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Les Possibles

                                     

                                 Les Possibles




No. 01 Automne 2013



                               
   

 
 
  


           Éditorial : La promesse des biens communs


Pour toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés depuis le début de la préparation du premier numéro de cette revue, qui nous ont rejoints ou qui nous rejoindront – nous l'espérons – par la suite, nous transcrivons ci-après de larges extraits de l'appel à création que nous avions lancé au printemps dernier et qui introduisait le dernier numéro de la Lettre du Conseil scientifique, à laquelle cette nouvelle revue est appelée à succéder. Cet appel indique le sens du projet que nous mettons en œuvre, dont l'ouverture permanente que nous souhaitons lui donner sera un critère de sa réussite. Nous le complétons en présentant le contenu thématique de ce premier numéro, qui a été conçu en lien avec une actualité faite de remises en cause des acquis sociaux, de renoncement à tout changement véritable de la part des gouvernements des pays européens, et notamment du gouvernement français, dans un contexte de crise sociale et écologique chaque jour plus dangereuse.


 

 

                   Dossier Protection sociale


L'état de la protection sociale en France et dans l'Union européenne. Vers la mise à mort de l'État-providence ?

par Jean Tosti

Les néolibéraux, qu'ils soient économistes ou politiciens, nous annoncent ou nous promettent depuis maintenant des décennies la fin de l'État-providence. C'était encore le cas il y a quelques semaines aux Pays-Bas où le roi, à peine descendu de son carrosse doré, tenait devant les parlementaires un discours où il estimait dépassé « l'État-providence classique de la deuxième moitié du vingtième siècle ». À quoi il ajoutait : « À tous ceux qui le peuvent, il est demandé de prendre leurs responsabilités pour leur propre vie et pour leur entourage [1]. » De discours en discours, de sondage en sondage, les populations européennes ont fini par croire qu'effectivement les États étaient trop dépensiers et qu'il fallait que ça cesse. Elles oublient simplement, ou on oublie de leur dire, que l'État-providence, c'est d'abord et avant tout la protection sociale à laquelle elles ont droit.



Pour reprendre l'offensive : penser la révolution de l'État social

par Christophe Ramaux

Le néolibéralisme est entré depuis 2007 dans une crise irréversible. Il peut certes perdurer. La frange extrêmement réduite (le fameux 1 % et même 0,01 % des hauts cadres de la finance et des multinationales), qui a vu ses revenus exploser grâce à ce régime, y a intérêt. Mais le carburant grâce auquel il a longuement fait illusion – la hausse de la dette privée en lieu et place des salaires directs et indirects (les prestations sociales) – a atteint ses limites. Il ne tiendra dorénavant qu'au prix de l'enlisement sans fin dans la crise. Comment en sortir ? Ce qui bloque à l'évidence n'est pas tant la force propre du néolibéralisme que l'absence d'alternative cohérente à lui opposer. Quelle peut-elle être ? Dans ce qui suit, on soutient que celle-ci est déjà là sous nos yeux avec l'État social, dont la protection sociale est l'un des piliers. Le principal frein à l'alternative est dans les têtes : nous n'avons pas saisi toute la portée révolutionnaire de l'État social. Comment expliquer cela ? En quoi la protection sociale illustre-t-elle cette portée révolutionnaire ?



Trois modèles de protection sociale en Europe de 1995 à 2010

par Georges Menahem

Quand nous comparons les modèles de protection sociale dans le monde, nous constatons qu'ils assurent aux personnes couvertes des niveaux très différents de sécurité de leurs ressources selon les pays et les époques. Par exemple, face aux situations de chômage ou de maladie, la sécurité des revenus est beaucoup plus faible aux États-Unis qu'elle ne l'est dans les pays européens (Menahem, 2008). Dans cet article, je vais me limiter à une comparaison entre les pays de l'Europe des Quinze, en m'appuyant sur les dernières statistiques d'Eurostat de 2013. L'actualisation de mes calculs réalisés il y a huit ans montre que les systèmes de protection sociale sont encore très différents entre le sud et le nord de l'Europe (1). Ils ont un rôle néanmoins toujours très important, à la fois pour la sécurité des revenus qu'ils procurent aux personnes et pour la stabilisation macroéconomique qu'ils assurent aux économies confrontées avec les crises (2). Et les retraites ? Pour commencer à répondre à cette question, nous centrerons notre attention dans la dernière partie sur la comparaison des évolutions des prestations retraites dans les différents pays européens entre 1995 et 2010 (3).



Les différentes facettes de la privatisation rampante du système de santé

par André Grimaldi

Le processus de privatisation des systèmes de santé a été imaginé dans les années 1980 par des think-tanks (Gouvernance Institute et Institute Health Summit). Puis il a été adopté par l'OCDE et l'OMC, laissant le soin à chaque pays d'adapter son application en tenant compte des spécificités nationales [2]. Combattre ce processus de privatisation suppose d'intervenir sur plusieurs fronts [3] : sur le front théorique et idéologique, sur le modèle scientifique de la médecine, sur celui de l'« hôpital-entreprise » et sur le financement du système de santé.


Pour un financement de la santé à la hauteur des besoins

par Pierre Khalfa

La question des besoins en matière de santé est complexe. Elle renvoie à la fois à la notion de bien-être individuel, dont le caractère subjectif est évident, et aux objectifs d'une politique de santé publique qui doivent, en théorie, relever du débat démocratique. Ces deux points ne seront pas traités dans cet article qui se concentrera sur les évolutions du financement de la santé et les débats que ces dernières ont entraînés.



Femmes et retraites : un besoin de rupture

par Christiane Marty

La réforme de 2013 est censée faire face à une aggravation plus importante que prévue du déficit des caisses de retraite, qui atteindrait progressivement 20 milliards d'euros en 2020. La raison de ce déficit n'a rien à voir avec des évolutions démographiques mais est essentiellement liée à la crise, comme l'indiquent le Conseil d'orientation des retraites (COR) et, après lui, le rapport Moreau. Les politiques d'austérité, la baisse d'activité et le chômage conduisent en effet à une baisse des recettes sociales (et fiscales). Le gouvernement avait annoncé une réforme menée au nom de la justice sociale et de la réparation des injustices. Rien de nouveau, cette référence à l'équité était omniprésente lors des précédentes « réformes » de retraite… qui ont pourtant fait peser tous les efforts sur les salarié-es et les retraité-s et ont conduit à une importante baisse du niveau des pensions. Elles ont eu des conséquences encore plus négatives pour les femmes, et leurs effets n'ont pas fini de se faire ressentir, alors que les inégalités de pension sont très importantes entre les sexes. Il est donc utile de faire un point sur la situation et les enjeux actuels pour les femmes.



Du RMI et de l'API au RSA, les écueils de la « solidarité active »

par Anne Eydoux

Cet article questionne ce qu'il est convenu d'appeler la « solidarité active » qui a présidé à la lente métamorphose du revenu minimum d'insertion (RMI) et de l'allocation de parent isolé (API) en revenu de solidarité active (RSA). Cette métamorphose a vu les injonctions au retour à l'emploi des allocataires se faire plus pressantes, dans un contexte de décentralisation des politiques d'insertion et de généralisation de l'accompagnement vers l'emploi. La conception de la solidarité publique s'est modifiée, dépréciant la logique de soutien au revenu des ménages pauvres au profit d'une logique d'incitation individuelle au retour à l'emploi, tandis que la responsabilité de l'insertion était transférée de l'État vers les allocataires et vers les départements. La mise en évidence du caractère problématique de ces changements permet d'expliquer les échecs de la « solidarité active » et d'esquisser des pistes de réforme.



Revenir à la société : la question du revenu inconditionel Pour une conception ATTACquante et non pas défensive de la protection sociale : acquérir de nouveaux avantages en faveur de la société

par Baptiste Mylondo, Michel Lepesant

Il peut sembler incongru de traiter du revenu inconditionnel dans un dossier sur la protection sociale : cette mesure aux multiples noms et variantes est souvent critiquée à gauche par ceux qui craignent qu'elle ne remette en cause notre système français de protection sociale. En effet, dans une optique libérale, il s'agirait bien de supprimer l'essentiel des prestations sociales avec, pour solde de tout compte, le versement d'un revenu minimum, le plus souvent d'un montant indécent. Un tel revenu minimum impliquerait alors une régression sociale, qui se traduirait notamment par une baisse des prestations mais surtout par la disparition de certains dispositifs assurantiels comme l'assurance chômage ou même l'assurance maladie (comme le redoute par exemple Michel Husson [4]).



À l'offensive pour un autre travail grâce au salaire à vie À l'offensive pour un autre travail grâce au salaire à vie et à la copropriété d'usage des entreprises

par Bernard Friot

Le conflit sur les pensions offre des tremplins décisifs pour une émancipation du travail des institutions capitalistes qui l'enchaînent : la propriété lucrative, le marché du travail et la mesure de la valeur par le temps. S'en saisir suppose que nos revendications immédiates soient :

  • retraite à 55 ans,
  • 100 % du meilleur salaire net quelle que soit la durée de la carrière,
  • financement par une hausse des salaires bruts et du taux de cotisation. Et pas, donc : retraite à 60 ans, 75 % du salaire (sans préciser si c'est le brut ou le net), retour aux 10 meilleures années pour le salaire de référence, retour à la carrière complète de 37,5 annuités (ou passage à 35) avec élargissement de leur mode de calcul (intégration de temps de formation, coefficient de pénibilité, baisse du salaire trimestriel minimum), financement par taxation du capital sous ses diverses formes. Toutes ces revendications nous enferment dans le terrain que se sont choisi les réformateurs, celui de la pension comme revenu différé.


Du développement social à la protection sociale : quel progrès ?

par Francine Mestrum

Après vingt ans de « lutte contre la pauvreté », les organisations internationales du développement proposent des politiques de protection sociale universelle. Est-ce un progrès ? Cette protection sociale signifie-t-elle un retour au « développement social » des années 1970 ? Va-t-elle au-delà de la réduction de la pauvreté ? Constitue-t-elle une rupture avec les politiques néolibérales ?
Quand, en 1968, Robert McNamara devient président de la Banque mondiale (BM) – après avoir été ministre de la défense dans les gouvernements de Kennedy et de Johnson aux États-Unis –, il constate que les progrès en matière de développement ne sont pas particulièrement spectaculaires. Il commande un rapport indépendant sur le bilan de vingt ans d'aide au développement et des propositions pour une stratégie globale pour les années 1970.



Autour de la protection sociale, de quoi parle-t-on ? Autour de la protection sociale, de quoi parle-t-on : salaire, cotisation, valeur ajoutée, revenu, prélèvements, financement, paiement, socialisation… ?

par Jean-Marie Harribey

Les discussions sur la protection sociale sont souvent compliquées par la variété des définitions des mots employés et la variété des sens accordés à ces mots à partir parfois d'une même définition. Il est difficile, sinon impossible, de proposer un cadre sémantique sur lequel il y aurait consensus. Mieux vaut essayer de dégager les enjeux de telles incertitudes ou des désaccords, la discussion étant autant politique que théorique. On le vérifie notamment avec les notions de salaire socialisé, de valeur, de cotisation sociale, de revenu et de revenu d'existence.



 


                                        Débats



Réflexions sur « Le capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty

par François Chesnais

Le capital au XXIe siècle de Thomas Piketty [5] est un gros livre (plus de 950 pages) au titre ambitieux, ce dont il est tout à fait conscient. Le livre aurait pu être plus long encore, puisque Piketty renvoie à des annexes sur son site Internet. Cependant, il cerne soigneusement son sujet. On sait dès les premières lignes qu'il va traiter de l'évolution de la répartition des richesses dans le long terme et du rapport entre l'accumulation de capital privé et sa concentration. Il s'agit, « au début de ce siècle de tirer de l'expérience des siècles passés quelques modestes clefs pour l'avenir » portant sur l'évolution des inégalités de revenu et de patrimoine tout en sachant que « l'histoire invente ses propres voies » (p. 60). Piketty veut aider ses lecteurs à l'aide de références littéraires qui peuvent être une incitation à relire, ou à lire pour la première fois, les grands romanciers observateurs de la société bourgeoise anglaise et française du XIXe siècle et du début du XXe. Il reste que, si la lecture du livre section par section est généralement claire et facile, sa structure en rend le maniement ardu et l'accessibilité assez difficile.



Éléments de réponses à François Chesnais

par Thomas Piketty

Je voudrais d'abord remercier François Chesnais pour sa lecture attentive de mon livre et pour ses commentaires élogieux. Je vais ici me concentrer sur quelques remarques permettant de préciser certains points de désaccords possibles.



« La richesse, la valeur et l'inestimable » de Jean-Marie Harribey

par Eric Toussaint

Jean-Marie Harribey a fourni un travail colossal pour mettre à la disposition des lectrices et des lecteurs cet important ouvrage qui a pour sous-titre « Fondements d'une critique socio-écologique de l'économie capitaliste [6] ». L'auteur nous invite à découvrir ou revisiter les œuvres d'Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de John Maynard Keynes et de bien d'autres en les confrontant au capitalisme actuel. Ce n'est pas une des moindres qualités de ce livre que de prendre la peine de résumer les travaux des classiques avant de les soumettre à la critique.



Éléments de réponse à Éric Toussaint

par Jean-Marie Harribey

Je remercie tout d'abord chaleureusement Éric Toussaint pour la recension de mon livre [7], ainsi que pour les notes et remarques, certaines critiques, qu'il m'adresse, montrant ainsi la qualité et la finesse de sa lecture.
La critique est totalement libre et ce qui suit n'est qu'un essai de poursuite de la réflexion et de la discussion, sans clore bien sûr cette dernière.



 

                           La revue des revues



En rapport avec le dossier sur la protection sociale : la Lettre de l'ONPES L'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale

par Jacques Cossart

L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) qui propose plusieurs articles et études qui viennent illustrer le contenu de ce premier numéro de la revue.
L'Observatoire des inégalités qui propose un dossier sur la pauvreté en France et un autre sur les minima sociaux en France.



En rapport avec le dossier sur la protection sociale : l'Observatoire des inégalités L'Observatoire des inégalités

par Jacques Cossart

On se reportera aussi avec avantage à l'Observatoire des inégalités



Rapports des institutions internationales : le rapport 2013 du PNUD Le rapport 2013 du PNUD

par Jacques Cossart

Le rapport 2013 du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) est intitulé : « L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié »,



Rapports des institutions internationales : la banque mondiale et le business La banque mondiale et le business

par Jacques Cossart

Tout d'abord « Doing business » dont la version complète est publiée en anglais, et dans une version abrégée en français



Rapports des institutions internationales : les indicateurs de la Banque mondiale Les indicateurs de la Banque mondiale

par Jacques Cossart

La Banque mondiale propose, en plusieurs langues, dont le français, sous le titre « Données–Indicateurs » un outil interactif donnant accès à plus de 300 indicateurs regroupés en 18 chapitres et portant sur la période 1980-2012.



Rapports des institutions internationales : le rapport 2013 sur le développement de la Banque mondiale Le rapport 2013 sur le développement de la Banque mondiale

par Jacques Cossart

« World development report 2013 » dont la lourde version complète (422 pages) est publiée en anglais, est le rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde de 2013, centré sur l'emploi.



Rapports des institutions internationales : le rapport 2014 sur le développement de la Banque mondiale Le rapport 2014 sur le développement de la Banque mondiale

par Jacques Cossart

La Banque mondiale vient de publier son Rapport sur le développement dans le monde 2014 « Risques et opportunités, La gestion du risque à l'appui du développement », . L'objectif de la Banque mondiale est d'apporter une réponse à « la question pressante : comment pouvons-nous accroître notre résilience face aux risques ? »



Rapports des institutions internationales : la richesse dans le monde selon le Crédit suisse La richesse dans le monde selon le Crédit suisse

par Jacques Cossart

« Global Wealth Report 2013 » est le rapport du Crédit suisse sur la fortune dans le monde.Le terme « wealth » ne doit pas conduire à penser que les chiffres indiqués rendraient compte de la valeur des PIB dans le monde ; il s'agit de l'évaluation des stocks de fortunes individuelles sur la base des valeurs immobilières et mobilières, dont on sait qu'elles ne représentent que du capital fictif tant qu'elles ne sont pas liquidées.



Rapport du GIEC : La dégradation climatique

par Jacques Cossart

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a présenté le 27 septembre 2013 la première partie (éléments scientifiques) du cinquième rapport d'évaluation du GIEC ; on trouvera, en français, les documents relatifs aux quatre précédents, le dernier datant de 2007.
Le GIEC est organisé en trois groupes de travail auxquels s'ajoute une équipe chargée des inventaires nationaux des gaz à effets de serre (GES). Ce sont plusieurs centaines de scientifiques et experts du monde entier qui contribuent, bénévolement, à l'établissement des rapports.
Le lourd rapport (2 216 pages) apportant les éléments scientifiques n'a été rendu public en septembre 2013 qu'après l'adoption, à l'unanimité, du « Résumé à l'attention des décideurs » relatif au rapport final ; on lira ici une version non officielle, en français, dudit résumé.




Information sur la lutte des femmes de LATelec en Tunisie

par Esther Jeffers

LATelec est une société filiale à 100 % du groupe français Latécoère. Cet équipementier aéronautique français est l'un des leaders mondiaux de son secteur et fournit de grands noms de l'aviation comme Airbus ou Dassault.
 Le document de référence et les derniers comptes financiers 2012, qu'on pourra consulter, montrent que le chiffres d'affaires a crû au cours des trois derniers exercices (page 18).



La Syrie, que faire ?

par Jacques Cossart

En raison de son emplacement géographique, sur la route des échanges entre l'Europe et l'Asie, la Syrie joue, depuis la haute Antiquité, un rôle important dans l'histoire. En témoignent les très nombreuses dominations qu'elle a subies, depuis celle des Égyptiens près de 1700 ans avant J.-C., jusqu'aux décennies du protectorat français qui a pris fin en 1946. Le parti Baas s'imposera dès 1966 jusqu'à la prise de pouvoir, après la défaite de la Guerre des Six Jours, par la général Hafez el-Assad dont le fils cadet Bachar el-Assad sera nommé président de la République en 2000, après la mort de son père. L'utilisation de la religion est constante depuis des décennies.




 


Attac France — 2013


Revue éditée
à l'initiative du Conseil
scientifique d'Attac




20/11/2013
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