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Après la dissolution expéditive de l'ACIPA ... Suite!

               

                        Après la dissolution expéditive de l'ACIPA ...

 

          Nous tenons à exprimer notre amer ressenti après la dissolution expéditive de l'ACIPA :

 

C'est dans la chaleur moite et étouffante de la salle Cassiopée à Notre-Dame-des-Landes le samedi 30 juin 2018 que s'est éteinte la flamme d'un des plus grands mouvements citoyens de ces 50 dernières  années.

 

 Sabordée à la hâte, pour des raisons qui restent obscures, cette association forte dans les moments les plus importants de plus de 4000 adhérents s'est vue sommer de s'enterrer dans une confusion surprenante et au mépris de quelques 300 adhérents présents, bien décidés, dans leur majorité, à surseoir à cet ajournement, prématuré à leurs yeux.

 

En effet la situation sur la ZAD n'est pas totalement clarifiée, les conventions précaires accordées pas encore renouvelées, et les projets non agricoles loin d'assurer leur pérennité. Qu'adviendra-t-il des équilibres dans les arbitrages qui seront rendus, rompus par la désertion de notre association forte d'autant de membres ? Il nous est dit qu'il faut faire confiance à l'Etat et au Département, qu'en aucun cas la chambre d'agriculture sera prépondérante, pouvons- nous croire à de pareilles assertions au regard des positions passées si partisanes . N'aurait-il pas été prudent d'attendre au moins la date habituelle de l'assemblée générale pour y voir plus clair ?

 

Qui a intérêt à cette dissolution urgente et pour quels motifs inavouables, un désir d'organiser à l'amiable avec le département la distribution des terres, loin des regards inquisiteurs des militants ?

 

 Nous avons bien conscience de la lassitude de certains membres du C.A. sur la brèche depuis tant d'années. L'objet principal de la lutte étant atteint nous comprenons bien la baisse de régime qui a pu s'en suivre. Dominique F. nous dit qu'il s'est senti seul et sans appui, sans doute avons négligé nous-mêmes une plus grande implication, atteints du même syndrome. Fallait-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain ? Nous avons bien senti hier que la fibre militante était toujours là, présente malgré la date et la canicule. Peut-être un renouvellement du bureau aurait permis de prolonger le temps nécessaire, la vie de l'ACIPA. Il semble que les membres historiques n'aient pas voulu transmettre, s'estimant seuls légitimes à savoir ce qui est bon. Nous avons aussi perçu cette décision accélérée comme une mesure de rétorsion contre la ZAD, mouvement d'une jeunesse à laquelle nous devons faire confiance et qui doit bâtir son avenir même s'il nous paraît souvent éloigné du nôtre.

 

 Ce sont des militants déçus et humiliés par cette débandade peu glorieuse, effarés de s'apercevoir qu'en toute légalité, un seul membre du C.A. pouvait détenir plus de 60 pouvoirs alors qu'eux-mêmes ne pouvaient en avoir que 2, qui ont quitté la salle. Ce grand mouvement de résistance a forgé une énorme aspiration démocratique et les militants se sont sentis dupés, manifestement tout était joué d'avance, leur présence n'était qu'un alibi de démocratie.

 

L'émotion à fleur de peau des militants tels que Dominique L., Jean-Paul M., Loïc et bien d'autres, nous a profondément touchés et marque bien le désespoir qui nous atteint.

 

 Si les partisans de la dissolution ont cru bon de rappeler la mémoire des anciens militants disparus, personne ne peut dire quelle aurait été leur position dans ce débat. Inclinons nous devant leur travail passé, nous aurions aimé que leur évocation ne soit pas source de récupération.

 

Bien sûr une nouvelle association est en gestation. Sera-t-elle en mesure d'être opérationnelle dans des délais courts si un mauvais coup se prépare ?... Et quelle sera sa légitimité face aux pouvoirs publics ?

 

A tous les militants, quel que soit leur rang, du C.A., des comités de proximité ou éloignés, nous disons merci pour le travail accompli et regrettons très vivement cette fin indigne, pour nous pleine d'amertume.

                                                                                                                              

           6 militants du collectif orvaltais présents à l'AG extraordinaire de l'ACIPA du 30 juin 2018

 

 

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  ZADIBAO  #1  ….   Première pulsation
 
“Vous n’entendrez plus parler de Notre-Dame-des-Landes.”
C’est le verdict péremptoire de Gérard Collomb le 18 mai 2018, alors que se déroule ce qu’il pense être la dernière journée d’expulsion de la zad. Le ministre est satisfait, il pense être arrivé au bout, au bout d’une résistance, au bout d’un espoir, à bout d’une zone autonome et impertinente. Mais on aurait bien tort de croire qu’il ne s’agit là que d’un simple constat congratulant l’efficacité policière, l’affirmation est tout autant une injonction : « vous ne parlerez plus de Notre-Dame-des-Landes ».
Les journalistes comprendront.
Car après avoir voulu balayer la zad d’un tsunami de caricatures plus grossières les unes que les autres, il convient désormais, après la bataille, de l’oublier. Rideau, il n’y a plus rien, passons à autre chose.

Pourtant les faits sont têtus, et qui traverse le bocage aujourd’hui ne pourra manquer de le constater : la zad est encore là.

Malgré les 2.500 flics, les drones, les blindés, les millions d’euros dépensés dans l’opération, malgré la préfète, les fiches et les Conventions d’Occupation Précaires, nous sommes encore là.

Et nous avons pris la petite phrase de Collomb comme un défi, un défi à notre espérance. Pour ne pas se faire enterrer sous une chape de silence, nous allons encore parler de ce qui se vit du côté de Notre-Dame-des-Landes. ZADIBAO – journal bimensuel en ligne – veut partager avec vous ce qui malgré l’abandon du projet et les expulsions de ce printemps persiste ici : des mondes qui s’épanouissent sur ce territoire, des pensées qui s’y construisent, des paris qui s’y tentent, mais aussi des enjeux auxquels nous sommes confrontés, que ce soit dans le bocage ou plus largement dans la région nantaise.

 

ZADIBAO, c’est un infime détournement du mot chinois « dazibao », qui désigne dès l’époque impériale les journaux muraux, souvent illégaux et spontanés, écrits par les habitants mécontents et placardés pour être lus par les passants. Depuis la zad, nous avons eu envie d’ajouter aux canaux d’information existants des points de vue qui ne soient pas noyés dans le régime confus des règlements de compte, rumeurs et calomnies qui s’étalent malheureusement bien trop souvent sur internet. Vous pouvez vous abonner à ZADIBAO ici pour recevoir le bulletin. Vous y trouverez chaque quinzaine des interviews, des récits, des brèves, des vidéos, des photos, ainsi que des textes d’analyse. Si vous êtes inspirés, n’hésitez pas à apporter vos contributions, vous pouvez nous contacter ici !

 
 
 
 
 
 
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07/07/2018
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