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François Hollande, gardien de la casse sociale


Article d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/02/16/francois-hollande-gardien-de-la-casse-sociale-i.html

           François Hollande, gardien de la casse sociale (I)

Le 16 février, La Croix écrit « Moody’s place sous surveillance les banques européennes », se référant à une nouvelle notation de cette agence privée qui concerne entre autres BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole et Natixis. Le Monde emploie un titre analogue : « Moody's place sous surveillance plusieurs institutions financières ». Mais comment a-t-on pu ou en arriver à cette situation où des agences de notation privées sont en mesure de faire la loi sur le secteur financier de pays théoriquement souverains ?
  A ce sujet, des déclarations récentes de François Hollande parues notamment dans The Guardian avec le titre « François Hollande seeks to reassure UK and City of London » paraissent particulièrement éclairantes. Hollande souligne que, pendant les quinze ans où elle a gouverné depuis l'élection de François Mitterrand, la « gauche » française a « libéralisé l'économie » et « ouvert les marchés à la finance et aux privatisations ». Le candidat PS aux élections présidentielles françaises emploie de surcroît l'expression « nous » pour se référer à cette politique récurrente, et ajoute que les milieux financiers n'ont « rien à craindre » d'un éventuel succès de sa candidature.
  Malheureusement, les propos de François Hollande ne dénaturent point la réalité de ce qu'a été la politique suivie depuis l'arrivé de Jacques Delors à la présidence de la Commission Européenne il y a vingt-sept ans. Soit, en particulier, pendant plus de onze ans de gouvernements de « gauche ». Au point que les aspects le plus controversés de la politique de Nicolas Sarkozy découlent, précisément, des stratégies à long terme définies à l'échelle européenne sous le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin.
 
Le 16 février également, Politis souligne « Pendant ce temps-là, à Rouen, Hollande défend sa rigueur "juste" ». Est-ce vraiment différent des politiques dont on voit l'application en Grèce et en Italie ?
 La candidature de François Hollande apparaît, tout compte fait, comme une solution de remplacement dans le cadre de la même stratégie invariablement appliquée depuis trois décennies.
Avec une « alternance » de façade, gardienne de la casse sociale.
  Curieusement, les organisations syndicales et associations professionnelles diverses semblent rester pour l'essentiel silencieuses devant ces incroyables déclarations d'un candidat de « gauche », émises de surcroît à un moment où la Grèce subit des pressions croissantes au niveau européen.

En 2005, François Hollande a été au sein du Parti Socialiste le principal défenseur du projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE) rejeté par référendum.

L'Expansion évoque un « double discours de François Hollande sur la finance ». Mais s'agit-il vraiment d'un double discours ? Qui peut accorder du crédit à des propos de campagne électorale tenus dans des meetings ? La réalité réside plutôt dans les faits, largement constatés sous l'exercice européen de Jacques Delors ou sous le gouvernement de Lionel Jospin.

C'est des accords de Barcelone signés par Lionel Jospin, qu'a découlé la récente loi sur les retraites. De même, le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne adoptés en 1999-2000 ont été à l'origine de la loi dite d'autonomie des universités (Loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, LRU).

La Loi Organique Relative aux Lois de Finances d'août 2001 (LOLF), a eu des conséquences multiples, parmi lesquelles l'actuelle Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). Le gouvernement de Lionel Jospin a également battu un véritable record de privatisations, etc...

Et pour ce qui est du Traité de Lisbonne, est-ce autre chose que la suite de la même stratégie ? Voir notre article d'il y a plus de trois ans « Le soutien du Parti Socialiste au Traité de Lisbonne, une mauvaise nouvelle pour la recherche française ».

 François Hollande, qui devant la presse britannique s'est référé à Barack Obama et à Tony Blair, semble s'être efforcé d'apparaître comme un candidat de « centre-gauche », « social-démocrate modéré ». Un gestionnaire qui, au lieu de promettre des augmentations salariales, annonce, tel un Mario Monti ou un Lukas Papademos, son intention de s'en prendre au « déficit public ».

Mais précisément, qui a été à l'origine de ce « déficit public », si ce n'est la même politique revendiquée par Hollande ?

Quant au discours tenu en France par François Hollande visant les milieux financiers, il semble s'agir d'une simple routine dans un contexte où tous les candidats, Nicolas Sarkozy compris, servent à leurs électeurs ce genre de discours. Dont acte. Voir, pour plus de détails, l'article du Guardian du 13 février sur le lien http://www.guardian.co.uk/world/2012/feb/13/francoise-hol....

Tout compte fait, les campagnes électorales sont-elles autre chose qu'une énorme comédie ? La « prestation » de François Hollande à Londres n'incite pas à les prendre très au sérieux. Quant aux résultats de la « politique unique » européenne des vingt-sept dernières années...

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/02/16/francois-hollande-gardien-de-la-casse-sociale-i.html ]


Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia



17/02/2012
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