qu'il avait fabriqué en résumé gag à l'issue d'un forum de type ONG au Cap-Vert, en n'utilisant que des mots employés pendant le forum ! (sic, sic et sic !). Forum de Praia : Le forum a impulsionné la mise en synergie des meilleures pratiques et acté le cadre logique de gouvernance et d'intermédiation des opportunités de patrimonialisation du panel d'acteurs. Le plaidoyer a conduit les participants à péréniser les recommandations issues du partenariat, visant à une catalysation des dites opportunités tout en priorisant le renforcement des capacités, la consolidation du lobbying participatif, l'équité de capitalisation du basket fund, l'intermédiation durable de la finalisation de la gouvernance de genre, implémentée par un panel de sentinelles transparentes impliquées dans le pilotage participatif de la sensibilisation des populations à leur bien-être effectif. Le prochain forum se tiendra par subsidiarité, transparence et consensus à Bissau.

OPTIMISER

P
PARTENARIAT : "L'armée, premier partenaire des jeunes" peut on lire sur une affiche de recrutement de l'armée de terre...mais aussi les piles Machin qui sont devenues les "partenaires de nos loisirs", ou encore les associations qui osent qualifier de "partenaires" les mairies ou les services de l'Etat qui les financent et qui sont véritablement leurs donneurs d'ordre ! Comme l'écrit Fabrice DHUNE dans cet article, il faut saluer ce coup de maître qui transforme son propre serviteur en son égal ! Le recours au partenariat fait disparaître la référence hiérarchique, et disloque complètement le rapport de domination.. Tous dans le même bateau !!! L'idée centrale est que la banalisation du terme, en opposition radicale avec le sens du principe de partenariat, sert une virtualisation de la relation, contribuant à rendre impossible la construction d'une effective relation de partenariat. La déconflictualisation des rapports sociaux qui se manifeste dans ce retournement participe tout à la fois du désenchantement de la politique (du point de vue de l'espace public), et de l'implication professionnelle (du point de vue de l'espace privé) : deux faces qui servent l'ancrage en profondeur de l'idéologie (néo)libérale sous les apparences du consensus et de l'évidence. (lire l'article de Fabrice DHUNE en entier)

PARTICIPATION : Remplace "soumission", "approbation" ou "consultation-plébiscite". Le fin du fin des pratiques anti-démocratiques est l'appel à la participation à condition de ne participer à rien et surtout pas risquer de changer une décision déjà prise.La démocratie participative s’oppose en principe à la démocratie représentative, mais la confusion est complète. Chaque fois que vous réclamez plus de participation, c’est en réalité...(Lire la définition complète)

PERFORMANCE

PÔLE

PRO-ACTIF : Dans la nouvelle idéologie managériale, être "actif" ne suffit plus...c'est largement insuffisant. On nous enseigne qu'il y a trois manières de s'adapter en situation : réactif, actif, proactif. Réctif, c'est réagir à la situation une fois qu'elle est arrivée. C'est très mauvais. (La porte n'est pas loin !). Etre "actif" s'entend comme en faire le minimum légal...Pourquoi pas syndiqué pendant que vous y êtes ? Etre Proactif veut dire devancer le problème afin qu'il n'ait pas lieu...en d'autre terme, si il y a un problème, c'est de voter faute, vous n'aviez qu') être pro-actif. Y a pas de quoi devenir dingue ?

L'injonction "soyez proactifs" est devenu un leitmotiv dans certaines entreprises. Au dela de son sens immédiat - "prenez-vous en main" - il s'agit en fait d'une injonction paradoxale : le cadre "proactif" est supposé prendre par lui-même toutes les initiatives nécessaires pour que tout réussisse et pour anticiper tous les problèmes. Désigné super-héros, il est au monde de l'entreprise ce que Rambo est au combat dans la jungle.Cette injonction est particulièrement fréquente dans les entreprises dont l'encadrement fait du comportemental, et se trouve bien incapable de fixer des objectifs techniques à ses cadres, et encore moins de définir sa propre stratétégie. Dès lors, le mot d'ordre "soyez proactifs" se traduit plus clairement par "démerdez-vous". Avec le corollaire que si quelque chose se passe mal, on saura vous blamer : "vous n'êtes pas assez pro-actif, vous auriez sû anticiper, etc..." Puissant outil de non-management, ce slogan a déjà réussi à décourager des dizaines de milliers de cadres, dont la réaction est - très humainement - la pire que puisse souhaiter une entreprise : "Moi j'en ai assez, on ne reçoit aucune directive, rien d'autre que des slogans et des reproches : désormais je ne fais que ce qu'on me demande et rien de plus." D'une manière générale les slogans staliniens sont démotivants et déprimants. Ils ont souvent pour effet de produire dans les entreprises le comportement observé chez l'Homo Sovieticus, qui réduisait le style de management auquel il était soumis à ce résumé désabusé : "Faites semblant de travailler, et nous ferons semblant de vous payer." Donc, si on vous le demande, n'oubliez pas de faire semblant d'être proactifs. Définition reçue par mail de : Pierre-Manuel Camelot


PROFESSIONNEL (qualité professionnelle) : Dans les années 80, l'idéologie du « management » d'entreprise s'est diffusée à toute la société. La  "qualité  professionnelle" de nos moindres gestes est devenue la norme et une écrasante pression psychologique nous est tombée sur la  tête : Quand le critère "professionnel" devient le standard de l'évaluation d'une action, alors "amateur", (ou bénévole),  devient synonyme d'incompétence, de médiocrité, de moindre qualité.(lire la suite)



PROJET : Le coeur de la nouvelle culture capitaliste. Le "projet" apprend à travailler seul, à viser une production, c'est à dire à réaliser un produit. Le projet détruit le temps et le long terme. Il a un début et surtout une fin. Il est remplaçable par un autre. Pour le pouvoir, (très friand des projets) il transforme des relations politiques en relations marchandes car il permet d'acheter des prestations-produit en les déguisant en démarches. En management, "projet" remplace "hiérarchie".Avec l’envahissement de la culture du « projet » depuis une vingtaine d’années le capitalisme révèle...(Lire la définition complète)

PROJET PROFESSIONNEL : Tarte à la crème que l'on envoie à la figure de la personne en "demande" d'emploi (et trop souvent en demande sociale) qui n'arrive à se faire "offrir" à un employeur... "Votre projet d'emploi n'est pas réaliste il faut travailler votre projet professionnel, puis le valider et on en reparlera".Lire la définition complète...Définition reçue par mail de : Jean VALIDE DESPROGETS


PROXIMITE. Parceque son objectif est la privatisation généralisée des services publics, sur le modèle anglo saxon, l'obsession de l'Union Européenne (à ne jamais confondre avec l'Europe) est de détruire les souverainetés nationales dans lesquelles les régulations du capitalisme avaient été inscrites. Destruction des conventions collectives au profit des accords locaux d'entreprise, démolition des échelons nationaux et mise en place des régions comme territoires concurrentiels, dislocation des ministères et administrations nationales au profit de la déconcentration et de la décentralisationn afin de refiler les bébés au privé le plus rapidement possible. Et voilà l'école de proximité, l'hopital de proximité, les services de proximité...Le tout au nom du "small is beautiful", et du rapprochement des logiques d'intervention "au plus près du citoyen" ! Sympa, non ? Manque de chance, la démocratie ne peut jamais être ni locale ni sectorielle ! La démocratie est nécéssairement référée à des enjeux globaux, complexes, de nature le plus souvent internationale, en croisant les multiples questions ; C'est pour cette raison que la notion de démocratie locale est une absurdité droitière, qui réduit les sujets de la démocratie à des histoires de crottes de chien, quoiqu'on fasse. La démocratie a à voir avec le contrôle des multinationale, avec l'arrêt des politiques répréssives vis à vis des immigrés, etc, etc... L'idée de la proximité est que madame Michu s'occupe des problèmes de madame Michu, qui, comme chacun le sait sont des problèmes "d'habitante" et pas de problèmes de "citoyenne". Ne l'ennuyons pas avec les politiques internationales, l'OMC, la finance, les OGM qu'elle avale dans son assiette, ou le conflit israëlo Palestinien, mais proposons lui de se concentrer sur des problèmes concrets comme ceux de l'isolation des fenêtres de son HLM : joint mousse ou joint plastique : ça, c'est de la démocratie.. C'est L'innénarrable Michel Rocard qui a proféré cette absurdité monstrueuse : "la démocratie ça commence avec des problèmes de boîtes à lettres". Non, la démocratie ça FINIT dans des problèmes de boîtes à lettres. Empêchons les citoyens de s'intéresser aux enjeux et aux activités des dominants et laissons les mariner dans des problèmes de dominés. L'horreur et l'absurdité de la proximité est par exemple facile à observer dans le changement d'attitudes des associations depuis les années 70. Des milliers d'associations anciennement référées à des fédérations nationales, et qui tenaient tête aux pouvoirs locaux car elles bénéficiaient d'une protection nationale, se sont soudain retrouvées le doigt sur la couture du pantalon et le nez collé au sourire du maire pour quémander la subventionn sans aucun garde fou. La proximité, c'est l'aliénation au pouvoir, c'est la dislocation des défenses et des résistances. La proximité c'est la fin des contre-pouvoir, c'est la fin de la démocratie, c'est la privatisation.
Q

QUALITE : ("démarche qualité" : Dans le monde du travail social, éducatif et culturel, un Ovni étrange (et étranger)  a envahi notre espace mental et institutionnel : la « démarche qualité ». Coïncidence ? Le passage du statut de l’usager à celui de client dans un espace  de moins en moins public va de pair...(lire la suite)



R
RESPONSABILISATION : Dans les années soixante-dix, (avant la contre-révolution libérale qui allait attaquer un par un  tous nos droits), les associations qui travaillaient avec des jeunes voulaient les « émanciper ». Aujourd’hui on les entend plus parler que de les  « responsabiliser ». Qu’est-ce à dire ? (Lire la suite)

REFORME : Formellement, une réforme pourrait être n'importe quel changement. Par exemple : plus de profs, ou le doublement du budget de la santé, ou une augmentation massive du SMIC, etc...voilà des réformes. Pourtant nous avons intégré que le mot réforme signifie un recul, une perte, une diminution, et seulement cela. Une réforme ne va plus que dans un seul sens : MOINS. Alain Bihr, dans son ouvrage intitulé "la novlangue néo libérale" explique que le langage politique utilise l'inversion de sens à tour de bras : en fait, réforme veut dire stagnation. "Changement" veut dire immobilisme et même recul...on est en plein dans Orwell quand le ministère de la guerre s'appelait le ministère de la paix. On sait désormais, intuitivement, que quand Sarkozy (ou un de ses clones socialistes) nous parle de réforme, il faut entendre contre-réforme.


RESPECT

RESULTAT

REUSSITE / Le rôle de l'école n'est pas de fabriquer de la réussite, mais de fabriquer tout autant de l'échec. Un enseignant qui ne fabriquerait que de la réussite, c'est à dire dont tous les élèves auraient de bonnes notes , serait immédiatement suspect de ne pas faire son boulot qui est précisément de fabriquer un tiers de bons, un tiers de moyens et un tiers de mauvais. (Voir articles sur le constante macabre) De ce point de vue le concept de "réussite éducative" est une vaste blague. Dernière en date, dans le politiquement corect de cete institution, il n'y a plus d'échec scolaire à l'éducation nationale, il n'y a plus que de la "réussite différée" On nous prend vraiment pour des lapns de trois semaines !
S
SAVOIR-ETRE : (voir également "COMPETENCE). Management. Permet, sous prétexte de compétences, de désigner la soumission et l'obéissance du travailleur, sous la forme de son adhésion personnelle aux stratégies de la direction. (Lire article "savoir-être".)

SOLIDARITE : La contradiction entre le « tout-liberté » à l’américaine (sans l’égalité), et le tout-égalité à la soviétique (sans la liberté), tente de se résoudre en France dans la présence de  droits collectifs qui s’expriment dans la triangulation républicaine  liberté – égalité –Fraternité. Du point de vue des républicains, l’idée de la fraternité signale qu’on ne se choisit pas, mais que l’on fait partie d’une société, (et non d’une communauté) (lire la suite)

T
TABOU : = Acquis social. Par exemple "Il ne doit pas y avoir de tabou sur l'âge de la retraite" .(Envoi mail de Catherine Mazodier)




TOLERANCE
TRACABILITE
TRANSPARENCE : Contrôle total. Rien ne doit échapper.
U
UTILITE SOCIALE

V
VALEURS

VIE ASSOCIATIVE

VILLE (Politique de la...)

W


X


Y


Z
ZERO DEFAUT
TOLERANCE ZERO

 

//www.scoplepave.org/archives/ledico/index.htm



31/05/2016
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