Robert Navarro aux côtés du président de la Région, Christian Bourquin, et de Fabrice Levassort, directeur des Transports. A doite : Une vue du port de La Nouvelle.

Robert Navarro aux côtés du président de la Région, Christian Bourquin, et de Fabrice Levassort, directeur des Transports.

   Fin juillet, le conseil régional, réuni en assemblée plénière, s'est prononcé pour la validation du projet "très grand port". Prochaine étape : l'enquête publique à l'automne.

  Quarante-sept voix pour, vingt abstentions : le conseil régional a voté la poursuite du projet. Comme le sénateur Robert Navarro, 1er vice président en charge du dossier, l'avait martelé au cours des neuf réunions du débat public organisé en début d'années, pas question pour la collectivité de faire marche arrière.

  Une décision actée le 19 juillet dernier, en assemblée plénière, et soutenue par le conseil portuaire. C'est l'option 'très grand port' qui est retenu. Budget prévisionnel : de 235 à 310 millions d'euros pour les infrastructures maritimes. Ce plan de développement prévoit l'aménagement d'un nouveau grand bassin de 12 à 14 mètres de tirant d'eau capable d'accueillir des bateaux de 220 mètres. La digue Sud devrait être allongée de 800 mètres. Au programme également : la création de la digue Nord de deux à trois kilomètres en mer.

  Ce vote de la Région implique l'organisation d'une enquête publique à l'automne. Cette nouvelle étape arrive après celle du débat public (janvier - avril 2013). Rendue en juin dernier par la commission nationale, la synthèse du débat pointait que les participants avaient interrogé la Région sur "la solidité de ses prévisions" et conseillait que "le maître d'ouvrage s'inscrive en priorité dans une réflexion sur le dimensionnement du futur port avec la poursuite de la concertation avec le public".

  Quatre mois durant, deux visions, deux lignes se sont affrontées au sujet de l'agrandissement de l'infrastructure portuaire.

   Les 'pro' - la Région, l'ensemble des collectivités, les décideurs économiques, la CCI de Narbonne qui gère la structure - en ont appelé "au sens de l'histoire".

  Les 'anti' - les écologistes, Eccla, etc. - n'ont pas hésité à évoquer un "chantage aux travaux". Robert Navarro l'a répété : "Ne rien faire, c'est programmer le déclin du port. Ce port est allé au bout de ses limites. Si on laisse les choses en l'état, il pourrait mourir. Le sens de l'histoire, c'est l'augmentation de la taille des navires. Et depuis toujours, ce sont les ports qui s'adaptent aux bateaux et non le contraire".

  Europe Ecologie Les Verts (EELV), avec Jean Codognès, conseiller municipal à Perpignan, la secrétaire régionale Agnès Langevine, Albert Cormary, Jacky Grau ou encore Alain Richou, n'ont cessé de dénoncer cette analyse.

  Plusieurs angles d'attaque : "la démesure" du projet, les prévisions de trafic "farfelues" du maître d'ouvrage, une prise en compte "inadaptée" des risques technologiques et même la promesse de l'annulation du chantier devant la justice…

  Dans sa délibération, la Région s'engage à "optimiser le projet en terme de phasage et de rentabilité socio-économique".

  Le projet des infrastructures maritimes est financé par la Région, propriétaire du port, à hauteur de 70 %. Le Département et le Grand Narbonne injectent chacun 15 % du coût total. Les aménagements des quais et terre-pleins (150 millions d'euros supplémentaires) seraient déclenchés à l'aide d'investisseurs privés.

  La commission nationale du débat public rend un avis consultatif, l'enquête publique, elle, s'avère contraignante.