LOCTOPUSVOITOU

L'énergie nucléaire n'est plus viable ...

 

Plombé par deux centrales nucléaires aux États-Unis,

             Westinghouse dépose son bilan

 

38 ans jour pour jour après la catastrophe de Three Mile Island, le nucléaire aux États-Unis reste maudit.

Le conseil d'administration de Toshiba a approuvé le placement sous le régime des faillites du groupe nucléaire américain Westinghouse Electric, rapporte mercredi le journal Nikkei, confirmant les informations de la presse américaine et japonaise qui parlait de l'imminence de l'annonce d'un dépôt de bilan de la filiale de Toshiba établie à Pittsburgh (Pennsylvanie).

 

Westinghouse tente ainsi de limiter l'impact pour le géant japonais de sérieuses difficultés rencontrées lors de sa construction de deux centrales nucléaires.

La première pour le compte de l'opérateur Scana à Summer en Caroline du sud et la seconde pour Southern Co. à Vogtle en Géorgie, ont accumulé plus de trois années de retard.

 

La nouveauté de la technologie et divers problèmes de construction ont déjà forcé Westinghouse à reconnaître une charge comptable de plus de 6 milliards de dollars en février. Le patron du groupe japonais a en outre démissionné alors que Toshiba s'est résolue à vendre un de ses joyaux: ses activités de semi-conducteurs.

 

En faisant appel à la protection du chapitre 11 du code des faillites, Westinghouse va engager des négociations complexes avec ses créanciers et ses clients. Les gouvernements du Japon et des États-Unis seront impliqués dans la mesure où les montants en jeu sont énormes. En outre le Département américain de l'énergie a prêté 2, 6 milliards de dollars à Southern Co. pour son projet. Si cette dernière devait abandonner le réacteur avant qu'il soit achevé, il lui faudra rembourser la somme à l'oncle Sam. «Nous allons exprimer discrètement au niveau de notre administration la préoccupation que si diverses choses venaient à mal se passer, nous avons potentiellement un problème de sécurité nationale dans cette affaire» indiquait mardi soir un responsable officiel américain.

 

Dommages et intérêts

Pour Scana les surcoûts de construction dépassent à ce jour 5 milliards de dollars, tandis que pour Southern Co. ils sont de plus de 3 milliards de dollars au delà du budget.

 

Or il pourrait falloir dépenser 8, 5 milliards de dollars de plus pour achever les deux réacteurs.

 

Les deux sociétés pourraient chacune décider d'en finir elles-mêmes la construction et exiger des dommages et intérêts à Westinghouse. L'abandon du chantier poserait problème dans la mesure où les coûts déjà engagés ne pourraient alors plus être pris en compte par l'exploitant dans ses tarifs. Selon la banque Morgan Stanley, ce seul risque représenterait plus d'un tiers des profits de Scana et 7% de ceux de Southern Co..

 

L'affaire apporte un argument de plus à ceux qui pensent que l'énergie nucléaire n'est plus viable pour des projets civils aux États-Unis.

La forte chute des cours du gaz a rendu les turbines à gaz bien plus rentables que les centrales atomiques, alors que même que les coûts de construction, les délais d'autorisation, et les risques d'exploitation n'ont jamais été aussi dissuasifs.

 

Les réacteurs de Summer et Vogtle constituaient les premières commandes de centrales aux États-Unis depuis 1979.

 

C'est en effet il y a 38 ans jour pour jour que la centrale de Three Mile Island en Pennsylvannie a frisé le «meltdown».

 

La peur d'autres incidents, relancée par le drame de Fukushima en 2011, la réticence des banques privées à financer des projets aussi couteux et incertains et enfin la chute des prix de l'énergie fossile, ont plombé le secteur bien que l'Amérique compte encore 99 réacteurs nucléaires dans 30 États dont l'âge moyen dépasse 30 années. Le nucléaire, peu populaire aux États-Unis, représente néanmoins près de 19% de l'approvisionnement en électricité du pays.

 



29/03/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 24 autres membres