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Qui gagne combien en France ?



                                     Qui gagne combien en France ?
    1er mars 2011

De quelle ampleur sont les inégalités de revenus ? Le débat sur le sujet est souvent opaque. On mélange des salaires, des revenus financiers, avant et après impôts, des revenus de ménages de taille différente. Essayons d’y voir un peu plus clair.

   De quels revenus parle-t-on ?

  Quand on parle de revenus, on mélange souvent des éléments très différents. La notion de revenu comprend l’ensemble des ressources monétaires d’un ménage : les salaires, mais aussi les revenus de placements financiers (actions, obligations,…), de l’immobilier, etc. Mais ce n’est pas tout à fait ce dont nous disposons pour vivre tous les jours. La collectivité nous en prend une partie – les impôts - et nous reverse des aides sous forme de prestations.

   Pour mesurer ce que nous avons dans notre portefeuille, l’Insee calcule un revenu « disponible ». Il s’agit du revenu déclaré par chaque ménage aux impôts, moins les prélèvements – pas tous, uniquement les impôts directs, comme l’impôt sur le revenu - auquel on ajoute les prestations sociales, comme les allocations logement ou chômage.

  Il manque alors une dernière étape. Vivre seul ou à cinq avec 1 000 euros par mois, ce n’est pas du tout la même chose. Pour tenir compte de la taille des familles, l’Insee calcule le « niveau de vie ». C’est le revenu disponible, mais l’équivalent pour un individu. Chaque personne d’un ménage ne réduit pas de la même façon le niveau de vie : un bébé ne consomme pas autant qu’un adulte. Pour passer du revenu disponible au niveau de vie, on utilise un système de parts.

- Pour aller plus loin : Comment mesurer les inégalités de revenus ?.

Qu’est-ce que le revenu « médian » ?

  Le revenu médian peut aussi être défini comme celui du « milieu ». Pourquoi « du milieu » ? Parce que les moyennes sont trompeuses. En matière de revenus, il suffit de quelques individus très riches pour déplacer la moyenne vers le haut. Elle n’est plus vraiment significative. Pour éviter cela, on utilise le revenu « médian » : c’est le revenu qui coupe en deux la population, autant gagne moins, autant gagne plus.

           A combien se montent les écarts de salaires ?

  Le salaire médian est de 1 650 euros nets par mois en 2008 pour des temps complets, l’équivalent de 60 % de plus que le Smic. Le salaire « moyen » - la masse des salaires divisée par le nombre de salariés - est plus élevé du fait des très gros salaires, il est de 2 070 euros. Pour évaluer les écarts, on découpe notre population de salariés en tranches de 10 % allant des salaires les moins élevés aux plus élevés. Les statisticiens appellent les limites de ces tranches des « déciles » : un décile est la valeur qui sépare une tranche d’une autre.

  L’écart entre le salaire minimum des 10 % les mieux payés (le bas de la tranche supérieure) et le salaire le plus élevé des 10 % les moins bien payés (le haut de la tranche du bas…) est de 2 144 euros mensuels. Le salaire des premiers est 2,9 fois plus élevé que le salaire des seconds.

Les écarts de salaires bruts

Les 10 % les mieux payés touchent au moins

3 267

Les 10 % les moins bien payés touchent au plus

1 123

Ecart (en euros)

2 144

Rapport

2,9

Données Insee 2008 en euros

Temps complets

   A combien se montent les écarts tous revenus confondus ?

  Les salaires ne sont qu’une partie des revenus. Pour évaluer ce que les Français peuvent utiliser pour leurs dépenses, l’Insee mesure le revenu « disponible ». On y trouve des salaires, mais aussi des revenus du patrimoine (loyers, revenus financiers, etc.) et des prestations sociales (allocations chômage, logement, famille). On en retire les impôts payés. Le revenu disponible médian pour une personne était de 1 583 euros par mois, et le revenu moyen de 1 843 euros en 2008.

  Si l’on considère maintenant des tranches de 10 % de revenu disponible, l’écart entre le niveau de vie (toujours après impôts et prestations sociales) minimum des 10 % les plus riches et le niveau de vie le plus élevé des 10 % les plus pauvres est de 2 086 euros pour une personne seule, le rapport entre les deux est de 3,4.

Les écarts pour l’ensemble des revenus*

Les 10 % les plus hauts revenus touchent au moins

2 963

Les 10 % les plus bas revenus touchent au plus

877

Ecart

2 086

Rapport

3,4

Données Insee 2008 en euros.

* Prestations sociales et impôts déduits, pour une personne seule.

   Combien gagne-t-on tout en haut de l’échelle ?

   3 000 euros par mois, pour des millions de foyers, c’est énorme. Il n’en demeure pas moins que parmi les hauts revenus, on trouve à la fois des cadres supérieurs qui touchent 3 000 ou 4 000 euros et des dirigeants de grandes entreprises qui touchent 3 ou 4 millions d’euros.

  Commençons par les salaires. Dans ce domaine, l’Insee ne diffuse pas de données régulières, ce qui limite les possibilités de comparaison. On sait par exemple qu’en 2006, les 5 % les mieux payés des temps complets avaient un salaire net mensuel de l’ordre de 4 000 euros et les 1 % de 7 300 euros, contre 1 060 euros pour les 10 % les moins bien payés. En haut de l’échelle, les professions les mieux payées, selon l’Insee, sont les cadres des marchés financiers, plus de 13 000 euros mensuels, les cadres d’état major d’entreprise, un peu moins de 12 000 euros en moyenne, mais ils ne sont qu’une poignée. Certains salaires exceptionnels sont encore très supérieurs.

Le haut de l’échelle des salaires

1% les mieux payés touchent au moins

7 300

5 % les mieux payés touchent au moins

4 000

10 % les moins bien payés touchent au plus

1 060

Données Insee 2006, en euros.

   En matière de revenus, selon l’Insee, les 1 % les mieux payés ont déclaré 9 900 euros par mois et par personne en 2007 (attention, ici les données sont avant impôts et prestations sociales), les 0,1 %, 28 000 euros. On retiendra que les 1 % les plus riches touchent l’équivalent de dix mois de Smic chaque mois. Ces écarts sont réduits par la suite par les impôts et les prestations sociales.

Le haut de l’échelle des revenus*

Moyenne des 0,1 % les plus riches

27 937

Moyenne des 1 % les plus riches

9 886

Moyenne des 10 % les plus riches

4 000

Moyenne des 90 % les plus bas

1 409

Données Insee 2007, en euros.

* Revenus déclarés, avant impôts et prestations sociales, pour une personne seule

Que se passe-t-il si on tient compte des différents types de ménage ?

   Pour faciliter la comparaison, nous n’avons présenté que la situation d’une personne seule alors que la plupart des ménages sont composés de plusieurs personnes, un conjoint, des enfants, etc. Les 10 % les plus pauvres touchent au plus 800 euros pour une personne seule, 1 600 euros pour un couple sans enfants et 2 200 euros pour les couples avec deux enfants. Pour les mêmes types de ménages, le seuil des 5 % les plus riches se situe respectivement à 3 300, 6 600 et 8 000 euros.

  Le rapport entre les 5 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres va de 3,7 - couples avec deux enfants - à 4,2 - personnes seules et couples sans enfants. L’écart entre ces mêmes tranches de revenus va de 2 575 euros mensuels - pour une personne seule - à 5 823 euros - couple avec deux enfants.

Niveau de vie des ménages, en euros

Personnes seules

Familles monoparentales

Couples sans enfants

Couples avec deux enfants

5 % les plus riches touchent au moins

3 373

4 248

6 594

8 019

10 % les plus pauvres touchent au plus

798

1 094

1 587

2197

Rapport

4,2

3,9

4,2

3,7

Ecart

2 575

3 154

5 008

5 823

Données Insee 2008

Les données portent sur la valeur limite de chaque tranche

- Pour aller plus loin : Personnes seules, couples, familles : quel est le niveau de vie des ménages ?

Photo/ © Kirill Kurashov - Fotolia.com




29/03/2011
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