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Protection du lac de Grand-Lieu et de sa réserve naturell...


Le projet d'aéroport menace aussi la réserve naturelle de Grand-Lieu et ses abords

Loïc Marion (UNIVERSITE DE RENNES I, Centre National de la Recherche Scientifique, UMR 6553 Ecobio) est l’un des meilleurs connaisseurs de la Réserve naturelle de Grand-Lieu. Il a tenu à écrire au Président de la commission du Dialogue qui avait fait des déclarations montrant une grande ignorance sur cette question. On attend avec curiosité la réponse de M. Chéreau.

 

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Rennes, le 19 mars 2013

Monsieur Claude CHEREAU Président de la Commission du Dialogue

sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Monsieur le Président,

Parmi les arguments environnementaux présentés en faveur du déménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique de Château-Bougon à Notre Dame des Landes figure en bonne place, notamment de la part des élus (cf. encart publicitaire paru dans les journaux régionaux le 18/12/12), la protection du lac de Grand-Lieu et de sa réserve naturelle « menacée par l’aéroport existant dont elle est mitoyenne ». Je me permets de vous demander de bien vouloir verser aux débats ma présente contribution, faite en tant que chercheur au CNRS, spécialiste de l’écologie de ce lac depuis plus de 40 ans (près de 200 publications), mais aussi en tant que premier directeur de la réserve naturelle de Grand-Lieu (2700 ha) pendant 23 ans (1984-2007), nommé par le ministre chargé de l’Environnement. A ces titres, j’ai activement oeuvré pour la création de la réserve naturelle auprès de l’Etat et du parfumeur Jean Pierre Guerlain qui a fait donation de sa propriété à l’Etat, mais aussi en tant que responsable des dossiers de protection de l’ensemble du lac sur plus de 7500 ha (Réserve naturelle, Site classé, Zone Nationale d’Intérêt Floristique et Faunistique, Zone de Protection Spéciale de la Directive Européenne Oiseaux, Zone Spéciale de Conservation de la Directive Européenne Habitats, Site Ramsar, application de la Loi Littoral dont le lac était au départ exclu, Programme Européen Life Nature ayant permis l’acquisition de 250 ha de marais…). Je crois donc pouvoir affirmer que l’argument concernant les menaces que feraient porter l’actuel aéroport sur le lac de Grand-Lieu est non seulement faux, mais que ce déménagement de l’aéroport aura exactement l’effet inverse.

L’actuel aéroport de Château-Bougon menace-t-il la faune du lac de Grand-Lieu ?

Les avions commerciaux ne gênent nullement la faune du lac de Grand-Lieu puisque son survol s’effectue à plusieurs centaines de mètres de hauteur, bien au-delà des 300 m d’interdiction réglementaire de survol aérien de la réserve. Les oiseaux notamment ne réagissent absolument pas à ces passages auxquels ils sont depuis longtemps habitués (rien à voir avec des hélicoptères). En outre, le survol du lac s’effectue essentiellement en vol d’atterrissage, moteurs au ralenti et pratiquement silencieux avec les avions actuels, tandis que les décollages prennent très vite de la hauteur et généralement bifurquent avant d’atteindre le lac. Je n’ai constaté une gêne des oiseaux qu’à l’occasion des baptêmes de l’air exceptionnels du Concorde. Dans tous les dossiers de protection du lac évoqués précédemment, tout comme dans les ouvrages scientifiques, je n’ai jamais évoqué le moindre problème soulevé par l’aéroport de Nantes-Château-Bougon, bien que ne m’étant jamais privé de dénoncer les multiples atteintes environnementales que subit ce lac.

Y-a-t-il pollution du lac de Grand-Lieu par les avions ?

Concernant la question de la pollution aérienne, je n’ai jamais réussi à avoir confirmation de largages de kérosène en phase d’approche sur le lac, dont l’existence aurait d’ailleurs été immédiatement visible par des irisations sur l’eau. Au contraire, il m’a été indiqué que ces largages concernent essentiellement les aéroports pour lesquels il existe une forte probabilité de liste d’attente à l’atterrissage, pouvant atteindre plusieurs dizaines de minutes comme pour les aéroports parisiens, ce qui oblige les avions à garder une réserve de sécurité pour tournoyer, ce qui n’est pas le cas à Nantes (atterrissage direct). Quand bien même il y aurait largages, ils seraient effectués bien avant le lac, à hauteur élevée, de façon à provoquer une brumisation qui n’a que peu de risques d’atteindre le sol. Enfin, les avions en phase d’atterrissage longent la côte orientale du lac, dans l’axe de la piste, et les vents dominants pousseraient les vapeurs de kérosène hors du lac, tout comme la pollution générée par les moteurs. Tant les études menées pour la constitution du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin du lac de Grand-Lieu, que celles que j’ai conduites pendant de nombreuses années sur le bilan entrées-sorties des pollutions sur le lac, n’ont pas mis en évidence une pollution du lac due aux avions. La véritable menace pesant sur ce lac est l’activité humaine, notamment la pollution d’origine agricole sur son bassin versant, qui lui a valu de passer en une trentaine d’années du statut oligotrophe (eaux claires) à celui d’hypereutrophe, dominé par les algues toxiques.

Les menaces environnementales indirectes liées à l’abandon de l’actuel aéroport

A l’inverse, le déménagement de l’aéroport représentera une menace environnementale considérable pour l’avenir de tous les terrains situés entre les pistes et le lac, qui bénéficient actuellement d’une interdiction ou d’une limitation drastique des constructions (Rezé, Nantes, St-Aignan de Grand-Lieu, Bouguenais, Bouaye), reprise dans les POS ou les PLU, qui sera levée puisque leur constructibilité est revendiquée par Nantes Métropole comme argument du déménagement. La superficie totale des terrains concernée par la réglementation sur le bruit concerne 600 ha. La zone tampon entre l’aéroport et le lac en sera gravement altérée. Déjà, la municipalité de Saint-Aignan revendique de pouvoir faire une jonction urbanistique entre le bourg actuel et le lac de Grand-Lieu (cf. l’exposition actuelle en mairie et les projets confiés à des architectes en ce sens), ce qui est totalement contraire à l’esprit de protection des abords du lac suivi depuis plus de 30 ans. Un lotissement de 125 maisons est déjà programmé. Quid également de la zone militaire aéroportuaire importante protégeant actuellement le parc et les bois du château de Bougon, en limite de pistes (le château servait au logement des gendarmes de l’aéroport), qui constitue de par sa fermeture totale au public une réserve naturelle de fait ?

Les effets pervers indirects du déménagement de l’aéroport actuel à Notre Dame des Landes

Au-delà de l’emprise immédiate du lac, la création de l’aéroport de Notre Dame des Landes pourra avoir des effets environnementaux indirects sur l’avifaune du lac, en nécessitant la construction d’un troisième pont sur l’estuaire de la Loire. Le Conseil Général de Vendée, mais aussi les gestionnaires du Puy du Fou, en font une condition à la création de l’aéroport, et préconisent un pont à hauteur du Carnet, c’est-à-dire dans l’une des zones biologiques majeures de l’estuaire de la Loire, qui accueille en alimentation non seulement les oiseaux d’eau hivernant sur l’estuaire (cf. études conduites pour le Grand Port Maritime de Nantes-St-Nazaire et par le GIP Loire Estuaire par mon laboratoire), mais aussi une partie des oiseaux d’eau tant hivernants que nicheurs du lac de Grand-Lieu. Chaque jour ou chaque nuit, des milliers d’oiseaux du lac se rendent sur cette zone pour s’alimenter.

En conclusion

Les impacts directs futurs du déménagement de l’actuel aéroport sur l’urbanisation de terrains périphériques actuellement inconstructibles donc maintenus naturels, notamment les terrains situés entre l’aéroport et le lac de Grand-Lieu, mais aussi l’impact sur l’avifaune du lac et celle de l’estuaire de la Loire de la construction inévitable a terme d’un nouveau franchissement de cet estuaire, devraient être inclus dans le coût environnemental du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Dr Loïc MARION

Chercheur CNRS

Publié le par Naturalistes en lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Publié dans : #notre-dame-des-landes
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   Communiqué de Jean-Marie Pelt sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Rodemack, 31 juillet 2015

 

L'Association "Les Ailes pour l'Ouest" déforme mes propos et suggère que je soutiendrais le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il n'en est rien.


Lors de ma venue à Grand-Lieu en décembre 2014, j'ai dit que j'ai rarement vu une zone humide de la qualité de Grand-Lieu et une biodiversité d'une telle richesse.
Au cours de cette visite, je n'ai pas vu que l'aéroport existant à Nantes était à 4 kilomètres au nord du Lac.


Aujourd'hui l'Association "Les Ailes pour l'Ouest" favorable à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes utilise abusivement mes propos sur Grand-Lieu via un tract, leur site internet et les réseaux sociaux pour défendre le déménagement d'un aéroport dont le lac ne semble pas souffrir.


Moi-même, le jour de ma visite, je n'ai pas aperçu d'avions.
Le Docteur Loïc Marion, Chercheur au CNRS et Directeur de la Réserve Naturelle du lac pendant plus de 20 ans jusqu'en 2007, avait d'ailleurs lui-même affirmé que "les avions ne gênent nullement la faune de la réserve naturelle".


Il a par ailleurs mis en garde contre le déménagement de l'aéroport qui représenterait "une menace environnementale considérable pour tous les terrains entre la piste et le lac qui bénéficient actuellement d'une interdiction ou limitation drastique des constructions."
Les aéroports sont des infrastructures responsables de fortes nuisances en terme de bruit, de pollution et d'émissions de CO2.
Le projet de Notre-Dame-des-Landes est symptomatique du bétonnage continu des campagnes, des milliers d'hectares de plaines, des terres fertiles et de paysages transformés chaque jour au détriment des terres agricoles. Cet appétit pour le gigantisme doit cesser.
C'est pourquoi je suis très hostile au projet de Notre-Dame-des-Landes.

Jean-Marie Pelt

- un tract : http://www.desailespourlouest.fr/…/upl…/APLO-tract_V4-HD.pdf
- leur site internet : http://www.desailespourlouest.fr/transfert-pour-des-raison…/
- Twitter : https://twitter.com/ailespourlouest
- Facebook : https://www.facebook.com/ouiALAeroportDeNantesAtlantiqueANo…

                     

 



24/08/2015
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