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Macron à Whirlpool ... face-à-face avec Ruffin

Macron à Whirlpool : le face-à-face avec Ruffin conclut un Facebook Live surréaliste

 

Pris au piège par la visite de Marine Le Pen à l'usine, le candidat d'En Marche! a risqué d'aller se frotter aux ouvriers et diffuser l'échange en direct.

 
 

 À Amiens ce mercredi 26 avril, rien ne s'est passé comme prévu pour Emmanuel Macron.

Pendant que le candidat d'En Marche! rencontrait l'intersyndicale de l'usine Whirlpool à la chambre de commerce de la ville, sa rivale, Marine Le Pen, déboulait à l'improviste pour rencontrer les ouvriers sur le parking de l'usine.

 

 

"Je suis ici à ma place, je suis au milieu des salariés qui résistent à cette mondialisation sauvage. Je ne suis pas avec des représentants qui mangent des petits fours", a déclaré sur place la candidate Front national, devant une audience conquise, composée notamment de militants frontistes venus dans la matinée distribuer des croissants et préparer le terrain.

 

 

Marine Le Pen, restée une vingtaine de minutes, a parfaitement réussi son coup de com'. Sur les chaînes d'information en continu, s'exposait en images le contraste ravageur entre ce qui ressemblait à un "candidat des élites déconnectées" et celle "du peuple" ancrée dans la réalité du terrain. Mis devant le fait accompli, le candidat d'En Marche! a pris la décision, tout aussi improvisée, de se rendre à l'usine dans un second temps.

Pas vraiment aidé par la déclaration polémique de Jacques Attali, ni par le communiqué de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron allait vivre une séquence très compliquée.

 

 

 

Foire d'empoigne

À son arrivée sur le site, le candidat à la présidentielle a reçu un accueil très hostile. Les caméras, les gardes du corps, des huées, une pluie d'insultes...

Rien ne rendait un échange avec les salariés possible dans cette ambiance de foire d'empoigne. D'autant que, comme notre reporter sur place l'a constaté, des membres du Front national avaient préparé un comité d'accueil au favori des sondages.

 

 

L'ex-locataire de Bercy a donc décidé de s'exfiltrer de la meute des journalistes, pour parler directement aux ouvriers. Assumant la prise de risque, l'équipe du candidat d'En Marche! a pris la décision de diffuser en direct sur Facebook cet échange qui s'annonçait tendu et qui ressemblait à un dialogue de sourds.

 

Flanqué d'un micro, Emmanuel Macron a essuyé critiques et quolibets, allant de son passé de banquier à son passage au gouvernement en passant par son âge.

 

Les premières minutes du live, sont donc pour le moins chaotiques. Emmanuel Macron, tentant de rester calme face aux invectives et d'exposer tant bien que mal ses arguments. "La réponse n'est pas la suppression de la mondialisation, ni la suppression des frontières. Ne vous trompez pas de combat", a-t-il lancé aux salariés de Whirlpool, particulièrement remontés contre ce symbole du "business", comme l'a décrit une employée.

 

Encaissant les coups, Emmanuel Macron est resté au milieu des grévistes, qui ne manquaient pas de mordant. "On est des ouvriers, on a les mains propres, vous nous serrez la main?", lui a lancé une salariée du site. "Avoue qu'il était mauvais Hollande!", l'a interpellé un autre. Pour autant, et malgré cette ambiance très tendue, le candidat d'En Marche! est parvenu à plusieurs reprises à instaurer un dialogue.

 

 

Ruffin salue "le courage" de Macron, mais...

À la fin de cette séquence, François Ruffin, candidat aux législatives dans cette circonscription et adversaire politique de l'ex-ministre de l'Économie, a pris la parole. "Je salue votre courage d'être venu malgré tout au milieu de la mêlée comme ça", a commencé le réalisateur de "Merci Patron". Pour autant, François Ruffin a reproché à Emmanuel Macron de ne pas avoir publiquement condamné la direction du site.

 

La candidat labellisé "France insoumise" aux législatives l'a également interpellé sur sa vision de l'économie. "La mondialisation n'est pas heureuse. Il y a une France qui se porte très bien, mais là, vous êtes au milieu de celle qui se porte mal", a-t-il déclaré.

 

S'est alors installé un dialogue plus apaisé, dans lequel chaque partie a pu exprimer son point de vue, Emmanuel Macron opposant aux arguments de François Ruffin "la liberté d'entreprendre" et le relance par "l'investissement". Et ce dans une ambiance que personne n'aurait pu prédire en début d'après-midi:

 

Passée cette séquence, Emmanuel Macron est reparti dans une ambiance beaucoup moins hostile, au point de se voir remercié par des ouvriers. "Ne me remerciez pas, c'est normal. Je m'y étais engagé. Je n'ai pas besoin qu'on me dise merci", a-t-il lancé avant de partir.

 

 

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26/04/2017


27/04/2017
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