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Témoignage : Le plus horrible, c’est l’irradiation interne ...

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Le témoignage poignant de Norio HIRAI traduit et publié sur le blog de Fukushima

Le témoignage désespéré d'un ancien ouvrier de l'industrie nucléaire Japonaise

Norio HIRAI est un ancien chaudronnier devenu chef de chantier après 20 années passées au sein des centrales nucléaires du Japon. M. Hirai est décédé en 1997 suite à un cancer ; Il s'est révolté, suite à la découverte de cette maladie en 1996, contre une industrie nucléaire qu'il jugeait incompétente et une administration de contrôle corrompue.

Ayant traité récemment des dangers accrus de la contamination interne par rapport à une irradiation externe, je vous livre l'extrait suivant en vous invitant à lire l'ensemble du témoignage de Norio HIRAI sur le blog de Fukushima et en n'oubliant pas de remercier sincérement tous ceux qui l'ont rendu possible.

   Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)


Dans le bâtiment de la centrale, tout devient radioactif et émet des radiations. Parce que les radiations peuvent traverser même une paroi de fer d’une grande épaisseur. Les radioéléments qu’on reçoit sur la peau, la contamination externe c’est horrible, mais le pire c’est la contamination interne."

 

"Par exemple, la poussière. Une simple poussière qui se trouve n’importe où devient radioactive dans une centrale nucléaire à cause de la radioactivité qu’elle reçoit. Le fait d’inspirer cette poussière radioactive par le nez ou la bouche, c’est de la contamination interne. En faisant le nettoyage dans la centrale, on est exposé le plus, au danger de la contamination interne. Avec cette contamination interne on reçoit les radiations de l’intérieur du corps c’est beaucoup plus dangereux que l’irradiation externe, car le corps est en contact direct avec la source des radiations."

 

Cette dangerosité accrue de la contamination interne qu'évoque M. Hirai reste en général plus ou moins circonscrite par les barrières radiologiques disposées autour du combustible au sein de la centrale. Comme nous l'avons vu dans l'article, les barrières tombent en cas d'accident majeur et ensuite, le sort qui est habituellement réservé aux "insiders" du nucléaire se répand dans les populations proches avant de s'étendre graduellement au fil du déplacement des contaminants.

 

Savez-vous que les radioéléments les plus lourds et de très longue durée de vie relachés lors de l'accident de Fukushima mettront plusieurs mois ou plusieurs années pour traverser terres et mers et finalement se retrouver dispersés sur l'ensemble de la planète ?

 

Savez-vous que les radioéléments les plus légers et les plus volatils (l'iode 131 par exemple) ont été répérés pour la première fois à Seattle, sur la côte Ouest des Etats-Unis le 18 mars soit 6 jours après la première explosion sur le site de Fukushima-Daiichi ? 

 

Le sort qui est réservé habituellement aux travailleurs du nucléaire devient en définitive le sort de la population mondiale car il faut bien comprendre que la dispersion des radioéléments n'enlève rien à leur action ; Leur concentration diminue mais leur rayon d'action s'étend en conséquence et, au final, le nombre de maladies engendrées par les accidents nucléaires majeurs reste le même, il est juste réparti différemment. Il serait d'ailleurs intéressant que des sociologues s'attachent indépendamment de tout système politique, scientifique, économique ou de santé, à démontrer ces faits.

 

L'argument selon lequel il existerait un "seuil" de radioactivité n'est généralement pas retenu pour les cancers dits "solides" (hors leucémies) par les scientifiques qui utilisent globalement une échelle linéaire (la Relation Linéaire Sans Seuil) et estiment, par principe de précaution, que chaque Sv supplémentaire de radiaoactivité induit une probabilité de 5 % de développer un cancer mortel.

 

La relation linéaire sans seuil extrapolée aux faibles doses implique par exemple qu’il y aura aussi bien 50 cancers supplémentaires parmi mille personnes recevant 1 Sv, que parmi un million recevant 1 mSv. Il seront juste moins repérables et quantifiables sur un large échantillon de population et au-delà des frontières administratives successives.

(EDIT du 02/08 : Correction d'une erreur sur le nom et le prénom du témoin)

 

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20/10/2012
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