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La dette publique touche le seuil de 1.500 milliards d'euros

La dette publique touche le seuil de 1.500 milliards d'euros

[ 01/04/10  ] 8 commentaire(s)

Le déficit public a atteint 7,5 % de PIB en 2009 et la dette 77,6 % de PIB, selon l'Insee. La crise et le plan de relance ont fait chuter le taux de prélèvements obligatoires et bondir celui des dépenses publiques au niveau historique de 55,6 % de PIB.

Les comptes 2009 des administrations publiques publiés hier par l'Insee traduisent l'impact massif et sans précédent de la crise. Le déficit public atteint 7,5 % de PIB, à 144,8 milliards d'euros, contre 3,3 % fin 2008. La dette bondit à 77,6 % de PIB, soit 10 points de plus qu'un an plus tôt (67,5 % de PIB), et approche le cap symbolique des 1.500 milliards d'euros (à 1.489 milliards), seuil qui sera largement dépassé courant 2010.

Et pourtant, ces données sont un peu meilleures que ce qui était redouté (« Les Echos » d'hier), puisque le déficit était anticipé à 7,9 % de PIB fin 2009. Ce n'est pas négligeable au regard des doutes émis par la Commission européenne sur la capacité de la France à ramener son déficit à 3 % de PIB dès 2013. « Ces résultats confortent la stratégie d'assainissement de nos comptes publics », commentent Christine Lagarde (Economie) et François Baroin (Budget).

L'écart par rapport à la prévision est notamment lié à de meilleures recettes (fiscales et sociales) en fin d'année. « Cela tend à valider le fait qu'après une élasticité élevée à la baisse des prélèvements pendant la crise, nous pourrions avoir également une élasticité élevée à la hausse ensuite », indique-t-on au ministère de l'Economie.

Record des dépenses publiques

Autre explication à la légère amélioration : « Des investissements locaux qui se concrétisent un peu plus lentement que prévu initialement. » Cela conduit d'ailleurs les collectivités locales à afficher un besoin de financement de 5,6 milliards d'euros, en recul par rapport à 2008 (8,7 milliards), grâce au remboursement anticipé de TVA proposé dans le cadre du plan de relance. Les collectivités ne pèsent donc directement qu'à hauteur de 0,3 point de PIB dans le déficit public. Le besoin de financement de l'Etat atteint, lui, 117,6 milliards et celui des régimes sociaux (Sécurité sociale, retraites complémentaires, Unedic, etc.) 25 milliards, alors qu'il était quasi nul fin 2008 ! Selon nos informations, le déficit 2009 du régime général de la Sécurité sociale, qui sera bientôt publié, sera néanmoins un peu plus faible que prévu, à moins de 22 milliards d'euros (au lieu de 23,5 milliards), en dépit d'un dérapage sensible des dépenses d'assurance-maladie (lire ci-dessous).

La crise et le plan de relance ont aussi eu pour conséquence de faire chuter le taux de prélèvements obligatoires à 41,3 % de PIB, contre un pic de 43,9 % en 2006 : les recettes de l'ensemble des administrations ont baissé de 4,3 % (avec en particulier un recul de 26,8 milliards d'euros de l'impôt sur les sociétés). Inversement, le taux de dépenses publiques a atteint un niveau record, à 55,6 % de PIB. Le précédent datait de 1993 (année de récession aussi) : 54,9 %. Le taux devrait néanmoins mécaniquement diminuer en 2010 et 2011 avec la fin progressive des mesures de relance, et l'engagement du gouvernement de freiner nettement la progression des dépenses d'ici à 2013.

ETIENNE LEFEBVRE, Les Echos


06/04/2010
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