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Juppé, un ancien repris de justice ... Sarkozy, un futur repris de justice...

 

 

Sans surprise, le débat du 13 octobre sur TF1 entre les 7 candidats à la primaire de la droite et du centre aura donné la victoire à Juppé, devant Sarkozy. Ils seront probablement qualifiés tous les deux pour le deuxième tour.

 

La trajectoire de ces deux personnages n’est pas banale.

Car les électeurs de la droite et du centre auront le choix entre un ancien repris de justice, Monsieur Juppé, et un futur repris de justice, Monsieur Sarkozy.

 

 

   Monsieur Juppé, un ancien repris de justice

 

 En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt ».

 

Les faits ont été commis lorsqu’il était maire adjoint de Paris aux finances et en même temps secrétaire général du Rassemblement pour la République (le fameux RPR, parti politique de la droite avant l’UMP puis Les Républicains).

Il est accusé d’avoir organisé un système de financement occulte d'emplois de permanents pour le RPR, financés par la mairie de Paris et des entreprises souhaitant obtenir des marchés publics. La secrétaire personnelle de Monsieur Juppé au RPR était elle-même payée par le groupe immobilier Ségur.

 

Alain Juppé est donc condamné en 2004 pour « prise illégale d'intérêt » à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité.

 

Monsieur Juppé va alors se réfugier au Québec où il tentera d’obtenir un poste à l’université.

La protestation de la communauté universitaire l’empêchera heureusement de l’obtenir. Il enseignera finalement à l’École nationale d'administration publique (ENAP) de Montréal. Beaucoup de gens s'étonneront qu’un homme politique condamné à une peine de prison et d’inéligibilité puisse donner des cours à de futurs hauts fonctionnaires.

 

De mon côté, je ne m’étonne pas du tout que Monsieur Juppé n’ait pas la décence de se retirer de la compétition pour la présidentielle et de jouir paisiblement de sa retraite. Il fait partie de cette caste politique arrogante qui se croit au-dessus des lois et qui méprise le peuple. D’autant qu’il l’a échappé belle dans deux autres affaires.

 

En juin 1995 en effet, Le Canard enchaîné révèle un document interne de la ville de Paris, signé par Alain Juppé, donnant l'ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville, rue Jacob.

 

Par ailleurs, Alain Juppé est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables.

 

Une plainte pour « prise illégale d’intérêts » est alors déposée par une association de contribuables parisiens.

Une information judiciaire est ouverte par le procureur de la République de Paris qui considère que le délit de « prise illégale d'intérêts » est établi. Mais ce dernier annonce son intention de classer le dossier si Alain Juppé quitte son appartement. Alain Juppé a dû déménager…

 

Sur le plan politique, le passage de Monsieur Juppé à Matignon comme Premier ministre reste dans toutes les mémoires. C’est en effet l’homme qui a réussi à mettre la France dans la rue avec des grèves et manifestations inégalées depuis 1968, et qui aura fait perdre la droite aux législatives de 1997.

 

Monsieur Juppé, c’est le « plan Juppé ». C’est-à-dire un projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995, qui prévoyait, tenez-vous bien :

 

-                      Un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique,

-                      L’accroissement des frais d'hôpital,

-                      Des restrictions sur les médicaments remboursables,

-                      L’imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies,

-                      L’augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs,

-                      Le gel du salaire des fonctionnaires.

 

Le motif invoqué était le respect par la France des critères inclus dans le traité de Maastricht qui impose l’austérité des comptes publics.

Le plan Juppé devait faciliter la qualification de la France pour l’euro.

Malgré le soutien apporté par la CFDT à Alain Juppé, les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 ont partiellement gagné.

Monsieur Jupé, en outre, comme ministre des Affaires étrangères de Monsieur Sarkozy, a mis en oeuvre la désastreuse intervention française en Libye en 2011. On peut donc affirmer que Monsieur Juppé porte une responsabilité dans la montée des tensions internationales et du terrorisme.

 

    Monsieur Sarkozy, un futur repris de justice

 

Monsieur Sarkozy, de son côté, est concerné par cinq affaires en cours, je ne compte pas celles où il est parvenu à passer entre les gouttes :

 

  • L’affaire des écoutes.
  • L’affaire des comptes de campagne de 2012.
  • L'affaire Bygmalion.
  • L’affaire du financement libyen de la campagne de 2007.
  • L’affaire des sondages de l'Élysée.

 

Si le parquet tarde à finaliser certains dossiers, c’est parce que Monsieur Hollande ne veut surtout pas voir Monsieur Sarkozy risquer l’inégibilité. Monsieur Hollande, en effet, croit que Monsieur Sarkozy est son meilleur adversaire.

Monsieur Hollande fait tout ce qu’il peut pour que Monsieur Sarkozy soit le candidat de la droite. Son calcul est cynique. Si Sarkozy est le candidat de la droite, la détestation de Sarkozy est telle dans le pays qu’une partie des électeurs de droite s’abstiendra, et une autre votera Le Pen, d’autant plus qu’on favorisera également le FN.

Monsieur Hollande est persuadé qu’il aura davantage de chance d’être opposé au second tour à Madame Le Pen, et de gagner ainsi l’élection.

 

L’affaire des écoutes

 

Dans l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Monsieur Sarkozy, l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat, a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction. La justice soupçonne l'ex-président d'avoir tenté, avec l'appui de son avocat, d'obtenir des informations dans une procédure le concernant auprès d'un haut magistrat, contre une promesse d'intervention pour un poste de prestige à Monaco.

 

Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue le 1er juillet 2014 à l'office anti-corruption de la PJ - une première pour un ex-chef de l'Etat - puis mis en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel.

 

L’affaire des comptes de campagne de 2012

 

Nicolas Sarkozy a aussi été mis en examen le 16 février 2016 pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Il est soupçonné d'avoir, en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales. Il a aussi été placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d'accusation d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance.

 

L'affaire Bygmalion

 

L'affaire porte sur un système de double comptabilité et de fausses factures destiné à imputer à l'UMP des dépenses de la campagne de la présidentielle 2012 pour éviter le dépassement du plafond autorisé, soit 22,5 millions d'euros. Au cœur de ce système, la société prestataire Bygmalion, dont trois cadres ont reconnu les faits.

 

L’affaire du financement libyen de la campagne de 2007

 

Parmi les ex-dignitaires libyens, certains ont évoqué ce financement sans fournir d'élément matériel, d'autres ont démenti. Dans le cadre de cette procédure, l'ex-secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. En cause : la vente alléguée de deux tableaux flamands pour expliquer un virement de 500.000 euros sur son compte. Certains prétendent que c’est l’argent de Kadhafi…

 

L’affaire des sondages de l'Élysée

 

Les juges enquêtent sur les commandes de sondages de la présidence sous le quinquennat Sarkozy (2007-2012). Au cœur de l'enquête, le rôle de Patrick Buisson, alors conseiller présidentiel. Ce dernier est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait et revendait à l'Élysée. Il a été mis en examen, tout comme l'ex-directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, et l'ex-secrétaire général Claude Guéant.

 

Quelle fierté se serait pour les Français que d’avoir pour président de la République des personnages avec un tel pédigrée ! Quelle légitimité, quelle autorité nationale et internationale ils auraient ! Franchement, qui peut avoir envie de voter pour de tels individus ?

 

 

 

 

Par Jacques Nikonoff

 

 

 

Le 17 octobre 2016.

 

http://www.nikonoff2017.fr/polemiques/387-primaire-a-droite-entre-experts-en-mises-en-examen

 



26/10/2016
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