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NOTE SUR L'EMPLOI DU BASSIN DE ROISSY

 

                              NOTE SUR L'EMPLOI DU BASSIN DE ROISSY

       APRÈS QUATRE ANNÉES DE RÉCESSION

DE L’EMPLOI DU GRAND ROISSY (2008- 2012),

ON NE PEUT PLUS RÉPÉTER LES MÊMES CONTRE-VÉRITÉS





                 1ère contre-vérité : l’implantation de Roissy a créé 261 000 emplois

    En réalité, les 261 000 emplois représentent la totalité des emplois répertoriés dans les 22 communes du Grand Roissy. Comme si l’aéroport s’était implanté dans un désert ! Et comme si la population n’avait pas généré des emplois induits de services, de commerce, d’artisanat … indépendamment de l’activité aéroportuaire.

 

 

a/  En 1975, un an après l’ouverture de l’aéroport, l’INSEE comptabilisait 127 000 emplois et 484 000 habitants dans le périmètre du Grand Roissy.

A l’époque, loin d’être un désert, le territoire accueillait près d’un demi-million de personnes, dont 3 villes de plus de 50 000 habitants : Sarcelles (55 000), Drancy (64 000) et Aulnay-Sous-Bois (78 000).

 Avec 16 000 emplois à Roissy et 13 000 au Bourget, l’activité aéroportuaire ne représentait que 23 % de la totalité des postes de travail implantés sur le territoire. Restait environ 100 000 emplois avec Aulnay-sous-bois comme principal pôle (26 000 postes de travail) avec un important tissu industriel dont notamment l’usine Citroën (future PSA) qui avait ouvert en 1972. Citons encore différents pôles industriels comme Drancy, Blanc-Mesnil, le Bourget. A l’époque l’essentiel des emplois se trouvaient dans les activités induites par la présence d’une population nombreuse : petit commerce et artisanat, activités sanitaires et sociales, enseignement et formation, services publics, sans compter un certain nombre d’activités industrielles souvent en périphérie.

 

b/  Depuis 1975, la population du territoire a augmenté de 90 000 habitants, pour atteindre 573 000 habitants pour 263 000 emplois. Roissy représentait au recensement de 2008 près de 94 000 emplois.

 

    Mais on peut difficilement attribuer à la seule activité aéroportuaire les 136 000 emplois créés depuis 1975. Et notamment les emplois de services de proximité (23 000 postes), ou les filières sanitaire et sociale (15 000), éducation-formation (13 000) ou encore administration publique (19 000).

 

 Par ailleurs l’axe Saint-Denis-Roissy n’est pas seulement un « corridor aéroportuaire » comme le prétendent les descriptifs de la plaine de France, mais il correspond à l’axe millénaire de la « route des Flandres » d’origine gallo-romaine qui a généré un important trafic marchand dont les fameuses « foires du Lendit » à Saint-Denis dès l’an 800 de notre ère.

 

 Cette route des Flandres qui constitue le principal axe de transports de marchandises du territoire français a généré un ruban d’activités de logistique, constituant de vastes entrepôts d’éclatement pour desservir la deuxième agglomération européenne (après Londres) et ses 12 millions d’habitants franciliens. En témoigne notamment le site de Garonor sur Aulnay-sous-bois, mais aussi de nombreux entrepôts le long de l’autoroute A1. Ces activités existaient avant l’implantation de Roissy et leur développement est simultané et non corrélé à la croissance du pôle aéroportuaire.

 

 Aujourd’hui, ces emplois représentent encore 40% des métiers de Transport-Logistique du territoire, soit 26 000 postes de travail.



                    2ème contre-vérité : 130 000 emplois seraient créés d’ici 2030.

a/ C’est le même discours que l'on entend depuis 40 ans, depuis la création de l’aéroport de Roissy. C’est faux, archi-faux !

 

 L’Étude ECODEV commandée par l’EPA Plaine de France s’est contentée de citer les "enveloppes d’emplois" indiquées par les promoteurs des 25 projets du Grand Roissy. Le détail de ces estimations globales n’a pas été communiqué.

 

Elles ont visiblement été faites "à la louche" par des non-spécialistes qui ont multiplié des ratios d’emplois/m2, sans aucune assurance d’installations effectives.

De plus, les 25 projets ne s’additionnent pas, certains sont concurrents :

  • deux stades de 20 000 places : le Dôme de Sarcelles / le Coliseum à Tremblay ;

  •  

    Cinq pôles d’affaires, dont un seul en construction (Aérolians à Roissy), sans aucune réflexion sur la concurrence avec d’autres sites d’affaires franciliens (La Défense, Saint-Denis, Boulogne, Saclay, sans compter Paris-intra-muros avec les pôles de Clichy-Batignolles, porte de Versailles, Bercy-Austerlitz…).

Il est d'ores et déjà inimaginable de continuer à spéculer sur la réalisation de nouveaux centres d’affaires dans un contexte où 4 millions de m2 de bureaux sont vides en IDF (Aérolians ayant bien du mal à se développer et n’accueillant que le transfert d’entreprises en provenance du 95 et 93, ce qui ne rajoute pas d’emplois).

  • Le centre commercial Aéroville s’est implanté dans un contexte de saturation de surfaces commerciales dans la banlieue Nord. Outre l’existant et notamment le centre commercial historique d’O’Parinor à Aulnay-sous-bois (90 000 m2), 200 000 m2 de centres commerciaux ont été récemment mis en service et végètent : Qwartz à Villeneuve la Garenne (86 000 m2), le Millénaire à Aubervilliers (56 000 m2), My Place à Sarcelles (35 000 m2), Plein ciel à Blanc-Mesnil (30 000 m2).

b/ Non seulement nous contestons totalement les chiffres des créations d'emplois liés à l'urbanisation du Triangle de Gonesse, qui ne cessent de gonfler avec le temps, basés sur des ratios d'aujourd'hui calculés "à la louche"… qui seront démodés dans dix ans, mais nous affirmons que de toute façon ces emplois ne sont pas destinés aux salariés des communes riveraines.

Dans le territoire du Grand Roissy, il faut distinguer :

« le cœur de pôle » qui concentre les richesses et les emplois ;

« l’aire directe » en couronne autour du cœur de pôle, qui regroupe des communes fortement peuplées, souvent pauvres, accusant un important déficit d’emplois.

  • Le cœur de pôle est composé de sept communes, dont Roissy et Gonesse. En 2011, d’après le recensement INSEE, il concentre 151 445 emplois, pour 65 545 habitants travailleurs, dont environ 9 770 chômeurs. Soit en moyenne près de 2,3 fois plus d’emplois que de résidents en activité. Il y a donc numériquement bien assez d’emplois ! Même si la commune de Roissy connaît une crise du transport aérien, qui se traduit par une diminution de 6775 emplois en trois ans (INSEE 2008 - 2011), évolution négative passée totalement sous silence dans les perspectives dithyrambiques des projets du Grand Roissy.

A Gonesse, le recensement 2011 compte 14 555 emplois pour 10 577 résidants en activité (12 582 si on rajoute les chômeurs…) Il y a donc excédent de postes de travail !

  • L’aire directe regroupe 15 communes, largement déficitaires en emplois. Certaines sont considérées comme des communes-dortoirs, comme Arnouville, Dugny, Sevran, Saint-Mard, Mauregard (3 fois moins d’emplois que d’actifs, y compris en recherche d’emploi…).

 Or, 80% des emplois projetés d’ici 2030 le sont sur le cœur de pôle de Roissy qui concentre aussi les pollutions liées aux deux aéroports, alors qu’il vaudrait mieux résorber le déficit d’emplois dans les communes du pourtour. Cherchez l’erreur…

c/ Au cours des 4 dernières années statistiques disponibles (2008-2012), le cœur de pôle a enregistré une baisse de 4 700 emplois, Roissy a perdu d’après l’INSEE plus de 10 000 emplois, compensés partiellement par une augmentation de 3250 emplois à Tremblay-en-France. Apparemment, ce serait essentiellement dû à la crise du transport aérien.

 

     Certes, il n’est pas pris en compte l’arrivée de 2 000 emplois sur Aéroville en 2013, mais nous ignorons les conséquences de cette ouverture sur la santé du petit commerce et des grandes surfaces d’alentours.

Côté Seine-Saint-Denis, Aulnay-sous-bois et les communes adjacentes ont perdu 3 000 emplois. Conséquence sans doute de la crise automobile (PSA).

 

Au total, nous ne voyons pas comment 136 000 emplois (dont 1/3 ne serait pas lié à l’activité aéroportuaire) auraient été implantés en 40 ans sur le Grand Roissy en période faste et que 130 000 autres pourraient être créés en moins de 20 ans, en période de récession.

 

Les projections d’emplois effectuées par l’EPA ne tiennent aucun compte des suppressions d’emplois observées en 4 ans dans les communes du Grand Roissy, qui atteignent 7 500 emplois.

 Récession sans doute générée par la crise industrielle (fermeture PSA et des sous-traitants) et aéroportuaire (Air France, mais aussi auxiliaires du transport aérien) ou par les effets négatifs des nouvelles implantations sur les activités traditionnelles des centres-villes (petit commerce et artisanat, services à la population…).

 

  Pourtant, constatons qu’il n’a été porté aucune révision à la baisse des perspectives d’emplois établies en 2008.



                                  3ème contre-vérité : le projet d'urbanisation du Triangle de Gonesse préserverait un "carré vert" de 400 ha dédiés à l'agriculture :

Le CPTG attend toujours l’étude qui démontrerait l’existence d’une surface réelle de 400 ha entre EuropaCity avec sa zone d’affaires au sud et les 90 ha détruits au nord par le projet de golf de Roissy.



                                              4ème contre-vérité : le projet d'urbanisation du Triangle de Gonesse donnerait le jour à un "nouveau quartier doté de commerces de proximité" :

 Nous contestons l’utilisation du mot "quartier" pour un territoire interdit à l’habitat, en raison de la proximité de l’aéroport de Roissy : quand il n'y a pas d'habitants, il n'y a pas de VILLE et donc pas de nouveau quartier.

 

 Pourtant une plaquette datée de novembre 2014 bilingue français–anglais, présentée comme "la feuille de route de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) du Triangle de Gonesse" répand toujours la même propagande mensongère sur le "quartier à vivre", "la ville des courtes distances" de ce territoire sans habitant…

 

 Alors qu’EuropaCity cible la clientèle générée par un improbable doublement du trafic de l’aéroport de Roissy (qui passerait de 60 à 120 millions de passagers), on nous ressert la même promesse erronée d’un "quartier doté de commerces de proximité" … pour les touristes venus du monde entier et "de nouvelles formes d’agriculture locale : cueillette, jardins pour les  salariés" qui viendraient de toute l’Île-de-France et ramèneraient leur récolte dans la ligne 17 du Grand Paris Express !

 Ces documents sont le fidèle reflet du site internet www.triangledegonesse.fr qui persiste à diffuser des images aussi idylliques que mensongères.

 

 Citons notamment la vision de carte postale de la page d’accueil, avec des visiteurs se promenant au dehors avec leurs enfants, alors que le bruit des avions obligerait à concevoir pour le public des lieux fermés insonorisés. De même, la vue "imprenable" sur la Tour Eiffel serait mise à mal par le nuage de pollution qui flotte au-dessus de Paris.

 Sans compter l’omission des risques liés à la proximité de l’aéroport (deux catastrophes aériennes en 25 ans, risques d’attentats) …

 

 De ce fait, l’urbanisation du Triangle de Gonesse ne peut contribuer en aucun cas à "faire de la ville".



                  QUI OSERA DIRE LA VÉRITÉ ?



 La vérité c'est que le projet EuropaCity du groupe Auchan s’inscrit dans les grandes logiques du siècle dernier (pôles d’habitat de vie, de production, de loisirs bien séparés) et est en complet déphasage avec le nouveau schéma de développement sur lequel travaillent depuis 10 ans la Région Ile-de-France et de nombreux urbanistes.

 

 La vérité c'est que les emplois que pourraient créer les projets actuels portés par le Groupe Auchan et l'EPA Plaine-de-France ne seraient pas des emplois de proximité pour les populations locales, qui n'ont pas les qualifications professionnelles requises, sachant que lorsqu'elles les acquièrent , elles choisissent le plus souvent d'aller loger ailleurs pour échapper aux nuisances liées à la proximité des aéroports de Roissy et du Bourget.

 

 La vérité en 2015, c'est qu'on ne peut plus déduire de l’accroissement au niveau mondial d’une classe moyenne, une progression équivalente du trafic aérien.

 

 La vérité c'est que nous avons besoin d’espace de cultures proches du fait d’échanges qui se feront de moins en moins par voies aériennes et routières. Nous avons besoin d’espaces verts et de cultures pour notre alimentation, pour la qualité de l'air que l'on respire et pour limiter le réchauffement climatique.

 

 La vérité c'est qu'il est grand temps de réfléchir à ce que seront le commerce et l'emploi de demain (e-commerce et télétravail), sinon les projets envisagés pour urbaniser le Triangle de Gonesse pourraient bien se révéler obsolètes avant même d'avoir vu le jour, en gros dans 10 ans.

La vérité, c'est que les priorités nouvelles liées aux urgences climatiques et à l'obligation de réduire fortement la pollution atmosphérique pour préserver la santé des habitants conduiront inévitablement les autorités à remettre l’emploi dans les centres villes.

 

 La vérité en 2015, c'est que les habitants rejettent chaque jour davantage le modèle des pôles commerciaux avec des villes dortoirs et des centres villes moribonds, parce qu'il y a une aspiration nouvelle pour des commerces de proximité et pour la préservation et la réanimation des centres villes.

 

 La vérité, c'est que les terres agricoles du Triangle de Gonesse peuvent jouer un rôle trop souvent ignoré en faveur de la qualité de vie pour les  habitants des communes qui l’entourent : absorption et dispersion des pollutions atmosphériques, atténuation des pics de chaleur, production  alimentaire.

 

 

 

 



 

 

Collectif pour le Triangle de Gonesse Courriel : contact@cptg.fr Site web : //cptg.fr 5



08/10/2015
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