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Retraites, Sarkozy, Union Européenne... a-t-on sciemment "joué pour perdre" ?

Retraites, Sarkozy, Union Européenne... a-t-on sciemment "joué pour perdre" ?

 Par Scientia

Le 23 octobre, Le Parisien présente la procédure d'adoption de la réforme des retraites avec un descriptif que nous avons également employé à plusieurs reprises sur notre blog La Science au XXI Siècle« La réforme des retraites a été votée en accéléré ». Il s'agit d'ailleurs, officiellement, d'une procédure « accélérée ». Mais précisément, les déclarations des politiques français de « gauche » rapportées par les médias ne paraissent guère crédibles, si on pense par exemple aux silences gardés sur des questions aussi essentielles que la politique de l'Union Européenne, le rôle des délocalisations, le dumping social organisé aux échelles européenne et planétaire...

Le Conseil Européen de Barcelone, tenu alors que Lionel JOSPIN était premier ministre, a prescrit l'actuelle réforme des retraites françaises avec une date limite fixée précisément à 2010. Si le gouvernement dit de « gauche plurielle » de l'époque a donné le feu vert aux accords de Barcelone, que peut-on attendre de la « gauche » actuelle dont de nombreux dirigeants ont été ministres sous JOSPIN ? Les conclusions du Conseil Européen de Barcelone de mars 2002 prévoient explicitement (article 32) de « chercher d'ici 2010 à augmenter progressivement d'environ cinq ans l'âge moyen effectif auquel cesse, dans l'Union européenne, l'activité professionnelle ». SARKOZY et WOERTH ne font qu'appliquer cette résolution entérinée par la même « gauche » qui à présent déclare s'opposer à la « réforme » des retraites et qui, avec ce discours mensonger, s'apprête à solliciter le vote des électeurs pour les prochaines élections législatives et présidentielles. Notre article du 23 octobre « Pour les Français, une "retraite européenne" » signale l'absence de dénonciation de la politique de l'Union Européenne dans les mobilisations actuelles. Est-ce autre chose qu'un véritable choix de la défaite ? Il en est de même de la propagande récurrente qui oppose l'activité professionnelle des « vieux » à l'emploi des « jeunes », ignorant sciemment le rôle des délocalisations financières et industrielles et du dumping social européenn et planétaire dans l'actuelle pénurie d'emplois en France et dans d'autres pays. Ce que souligne encore notre article de mercredi « Retraites, "vieux" et emploi des "jeunes" ». Dans l'ensemble, on semble avoir affaire à une véritable stratégie consensuelle de « canalisation » des mouvements dont Alain MINC, proche conseiller de Nicolas SARKOZY, fait publiquement l'éloge depuis un an. Mais si un doute pouvait encore subsister, l'incroyable texte « Crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre », adopté mercredi par le Parlement Européen avec un rapporteur français de « gauche » et un large soutien de la « gauche » française, ne peut que confirmer cette analyse.

 

A quoi sert d'appeler les électeurs à « battre SARKOZY », « battre la droite », etc... si de toute façon SARKOZY et la « droite » ne font qu'appliquer une politique entérinée depuis longtemps par les mêmes dirigeants politiques qui aspirent à lui succéder ?

On trouve, pages 180 à 197 d'un long procès-verbal :

//www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+PV+20101020+RES-RCV+DOC+PDF+V0//FR&language=FR

la relation des votants d'une longue résolution intitulée « Crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre »

//www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0376+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

dont le rapporteur n'est autre que la « socialiste » française Pervenche BERES (rapport rendu le 5 octobre 2010, soit plus de deux semaines avant l'adoption par le Sénat français de la loi « portant réforme des retraites ») :

//www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2010-0267&language=FR

Le texte européen est, globalement, une machine de « gouvernance » musclée et de casse sociale au service des lobbies financiers et des grandes multinationales, dans le même état d'esprit que le rapport ATTALI et d'autres documents récents. En ce qui concerne les retraites, on remarquera le point 77

[Le Parlement Européen] prend acte de ce que le grand krach éclaire d'un jour nouveau le défi démographique et celui du financement des retraites; considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, dûment garantis par une réglementation et une surveillance spécifiques destinées à protéger les investisseurs; considère en outre que les retraites devront être réformées à l'échelle européenne pour contribuer à financer la solidarité intergénérationnelle; considère que l'allongement de la durée de vie soulève des questions transversales en termes d'organisation de la société qui n'ont pas été anticipées;

(fin de citation, source : site du Parlement Européen)

C'est donc un véritable programme de privatisation des retraites qui est proposé par ce document. Pourtant, la « gauche » européenne, y compris française, a très largement soutenu ce texte. Et, de façon générale, ceux qui ont voté contre se gardent bien de « trop » dénoncer devant les Français ceux qui ont voté pour.

Au vu d'un tel vote du Parlement européen intervenu deux jours avant le vote du Sénat français, du rapport de Pervenche BERES et du soutien apporté par la « gauche » française à cette résolution européenne, Nicolas SARKOZY et son gouvernement avaient-ils une quelconque raison de s'abtenir de passer en force dans la « réforme » des retraites ? A ce jour, le mouvement contre la loi sur les retraites n'a pas réussi à rompre avec les coupoles politiques et syndicales qui jouent un tel double jeu. La facture pour ce type de confusion est forcément très lourde.

 

Précisément, dans notre article « Pour les Français, une "retraite européenne" » , nous écrivons :

//science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/10/23/pour-les-francais-une-retraite-europeenne.html

Le 23 octobre, un article de La Dépêche intitulé « Météo et Politique » souligne que l'affaire des retraites « laissera des traces » car les organisations syndicales « n'auront quasiment rien arraché au gouvernement ». Mais les directions syndicales ont-elles posé une seule fois devant l'opinion publique les véritables problèmes de fond que soulève le projet d'Eric WOERTH ? Notamment, celui du rôle de l'Union Européenne. Le Monde évoque « une sorte de guérilla sociale, durable et pacifique ». Mais avec quelles analyses, et quels objectifs ? Le site du Sénat diffuse la « petite loi » sur les retraites approuvée la veille. Par rapport au texte transmis par l'Assemblée Nationale, celui du Sénat modifie notamment des paragraphes concernant les attributions et objectifs du nouveau « Comité de pilotage des régimes de retraite ». Parmi les mentions rectifiées à propos des missions de ce Comité, se trouve la formulation : « suivre notamment les conditions dans lesquelles s'effectuent (...) la progression du taux d'emploi des personnes de plus de cinquante-cinq ans pour atteindre en 2018 la moyenne des États membres de l'Union européenne » (article 1er du texte de l'Assemblée Nationale). La référence à l'Union Européenne disparaît dans le nouveau texte. Même supprimée, cette rédaction initiale met bien en évidence l'alignement sur la politique de l'Union Européenne que comporte l'actuelle « réforme » des retraites. Ce n'est d'ailleurs pas fini : le même article 1er prévoit notamment que « lorsque le comité considère qu’il existe un risque sérieux que la pérennité financière du système de retraite ne soit pas assurée, il propose au Gouvernement et au Parlement les mesures de redressement qu’il estime nécessaires ». Un chantage budgétaire permanent, dans le cadre de l'application des accords du Conseil Européen de Barcelone.

Un véritable comité de surveillance pour suivre les injonctions de l'Union Européenne et des milieux financiers ? Le « Comité de pilotage des régimes de retraite » défini par le projet de loi d'Eric WOERTH ressemble bien à cela.

Et les dirigeants de la « gauche » française s'opposeront-ils vraiment à cette politique définie par le Conseil Européen de Barcelone en mars 2002, alors que la « gauche plurielle » gouvernait en France ? Pour rappel, parmi les anciens ministres du gouvernement JOSPIN se trouvent Martine AUBRY, Ségolène ROYAL, Dominique STRAUSS-KAHN, Jean-Luc MELENCHON, Marie-George BUFFET, Dominique VOYNET, Yves COCHET...

(...)

(fin de l'extrait de notre article « Pour les Français, une "retraite européenne" »)

 

En ce qui concerne l'argumentaire récurrent des directions syndicales et des élus et responsables de la « gauche », tendant à opposer le travail des « vieux » à l'emploi des « jeunes », nous écrivions ce mercredi dans l'article « Retraites, "vieux" et emploi des "jeunes" » :

//science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/10/20/retraites-vieux-et-emploi-des-jeunes.html

(...)  Mais si la puissance du mouvement est évidente, les prises de position des partis dits « de l'opposition » restent d'une grande ambiguïté sur le fond, alors que le rapport ATTALI, élaboré par une commission à composition « transversale », préconise la poursuite et l'amplification de la casse sociale et institutionnelle. Un lieu commun particulièrement suspect dans les déclarations des partis de « gauche » et des directions syndicales est celui consistant à opposer de manière récurrente l'activité professionnelle des « vieux » à l'emploi des « jeunes ». On fabrique ainsi des oppositions catégorielles dont les conséquences dépassent de loin la question des retraites, tout en passant sous silence le rôle du système en place (exportations de capitaux, délocalisations industrielles, dumping social européen et planétaire...). Dans un établissement comme le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), le silence persistant des syndicats de la recherche devant les « suivis post-évaluation » des chercheurs par des services « des ressources humaines » témoigne d'une complicité évidente avec les pratiques susceptibles de « faire dégager » les chercheurs ayant dépassé un certain âge. A présent, des mesures analogues semblent viser d'autres personnels du CNRS. Une politique que l'ancien ministre de « gauche » Christian SAUTTER, bras droit de Bertrand DELANOE, a explicitement défendue s'en prenant à des « chercheurs (fonctionnaires) ayant passé leur zénith ». Pas seulement pour le CNRS... Mais à quel moment les politiques et leurs « experts » et conseillers passent-ils leur « zénith » ?

Etrange silence, que celui gardé sur les délocalisations dans le débat sur les retraites alors que la pénurie d'emploi est utilisée pour opposer le travail des « vieux » à l'emploi des « jeunes ». Pourtant, le 20 octobre, Maxisciences écrit encore :

//www.maxisciences.com/d%E9veloppement-durable/la-mo...

(...) Les entreprises multinationales de l’habillement, qui distribuent leurs propres marques, délocalisent vers les pays à bas-coûts de main d’oeuvre. Or dans les pays émergents, les ouvriers du textile sont payés entre 40 et 60 dollars mensuels, plus bas que toutes les autres industries. (...)

(fin de citation)

L'article de Maxisciences évoque également les maladies qui touchent les salariés, telle la silicose qui a été à l'origine du décès d'une cinquantaine d'ouvriers en Turquie.

Le 11 octobre, dans Usine Nouvelle, le président de PSA Peugeot - Citroën, Philippe VARIN, déclarait ouvertement (c'est même le titre de l'interview) :

//blog.usinenouvelle.com/assises-industrie/non-class...

Pour éviter les délocalisations, la France doit maîtriser le coût du travail.

(fin de citation)

Peut-on sérieusement nier que les retraites des « vieux » et l'emploi des « jeunes » sont ensemble des victimes de la course générale aux bas salaires et aux faibles prestations sociales ? Pourtant, cette question a été systématiquement écartée des appels et des débats lors des mobilisations en cours. Est-ce vraiment étonnant ?

« Droites » et « gauches » françaises ont rivalisé de zèle dans la politique de privatisations, ainsi que dans la mise en place de structures comme l'Union Européenne ou l'Organisation Mondiale de Commerce (OMC). Pour rappel, le rôle de « socialistes » comme Jacques DELORS et l'actuel directeur général de l'OMC Pascal LAMY, ou encore celui de l'actuel directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), Dominique STRAUSS-KAHN.

(...)

(fin de l'extrait de notre article « Retraites, "vieux" et emploi des "jeunes" »)

Le vote majoritaire de la « gauche » française sur la résolution du Parlement Européen évoquée plus haut n'est donc pas un fait isolé, mais un ingrédient logique d'une politique cohérente. Ce que presque personne ne semble dénoncer de manière conséquente à l'occasion des mobilisations en France. Peut-on sérieusement s'attendre à une réussite décisive de la part d'un mouvement fonctionnant de cette façon ?

 

Le 22 octobre,dans un article intitulé « Le Parlement européen préconise la fin de la retraite par répartition », l'Humanité  publiait cette déclaration du député européen du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, Jacky HENIN :

//humanite.fr/21_10_2010-le-parlement-européen-préconise-la-fin-de-la-retraite-par-répartition-456204

 « Ce n’est ni plus ni moins que la fin de la retraite par répartition et le soutien à la politique de Sarkozy que nous proposent les socialistes et les verts en votant ce rapport ! »

(fin de citation)

Une déclaration très juste, en l'occurrence.

Sauf que cette politique de la « gauche » française ne date pas d'octobre 2010. Elle était déjà celle du gouvernement de Lionel JOSPIN, dont des membres du Parti Communiste ont fait partie mais qui a battu un record de privatisations et entériné plusieurs textes européens de casse sociale et institutionnelle. Parmi lesquels, précisément, les accords du Conseil Européen de Barcelone de mars 2002, juste avant la débâcle électorale de JOSPIN et consorts.

Mars 2002, soit plus cinq ans avant l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République...

Et n'a-t-on pas vu tout récemment une prétendue « gauche solidaire », Parti Communiste compris, réclamer le vote des électeurs aux élections régionales sous prétexte de « battre la droite » ?

Quant aux mobilisations organisées en France contre la casse des retraites, ont-elles affiché devant l'opinion publique une quelconque rupture avec les milieux politiques prétendument « de gauche » qui dans le dos des Français et disant les représenter mènent une telle politique dans les instances européennes ? Et si tel n'a pas été le cas, pourquoi devaient-elles contraindre SARKOZY à abandonner un projet de « réforme » soutenu en réalité par des politiciens que l'on retrouve à la tête des manifestations ? Car, tout compte fait, l'attitude du monde politique de « gauche » revient à estimer que « le projet en soi n'est pas mauvais, mais SARKOZY s'y prend mal »...

C'est d'ailleurs le type d'analyse que présentent en ce moment des médias européens. Comme The Independent, dans un article intitulé « Good policy, bad politics » :

//www.independent.co.uk/opinion/leading-articles/leading-article-good-policy-bad-politics-2111252.html

dont le Courrier International diffuse une traduction française avec le titre « Une bonne réforme des retraites, mais une bien piètre politique » :

//www.courrierinternational.com/article/2010/10/20/une-bonne-reforme-des-retraites-mais-une-bien-pietre-politique

L'article est daté du même jour de l'adoption par le Parlement Européen de la résolution « Crise financière, économique et sociale: recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre », soutenue par une large majorité de la « gauche » française.

Tout est là. Avec les actuelles coupoles politiques et syndicales à la tête des manifestations et invariablement devant les micros des médias, manifeste-t-on contre la casse des retraites ou contre la « politique de SARKOZY » ? S'opposer à la « politique de SARKOZY » n'est pas forcément défendre les acquis sociaux en matière de retraites. Toujours la même confusion, dont la facture ne cesse de s'alourdir.  

 

C'est vrai que, par rapport à Nicolas SARKOZY, les anciens ministres de la « gauche plurielle » de 1997-2002 peuvent plaider : « Lorsque nous étions au gouvernement, la casse sociale s'est faite avec beaucoup moins de manifestations ». C'est tout le rôle de la tant vantée « canalisation ». Avec la « gauche » au gouvernement, les directions syndicales organisent moins de manifestations...

Mais il est également vrai que, dans la période récente, la « droite » a fait des progrès en la matière et les visites des directions syndicales à l'Elysée ou dans les différents ministères sont devenues de plus en plus fréquentes. A deux reprises, dans la période récente, Alain Minc a fait l'éloge des responsables syndicaux pour leur rôle de « canalisation » des mouvements :

//www.leparisien.fr/politique/il-ne-faut-surtout-pas-augmenter-les-impots-27-12-2009-757362.php

 Il y aura des tensions avec les syndicats, c'est normal. Je constate qu'au printemps, leur sens de l'intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L'automne a été d'un calme absolu. Je dis chapeau bas aux syndicats ! Ils ont cogéré cette crise avec l'Etat. (...)

(le Parisien Dimanche, 27 décembre 2009)

//videos.tf1.fr/infos/invite-politique-barbier/lci-alain-minc-est-l-invite-politique-de-christophe-barbier-6063771.html

//www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5imvzr8x7uXAEkBqlYbVNbGgMh6WA

Je pense qu'on est dans une chorégraphie où chacun joue son rôle avec beaucoup de responsabilité parce que les syndicats sont en France admirablement responsables.

(LCI, 10 septembre 2010, repris par l'AFP)

Si sous Lionel JOSPIN la politique de privatisations et de soutien au délocalisations, la casse sociale, les accords des Conseils Européens de Lisbonne (mars 2000) et Barcelone (mars 2002)... ne se sont guère heurtées à des mobilisations, il en a été de même, par exemple, de l'adoption du Traité de Lisbonne sans référendum sous l'actuel gouvernement. Quant aux mobilisations de 2009 et 2010, très importantes, elles ont été « savamment » contenues par les directions politiques et syndicales qui se sont tout particulièrement employées à empêcher l'élargissement du débat.

C'est ainsi que des machines à broyer comme l'Union Européene, l'Organisation Mondiale du Commerce, les délocalisations financières, le dumping social international... s'en sont sorties sans la moindre égratignure. Aucune campagne d'explication citoyenne n'a placé les problèmes dans leur contexte réel. Mais la « gauche » pouvait-elle dire la vérité aux citoyens sans se condamner elle-même ? Des « socialistes » français dirigent l'OMC et le FMI, le Parti Socialiste soutient le Traité de Lisbonne et la politique de l'Union Européenne...

Déjà en 2006-2007, la candidate « socialiste » aux élections présidentielles Ségolène ROYAL multipliait les références à la « flexisécurité » (en clair, la casse du Code du Travail français), au prétendu « modèle suédois », etc... Dans le domaine social, la différence entre la propagande électorale de la candidate « socialiste » et celle du candidat UMP était bien mince.

Le 1er juillet 2007, EurActif, qui définissait la « flexisécurité » comme « la combinaison de flexibilité et de sécurité de l’emploi », écrivait dans un article intitulé « Flexicurité : vers un cadre européen ? » :

//www.euractiv.fr/europe-sociale/article/flexicurite-cadre-europeen

Lors de la récente campagne électorale, certains candidats comme Ségolène Royal ont proposé de distiller de la « flexicurité » en France pour réformer le marché du travail.

(fin de citation)

Vu un tel discours de la part de la candidate « socialiste », que pouvait-on attendre en matière de retraites alors que Ségolène ROYAL avait été ministre du gouvernement JOSPIN au moment où les accords de Barcelone ont été adoptés ?

Les électeurs qui ont voté pour Ségolène ROYAL ont en réalité voté pour la casse des retraites, autant que ceux qui ont apporté leur soutien à Nicolas SARKOZY. C'était, déjà à l'époque, le choix de la défaite. Tout comme, deux décennies plus tôt, le vote récurrent apporté à François MITTERRAND malgré ses antécédents que rappelle l'ouvrage « La main droite de Dieu » d'Emmanuel FAUX, Thomas LEGRAND et Gilles PEREZ, Seuil 1994, dont un extrait est accessible à l'adresse :

//michel.delord.free.fr/maindroite.pdf

Sous François MITTERRAND, la « rigueur » et la prétendue « austérité » (pour les travailleurs) ont été instaurées par Jacques DELORS et Laurent FABIUS. La stratégie de privatisations et de massacre des services publics a été officialisée par Jacques CHIRAC et poursuivie par Michel ROCARD et ses sucesseurs de « gauche » comme de « droite ». Le référendum sur le Traité de Maastricht instituant l'Union Européenne a eu lieu en septembre 1992 (gouvernement de Pierre BEREGOVOY), et c'est sous le gouvernement d'Edouard BALLADUR que l'accord de Marrakech instituant l'OMC a été signé en avril 1994. Etc...

Au fond, que se ventile vraiment dans les élections, en dehors des attributions de « bonnes places » ?

 

Voir aussi nos articles :

Rapport Attali, "élites" et "transversalité"

Loi sur les retraites et rapport Attali : jusqu'où ira la casse sociale ?

Rapport Attali, lobbying et débâcle programmée (I)

Retraites, "vieux" et emploi des "jeunes"

Pour les Français, une "retraite européenne"

Garde à vue et avocat : la France, condamnée par la CEDH

Retraites : un projet de loi "accéléré" (I)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (II)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (III)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (IV)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (V)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (VI)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (VII)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (VIII)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (IX)

Retraites : un projet de loi "accéléré" (X)

Elections régionales, "gauche solidaire" et avenir

Abstention, régionales, CNRS, européennes, prud'homales...

La Science au XXI Siècle : archives 2009 (juillet - décembre)

Prud'hommes : le sens d'un grand désaveu (I)

Tristes élections européennes

UMP, où est ta victoire ? (I)

Record d'abstention aux élections du CNRS

Elections régionales, crise, abstention record et système politique

Philippe Aghion, CNRS, recherche publique...

Rapport Aghion, "destruction créatrice", CNRS et universités

Rapport Aghion et recherche prolétarisée

Amy Bishop, "autonomie" des universités et rapport Aghion

Amy Bishop, "tenure", CNRS et "réforme Pécresse"

Amy Bishop et le "modèle américain" (I)

Amy Bishop et le "modèle américain" (II)

Universités françaises et OPA patronale (I)

Universités françaises et OPA patronale (II)

Universités françaises et OPA patronale (III)

Universités françaises et OPA patronale (IV)

Universités françaises et OPA patronale (V)

Bilderberg, CNRS, université publique, rapport Aghion...

Bilderberg 2010 : quel bilan, quels consensus ?

Grèce et "vente des meubles" imposée aux Etats

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (I)

Monti, Grèce, Barroso, "réfractaires", "nationalistes"... (II)

Bilderberg 2010 et barrages médiatiques

Trilatérale, Bilderberg... pourquoi il faut en parler

Bilderberg 2010, à Sitges du 3 au 6 juin

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (I)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (II)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (III)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (IV)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (V)

Bilderberg, la Trilatérale... et le monde (VI)

M. Monti, président européen de la Trilatérale

Trilatérale 2010, à Dublin début mai

Bilderberg 2010, en Catalogne début juin

CNRS, Bilderberg, Trilatérale... et faillite de l'idéologie « gestionnaire » (I)

Sarkozy, G8, Bilderberg, "sortie de crise" rapide et casse sociale

Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique

Recherche scientifique et technologique : où est la « guerre économique » ?

La Chine et la débâcle de la "division internationale du travail"

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (I)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (II)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (III)

CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (IV)

Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (I)

Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (II)

Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (III)

Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (IV)

Jules Ferry, CNRS, universités et colonialisme (V)

 

Indépendance des Chercheurs

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//science21.blogs.courrierinternational.com

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Groupes de discussion :

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//groups.yahoo.com/group/combatconnaissance

 

 

*** Vous l'avez dit : c'est bien "Le choix de la défaite"... (cf. Barcelone / Jospin-Chirac en 2002)

Je vous faisais part de cet article de Bernard Cassen le 14 octobre dernier...:

La"Réforme" des Retraites Décidée et Signée par Jospin et Chirac en mars 2002, au sommet de Barcelone ! (Monde Diplomatique)

23/10/2010 21:51Par Jean REX

//blogs.mediapart.fr/blog/scientia/231010/retraites-sarkozy-union-europeenne-t-sciemment-joue-pour-perdre




02/05/2011
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