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LES PATHOLOGIES DE LA PROSTATE

 

DE L’ADÉNOME AU CANCER :
SOULAGER ET TRAITER LES
PATHOLOGIES DE LA PROSTATE


La prostate joue un rôle majeur tout au long de la vie de l’homme. Elle participe
non seulement à la vie sexuelle et reproductive, mais aussi à la régulation de la
fonction urinaire.
Si le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme après 50 ans, ce
n’est pas la seule pathologie possible. La prostatite ou l’adénome sont aussi largement
handicapants. Le Dr Ménat vous livre toutes les solutions pour accompagner ces troubles.
La prostate est un petit organe masculin de la taille
d’une grosse noix de 3 à 4 cm de diamètre et qui
pèse autour de 20 g à la fin de la puberté.
Elle est impliquée dans la physiologie de la reproduction
et son fonctionnement dépend des hormones
masculines. Cette dépendance hormonale la rend très sensible
aux perturbateurs endocriniens et à l’environnement.
C’est pourquoi la première prévention des pathologies prostatiques
passe par l’hygiène de vie et la maîtrise de son
environnement quotidien.
Mais si j’entends bien vous parler des solutions de prévention,
il faut d’abord savoir que la majorité des symptômes
qu’elle peut entraîner en cas de dérèglement sont liés à sa
position anatomique.


UNE GLANDE ESSENTIELLE
La prostate est une petite glande située au-dessous de
la vessie à laquelle elle est intimement collée et juste en
avant du rectum, ce qui permet de l’examiner par le toucher
rectal.
Elle est traversée par le conduit urinaire – l’urètre – qui
sort de la vessie, mais aussi par le canal éjaculateur qui
provient des testicules.
En haut de la prostate, on trouve le sphincter du col vésical
et, tout en bas, le sphincter strié de l’urètre. Ce sont
ces sphincters qui permettent de retenir l’urine quand la
vessie est pleine. Toutefois, aucun de ces sphincters ne
fait partie de la prostate proprement dite.

 

 

ANATOMIE DE LA PROSTATE
La prostate est un carrefour stratégique. C'est
une véritable gare de triage entre les urines et
le sperme. En l’absence d’érection, elle va laisser
passer les urines. Pendant les rapports, du fait de
l’érection, les urines ne peuvent pas s’écouler, mais le
sperme pourra sortir par la verge au moment de l’éjaculation,
provoquant ainsi l’orgasme masculin.
L’éjaculation est autorisée par le relâchement du sphincter
strié de l’urètre, synchronisé avec l’occlusion concomitante
du col de la vessie, et associé à des contractions
rythmiques de la partie musculaire de la prostate, des
muscles du plancher pelvien et du tissu érectile.
La prostate peut être divisée en plusieurs parties :
- deux lobes latéraux, droit et gauche ;
- un lobe médian situé au-dessus de l’abouchement du
canal éjaculateur qui amène le sperme dans l’urètre prostatique,
surtout touché par l’adénome (augmentation du
volume de la prostate) ;
- la pointe de la prostate appelée « apex ».
On peut aussi différencier la glande en 3 zones déterminantes
en cas de cancer :
- la prostate périphérique située surtout à la face
postérieure de la glande et qui est le lieu essentiel du développement
du cancer. C’est pourquoi les urologues, grâce
à leur expérience, peuvent sentir un cancer débutant ou
une prostate suspecte par un simple toucher rectal ;
- la prostate centrale, une zone non glandulaire touchée
par l’adénome, mais pratiquement jamais par le cancer ;
- la zone transitionnelle, qui est la partie glandulaire de la
prostate, celle qui est directement au contact et entoure
l’urètre dans sa traversée de la glande. Cette zone est
beaucoup plus souvent touchée par l’adénome que par le
cancer (10 % des cas de cancers).
Pour finir, sachez qu’il existe tout autour de la prostate
une sorte d’enveloppe appelée « capsule ». Elle est très
importante en cas de cancer, car quand la capsule est
franchie par les cellules cancéreuses, le risque de métastase
est beaucoup plus important.


LE RÔLE DE LA PROSTATE
Mais à quoi sert cette petite glande ?
En plus de jouer un rôle de « tri » entre l’urine et le
sperme, la prostate est un organe de la reproduction.
Elle fabrique le liquide prostatique qui constitue environ
1/3 de l’éjaculat. La sécrétion prostatique est riche
en enzymes, en protéines et en minéraux jouant un rôle
nourricier et protecteur des spermatozoïdes au moment
de l’éjaculation, mais aussi lors de leur migration dans
les voies génitales de la femme.
Elle permet donc aux spermatozoïdes provenant des
testicules d’être plus fécondants, sans toutefois être
indispensable à leur action.
Le liquide prostatique est sécrété en continu pendant la
journée. Il est éliminé en partie avec les urines, mais est
surtout stocké dans les vésicules séminales, de petites
glandes situées derrière la prostate qui fabriquent ellesmêmes
un autre tiers du sperme, le liquide séminal. Ces
vésicules recueillent aussi le sperme arrivant des testicules
dans l’attente de l’éjaculation.
La prostate contient en outre une structure musculaire
qui participe à l’éjection du sperme.
Au final, la prostate permet d’améliorer la fécondité et
est indispensable à l’éjaculation. Ce qui explique que les
hommes opérés d’un adénome de la prostate présentent
une « éjaculation rétrograde », c’est-à-dire un reflux
d’une partie du sperme vers la vessie qui devrait normalement
intégralement sortir par l’urètre. J’y reviendrai
plus loin.


LES HORMONES
ET LA PROSTATE
Pour fonctionner correctement, la prostate a besoin
d’androgènes (hormones masculines). Les androgènes
sont responsables des caractères sexuels masculins.

 

 

   

 

 

L’androgène principal est la testostérone, produite essentiellement
par les testicules.
La physiologie des androgènes est trop complexe pour la
développer ici. Par contre, il est important de comprendre
les liens entre hormones et pathologies prostatiques.
La prostate est sensible à la testostérone et a besoin de cette
hormone pour bien fonctionner. Une baisse de testostérone,
que l’on peut observer lors de l’andropause (les spécialistes
préfèrent parler du « syndrome de déficit en testostérone
lié à l’âge » ; il peut débuter entre 40 et 70 ans) a de nombreuses
conséquences sur la santé de l’homme. On observe
une baisse de la libido et des performances sexuelles, mais
aussi une fonte musculaire et osseuse ainsi qu’une baisse de
l’énergie et du dynamisme général. Ces symptômes s’installent
toujours progressivement, car, contrairement à la
ménopause, la chute des hormones masculines se fait assez
lentement.
Sur le plan de la prostate, on pense que l’adénome peut
être favorisé par une testostérone basse, mais les causes
de cette pathologie que je détaillerai plus loin ne sont pas
bien expliquées.
Concernant le cancer de la prostate, c’est encore plus troublant.
En cas de cancer, on soigne parfois les patients par
des médicaments anti-testostérone, des hormones (ou antihormones)
qui bloquent la fabrication de la testostérone.
En effet, les cellules du cancer de la prostate sont le plus
souvent sensibles à la testostérone et ces « anti-hormones »
bloquent l’évolution du cancer pendant de nombreuses
années.
Cette relation entre hormone et prostate explique aussi
pourquoi on observe une augmentation du nombre de cancers
de la prostate, car notre environnement est envahi par
les perturbateurs endocriniens. Le cancer n’est évidemment
pas la seule conséquence de cet environnement pollué : il
est prouvé que les parabens font chuter la fécondité en perturbant
le métabolisme prostatique, mais aussi testiculaire.
Les liens entre les pathologies prostatiques et la testostérone
sont complexes :
- le cancer de la prostate est plus fréquent chez les personnes
ayant une testostérone basse ;
- si on donne de la testostérone à un homme en andropause,
on n’augmente absolument pas son risque de cancer
de la prostate.
Nous y reviendrons plus en détail dans le chapitre consacré
au cancer de la prostate.


EXPLORER LA PROSTATE
LES BILANS HORMONAUX
L’évaluation du statut hormonal d’un patient présentant
un trouble prostatique peut être très utile. Bien que, là
encore, les choses ne soient pas simples, car il faut doser
plusieurs molécules pour pouvoir interpréter convenablement
la situation et savoir comment agir pour aider
le patient.
Le bilan hormonal est surtout effectué pour évaluer
l’état d’andropause du patient. Il pourra comprendre
le dosage de :
- la testostérone totale ;
- la SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin), la protéine
qui transporte la plus grande partie de la testostérone
dans le sang. Fixée à cette protéine, la testostérone est
inactive ;
- testostérone biodisponible, c’est-à-dire la proportion
de testostérone non liée à la SHBG ;
- testostérone libre, c’est-à-dire la fraction de testostérone
réellement active ;
- la DHT ou dihydrotestostérone, un dérivé important
de la testostérone ;
- la DHEA et l’oestradiol, 2 autres hormones liées au
métabolisme de la testostérone ;
- le cortisol et l’ACTH, 2 hormones qui influencent le
fonctionnement de la testostérone.
- le Zinc sérique, car le zinc est essentiel au fonctionnement
de la prostate.
Vous comprendrez que je ne développe pas plus ces
notions complexes dont l’interprétation doit être réalisée
par un médecin ayant l’habitude de ces dosages.
Le bilan le plus classique reste le dosage du PSA.

 

Le PSA, ou « antigène prostatique spécifique »,
est une molécule spécifique de la prostate, car
il est le seul organe à fabriquer cette molécule.
Sa production est sous contrôle des androgènes
circulants et dépend du fonctionnement de la prostate,
de son volume et d’une éventuelle pathologie, comme
le cancer.
Habituellement, seules des quantités faibles de PSA
passent dans la circulation sanguine, mais, à l’occasion
de maladies prostatiques, le taux de PSA augmente.
Il est facile de doser le PSA dans le sang, ce qui permet
de dépister aisément les anomalies prostatiques.
Mais qu’une chose soit claire dès maintenant, le PSA est
une molécule normalement sécrétée par la prostate et
elle n’est absolument pas spécifique du cancer. C’est
pourquoi le dépistage du cancer de la prostate par le
dosage systématique du PSA a entraîné un surdiagnostic
majeur et le traitement inutile de nombreux hommes.
J’y reviendrai.
Sachez que, en général, le PSA est inférieur à 2 chez
l’homme jeune. Les laboratoires donnent souvent le
chiffre de 4 comme borne supérieure, mais c’est totalement
arbitraire. En effet, on estime que 10 g de tissu
prostatique donnent environ 1 point de PSA dans le sang.
Autrement dit, un homme qui a une prostate augmentée
de volume à 60 g (on parle parfois de 60 ml ou 60 cc) aura
en moyenne un PSA de 6.
Attention aussi aux conditions de ce dosage, car le PSA
peut augmenter dans différentes situations, et en particulier
:
- après un toucher rectal ou une échographie de la prostate
dite endorectale ;
- en cas de diarrhée ou de constipation importante ou
encore de colite inflammatoire ;
- après avoir fait du vélo ;
- dans les 48 h qui suivent un rapport sexuel ;
- en cas d’infection de la prostate.
C’est pourquoi il ne faut pas s’inquiéter à la moindre augmentation
du PSA.
Ce qui compte le plus, c’est l’évolution de ce dosage. D’où
l’intérêt de faire un dosage du PSA de temps en temps,
mais de ne pas se précipiter sur la biopsie à la moindre
anomalie.
Sachez d’ores et déjà que la principale cause de l’élévation
rapide du PSA est la prostatite (infection de la prostate),
qui est bien plus fréquente qu’on ne le croit (voir page 16).
En mesurant le PSA tous les 6 mois pendant 3 ans, on
peut évaluer :
- sa vélocité, c’est-à-dire la rapidité d’augmentation de ce
marqueur. Une augmentation lente est en faveur d’un
adénome et une augmentation rapide en faveur d’une
prostatite. C’est entre les deux, quand l’augmentation se
situe entre 1 et 3 points par an, qu’on se méfiera le plus
d’un éventuel cancer ;
- le temps de doublement, c’est-à-dire le temps que
met le PSA à doubler sa valeur. Là encore, les valeurs
moyennes sont les plus suspectes. Si la valeur du PSA ne
double qu’après 3 ans, le risque de cancer est faible. De
même, si elle double en 6 mois, il faudra plutôt suspecter
une prostatite. En revanche, si le temps de doublement
se situe entre 1 et 2 ans, alors il faudra aller plus loin dans
les explorations.
Si le PSA laisse suspecter un cancer de la prostate, on
pourra faire un dosage complémentaire appelé « PSA
LIBRE ». Cela permet de le comparer au dosage habituel
de PSA, qu’on appelle aussi « PSA TOTAL ». On calcule
alors le rapport PSA LIBRE/PSA TOTAL : plus il est élevé,
plus le risque de cancer est faible et, inversement, plus
le rapport est bas et plus le cancer devra être suspecté.
On considère qu’un rapport de 0,2 (ou 20 %) est plutôt
rassurant et qu’un rapport inférieur à 0,1 (10 %) est très
suspect. Entre les deux, l’interprétation sera plus délicate
et dépendra des autres facteurs.
Si le PSA est délicat à interpréter dans une situation de
dépistage, en cas de cancer prouvé il devient un marqueur
très fiable. S’il augmente, on peut être certain
que le nombre de cellules cancéreuses augmente. Et s’il
diminue, alors le cancer est combattu efficacement. Le
PSA permet donc d’évaluer facilement et régulièrement
l’efficacité des traitements mis en place.
En revanche, on n’a pas démontré que la hauteur du
PSA était forcément péjorative. On voit des cancers très
agressifs avec un PSA de quelques dizaines et j’ai vu des
patients avec un PSA à plus de 1 000 dont le cancer évoluait
lentement.
Donc, attention, il faut interpréter ce PSA en fonction de
la situation du patient. Il ne doit pas, à lui seul, justifier
une biopsie.

 

LES BILANS BIOLOGIQUES
Sur le plan biologique, la situation est simple : l’examen
quasi exclusif pour explorer la prostate, c'est le
dosage du PSA.
La biologie pourra aussi nous servir à évaluer le terrain
et les éventuelles complications d’une pathologie prostatique.
Je vais citer ici les principaux bilans biologiques
que je suis amené à faire en fonction du patient :
- un bilan rénal : quand la prostate grossit et qu’on a
du mal à uriner, le rein peut en souffrir petit à petit
(d’autant plus que l’âge est un autre facteur de risque
de l’insuffisance rénale) ;
- dosage du zinc sérique : c’est pour moi un bilan essentiel,
car le zinc est indispensable au bon fonctionnement
de la prostate ;
- un bilan hormonal, déjà détaillé plus haut ;
- un bilan immunitaire, si on suspecte un risque d’évolution
vers un cancer, afin d’évaluer le niveau des
défenses du patient ;
- divers bilans de terrain que je ne détaillerai pas ici
et qui dépendent aussi de la pratique de chaque thérapeute.
En dehors du PSA, on dispose d’autres examens très
performants pour explorer la prostate proprement dite.


LE TOUCHER RECTAL
C’est l’examen de référence. Les médecins qui ont l’habitude
de le pratiquer et en particulier les urologues
vous diront que cet examen est plus fiable que beaucoup
d’examens complémentaires.
Comme la prostate est assez facilement accessible par
le toucher rectal, le médecin pourra estimer sa taille,
sa grosseur, mais aussi et surtout sa consistance, qui
doit être souple, et sa symétrie. Si la prostate paraît
asymétrique ou surtout trop ferme ou, pire, si on peut
ressentir un nodule ou une prostate « pierreuse », des
examens complémentaires seront proposés.
Le toucher rectal permet aussi de savoir si la prostate
est douloureuse, pouvant évoquer une prostatite.


L’ÉCHOGRAPHIE
L’échographie a longtemps été l’examen de référence
pour évaluer la prostate. On réalise de préférence une
échographie endorectale, c’est-à-dire un examen avec
une sonde d’échographie ressemblant à un gros suppositoire
que l’on introduit dans l’anus. Cet examen un
peu désagréable permet de visualiser parfaitement la
prostate et de rechercher des nodules suspects.
Une échographie « classique » par voie abdominale,
appelée aussi transvésicale, peut être utilisée. Elle
est plus simple à réaliser, mais, comme son nom l’indique,
elle nécessite d’avoir la vessie pleine afin que
les ultrasons puissent passer plus facilement et ainsi
mieux visualiser la prostate.
Cette échographie abdominale permettra également
2 choses :
- mesurer le résidu postmictionnel, c’est-à-dire la
quantité d’urine qui persiste dans la vessie à la fin de
la miction. Cet élément est important pour l’évaluation
du retentissement d’un adénome de la prostate ;
- examiner les reins qui, dans un deuxième temps,
pourraient souffrir d’une pathologie de la prostate.
Je reste très prescripteur d’échographie, car c’est un
examen de dépistage, certes un peu grossier, mais qui
est simple à réaliser, sans risque ni irradiation, et peu
onéreux.


L’IRM
Pour aller plus loin dans l’exploration de la prostate,
l’imagerie à résonance magnétique (IRM) est certainement
l’examen le plus précis.
Cet examen radiologique a l’avantage de ne pas irradier,
contrairement aux scanners, et permet une analyse très
fine, très détaillée de la prostate.
On choisira une IRM uniquement dans les cas de suspicion
de lésion cancéreuse afin de déterminer si une
biopsie est nécessaire.
Certains médecins, pendant longtemps, considéraient
cet examen comme inutile puisque la biopsie permettait
de poser immédiatement le diagnostic de cancer. Et
c’est la raison pour laquelle on a biopsié tout et n’importe
quoi, créant ainsi un surdiagnostic de cancer de
la prostate qui a entraîné la mutilation de nombreux
hommes, parfois pour rien.
Quelques médecins font pratiquer une IRM après la
biopsie. C’est absurde, car si la biopsie est positive, l’IRM
n’apportera rien de plus, et si la biopsie est négative,
cela veut dire qu’il aurait été préférable de faire l’IRM
avant pour éviter justement la biopsie.

 

LA BIOPSIE
La biopsie de la prostate est donc l’examen ultime
afin d’affirmer la présence d’un cancer. On pourrait se
demander s’il ne faudrait pas tout simplement commencer
par ça, afin de mettre en place le traitement le plus
approprié.
Mais comme toujours, les choses ne sont pas aussi
simples.
D’abord, la biopsie de la prostate est un examen invasif et
traumatisant. On passe par voie rectale et, sous contrôle
échographique, on fait un minimum de 12 prélèvements
au sein de la glande.

 

 

   

 

 

entendu tenter de le biopsier, mais on fait souvent les
prélèvements « au petit bonheur la chance », un peu partout
dans la prostate, en espérant tomber sur les cellules
cancéreuses recherchées avec fébrilité.
Imaginez à quel point cet examen est agressif et va
entraîner une inflammation prostatique qui ne peut évidemment
pas être sans conséquence. Pour le patient,
cela veut dire un saignement pendant 15 jours, parfois
dans les urines, mais surtout dans le sperme (on parle
d’« hémospermie »), et pour la prostate, des lésions
inflammatoires et traumatiques non négligeables chez
un patient qui a déjà des soucis avec cet organe.
L’autre risque, comme chaque fois qu’on pratique des
biopsies, c’est de passer à côté du diagnostic. Et il n’est pas
rare que l’examen revienne normal – ou ininterprétable –
et que le médecin propose de le refaire 6 mois plus tard !
C’est pourquoi je préfère, pour ma part, toujours réaliser
une IRM au préalable, car elle permet régulièrement
d’éviter des biopsies inutiles ou de mieux cibler celles-ci.
Le problème le plus fréquent de ces biopsies reste toutefois
celui du surdiagnostic.
1 Yatani R., et al., “Trends in Frequency of Latent Prostate Carcinoma in Japan from 1965-1979 to 1982-1986”, Journal of the National Cancer Institute, 1988, 80(9):
683-7.


LE DRAME DU SURDIAGNOSTIC
Pour bien comprendre la problématique, vous devez
savoir qu’il est presque normal de fabriquer des cellules
de type « cancéreuses » dans la prostate avec
l’avancée en âge.
Ainsi, on a démontré que, après 75 ans, plus des 2/3
des hommes avaient des cellules cancéreuses dans leur
prostate. Or, nous savons bien que le cancer de la prostate,
même s’il est fréquent, ne touche tout de même
pas plus de 2/3 de la population masculine ! Seuls 10 %
des hommes feront au final un « vrai » cancer de la
prostate symptomatique1.
Que veulent dire ces chiffres ? Que beaucoup d’hommes
fabriquent des cellules cancéreuses, mais que celles-ci
ne donneront pas de cancer évolutif. Soit elles resteront
quiescentes (elles ne se développeront pas), soit
elles disparaîtront.
Parfois ces cellules évoluent si lentement que la personne
finit par décéder de tout autre chose sans jamais
avoir été affectée par ce cancer latent. C’est d’ailleurs
pour cela qu’on a l’habitude de dire qu’il y a beaucoup
plus d’hommes qui meurent avec un cancer de la prostate
que d’un cancer de la prostate !
Le cancer de la prostate est celui qui a le plus augmenté
ces 20 dernières années, surtout à cause de ce
surdiagnostic.
Si on biopsie n’importe quelle augmentation du PSA,
surtout après 70 ans, on risque fortement de trouver
des cellules cancéreuses, mais on sera incapable de
savoir si celles-ci évolueront ou pas. Donc, dans le
doute, on traite comme si c’était un cancer évolutif, et
on opère ou on irradie, avec toutes les conséquences
d’inconfort majeur que cela entraîne.
Les urologues sont bien conscients de ce problème
et beaucoup ont décidé de ne plus biopsier à tour de
bras. Mais ces biopsies restent encore trop souvent
proposées.
Il est vrai que, ensuite, si le nombre de cellules cancéreuses
est faible, ils proposeront souvent une
surveillance active, c’est-à-dire une surveillance
attentive sans aucun traitement. C’est un progrès,
mais je me dis que, dans ce cas, peut-être que la biopsie
n’était pas si utile.
C’est pourquoi, pour ma part, je cherche à limiter l’utilisation
de ce geste, indispensable si les éléments font
suspecter clairement un risque de cancer, mais excessif
s’il n’y a pas de faisceau d’arguments suffisant.

 

L’ADÉNOME DE LA PROSTATE
C’est l’affection la plus fréquente de la prostate,
car c’est une évolution presque physiologique
de la glande. On parle d’« hypertrophie
bénigne de la prostate » (HBP), car un adénome
ne devient jamais cancéreux.
L’adénome de la prostate, c’est l’augmentation du
volume de la prostate.
Tous les hommes voient leur prostate augmenter de
volume avec l’âge. Les symptômes qui en découlent
dépendent de 2 facteurs :
- de la taille de la prostate, qui peut peser jusqu’à 120 g
(contre 20 g pour une prostate saine) et même plus parfois
(donc plus de 6 fois son poids normal !)
- de la direction dans laquelle cette augmentation de
taille se fait. Si la glande grossit vers l’avant ou le bas,
les symptômes sont moins marqués que si l’adénome
se développe vers le haut (dans ce cas, il va rapidement
appuyer sur la vessie). S’ensuivent une sensation de
vessie pleine et une envie d’uriner parfois irrépressible.


LES SYMPTÔMES
Les symptômes sont simples à reconnaître et de leur
importance dépendra la prise en charge. On observe :
- une pollakiurie, c’est-à-dire l’envie d’uriner très souvent.
C’est surtout la nuit que cela devient handicapant
car la personne est obligée de se lever plusieurs fois par
nuit, parfois pour de très petites quantités d’urine ;
- une impériosité mictionnelle. Le patient décrit clairement
des envies souvent brutales d’uriner avec
l’obligation de trouver des toilettes en urgence. C’est
surtout le jour que cela gêne les patients suivant l’endroit
où ils se trouvent. Certains sont obligés d’arrêter leur
voiture et de trouver un café pour aller rapidement aux
toilettes sous peine de réellement « se pisser dessus » ;
- une dysurie, qui veut dire que la miction se fait anormalement.
Elle se découpe en plusieurs symptômes :
• la miction a du mal à démarrer, l’urine a l’air de ne
pas pouvoir sortir. Ça peut même devenir douloureux.
Dans les cas extrêmes, on peut observer une
rétention d’urine, un blocage complet, qui peut
nécessiter un sondage (introduction d’une sonde par
la verge jusqu’à la vessie pour libérer les urines). Ça
peut être exceptionnellement une urgence médicale
à cause de la pression qui augmente dans la vessie ;
• un jet faible. C’est souvent un des premiers symptômes
constatés par le patient. Quand les garçons
sont jeunes, ils font des concours à celui qui arrive à
uriner le plus loin ; avec l’âge, c’est plutôt à celui qui
évitera de se pisser sur les chaussures ;
• un goutte-à-goutte interminable en fin de miction.
Le conduit urinaire étant rétréci, l’urine sort avec
moins de force et, quand la vessie est presque vide,
ce filet d’urine peut devenir un goutte-à-goutte qui
a l’air de ne pas vouloir s’arrêter. Il va même rester
un peu d’urine dans l’urètre et une des plaintes fréquentes
des patients c’est d’avoir toujours quelques
gouttes qui finissent par s’écouler tardivement dans
le slip avec tout l’inconfort et la gêne que cela peut
entraîner.
Tous ces symptômes s’installent progressivement
et varient d’une personne à l’autre, mais aussi d’un
moment à l’autre.
La pollakiurie est plus marquée la nuit et apparaît
plutôt précocement.
L’impériosité est plus marquée le jour, mais arrive
plutôt dans un deuxième ou troisième temps.
La dysurie est toujours pire au petit matin. Certaines
personnes urinent parfois très difficilement le matin
et très bien le reste de la journée.
D’un jour à l’autre, les symptômes peuvent être
variables, car ils dépendent aussi d’autres facteurs : la
température, le transit, les rapports sexuels, le stress…

 

      Adénome et sexualité
L’adénome de la prostate ne perturbe que peu la
sexualité sauf quand il est très évolué. Dans ce cas,
on peut observer une modification de l’éjaculation
et du plaisir qu’elle procure. L’érection est en général
peu touchée, mais on parle ici d’hommes d’âge mûr et
on sait qu’avec le temps l’érection est moins « solide ».
Par ailleurs, s’il y a un lien entre adénome et carence
en testostérone, il faut se rappeler que quand les
hormones masculines sont basses la libido suit le
même chemin !

 

LES CAUSES
Il n’a pas été mis en évidence de causes claires de l’adénome
de la prostate. Cette affection touche plus ou
moins tous les hommes, plus ou moins tôt sans qu’on
puisse expliquer vraiment pourquoi, à part un vieillissement
de la glande.
Il existe un facteur génétique évident qui fait que certains
hommes ont une prédisposition plus marquée.
On sait que d’autres facteurs peuvent influencer l’hypertrophie
de la prostate :
- probablement un taux de testostérone bas, mais ce
n’est pas obligatoire ni systématique ;
- l’obésité, le diabète, l’insulinorésistance sont des
facteurs qui peuvent favoriser l’HBP. On a mis en évidence
un lien entre tour de taille et adénome de la
prostate, mais je connais beaucoup d’hommes tout à
fait minces qui ont une grosse prostate ;
- on évoque parfois les xénooestrogènes, ces fameux
perturbateurs endocriniens, mais si ce facteur est
important pour la genèse du cancer de la prostate,
rien n’est formellement prouvé pour l’adénome ;
- la sédentarité, et en particulier la position assise
prolongée paraît être un facteur de risque ;
- on incrimine également les troubles du transit sans
que rien ne soit formellement prouvé ;
- les carences en zinc jouent un rôle probable ;
- un facteur hormonal particulier paraît également
impliqué. Avec le vieillissement, les niveaux d’oestrogènes
(oui, ces hormones féminines sont présentes
chez l’homme au même titre que la testostérone est
présente chez la femme) augmentent chez l’homme
et seraient en partie responsables du développement
de l’hypertrophie bénigne, mais aussi et surtout du
cancer de la prostate.
Il n’y a donc pas de démarche préventive évidente à
mettre en place en dehors d’un mode de vie sain et
une alimentation équilibrée.
Si on est dans une famille à risque d’hypertrophie
bénigne de la prostate, faire un dépistage des carences
en zinc et en testostérone et les corriger pourrait être
utile, mais ce n’est absolument pas prouvé.
En revanche, un certain nombre de démarches naturelles
peuvent être appliquées en prévention. Je les
détaillerai plus loin.


LA DÉMARCHE
DIAGNOSTIQUE
Diagnostiquer une hypertrophie bénigne de la prostate
est assez simple. Tout commence par les signes
cliniques. La plupart du temps, c’est le malade qui se
plaint. Mais j’ai pris l’habitude de poser la question
aux patients, car les hommes sont pudiques et peu
enclins à parler de leurs problèmes de santé, surtout
quand cela touche leur intimité.
Le premier symptôme est la plupart du temps la pollakiurie
nocturne. Parfois, c’est la dysurie qui amène
le patient à en parler à son médecin.
Dans tous les cas, si une HBP est suspectée, on pourra
faire 3 examens :
- le toucher rectal, qui permet au médecin d’évaluer
la taille et la consistance de la prostate ;
- le dosage du PSA, qui n’est absolument pas un facteur
diagnostic, mais qui permet de suivre l’évolution
de ce marqueur sur plusieurs années et confirmer que
son évolution ne nous oriente pas vers un cancer. Le
PSA peut être un marqueur de l’augmentation de la
taille, mais je rappelle que la gêne ressentie par le
patient n’est pas forcément proportionnelle à la taille ;
- une échographie pourra à la fois préciser la taille et
l’aspect de l’adénome et confirmer que cette pathologie
touche bien la partie centrale de la prostate et
non la partie périphérique, ce qui laisserait suspecter
une pathologie plutôt tumorale.
Je veux vous rappeler ici 2 choses :
- le cancer se développe surtout en périphérie et
donne assez peu de gêne urinaire ;
- l’adénome se développe surtout dans la partie centrale.
C’est pourquoi elle donne beaucoup plus de
dysurie. C’est aussi pourquoi j’aime bien faire faire
une échographie de temps en temps, pour vérifier
qu’on est bien dans un cas d’adénome et qu’il n’y a
pas d’autre pathologie à suspecter.
Si ces bilans simples laissent planer un doute sur le
diagnostic d’un « simple » adénome, alors je proposerai
une IRM afin d’explorer plus en détail la prostate
et déterminer la meilleure prise en charge.
Quand il s’agit bien d’un adénome, il ne sera pas utile
de répéter souvent ces bilans et l’examen clinique guidera
l’évolution de la prise en charge.

 

 

    NE CONFONDEZ PAS ADÉNOME
ET CANCER !
Ne confondez pas la prise en charge de l’adénome
et celle du cancer ! Quand il est écrit que tel ou
tel produit est bon pour la prostate, il est rare
qu’il soit précisé si on parle d’adénome ou de
cancer et les gens mélangent tout. Or les prises
en charge sont bien différentes d’une pathologie
à l’autre.

 

 

LA PRISE EN CHARGE
DE L’ADÉNOME

 

 

 

 

Tout ce que je vais vous expliquer dans ce chapitre ne
concerne QUE l’adénome même si certains remèdes
peuvent être utilisés dans les 2 situations. Pour le cancer,
reportez-vous au chapitre correspondant où je détaillerai
tous les produits utiles, même si je dois faire des répétitions.
Dans la prise en charge de l’adénome, il faut envisager
2 modes d’action :
- agir sur la prostate elle-même ;
- tenter de réguler l’équilibre hormonal qui peut être une
des causes du problème. Les traitements allopathiques
prennent très peu en compte cet aspect.
Il existe 2 niveaux de prise en charge lorsqu’un patient présente
une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) :
- la prise en charge médicale qui bénéficie de nombreuses
possibilités ;
- l’opération, qui est une solution parfois incontournable.


LES TRAITEMENTS MÉDICAUX
Dans le dictionnaire des médicaments, le Vidal, qui est la
référence pour les médecins, 3 types de traitements sont
répertoriés :
- des médicaments à base de plantes : Permixon et Tadenan,
qui sont des produits remboursés par la Sécurité sociale,
prouvant leur efficacité même si elle est limitée. Je détaillerai
ces produits dans le chapitre sur la phytothérapie ;
- des alphabloquants : Alfuzosine (Xatral, Urion), Doxazosine
(Zoxan), Terazosine (Dysalfa, Hytrine), Tamsulosine
(Josir, Mecir, Omexel, Omix), Silodosine (Silodix, Urorec) ;
- des médicaments de dernier recours, qui bloquent une
enzyme en lien avec la testostérone, l’alpha-5-testostérone
réductase : Avodart (dutastéride) et Chibro-Proscar (finastéride).
En pratique, beaucoup d’urologues commencent par
donner du Permixon ou du Tadenan, mais ces produits,
qui ne contiennent qu’une seule plante, ont un effet limité.
Très rapidement, ils vont donc prescrire un alphabloquant.
Ces médicaments sont plutôt très efficaces sur les symptômes,
mais n’agissent absolument pas sur les causes (mal
connues, il faut bien le dire) ni sur l’adénome lui-même.
Les alphabloquants agissent surtout sur les muscles de la
prostate et du sphincter de la vessie. En faisant ainsi, la
prostate est décongestionnée et l’urine circulera beaucoup
mieux. De fait, les patients urinent plus facilement et ont
moins de pollakiurie.
Évidemment, comme ces médicaments ne sont pas du tout
spécifiques de la prostate, ils ont quelques effets secondaires,
mais ils sont globalement bien tolérés et sans réel
danger pour la santé. On notera quand même quelques
effets indésirables :
- chute de tension (car il existe des récepteurs alpha également
au niveau des artères). En général, les patients s’en
plaignent assez peu, mais il peut y avoir des sensations de
malaises/vertiges chez ceux dont la tension est déjà basse.
Il faudra aussi prendre garde en cas de traitement par des
antihypertenseurs car les effets des 2 médicaments peuvent
se cumuler. Le principal risque d’interaction se fait avec le
Viagra, le Cialis et les autres médicaments de ce type utilisés
en cas de troubles de l’érection. Demandez conseil à votre
médecin avant de les utiliser ;
- une éjaculation rétrograde ou une baisse de la quantité
de sperme qui peut gêner certains hommes pendant les
rapports. Curieusement, cet effet dépend des individus et
du médicament utilisé. Si on constate cet effet secondaire
avec un des médicaments, alors il faut essayer d’en changer.
Pour ma part, je trouve que la Tamsulosine offre le meilleur
rapport efficacité/tolérance et je conseille en général de
ne pas utiliser le générique, que je trouve moins efficace.
Si à cause de l’évolution de l’adénome le patient est de plus
en plus gêné malgré les alphabloquants, le médecin pourra
y associer un inhibiteur de l’alpha-5-testostérone réductase.
Ces remèdes peuvent avoir une certaine efficacité, mais si
on est obligé de les utiliser, c’est souvent que l’opération se
révélera nécessaire à court ou moyen terme.
Par ailleurs, ces médicaments de dernier recours ont
quelques effets secondaires du fait de leur mode d’action :
- des troubles assez fréquents de l’érection ou de l’éjaculation
(souvent mal vécus, sauf chez les hommes très âgés
qui n’avaient déjà plus d’activité sexuelle) ;
- une augmentation du risque de cancer de la prostate qui
n’est pas négligeable ;
- des troubles de la pilosité, le plus souvent peu gênants.
Pour ma part, je n’hésite pas à utiliser les alphabloquants
quand mon patient est réellement très gêné, mais c’est toujours
après avoir tenté les traitements naturels, qui sont
plutôt efficaces en général. S’ils deviennent insuffisants
et que je dois passer à l’allopathie, je ne laisse pas tomber
pour autant ces traitements naturels qui peuvent limiter
l’aggravation de l’adénome.
Voyons donc les nombreuses pistes naturelles possibles.

 

TRAITER NATURELLEMENT
L’ADÉNOME
Comme dans toutes les maladies dégénératives
liées à l’âge, l’alimentation peut jouer un rôle
important. Ce d’autant que plusieurs aliments
ont montré un rôle prédominant dans le fonctionnement
de la prostate.


AGIR PAR L’ALIMENTATION
Voici les principales règles à envisager (elles sont assez
proches des règles de prévention du cancer donc tout le
monde a intérêt à les prendre en compte) :
- limiter la consommation de sucre ;
- limiter la consommation de lait de vache (et de tous
ses dérivés) ;
- consommer beaucoup de légumes et crudités et un peu
de fruits pour leur apport en antioxydants ;
- augmenter son apport en oméga-3, poissons, mais surtout
huiles végétales riches en oméga 3 et y associer de
l’huile de graines de courge ;
- le thé vert pourrait avoir une action favorable.
Nous n’avons pas d’études probantes sur les liens entre
adénome de la prostate et alimentation. Changer radicalement
ses habitudes alimentaires peut-il modifier
l’évolution de l’adénome ? Aucune étude à grande échelle
n’a encore été menée, mais cela peut certainement y
contribuer et les éléments cités ci-dessus ont pour la
plupart prouvé leur rôle dans le bon fonctionnement
de la prostate.
Si l’on veut tenter d’avoir une action plus franche, plus
rapide, je conseillerai des périodes de jeûne comme on
le fait dans toutes les pathologies tumorales bénignes
(kystes, fibromes…) que les homéopathes considèrent
comme des pathologies de sycose, donc d’encrassement.
Mais pour bénéficier de façon plus nette de l’intérêt de
certains aliments « thérapeutiques » cités ci-dessus, il est
souvent nécessaire de choisir des compléments alimentaires
plus concentrés.


LES COMPLÉMENTS
ALIMENTAIRES
GRAINES ET HUILE DE COURGE
Je cite ce nutriment dans les compléments alimentaires,
mais je vais commencer par le conseiller sous forme alimentaire
:
- huile de graines de courge (issues essentiellement de
la citrouille) à ajouter dans son assiette : 2 cuillères à café
par jour minimum ;
- graines de courge à croquer seules (très bon en apéritif)
ou bien sur les salades ou plats de légumes ou encore
à mixer avec des graines de lin et à mélanger dans une
compote ou un yaourt de soja.
Il faut essayer de consommer l’équivalent de 10 g de
graines de courge par jour.

 

 

  FRUITS ET LÉGUMES : VOS VRAIS AMIS POUR LA VIE !
Certains fruits et légumes étant plus intéressants que
d’autres, on privilégiera :
• la sauce tomate. Le lycopène, très présent dans la
tomate et essentiel pour la prostate, est beaucoup mieux
absorbé si la tomate est cuite avec la peau et associée
à un peu d’huile, comme on le trouve dans une sauce
tomate cuisinée ;
• les brocolis. Bien connus pour leur effet bénéfique
sur la prostate, ce sont néanmoins surtout les jeunes
pousses de brocolis qui sont les plus efficaces, c’est-àdire
des graines germées ;
• les crucifères. Tous les choux sont utiles ici, pas seulement
les brocolis. On pourra donc varier les différentes
crucifères, y compris la choucroute ;
• la grenade. C’est un véritable concentré d’antioxydants
très utile pour la prostate (mais pas seulement). On la
consomme surtout en jus ou en fruit frais ;
• l'ail et l'oignon. À consommer régulièrement ;
• les myrtilles et tous les fruits rouges. Ils jouent un petit
rôle, et seront surtout cités dans la prévention du cancer.

Si l’on n’arrive pas à consommer ces graines de façon
régulière, il existe des capsules d’huile de pépins de
courge, mais cela revient plus cher. Dans ce cas, prendre
3 à 4 capsules par jour.
Les graines de courge, en particulier grâce à leurs lipides
(mais pas seulement), ont une action suffisamment
prouvée pour que ce complément alimentaire bénéficie
d’allégations thérapeutiques : elles contribuent au bon
fonctionnement de la prostate, au maintien d’un flux urinaire
normal et font diminuer l’envie d’uriner.
L’huile de pépins de courge est une source de phytostérols
dont la structure chimique est proche des androgènes.
Les pépins de courge sont aussi riches en zinc, fer et en
vitamines antioxydantes, mais le mode d’action complet
n’est pas totalement élucidé.


GRAINES DE LIN
Associées aux graines de courge, les graines de lin peuvent
apporter un plus dans les pathologies prostatiques.
D’abord, elles régulent le transit, ce qui réduit les risques
d’inflammation de la prostate. Ensuite, elles sont riches
en oméga 3, ce qui apporte un deuxième avantage.
Pour finir, elles apportent des lignanes, qui ont surtout un
rôle dans la prévention du cancer de la prostate. En effet,
ces molécules protègent des cancers hormono-dépendants.
Elles permettent aussi d’inhiber la 5-alpha-réductase
impliquée dans le développement de l’hypertrophie
bénigne de la prostate.2


LE POLLEN
C’est un concentré d’antioxydants, mais ce n’est pas la
seule raison de son intérêt pour la prostate.
Certains proposent le pollen de seigle. Pour ma part, j’ai une
préférence pour le pollen frais de ciste et de saule3, mais la
supériorité de l’un ou de l’autre n’est pas démontrée.
Les extraits de pollen inhiberaient la formation de dihydrotestostérone
(DHT), bloqueraient la liaison de la DHT
au récepteur alpha-1 et accéléreraient l’élimination de la
DHT des cellules de la prostate.
On a aussi montré que l’extrait de pollen de seigle relâche
les muscles entourant l’urètre et qu’il inhibe la croissance
des cellules de la prostate4.
Une méta-analyse a indiqué que la prise d’un extrait de
pollen de seigle fait diminuer la pollakiurie nocturne5.
2 Evans B. A. et al., “Inhibition of 5 alpha-reductase in genital fibroblasts and prostate tissue by dietary lignans and isoflavonoids”, J. Endocrinol., 1995 Nov,
147(2):295-302.
3 Pollenergie : https://www.pollenergie.fr/.
4 Nakase K. et al., “Inhibitory effect and synergism of cernitin pollen extract on the urethral smooth muscle and diaphragm of the rat”, Nippon Yakurigaku Zasshi,
1988 Jun, 91:385-92 (en japonais). Habib F. K. et al., “In vitro evaluation of the pollen extract, cernitin T-60 extract in the regulation of prostate cells growth”, Br. J.
Urol.,1990, 66:393-7.
5 MacDonald R. et al., “A Systemic review of Cernilton (rye pollen extract) for the treatment of benign prostatic hyperplasia”, VA Center for Chronic disease Outcome
Research, Minneapolis, BJU Int., 2000 May, 875(7):836-41.
6 Wilt T., Ishani A. et al., “Beta-sitosterols for benign prostatic hyperplasia”, Cochrane Database Syst Rev., 2000;(2):CD001043.
Il faudrait prendre 1 ou 2 cuillerées à soupe de pollen par
jour, qu’il faudra bien mâcher avant d’avaler, de préférence
au début d’un repas.


BÊTA-SITOSTÉROL
C’est un composé proche du cholestérol qui peut être
utilisé dans les excès de cholestérol sanguin, mais ce
phytostérol semble aussi améliorer les symptômes de
l’hypertrophie bénigne de la prostate tout en ayant un
effet sur la congestion et la taille de la glande6.
C’est d’ailleurs un composant du Serenoa repens dont je
vais parler dans le chapitre sur la phytothérapie.
Il faut prendre 60 mg à 130 mg de bêta-sitostérol par
jour. On peut le trouver dans certaines formules destinées
à la prostate ou bien en traitement unitaire, par
exemple chez Super Smart, un distributeur bien connu
de produits naturels (gélules dosées à 60 mg : prendre
1 gélule matin et soir).


ANTIOXYDANTS
J’ai déjà cité plusieurs fois le rôle des antioxydants dans
la prévention des maladies dégénératives en général et
donc de l’adénome de la prostate.
C’est pourquoi il est important d’agir sur son alimentation,
comme je l’ai détaillé un peu plus haut.
On peut aussi envisager de prendre des antioxydants
sous forme de compléments alimentaires. Certaines
molécules sont plus utiles que d’autres.
Le zinc est plus un cofacteur des antioxydants qu’un
antioxydant lui-même. Mais au-delà de cette action, il
joue un rôle important dans la physiologie de la prostate.

 

 

    Le soja est riche en phyto-oestrogènes. Or les oestrogènes
peuvent augmenter le risque de cancer de
la prostate. Mais comme pour le cancer du sein
chez la femme, la particularité des phyto-oestrogènes
du soja est d’avoir une action 10 000 fois moins
puissante que les oestrogènes fabriqués par notre corps
ou que certains perturbateurs endocriniens. En prenant
la place de ces molécules, les phyto-oestrogènes peuvent
donc, au contraire, réduire le risque d’imprégnation hormonale.
Certains médecins donnent même de fortes doses de
phyto-oestrogènes de soja pour agir sur le cancer de la
prostate.
En ce qui concerne l’adénome, il n’est pas démontré
d’effet réel du soja, mais une chose est sûre pour moi,
une consommation raisonnable d’aliments dérivés du
soja (1 à 2 par jour maximum) n’augmentera jamais les
risques de pathologies prostatiques et pourra peut-être
même les réduire.

 

 Il existe dans la prostate de fortes concentrations de zinc
plus élevées que dans n’importe quel autre organe. Le
zinc permet de limiter le risque d’adénome. Il participe
également à l’inhibition de la 5-alpha-réductase (comme
certains médicaments allopathiques).
Il est donc incontournable dans la prise en charge de l’adénome
prostatique. On peut le trouver seul en ampoules
ou gélules, mais il est souvent incorporé à des formules
complètes de traitement de la prostate (voir plus bas).
À mon sens, il paraît nécessaire de faire doser le zinc
dans le sang avant de prendre un complément. Mais vous
constaterez que si le zinc est souvent dans la norme, il est
généralement situé proche de la norme basse. Je pense
qu’il faut avoir un zinc sérique plus proche de la borne
haute, en général supérieur à 800 μg/l ou 10 μmol/l (les
normes peuvent varier d’un labo à un autre).
On prend en général 10 à 15 mg de zinc élément par jour
en cas de supplémentation. Il n’est pas utile d’en prendre
de fortes doses, d’autant plus que cela risque d’entraîner
des nausées.
La quercétine : on la retrouve en particulier dans l’oignon
ainsi que dans plusieurs formules d’antioxydants.
Elle améliore significativement les symptômes de l’hypertrophie
de la prostate7.
Le sélénium est une molécule centrale de nos défenses
antioxydantes. Il est avant tout proposé en prévention des
cancers, mais reste utile pour la prévention de l’adénome.
Beaucoup d’autres antioxydants peuvent être utilisés,
comme le lycopène ou les extraits de brocolis, mais ils
sont surtout utiles dans la prévention ou la prise en charge
du cancer de la prostate.
Pour la prévention de l’adénome, j’utilise la plupart du
temps des complexes d’antioxydants bien équilibrés et
7 Shoskes D.A., et al., “Quercetin in men with category III prostatitis: a preliminary prospective double-blind, placebo-controlled trial”, Urology, 1999 Dec, 54(6):960-3.
8 Ishani A., MacDonald R., Nelson D., Rutks I., Wilt T.J., “Pygeum africanum for the treatment of patients with benign prostatic hyperplasia: a systematic review
and quantitative meta-analysis”, Am J Med, 2000 Dec 1;109(8):654-64. PMID 11099686.
9 Quiles M. T., Arbós M. A., Fraga A., de Torres I. M., Reventós J., Morote J., “Antiproliferative and apoptotic effects of the herbal agent Pygeum africanum on cultured
prostate stromal cells from patients with benign prostatic hyperplasia (BPH)”; Prostate, 2010 Jul 1;70(10):1044-53. doi: 10.1002/pros.21138. PMID 20503393.
10 Wilt T. J., Ishani A., et al., “Saw palmetto extracts for treatment of benign prostatic hyperplasia: a systematic review”, JAMA, 1998 Nov 11;280(18):1604-9.
suffisamment concentrés comme le Quanta-Ox (Phyto-
Quant), qui apporte la plupart des molécules citées à des
concentrations assez importantes. Prendre 2 gélules par
jour, 5 jours sur 7.


LA PHYTOTHÉRAPIE
Malgré l’importance des micronutriments, le traitement
naturel de référence pour agir sur l’adénome de la prostate
est sans aucun doute la phytothérapie, qui a largement
prouvé son intérêt.


LES PLANTES QUI AGISSENT
SUR LA PROSTATE ELLE-MÊME
Le prunier d’Afrique (Prunus africana), appelé aussi
Pygeum africanum, se trouve en pharmacie sous le nom
de Tadenan. Il est connu depuis les années 1970, pour son
action (modeste) sur les symptômes de l’hypertrophie
bénigne de la prostate8. Utilisé seul, il reste souvent insuffisant.
L’extrait de Pygeum africanum a montré un effet antiprolifératif
sur les fibroblastes et myofibroblastes issus de
cultures cellulaires de prostate humaine, ce qui peut aider
à limiter l’aggravation de l’adénome9. Choisir un extrait
titré en triterpènes et n-docosanol à raison de 100 mg
d’extrait par jour en 1 ou 2 prises.
Les baies de palmier nain de Floride (Serenoa repens,
parfois nommé Sabal serulata) sont plus efficaces que le
Pygeum pour agir significativement sur les symptômes
de l’hypertrophie bénigne de la prostate10.
On le trouve dans le Vidal sous le nom de Permixon.
On considère qu’il serait aussi efficace que les alphabloquants
mais, en pratique, ce n’est pas toujours vrai
s’il est utilisé seul. Ou alors en augmentant les doses

De base, on prendra 320 mg d’extrait de Serenoa repens
per os (voie orale), mais, comme cette plante est particulièrement
bien tolérée, je n’hésite pas à augmenter cette
posologie.
La racine d’ortie (Urtica dioica ou Urtica urens) est la
troisième plante la plus utilisée pour agir sur la prostate.
Attention de ne pas confondre avec les feuilles d’ortie, qui
ont plutôt des propriétés dépuratives et antirhumatismales
et sont bien moins efficaces sur la prostate. Ne pas se
tromper d’ortie non plus : l’ortie blanche ou lamier blanc
(Lamium album) n’a pas du tout les mêmes propriétés.
On utilise souvent la racine d’ortie en association avec
d’autres plantes. Ainsi, une association de 320 mg de palmier
nain et 240 mg d’ortie par jour s’est montrée aussi
efficace que les médicaments allopathiques au cours de
2 essais comparatifs11, 12.
La Commission européenne et l’OMS reconnaissent l’usage
de l’ortie pour soulager les difficultés de miction reliées à
hypertrophie bénigne de la prostate légère ou modérée.
On pourra utiliser un extrait de poudre de racine d’ortie
(600 mg par jour en moyenne), mais, encore une fois je
préfère l’utiliser en association avec d’autres plantes.
L’épilobe à petites fleurs (Epilobium parviflorum) est
moins connu et pourtant tout aussi utile, car très complémentaire
des autres plantes citées. Comme l’ortie, je
l’utilise surtout en association. Les tanins (oenothéine A et
oenothéine B) contenus dans la plante inhibent l’activité
des enzymes 5-alpha-réductase et aromatase impliquées
dans la pathogénie de l’hyperplasie bénigne de la prostate.
La plante a aussi des propriétés anti-inflammatoires et
anti-oedémateuses bien utiles en cas d’adénome.
On peut l’utiliser sous forme de tisane, mais, pour ma part,
je la prescris souvent en extraits secs au sein de complexes
de phytothérapie à visée prostatique.
Le marron d’Inde (Aesculus hippocastanum) est bien
connu pour son action sur la circulation et les hémorroïdes.
11 Sokeland J., Albrecht J., [Combination of Sabal and Urtica extract vs. finasteride in benign prostatic hyperplasia (Aiken stages I to II). Comparison of therapeutic
effectiveness in a one year double-blind study]”, Urologe A., 1997 Jul;36(4):327-33 (en allemand)
12 Engelmann U., Walther C., et al., “Efficacy and safety of a combination of sabal and urtica extract in lower urinary tract symptoms. A randomized, double-blind
study versus tamsulosin”, Arzneimittelforschung, 2006;56(3):222-9.
Ces propriétés en font un excellent décongestionnant
pelvien très complémentaire des plantes sus-citées.
D’autant plus qu’il est également anti-inflammatoire et
anti-oedémateux.
Comme l’épilobe, je l’utiliserai en complément ou en association
des plantes spécifiques de la prostate.
On utilise toujours un extrait sec de marron d’Inde titré
en d’aescine (minimum 10 %).


LES PLANTES À ACTION HORMONALE
On peut aussi avoir besoin d’agir plus spécifiquement sur
l’équilibre endocrinien, même si on a vu que certaines des
plantes précédentes agissaient partiellement sur le métabolisme
hormonal.
Agir sur la testostérone et sur l’ensemble des hormones
impliquées dans son métabolisme est assez complexe et
vous expliquer tous les tenants et aboutissants pourrait
nécessiter un dossier entier. Je vais donc juste citer les
plantes que j’utilise le plus souvent pour influer sur les hormones
masculines en cas d’adénome de la prostate.
Le Tribulus terrestris (ou croix de Malte) est le plus connu
pour stimuler la production de testostérone. Je le prescris
en cas d’andropause quand j’ai pu vérifier un taux trop bas
de testostérone. Son action est très sûre, mais peu puissante.
Le ginseng (Panax ginseng) est une plante bien connue
pour son effet stimulant, à la fois physique, intellectuel
et sexuel. On va donc surtout l’utiliser en cas de baisse de
libido. Malgré tout, son action globale, et en particulier hormonale,
peut être complémentaire dans la prise en charge
des troubles prostatiques.
On peut également citer les extraits d’Ecklonia bicyclis
(l’algue Aramé) et de Maca (Lepidium peruvianum), mais
ils sont bien plus utiles contre la baisse de la libido et la
fatigue sexuelle que pour la prostate elle-même.

 

DES COMPLEXES EFFICACES
Comme je l’ai précisé plusieurs fois, j’ai une préférence
pour l’utilisation de complexes de plantes plutôt que
pour une plante seule.
Les 4 associations suivantes ont donné de bons résultats,
avec une petite supériorité clinique pour les 2 premières :
- Phytomance HOMME (Therascience) : Serenoa repens,
épilobe, racine d’ortie, marron d’Inde. Prendre 2 gélules
matin et soir (mais ne pas hésiter à monter à 6 par jour) ;
- Royal Pros (La Royale) : Pygeum africanum, épilobe,
ortie, bugrane. Prendre 2 gélules matin et soir (mais
ne pas hésiter à monter à 6 par jour) ;
- Prostaguard (Lescuyer) : Serenoa repens, huile de
courge, ortie, lycopène, Pygeum africanum, magnésium,
zinc, sélénium, vitamines B2, B6 et E. Prendre
2 à 3 comprimés par jour ;
- Prostaxen : Serenoa repens, thé vert, graines de
courge, vitamine E, lycopène, sélénium, vitamine B6,
glutathion. Prendre 1 à 2 comprimés par jour.
Ces produits sont très bien tolérés. Leur seul défaut :
comme pour tous les médicaments pour la prostate, ils
ne guérissent pas le patient. Cela veut dire qu’ils sont
efficaces tant qu’on les utilise, mais si on les arrête,
les symptômes vont revenir progressivement.
Les 2 premiers seront souvent complétés par un
apport en zinc si le taux sanguin est faible et on pourra
y associer d’autres compléments alimentaires cités
plus haut.
Les 2 derniers, comme vous le constatez, associent
phytothérapie et micronutriments, ce qui entraîne
une teneur en plantes plus faible pouvant expliquer
une efficacité moindre et leur prix un peu plus élevé.


L’HOMÉOPATHIE
L’homéopathie est un excellent complément à la phytothérapie
pour agir sur la prostate, mais elle reste
d’une efficacité inférieure.
Comme toujours, il faudra tenter de trouver le remède
spécifique du patient et de son terrain et cela nécessite
une consultation chez un médecin spécialisé.
On retrouvera néanmoins 2 types de traitements
homéopathiques.
Des dilutions de plantes à visée prostatique : Sabal Serulata
5CH, Serenoa Repens 5CH et Prunus africanus 5CH.
Ils sont efficaces, mais d’après mon expérience un peu
moins que sous forme de plantes.
Des remèdes de sycose et de vieillissement : Thuya 9CH
(le grand remède des kystes et nodules), Baryta carb
7CH (remède de ralentissement et de fibrose), Conium
5CH (baisse de la forme sexuelle liée à l’âge) et Sepia
9CH (pesanteur pelvienne et déprime).
Si on ne manie pas aisément ces remèdes, on pourra
utiliser des complexes homéopathiques :
- C 555 de Weleda. Prendre 30 gouttes 2 fois par jour ;
- Juniperus Complexe n° 6 de Lehning, qui agit surtout
sur les troubles urinaires. Prendre 30 gouttes 2 fois
par jour ;
- Santalum complexe n° 30 de Lehning, qui agit plutôt
sur l’adénome lui-même.
L’homéopathie peut être une bonne façon d’agir sur
le terrain hormonal et l’andropause, mais le mécanisme
en jeu est trop complexe pour que je l’expose
ici en détail.
On pourra utiliser en particulier les sérocytols, ces
médicaments homéopathiques suisses que je cite souvent
dans mes dossiers. Dans ce cas, on choisira :
- Sérum Equi Neuro-Endocrine pour agir sur le vieillissement
de l’axe neuro-hormonal ;
- Sérum Equi Neuro-glandulaire M (pour les hommes)
pour agir sur l’andropause et la prostate (donc particulièrement
indiqué ici). Je le prescris à raison de 1 ml
le matin, 5 jours sur 7.
Vous retrouverez comme souvent dans le chapitre de
synthèse à la fin de ce dossier des exemples concrets
de prise en charge globale de l’adénome prostatique.


PRISE EN CHARGE
CHIRURGICALE DE
L’ADÉNOME
La décision d’opérer un adénome de la prostate se fait
essentiellement sur un critère clinique : la gêne quotidienne
! C’est donc avant tout le patient qui va dire :
« J’en ai marre, je suis vraiment trop gêné sur le plan
urinaire. »
D’autres critères peuvent inciter le médecin à proposer
une opération :
- un résidu mictionnel trop important qui peut finir
par abîmer les reins ;

- une vessie qui s’abîme, avec une paroi qui devient
épaisse et qui là encore est une porte ouverte à des
conséquences rénales définitives ;
- un risque de rétention d’urine qui finirait par devenir
une urgence médicale.
Je veux rappeler que se faire opérer d’un adénome n’est
pas une façon d’éviter d’avoir un cancer, car on n’opère
pas la même région de la prostate.
Dans la grande majorité des cas, l’opération se fera
par « voies naturelles », c’est-à-dire en introduisant le
matériel par le conduit urinaire.
De façon exceptionnelle, pour des raisons essentiellement
techniques ou anatomiques ou plus rarement à
cause de la taille ou du terrain du patient, on proposera
une opération par voie sus-pubienne, qui nécessite
donc d’ouvrir le ventre. Cette opération est plus lourde,
évidemment. Si elle est obligatoire en cas de cancer, elle
est rarement proposée en cas d’adénome.
Les techniques chirurgicales de l’adénome ont beaucoup
évolué depuis 20 ans grâce aux progrès du
matériel utilisé. On peut distinguer :
- la résection transurétrale classique, qui utilise une sorte
de scalpel électrique. Cette technique a fait ses preuves et
est assez bien tolérée. Jusqu’à il y a peu, c’était la technique
la plus employée par les urologues ;
- la résection ou « vaporisation » par voie transurétrale
grâce à un laser. Le développement des techniques laser
a permis d’améliorer encore les résultats de l’adénomectomie
avec des temps d’hospitalisation plus courts, des
opérations mieux supportées et encore moins de séquelles.
Mais il faut s’adresser à un urologue qui maîtrise bien cette
technique assez récente. Il existe plusieurs types de lasers.
Le plus utilisé actuellement est le laser HOLEP, qui est en
passe de devenir la référence. Certains spécialistes préfèrent
le laser KTP. Je ne prendrai pas position pour dire si
l’un est préférable à l’autre. Dans tous les cas, c’est l’expérience
et la dextérité du chirurgien qui fait la différence.


RÉSULTATS ET COMPLICATIONS
DE L’ADÉNOMECTOMIE
Sincèrement, quand l’opération est devenue nécessaire,
les résultats sont toujours positifs. Les hommes
opérés retrouvent un confort urinaire très acceptable
avec beaucoup moins de pollakiurie (envie fréquente
d’uriner) et surtout beaucoup moins de dysurie (difficulté
à uriner). Terminées, les difficultés à uriner ou
les goutte-à-goutte interminables. Finies, les impériosités
handicapantes.
Mais tout n’est pas parfait, évidemment, car en opérant
l’adénome on a retiré un organe qui avait un rôle
utile, en particulier en termes de sexualité.
Les effets néfastes de l’opération sont les suivants :
- dans les suites immédiates de l’opération, le patient
devra conserver une sonde urinaire pendant quelques
jours puis il risque d’avoir des fuites urinaires, de l’incontinence.
Celles-ci durent toutefois souvent moins
de 2 semaines. Il arrive de plus en plus rarement, avec
les nouvelles techniques, que cette incontinence persiste
longtemps ;
- la sexualité est compromise pendant plusieurs
semaines, mais, en général, l’érection peut revenir à la
normale. Il ne faut pas oublier que les hommes opérés
ont un certain âge et que leur sexualité a pu commencer
à décliner indépendamment des problèmes
prostatiques. C’est pourquoi il arrive que l’érection
mette un peu de temps à revenir à l’état antérieur ;
- la principale conséquence de cette opération, quelle
que soit la technique employée, est l’éjaculation rétrograde.
En pratique, comme le système de « tri » entre
les urines et le sperme est détruit par l’opération,
au moment de l’éjaculation une partie du sperme va
remonter dans la vessie au lieu de sortir par la verge.
Or, une partie de l’orgasme masculin est liée au volume
de l’éjaculat.
C’est pourquoi, si le coït est souvent possible après une
adénomectomie, les hommes décrivent une baisse du
plaisir et parfois de la qualité de l’acte lui-même. Il
faudra prévenir également ces hommes que le sperme
qui est ainsi remonté dans la vessie ressortira avec la
miction suivante. Ils ne doivent donc pas s’inquiéter
de la présence de cette substance dans leur urine.
Ces effets indésirables expliquent que l’opération soit
toujours retardée au maximum, mais elle conserve
malgré tout une balance bénéfices/risques plutôt
favorable.
L’opération de l’HBP se fait en général sous anesthésie
Opération chirurgicale de l'adénome générale, mais peut aussi se pratiquer sous péridurale

 

 

       LA PROSTATITE
Voilà une pathologie dont on parle peu, et qui
est pourtant plus fréquente qu’on ne le croit.
On peut distinguer :
- les prostatites aiguës : ce sont souvent des
maladies sexuellement transmissibles et parfois assez
violentes ;
- les prostatites chroniques : une pathologie sournoise
entraînant une élévation chronique du PSA pouvant faire
craindre à tort un cancer et être très difficile à guérir.
Dans les 2 cas, les approches naturelles sont assez décevantes,
c’est pourquoi je ne détaillerai pas trop ces
pathologies. Je veux néanmoins en parler, car c’est un
diagnostic différentiel important à connaître en cas d’élévation
du PSA.


LA PROSTATITE AIGUË
La prostatite aiguë est une pathologie particulière. Elle
peut être une urgence médicale et nécessiter un traitement
rapide et énergique. Mais, paradoxalement, beaucoup de
patients ont fait une prostatite dans leur vie sans le savoir.
C’est un peu comme la mononucléose, certaines sont de
banales angines et d’autres donnent des abcès et vous cloueront
au lit pour 6 mois.
La prostatite est toujours d’origine bactérienne. C’est pourquoi
on la traite systématiquement avec des antibiotiques.
Quand elle est symptomatique, la prostatite entraîne :
- fièvre et frissons ;
- symptômes urinaires variables allant de la simple pesanteur
pelvienne jusqu’aux brûlures urinaires en passant par
un symptôme très évocateur, une douleur au niveau du
périnée (cette zone située entre les bourses et l’anus chez
l’homme). Cette douleur périnéale peut être très violente ;
- un toucher rectal qui retrouve une prostate très douloureuse
à la palpation.
La clinique et l’examen ne laissent pas de doute quand la
prostatite s’exprime ainsi.
On fera une analyse d’urine pour rechercher le type de
microbe qui, dans 80 % des cas, est un Escherichia coli
comme dans les cystites de la femme.
On prescrira un antibiotique capable de pénétrer dans la
prostate. On utilise essentiellement les fluoroquinolones
(Ciflox ou Oflocet, pour citer les plus connus), qui doivent
être pris suffisamment longtemps (3 à 4 semaines le plus
souvent, parfois plus).
Dans les cas les plus aigus, on peut utiliser des antibiotiques
par voie injectable les premiers jours.
Les rapports sexuels sont la cause principale de ces prostatites,
mais assez souvent on ne retrouve pas de cause
évidente, laissant envisager, comme chez la femme, des
liens avec l’hyperperméabilité intestinale.
La prostatite aiguë peut se compliquer d’une rétention
d’urine nécessitant la mise en place d’un cathéter directement
dans la vessie par voie suspubienne afin de vider la
vessie et soulager le malade.
Voilà pour la prostatite aiguë quand elle est symptomatique.
Traitée ainsi et lorsqu’elle est liée à un E. coli (ou
colibacille), elle peut être guérie définitivement. Mais cette
affection sous cette forme est assez rare en comparaison
des prostatites chroniques.


LA PROSTATITE CHRONIQUE
C’est elle qui m’intéresse le plus, car en faisant monter chroniquement
le PSA, elle peut simuler un cancer. Et ce cas est
plutôt fréquent. La prostatite ne semble pas augmenter le
risque de cancer.
Une prostatite chronique est la plupart du temps liée à un
microbe resté dans la prostate et qui crée une inflammation
persistante. Parfois, cela donne des troubles urinaires et une
douleur pelvienne, mais il n’est pas rare que le patient ne
se plaigne de rien. C’est un bilan d’élévation du PSA qui va
nous amener à poser le diagnostic.
Malgré tout, on peut retrouver un signe très évocateur :
la douleur parfois assez marquée au toucher rectal quand
on palpe la prostate.

Il faut bien comprendre que s’il existe une prostatite chronique,
c’est qu’à un moment il y a eu une prostatite aiguë
qui a soit été mal soignée, soit elle est passée inaperçue, ce
qui n’est pas rare quand la prostatite est liée à des microbes
particuliers comme les chlamydies.
Les prostatites chroniques à chlamydiae entrent dans la
grande famille des infections froides chroniques au même
titre que la maladie de Lyme.
Les chlamydiae restent « cachées » dans la prostate, entraînant
une inflammation à bas bruit, cause essentiellement
d’une élévation du PSA et parfois de troubles urinaires souvent
assez mineurs. Parfois le patient se plaint de douleurs
à l’éjaculation.
Il peut même arriver que le patient décrive des poussées de
prostatite aiguë avec les douleurs périnéales, les brûlures
urinaires, voire un petit syndrome fébrile. Mais ces poussées
donnent des symptômes bien moins violents que ceux de
la prostatite aiguë décrite ci-dessus.
Le traitement des prostatites chroniques repose encore
une fois sur les antibiotiques sauf que, à ce stade, il est très
difficile de les guérir. On va prescrire un antibiotique pendant
10 à 30 jours qui, souvent, donne de bons résultats sur
le plan clinique, mais il est rare qu’on arrive à « stériliser »
la prostate, et le risque de récidive est donc assez élevé.
Malgré tout, beaucoup d’hommes vivent très bien avec une
prostatite chronique qui, parfois, ne les gêne pas du tout,
en dehors de l’élévation du PSA.
Il existe probablement des prostatites chroniques non
infectieuses. On parle d’ailleurs de « syndrome douloureux
pelvien chronique » dont on ne connaît ni la cause ni le
traitement. Mon sentiment, c’est que cette entité est rare
et qu’on n’a simplement pas été en mesure de mettre en
évidence le microbe en cause.
Sur le plan des traitements naturels, on donne souvent des
traitements du même type que ceux de l’adénome en cas de
prostatite chronique symptomatique. En effet, les plantes
citées plus haut ont souvent des propriétés anti-inflammatoires
et décongestionnantes pelviennes qui les rendent
utiles aussi dans les prostatites.
On pourra les associer au curcuma pour son action anti-inflammatoire
et antioxydante. On peut aussi donner des
huiles essentielles à action antibiotique (niaouli, sarriette
des montagnes, cyprès et le santal qui est spécifique de la
congestion du petit bassin), mais les résultats ne sont pas
toujours au rendez-vous, car les médicaments, quels qu’ils
soient, naturels ou chimiques, ne pénètrent pas toujours
suffisamment dans la prostate.
PROSTATITE, PSA ET CANCER
Si je m’attarde un peu sur ces prostatites alors que leur
traitement est essentiellement allopathique, c’est parce
qu’elles peuvent être confondues avec un cancer.
En pratique, si je découvre une élévation du PSA, je suspecterai
d’autant plus une prostatite que cette élévation
est rapide.
Au moindre doute, je proposerai au patient un traitement
d’épreuve par antibiotiques (sur 12 à 14 jours en général).
Dans ce cas, je fais contrôler le PSA avant et après
les antibiotiques. Si le PSA baisse de façon significative
après les antibiotiques (parfois de moitié), alors on peut
être sûr qu’il existe une prostatite chronique à l’origine
de l’élévation du PSA. Car évidemment, en cas de cancer,
les antibiotiques sont totalement inefficaces et ne feront
jamais baisser le PSA.
Bien entendu, ça n’empêche pas une surveillance attentive,
car la malchance peut faire qu’il existe une prostatite ET un
cancer en même temps, mais c’est tout de même très rare.
À la fin de ce dossier, vous trouverez un exemple pratique
d’accompagnement naturel des prostatites chroniques.

 

      Une prostatite chronique mais non gênante… depuis 15 ans
Laissez-moi vous raconter le cas de Jean-Louis. Ce sympathique
patient me consulte en 2003 pour un PSA un
peu élevé, autour de 5. Les examens réalisés à l’époque
sont plutôt rassurants et on décide de surveiller simplement
sa prostate. Son PSA va augmenter assez
rapidement en 2 ans pour arriver à 14 en 2015. On lui
propose bien entendu une biopsie, mais je trouve que la
cinétique du PSA est trop rapide et je suspecte une prostatite.
Je lui donne un antibiotique et le PSA retombe
à 9. En 2007, le PSA va remonter à 18. Là encore, les
antibiotiques vont le faire retomber à 9. Il va même
monter à 25 de PSA, mais, à chaque cure d’antibiotiques,
il redescend.
Cela fait donc 15 ans que son PSA fluctue à cause d’une
prostatite chronique. Il n’est absolument pas gêné et
vous avez compris qu’on n’a jamais réussi à stériliser
sa prostate. Comme il va bien, nous avons décidé d’un
commun accord de ne plus lui donner d’antibiotiques.
Évidemment, ni lui ni moi ne sommes inconscients et j’ai
fait tous les bilans pour évaluer son risque de cancer. Il
a eu 3 IRM en 10 ans qui sont parfaitement rassurantes
et, dans le même temps, l’urologue consulté a également
conclu à l’absence de cancer. À ce jour, ce patient
se porte très bien et il a évité des biopsies inutiles qui
n’auraient fait qu’aggraver sa prostatite qui est cependant
impossible à guérir !

 

 

LE CANCER DE LA PROSTATE
Nous arrivons à un sujet aussi complexe que
délicat : le cancer de la prostate. Du fait du
surdiagnostic, il est devenu le cancer le plus
fréquent, tous sexes confondus. 70 000 cas diagnostiqués
en 2011, contre 48 000 pour le cancer du sein.
Si ce cancer est le premier chez l’homme en termes de
fréquence, il n’arrive qu’en troisième place concernant la
mortalité, mettant ainsi un peu plus en évidence la problématique
du surdiagnostic évoqué au début de ce dossier
(car on diagnostique en excès beaucoup de « petits » cancers
qui n’auraient jamais évolué).
Essayons d’en savoir un peu plus sur ce cancer pour savoir
comment le prévenir et l’accompagner une fois le diagnostic
posé.


LES DIFFÉRENTS TYPES
DE CANCERS
Le cancer de la prostate est particulièrement étudié (du
fait de sa fréquence) et il nous interpelle dans la compréhension
globale de cette maladie.
Pourquoi certains cancers évoluent plus vite et métastasent
alors que, dans d’autres cas, des cellules cancéreuses
parfaitement visualisées grâce à la biopsie n’évolueront
jamais vers un « vrai » cancer ?
Le terrain, les capacités de défense du patient jouent un
rôle certain. De même, les spécificités des cellules cancéreuses
influencent le pronostic.
On classe les cancers de la prostate de 2 façons :
- la classification dite « TNM » ;
- le score de Gleason.

 

 

         

 

         

      LE SCORE DE GLEASON
L’autre classification tout aussi importante est le
SCORE DE GLEASON. Il est lié aux caractéristiques
des cellules observées au microscope après biopsie.
C’est l’examen anatomopathologique (souvent appelé
« anapath »). Le score de Gleason est représenté par
un chiffre compris entre 5 et 9 :
- en dessous de 5, il ne s’agit pas de cancer. Certains
parlent de pré-cancer mais, en fait, ce sont des cellules
sub-normales et vieillissantes ou bien inflammatoires,
mais non malignes ;
- un Gleason à 5 ou 6 correspond à des cancers peu
agressifs. Ici on peut éventuellement parler de pré-cancer
car ce sont des tumeurs qui peuvent ne jamais
évoluer, voire qui peuvent régresser, et qu’on peut
parfois ne même pas traiter. Ces Gleason 5 ou 6 sont
la plupart du temps des T1 et ils sont évidemment bien
limités à la prostate ;
- le Gleason 7 est le stade le plus fréquent rencontré
en cas de cancer de la prostate. Ces cancers peuvent
parfois ne pas évoluer pendant des années ou inversement
se mettre à augmenter régulièrement. C’est
pourquoi la plupart des spécialistes préfèrent les opérer
immédiatement. Cette position se défend, même si on
sait qu’il n’est pas obligatoire de se précipiter pour appliquer
un traitement aussi radical. Certains urologues
acceptent de mettre en place une surveillance rapprochée
pour ces cancers, mais cette attitude ne fait pas
consensus. Cela peut dépendre aussi d’autres critères :
l’âge, l’étendue des lésions, le niveau de PSA, etc. ;
- les Gleason 8 et 9 correspondent à des cancers agressifs
qu’il faudra soigner rapidement et énergiquement.
Sachez que la valeur du PSA au moment du diagnostic
de cancer (établi à partir de la biopsie) influence aussi
le pronostic :
- PSA < 10 : meilleur pronostic ;
- PSA entre 10 et 20 : pronostic intermédiaire ;
- PSA > 20 : pronostic plus péjoratif.

 

La classification dite « TNM » permet de connaître l’importance
du cancer et son étendue :
• « T », pour tumeur, indique la taille et l’extension :
- T1 : tumeur non palpable et non visible sur une écho. Le
« cancer » est détecté lors d’une biopsie. Ce sont typiquement
ces lésions qu’on peut laisser en place avec l’espoir
qu’elles n’évoluent pas voire régressent seules. Cela
dépend aussi de l’autre classification appelée « Gleason »
que je détaillerai plus loin. Certains, dont je fais partie,
pensent que ces T1 auraient pu ne même pas être biopsiées,
- T2 : tumeur limitée à la prostate. Elle est donc de
meilleur pronostic et la chirurgie peut « guérir » le cancer
en retirant 100 % des cellules cancéreuses, - T3 : extension
au-delà de la capsule. Dans ce cas, le risque d’atteinte des
organes qui jouxtent la prostate ou encore de métastase à
distance est plus important. Quand la capsule est franchie,
on hésite à opérer la prostate, car on sait que ce geste ne
peut pas garantir une guérison du cancer, - T4 : extensions
visibles au niveau des organes adjacents (vessie, urètre,
rectum). Dans le T3, cette atteinte n’était que suspectée,
mais elle n’était pas visible au microscope. Dans un T4,
l’atteinte métastatique locale est prouvée et il est malheureusement
probable qu’il puisse y avoir des cellules
métastatiques à distance (ganglions, os…) ;
• « N » pour ganglions dits métastatiques, c’est-à- dire
porteurs de cellules cancéreuses. On distingue les :
- N0 = ganglions sains,
- N+ ou N1 : ganglions atteints.
Cette atteinte peut être visible sur l’IRM ou encore sur
un PET SCAN ;
• « M » pour métastase. Heureusement, il est rare qu’on
découvre un cancer de la prostate à ce stade. On distingue les :
- M0 = pas de métastase visible,
- M+ ou M1 = métastases à distance diagnostiquées par une
imagerie ou une biopsie.
La classification TNM va donc donner une idée statistique
du risque d’évolution du cancer, mais aussi permettre
d’orienter son traitement.


LE DÉPISTAGE
ET SES COMPLEXITÉS
J’ai déjà évoqué plus haut la problématique du surdiagnostic.
Il est surtout lié au fait que pendant des années on a
biopsié la moindre élévation du PSA .Beaucoup d’hommes,
à partir d’un certain âge, fabriquent des cellules prostatiques
qu’on qualifie de cancéreuses (des Gleason 5 ou 6)
et on a trop souvent opéré et irradié ces « pré-cancers »
parfois pour rien. Aujourd’hui, on revient heureusement
en arrière. D’ailleurs, si en 2011 on avait diagnostiqué
70 000 « cancers », en 2015 le chiffre était retombé à 50 000,
montrant les excès en matière de surmédicalisation et les
prises de conscience des urologues ces 10 dernières années
(même s’il est encore possible de progresser).
L’âge du patient va aussi nous guider dans le dépistage et
la prise en charge :
- les patients jeunes autour de 50 ans présentent plus
souvent des cancers agressifs avec des taux de PSA parfois
peu élevés, voire inférieurs à 5 UI seulement ;
- à l’opposé, après 70 ans, les cancers sont en général
moins agressifs et moins évolutifs et pourtant les taux de
PSA sont plus élevés. Nous avons déjà observé des taux
bien supérieurs à 5 000 UI chez des patients âgés, certes
métastasés, mais toujours vivants.


LES CAUSES DU CANCER
ET SA PRÉVENTION
Évidemment, même sans ce surdiagnostic, le cancer de la
prostate va rester le premier cancer de l’homme et, comme
pour le cancer du sein, on sait en grande partie pourquoi :
l’hygiène de vie, l’alimentation et surtout l’imprégnation
hormonale liée aux perturbateurs endocriniens !

 

 

            DÉPISTÉS POUR DE « FAUX » CANCERS
Une étude très récente publiée dans le JAMA montre
que tenter de dépister le cancer de la prostate par
le PSA aboutit à une absence totale de bénéfice en
termes de mortalité à 10 ans1 !
Cela veut dire que, dans le groupe témoin qui ne
bénéficiait pas du dépistage par PSA, il n’y a pas
eu plus de morts par cancer de la prostate. Si on
examine un peu plus en détail cette étude, le taux
de cancers a été de 4,3 % dans le groupe bénéficiant
du dépistage par PSA, contre 3,6 % dans l’autre
groupe. On a là un exemple typique de surdiagnostic
(25 % de plus de diagnostics de cancer sans aucun
bénéfice sur la mortalité).
Et d’ailleurs, les auteurs précisent que, dans
le groupe dépisté par PSA et donc biopsié
systématiquement en cas d’élévation, les cancers
Gleason 5 et 6 représentaient 40 % des cancers,
contre 30 % dans le groupe contrôle. Cela montre
bien que les cancers dépistés par excès ne sont pas
de « vrais » cancers ou, tout au moins, ils sont des
lésions qui probablement n’évolueront pas puisqu’ils
n’entraînent pas de surmortalité !
Cela confirme mon sentiment : doser le PSA peut
être utile pour dépister des cancers agressifs un peu
plus tôt, mais, par contre, la moindre élévation du
PSA ne doit pas conduire systématiquement à une
biopsie entraînant une surmédicalisation parfois
bien inutile, mais toujours très mutilante.
1 Richard M. Martin et coll., “Effect of a Low-Intensity PSA-Based
Screening Intervention on Prostate Cancer Mortality. The CAP Randomized
Clinical Trial”, JAMA, 2018;319(9):883-895. doi:10.1001/
jama.2018.0154.

 

Voici les principaux éléments que vous pouvez prendre
en compte pour une prévention active du cancer de la
prostate.


1. RÉDUIRE LA CONSOMMATION DE LAIT
DE VACHE ET SES DÉRIVÉS
Dans le cas du cancer de la prostate, il est définitivement
prouvé que les grands buveurs de lait de vache
font deux fois plus de cancers de la prostate13.
J’ai donc l’habitude de suggérer aux hommes de réduire
leur consommation de lait de vache et dérivés et même
de les supprimer totalement en cas de risque augmenté
de cancer de la prostate. Ce risque n’a rien à voir avec
des notions d’intolérances alimentaires. Il est probable
que l’augmentation des risques de cancers soit liée à la
fois à la présence d’hormones et de pesticides associés
aux traitements et à l’alimentation que reçoivent les
vaches laitières. On incrimine également l’équilibre en
acides gras du lait de vache et encore plus la présence
de facteurs de croissance, censé nourrir des veaux qui
doivent prendre 250 kg en 18 mois ! C’est pourquoi il
apparaît que les risques liés aux laits des petits animaux
(chèvre et brebis) sont bien inférieurs.
Les « laits » végétaux, même de soja, n’augmentent pas
le risque.


2. RÉDUIRE AU MAXIMUM
LA CONSOMMATION DE GRAISSES TRANS
ET LIMITER LES GRAISSES SATURÉES
Pour le cancer du sein, cela est clairement prouvé, alors
que, pour la prostate, l’incidence des graisses trans et
des graisses saturées n’est encore qu’une forte suspicion.
Mais ces graisses étant tellement à risque pour la
santé, y compris au niveau cardiovasculaire, on ne peut
que recommander leur réduction drastique.
Par ailleurs, l’excès de graisses saturées va augmenter
le surpoids, lui-même cause du cancer.


3. CONTRÔLER SON POIDS
L’obésité augmente le risque de tous les cancers, mais
surtout des cancers hormono-dépendants. Ainsi, une
étude anglaise montre que chaque augmentation d’un
point d’IMC (indice de masse corporelle) entraîne
4 000 cancers de plus outre-Manche14.
Le cancer de la prostate augmente significativement à
partir d’un IMC de 27. Cela est dû autant à la production
d’hormones par la graisse que par la résistance
à l’insuline liée au surpoids. Je vous rappelle que
13 Song Y., et al., “Whole Milk Intake Is Associated with Prostate Cancer-Specific Mortality among U.S. Male Physicians”, J Nutr., 2013, 143(2): 189-96.
14 Bhaskaran K., et al., “Body-Mass Index and Risk of 22 Specific Cancers: a Population-Based Cohort Study of 5.24 Million UK Adults”, The Lancet, 2014, 384(9945): 755-65.
15 Bayoud Y., et al., « L’obésité augmente le risque de cancer de la prostate de haut grade et localement avancé », 105e Congrès de l’AFU (Paris) : du 16 au
19 novembre 2011.
16 Malik A., et al., “Pomegranate Fruit Juice for Chemoprevention and Chemotherapy of Prostate Cancer, Proc Natl Acad Sci, USA, 2005, 102(41): 14813-8. Adhami
V. M., Mukhtar H., “Anti-Oxidants from Green Tea and Pomegranate”.
17 « Pesticides : effets sur la santé – Une expertise collective de l’INSERM », www.inserm.fr, 13 juin 2013.
l’augmentation de l’insuline augmente le risque de tous
les cancers.
On a aussi montré que le cancer de la prostate est souvent
plus grave quand il y a surpoids15.


4. RÉDUIRE LES SUCRES
Le sucre fait grossir. Mais, au-delà de cet effet, les sucres
vont aussi nourrir les cellules cancéreuses et acidifier
le terrain. Et, bien entendu, ils augmentent la sécrétion
d’insuline.
Vous retrouvez là les principales raisons de l’augmentation
du risque de cancer en dehors des perturbateurs
endocriniens !


5. AUGMENTER LA CONSOMMATION
DE LÉGUMES, CRUDITÉS ET FRUITS
Cette recommandation est valable pour tous les cancers,
mais encore un peu plus pour la prostate, d’autant
que de nombreuses études ont permis de mettre en
évidence des fruits et légumes spécifiquement bénéfiques
pour cet organe, comme je l’ai détaillé plus
haut.
Les grenades et surtout le jus de grenade (pur et bio)
ont également montré un rôle protecteur 16.
La plupart des autres fruits et légumes sont bénéfiques,
en particulier l’ail et l’oignon. Privilégiez la
consommation de végétaux issus de l’agriculture biologique,
car plusieurs études laissent penser que les
pesticides pourraient augmenter le risque de cancer
de la prostate17.

 

      Pourquoi manger
des brocolis ?
Les oestrogènes peuvent se dégrader par différentes
voies qu’on appellera pour simplifier la voie des
2-OH, des 4-OH ou des 16-OH. Si les oestrogènes se
dégradent vers les voies 4-OH ou 16-OH, ils favoriseront
bien plus le risque de cancer. L’indole-3-carbinol
des brocolis (mais aussi des autres crucifères) se
transforme dans l’organisme en Di-Indole méthane
(DIM) qui va favoriser la dégradation des oestrogènes
par la voie des 2-OH qui, elle, va réduire le
risque de cancérogenèse.
C’est une des explications du rôle des crucifères et
surtout des brocolis dans la prévention de l’adénome
et surtout du cancer de la prostate.
On trouve ces molécules protectrices
en plus grande quantité dans les
pousses de brocolis qui sont en fait
des graines de brocoli germées
(pas les brocolis sous forme de
légumes comme vous les consommez
habituellement).

 

6. DES GRAINES DE LIN
Les graines de lin sont un des meilleurs traitements
naturels de la constipation et elles ont prouvé leur rôle
préventif contre le cancer du côlon.
Mais ces graines apportent aussi des molécules hormonales
pouvant avoir un effet bénéfique dans la prévention
du cancer de la prostate. Elles inhibent l’enzyme aromatase
responsable de la conversion de la testostérone en
oestradiol, un puissant oestrogène, et favorisent aussi l’élimination
de ces oestrogènes très impliqués dans la genèse
du cancer de la prostate.
C’est pour les mêmes raisons qu’on donne parfois des
extraits de soja dans la prise en charge du cancer de la
prostate (mais exclusivement sous contrôle médical).


7. ÉVITER LES PRODUITS DE COSMÉTOLOGIE
CONTENANT DES PARABENS
OU DES BISPHÉNOLS
Ces molécules chimiques (parabens et bisphénols) ont
des effets hormonaux bien connus. Il est prouvé que les
parabens agissent sur l’équilibre hormonal de l’homme
et favorisent une baisse importante de la fécondité. Or, je
le rappelle, une testostérone basse augmente le risque de
cancer de la prostate et entraîne des cancers plus agressifs18.
18 Xylinas E., et al., « La testostéronémie totale préopératoire (< 3 ng/ml) est un facteur prédictif indépendant de tumeur extraprostatique et de haut grade »,
105e Congrès de l’AFU (Paris), du 16 au 19 novembre 2011.
19 Dekant W., Völkel W., “Human Exposure to Bisphenol A by Biomonitoring:Methods, Results and Assessment of Environmental Exposures”, Toxicol ApplPharmacol.,
2007, 228(1): 114-34.
Sans que les preuves soient formelles, on est à peu près
certain que l’excès de contact avec les parabens ou les
bisphénols augmente le risque de ce cancer19.
C’est aussi par cet effet hormonal que certains pesticides
en augmentent le risque.


8. AVOIR UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE RÉGULIÈRE
L’activité physique régulière est bénéfique pour la prévention
de toutes les maladies et encore plus utile pour
la prévention du cancer de la prostate.
Sans vouloir paraître grivois, l’activité sexuelle est également
une activité spécifiquement bénéfique pour la
prostate. On pense que le fait d’éjaculer plus fréquemment
réduirait le risque de cancer de cette glande qui participe
à la production de sperme, mais ce n’est probablement pas
le seul mécanisme expliquant cet effet.


9. LIMITER LA CONSOMMATION D’ALCOOL
Un ou deux verres de vin rouge par jour sont probablement
une consommation neutre, voire favorable, mais
au-delà, toute consommation excessive d’alcool, sous
toutes ses formes, augmentera le risque de cancer.


10. OPTIMISER SON APPORT EN VITAMINE D
La vitamine D est essentielle à la prévention du cancer
et de sa récidive. Trouver de la vitamine D dans son alimentation
n’est pas simple. L’exposition au soleil est une
autre solution, mais pas toujours suffisamment efficace.
En cas de risque de cancer de la prostate, nous suggérons
une prise régulière de vitamine D sous forme de complément
en gouttes pendant toute la période de faible
ensoleillement (d’octobre à mai, en France) au moins.
Nous constatons ainsi que les pistes sont nombreuses pour
tenter de réduire le risque de cancer de la prostate. C’est
pourquoi la notion de surveillance active comme elle est
proposée actuellement peut probablement être améliorée.


LES TRAITEMENTS DU
CANCER DE LA PROSTATE
Si le diagnostic de cancer de la prostate est confirmé par
la biopsie et que tous les éléments retrouvés dans les différents
bilans montrent qu’une simple surveillance active
n’est pas envisageable, il va donc falloir se résoudre à
appliquer un traitement radical de ce cancer.
Il existe plusieurs solutions :
- la chirurgie qui correspond à une ablation complète de
la prostate ;

- la radiothérapie qui cherche à brûler toute la glande
et sa périphérie (la loge prostatique) ;
- la curiethérapie (de moins en moins proposée) ;
- les ultrasons grâce à un appareil appelé « Ablatherm »
qui est une alternative intéressante à la radiothérapie,
mais avec un risque de récidive un peu plus élevé ;
- l’hormonothérapie est utilisée dans les cancers
métastasés, donc toujours en deuxième ou troisième
intention ;
- la chimiothérapie, assez peu efficace sur la prostate
et que l’on réserve aux cancers évoluant malgré tous
les autres traitements cités ci-dessus.
La chirurgie est en général privilégiée si on est certain
que le cancer est bien limité à la prostate. C’est pourquoi,
en cas de cancer agressif prouvé par la biopsie, on
doit absolument faire un bilan dit « d’extension » avec
un scanner de tout le corps à la recherche de lésions,
une IRM pour mieux analyser la loge prostatique et en
particulier la capsule, et souvent un PET SCAN permettant
de repérer éventuellement des micrométastases.
En effet, si le cancer est sorti de la prostate, s’il y a la
moindre cellule cancéreuse visible sur un de ces examens
radiologiques, alors l’opération devient souvent
inutilement mutilante et on envisagera plutôt les autres
traitements, et la plupart du temps une hormonothérapie
éventuellement couplée à une radiothérapie qui,
elle-même, est discutable.
Je ne vais pas entrer dans le détail de tous les protocoles
hospitaliers qui dépendent de chaque cas particulier.
La chirurgie, quand elle est possible, peut guérir le
cancer à 100 % s’il est bien limité à la seule prostate,
c’est-à-dire s’il n’a pas dépassé la capsule. On appelle
cette opération une « prostatectomie radicale ».
C’est-à-dire qu’on va opérer en ouvrant le ventre (pas
d’opération possible par voie naturelle puisque le
cancer est situé la plupart du temps dans la périphérie
de la prostate) et on va retirer toute la prostate.
Les conséquences de cette opération sont bien connues :
- une incontinence urinaire qui va persister de quelques
semaines à quelques mois, mais qui, la plupart du temps,
s’estompe et le patient retrouve un bon contrôle de ses
urines ;
- une impuissance souvent totale et malheureusement
définitive dans 80 % des cas, car les nerfs qui innervent
la verge sont intimement collés à la prostate et il est
très difficile de les préserver lors de l’opération.
Ce n’est donc pas une opération anodine et c’est bien
pour cela que beaucoup de spécialistes se sont élevés
contre ce surdiagnostic qui a entraîné des mutilations
chez de nombreux patients pour un bénéfice parfois
nul !
Mais si agressive soit-elle, la chirurgie entraîne moins
d’effets secondaires que la radiothérapie. Ce traitement
est utilisé chez des patients trop âgés pour être opérés,
ou dans des cas particuliers où l’opération n’est pas
possible ou inutile. Comme je le disais plus haut, on
la propose parfois dans des cancers qui ont dépassé la
capsule, mais vu ses effets secondaires, je suis parfois
sceptique sur le rapport bénéfice/tolérance de cette
solution. En effet, en cas de radiothérapie pour cancer
de la prostate, on peut observer :
- des incontinences, mais moins marquées qu’avec la
chirurgie. Par contre, il y a un risque à court terme de
rétention d’urine ;
- une impuissance tout aussi fréquente qu’avec la
chirurgie ;
- des lésions de la vessie, qui peut être brûlée par les
rayons et donne des symptômes de pollakiurie et de
douleurs parfois définitifs et donc très invalidants ;
- mais surtout des lésions du rectum presque systématiques
qui vont donner des douleurs et des envies d’aller
à la selle permanentes. On les appelle des « lésions rectales
radiques » et elles sont très handicapantes, avec
des selles plus fréquentes et souvent molles ou encore
des difficultés à évacuer.
C’est pourquoi je ne suis pas un grand fan de cette
radiothérapie qui, si elle est indispensable, doit être
bien accompagnée. Nous avons écrit avec mon ami et
confrère le Dr Alain Dumas un livre dont le but est d’expliquer
en détail cet accompagnement : Cancer : être
Pour 95 % des hommes, l'incontinence ne dure heureusement pas acteur de son traitement, aux éditions Leduc. Vous y

trouverez tous les renseignements pour mieux traverser
cette épreuve qu’est la radiothérapie.
L’agressivité de la radiothérapie fait que je suis assez
favorable au traitement par ultrasons (Ablatherm). Malheureusement,
ce traitement bien mieux toléré que la
radiothérapie a aussi ses limites :
- il n’est proposé que dans certains centres spécialisés ;
- il n’est utilisé que dans des cancers pas trop gros. Les
critères pour pouvoir bénéficier de ce traitement sont
assez stricts ;
- les risques de récidive sont un peu plus élevés, mais
l’avantage de cette méthode est qu’on peut toujours
opérer après des ultrasons, voire faire une radiothérapie.
Alors qu’après un traitement par radiothérapie,
s’il y a une récidive locale, il n’y a plus aucune solution
en dehors du traitement hormonal.
Le traitement hormonal, quant à lui, est proposé uniquement
dans les cancers qui sont sortis de la prostate,
c’est-à-dire qui ont métastasé. Il existe plusieurs médicaments
assez efficaces bien qu’on assiste souvent à
un échappement thérapeutique au bout de quelques
années. Quand un médicament n’est plus efficace, on
peut en essayer un autre et obtenir ainsi une stabilité
de la maladie pendant 10 à 20 ans.
Vous trouverez dans notre livre sur le cancer les différentes
voies pour accompagner un tel traitement
hormonal.
Tout cela vous explique pourquoi, quand on le peut,
on préfère décaler ces traitements dans le temps et
proposer une surveillance active.
LA SURVEILLANCE ACTIVE
La « surveillance active » est le nom donné à une façon
d’appréhender un « petit » cancer, souvent des Gleason
5 et 6, mais parfois aussi des Gleason 7 permettant
de retarder, voire d’éviter les traitements agressifs vus
ci-dessus.
En pratique, voici comment cela se passe : face à un
PSA élevé ou une image suspecte, on réalise une biopsie
(vous verrez que c’est là que mon avis diverge parfois).
Si cette biopsie montre un cancer limité en taille ou
peu agressif, on peut proposer au patient, suivant son
terrain et son âge, une « surveillance active ».
Elle comporte un examen clinique, un suivi du PSA, parfois
des IRM et un renouvellement de la biopsie environ
tous les deux ans. Mais aucun traitement. Et là, mon
avis diverge un peu plus encore.
Je ne peux qu’être d’accord avec la mise en place d’un
tel suivi face à une biopsie positive, avec des cellules
20 Pour le lien entre inflammation et métastases dans le cancer de la prostate, voir : Luo J. L., Tan W., Ricono J. M., Korchynskyi O., Zhang M., Gonias S. L.,Cheresh
D. A., Karin M., “Nuclear cytokine-activated IKKalpha controls prostatecancer metastasis by repressing Maspin”, Nature, 5 avril 2007 ; 446(7136).
cancéreuses peu agressives. Elle permet d’éviter des
traitements agressifs trop précoces voire inutiles.
Mais je suis obligé de faire quelques remarques, voire
d’émettre quelques réserves de bon sens :
- tout d’abord, la biopsie était-elle vraiment indispensable
? N’était-il pas possible de surveiller le patient
sans aller jusqu’à la biopsie ? Comme je l’ai expliqué
dans les pages précédentes, c’est parfois tout à fait possible
et il faut donc peut-être revoir cette tendance à
biopsier au moindre doute ;
- si la biopsie a été faite et qu’on met en place une
« surveillance », faut-il vraiment répéter des biopsies
régulièrement ? Est-ce que ça nous apporte vraiment
quelque chose ? L’imagerie et en particulier l’IRM couplée
au PSA ne sont-ils pas suffisants pour dire si la
maladie évolue ou pas ?
La répétition des actes biopsiques, au-delà du risque
infectieux aigu, entretient des problèmes inflammatoires
(inflammation de bas grade) susceptibles de
« favoriser » l’évolutivité de la cancérogenèse20.
Si les images radiologiques et le PSA restent stables, le
bénéfice/risque de nouvelles biopsies systématiques,
prévues dans le protocole de surveillance active, me
paraît donc peu favorable.
Ce que je trouve dommage par ailleurs dans ce protocole
de surveillance, c’est qu’il ne propose aucun
traitement pour prévenir l’évolution de la maladie. Il
y a pourtant tant à faire, ne serait-ce qu’en adoptant
de nouvelles règles d’hygiène de vie telles que je les ai
détaillées plus haut.
Vous trouverez dans la dernière partie de cette revue
des propositions de base en cas de surveillance active,
mais je n’ai évidemment pas la place ici d’exposer toutes
les pistes possibles que nous avons pu développer au fil
des 500 pages de notre livre sur le cancer.

 

MES PROTOCOLES DE BASE
Pour résumer toutes les informations exposées
dans ce dossier sur la prostate, voici les protocoles
de base que j’utilise le plus souvent
chez mes patients.
Évidemment, pour moi, comme pour tous les homéopathes,
un traitement doit être personnalisé, mais
les solutions proposées ci-dessous sont établies pour
s’adapter au plus grand nombre.
Si vous êtes concerné par une pathologie prostatique,
je ne peux que vous suggérer d’évoquer ces approches
avec votre médecin pour déterminer quelle est la meilleure
solution vous concernant. Ces dossiers et les
protocoles proposés sont destinés à aider les patients
à devenir proactifs et acteurs de leur santé, et faciliter
le dialogue avec leur thérapeute.


✔ PRISE EN CHARGE D’UN ADÉNOME
DÉBUTANT
Le patient commence à ressentir une gêne urinaire.
Le jet est moins franc et il se lève un peu la nuit. Le
PSA est à la limite supérieure de la normale, le toucher
rectal est non suspect. La prostate est souple et
l’échographie révèle un adénome banal dans une prostate
de 40 cc.
Aucun traitement allopathique n’est nécessaire, on
commencera par une approche 100 % naturelle.
En dehors des conseils d’hygiène et d’alimentation
détaillés plus haut, je propose souvent :
- des graines de courge à consommer quotidiennement
;
- du zinc si le taux sanguin est trop faible ;
- de la vitamine D pour corriger d’éventuelles
carences ;
- et toujours une approche en phytothérapie.
Concernant les plantes :
- soit je commence simplement par du Permixon
(vendu en pharmacie) qui a l’avantage d’être simple
et remboursé par la Sécurité sociale (son effet reste
toutefois limité) ;
- soit je propose un complexe de plantes comme vu
plus haut : Royal Pros (La Royale) ou Complexe Homme
(Phytomance) à raison de 2 gélules matin et soir, qui
me donne de meilleurs résultats.
Cette approche permet souvent de soulager le patient
pendant des années. Il arrive régulièrement que la
prostate continue malgré tout à grossir tout doucement.


✔ PRISE EN CHARGE D’UN ADÉNOME
ÉVOLUÉ
Le patient a un gros adénome. Il dépasse 60 cc et la
gêne devient pénible. Le patient se lève 2 ou 3 fois la
nuit, le matin il a du mal à uriner et dans la journée il
a parfois des impériosités handicapantes.
Après avoir fait les bilans nécessaires pour affirmer
la présence exclusive d’un adénome, on va proposer
une prise en charge énergique pour tenter de reculer
au maximum une éventuelle opération.
Les conseils d’hygiène et d’alimentation sont toujours
les mêmes. Il peut être nécessaire de prendre
en charge l’andropause, mais je ne rentrerai pas dans
les détails de cette question complexe qui fera l’objet
d’un futur dossier.
Je prescris au patient le plus souvent :
- un complexe de plantes : Royal Pros (La Royale)
ou Complexe Homme (Phytomance) en commençant
par 2 gélules matin, midi et soir pendant 1 mois, puis
2 gélules matin et soir en entretien ;
- le zinc et la vitamine D devront être équilibrés en
fonction des bilans sanguins ;
- des cures d’antioxydants pour compléter le traitement.
Par exemple Quanta-Ox (PhytoQuant) : prendre
2 gélules par jour, 5 jours sur 7. Une cure de 3 boîtes
tous les 6 mois ;
- des cures de bêta-sitostérol en alternance avec ces
Graines de courge à consommer en snack, en salade ou dans une soupe antioxydants : prendre 2 gélules par jour 3 mois sur 6 ;

- si le patient en apprécie le goût, je lui propose de
pendre tous les matins 1 cuillerée à soupe de pollen
frais de saule ;
- si les résultats sur le confort ne sont pas suffisants,
je rajoute un traitement par alphabloquants, en commençant
par la Tamsulosine.
Là encore, en général, on arrive à redonner au patient
un confort acceptable et ainsi à reculer au maximum
l’opération qui, dans ces cas-là, risque de devenir obligatoire
un jour ou l’autre.


✔ ACCOMPAGNEMENT EN CAS
DE PROSTATITE
S’il s’agit d’une prostatite aiguë, cela peut être une urgence
médicale et il faut rapidement consulter son médecin pour
pouvoir bénéficier d’un traitement antibiotique adapté.
S’il s’agit d’une prostatite chronique, il n’y a pas de traitement
standardisé et aucun ne peut garantir une guérison
définitive de l’infection.
Pour ma part, je n’hésite pas à proposer au moins 1 cure
d’antibiotique sur une durée d’au moins 2 semaines si les
symptômes cliniques et biologiques l’imposent. Comme je
l’ai expliqué, cette démarche peut également permettre
d’éviter une biopsie inutile en cas d’élévation rapide du
PSA.
Si le patient prend des antibiotiques pour une prostatite
chronique, on pourra lui donner également :
- des probiotiques pour limiter l’effet néfaste sur la flore ;
- un drainage du foie en homéo ou phytothérapie ;
- du zinc qui, en plus de son effet sur la prostate, agit sur
l’infection et l’immunité ;
J’y associe toujours un traitement par un complexe de
plantes à visée prostatique comme décrit ci-dessus. Je
choisis une formule contenant de l’épilobe, qui serait la
plante la plus utile en cas de prostatite.
Pour finir, on peut proposer au patient de se masser la
prostate. Je sais, c’est un peu surprenant, car pour cela,
il faut introduire un doigt dans le rectum le plus loin
possible et masser la glande qu’on peut sentir sous le
doigt. C’est assez désagréable, mais cela permet de la
décongestionner et d’aider le traitement à agir en profondeur
dans la glande. Cela ne se pratique que dans les
cas de prostatites chroniques. Si les symptômes ont l’air
d’augmenter, arrêter de réaliser ce massage. C’est une
approche ancienne, mais qui fut tout à fait classique à
une époque et qui a des fondements scientifiques21.
Tout ce que je viens de décrire peut être proposé également
en dehors des cures d’antibiotiques (sauf les
probiotiques et le drainage du foie).
À noter qu’une étude publiée en 2008 avait montré que
l’acupuncture pouvait améliorer significativement les
prostatites.
21 Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site : http://prostatitechronique.free.fr/massage_prostatique.php
On propose également des traitements à base d’huiles
essentielles pour la prostatite. On peut faire préparer
des suppositoires, qui seraient plus efficaces dans
cette indication.
Voici un exemple de formule à faire préparer par le
pharmacien :
• HE de cyprès 20 mg
• HE de myrte 20 mg
• HE de sarriette des montagnes 20 mg
• HE de lentisque pistachier 20 mg
• HE de lemongrass 20 mg
• Excipient QSP 1 suppositoire
Mettre 1 suppositoire matin et soir pendant 7 jours,
puis 1 suppositoire le soir pendant 7 jours.
En fonction des symptômes et de la tolérance aux suppositoires,
on pourra faire cette cure plusieurs mois de
suite à raison de 2 semaines de traitement par mois.
Si les suppositoires ne sont pas acceptés par le
patient, on pourra faire une formule en gélules gastrorésistantes
avec, par exemple, pour 1 gélule :
• HE de cyprès 20 mg
• HE de sarriette des montagnes 20 mg
• HE de basilic 20 mg
• HE de laurier noble 20 mg
Prendre 2 gélules matin et soir pendant 10 jours par
mois.
Tous ces traitements ont leur utilité, mais, au final, les
prostatites sont très complexes à traiter et il faut vraiment
agir au cas par cas en fonction des symptômes
et des besoins de chaque patient. C’est pourquoi je ne
peux pas vous donner un protocole de base simple.


✔ APPROCHES NATURELLES
COMPLÉMENTAIRES EN CAS DE
SURVEILLANCE ACTIVE D’UN CANCER
DE LA PROSTATE LIMITÉ
Comme je l’ai expliqué plus haut, il me paraît indispensable
de proposer un traitement d’accompagnement
dans le cadre d’une surveillance active.
Je vous rappelle que si l’urologue a choisi cette
approche, c’est que la biopsie a prouvé qu’il existait
des cellules cancéreuses dans la prostate ou bien
que l’imagerie et la biologie laissaient suspecter une
pathologie tumorale.
Ne rien faire et attendre me paraît pour le moins frustrant
et angoissant pour le patient et il a souvent envie
de mettre toutes les chances de son côté pour limiter
le risque d’évolution.

Pour cela, il existe de multiples pistes. J’ai déjà exposé
plus haut les principales règles d’hygiène de vie et
d’alimentation pour la prévention du cancer. Mais
en cas de présence de cellules cancéreuses, il faut
aller plus loin, même si tout ce que j’ai proposé reste
valable.
Je vais citer les principales pistes sans trop entrer dans
les détails car tout cela doit se faire en concertation
avec votre médecin et sous sa surveillance.
Sur le plan alimentaire, il est nécessaire d’être assez
strict et d’aller plus loin que juste supprimer les laitages
et consommer des brocolis.
Je propose souvent un régime très pauvre en glucides
et, pour ceux qui sont motivés, un régime cétogène ou
des diètes à base de jus de légumes.
J’accompagne toujours cette diététique assez stricte
du protocole métabolique du Dr Schwartz :
- acide lipoïque : 1 200 à 1 800 mg par jour ;
- Garcinia Cambogia titré en hydroxycitrate (HCA) :
1 500 mg d’HCA par jour ;
- ces 2 produits peuvent être complétés suivant les
cas par de la metformine (médicament antidiabétique)
ou de la berbérine extraite d’une plante, le berbéris
ou épine-vinette.
Je stimule également les défenses immunitaires. Pour
cela, plusieurs solutions existent :
- comme nous le détaillons dans notre livre, notre
préférence va au Viscum album injectable – 3 piqûres
par semaine –, traitement du laboratoire allemand
Weleda qui est reconnu outre-Rhin comme traitement
du cancer ;
- s’il n’est pas bien accepté, on peut le remplacer par
de l’immuno-homéopathie, et en particulier par les
produits Labolife, très intéressants pour renforcer le
système immunitaire en cas de cancer ;
- à ces 2 approches, on peut associer de la mycothérapie,
qui bénéficie de plusieurs études très significatives
dans le domaine du cancer. On utilise en particulier et
dans l’ordre de mes préférences : REISHI, MAITAKE,
SHIITAKE.
Des compléments alimentaires seront également très
utiles :
- de la vitamine D afin d’avoir un taux supérieur à
50 ng/ml ;
- des complexes d’antioxydants riches en flavonoïdes
comme le Quanta-Ox, que j’ai déjà cité plus haut ;
- du resvératrol à fortes doses, en général 200 mg par
jour au minimum, car son effet anticancer a bien été
démontré dans plusieurs études ;
- des extraits de brocolis riches en Indol-3-carbinol
et Di-Indole méthane (DIM) pour leur effet sur l’axe
hormonal. Certains médecins préfèrent de fortes doses
de phyto-oestrogènes, mais cette pratique ne fait pas
consensus.
Vous voyez qu’il y a de quoi faire pour agir activement
pendant une surveillance active. Et je n’ai cité
ici que les principaux axes d’action. Il existe d’autres
possibilités qui vont dépendre des pratiques de chaque
médecin et surtout de chaque cas particulier.


✔ ACCOMPAGNEMENT
D’UNE RADIOTHÉRAPIE
La radiothérapie est un des traitements fréquemment
utilisés en cas de cancer de la prostate évolutif.
Ce traitement étant très agressif et source de nombreux
effets secondaires, j’ai voulu vous faire un petit
résumé des principales solutions d’accompagnement
du patient.

 

        Il existe une approche naturelle complémentaire
qui est souvent citée. Même si j’en ai peu
l’expérience, je voudrais vous en faire part :
il s’agit du jus de brocolis. Cette cure a été
proposée par un phytothérapeute renommé, le
Pr Ibrahim Saracoglu, partant du principe que le
brocoli a une action anti-inflammatoire et améliore
le système immunitaire.
Voici comment la réaliser : faire bouillir pendant
5 bonnes minutes 250 g de brocoli biologique
dans 600 ml d’eau. Laisser tiédir, filtrer et boire
la moitié du jus le matin à jeun et l’autre moitié le
soir (après l’avoir fait réchauffer) toujours à jeun.
Ne rien manger ni boire (sauf de l’eau) pendant
les 20 minutes qui suivent. On peut manger le
brocoli qui a bouilli au déjeuner, mais ce n’est
pas obligatoire.
On doit faire cette cure pendant 21 jours avec le
rythme suivant :
• Boire ce jus pendant 7 jours puis arrêter 3 jours.
• Reprendre la cure pendant 7 jours puis arrêter
3 jours.
• Reprendre une dernière fois la cure pendant
7 jours.
Le jus de brocoli doit être préparé chaque jour.
Il se conserve 24 h maximum au réfrigérateur.

 

Toutes ces propositions sont encore une fois issues de
notre livre : Cancer : être acteur de son traitement.


✔ UNE APPROCHE HOMÉOPATHIQUE
SPÉCIFIQUE
Voici un protocole pour une radiothérapie de
5 semaines, soit 25 séances. Il est assez simple de
l’adapter à des traitements plus courts ou plus longs,
le principe étant de donner ces remèdes en échelle de
dilution de la plus faible à la plus forte.
> La 1re et la 2e semaine de radiothérapie :
• FLUORICUM ACIDUM 7CH TU.GRAN. : 3 granules le
matin à jeun ;
• RADIUM BROMATUM 7CH TU.GRAN. : 3 granules le midi
à jeun ;
• RAYONS X 7CH TU.GRAN. : 3 granules le soir à jeun.
> La 3e et 4e semaine de radiothérapie :
• FLUORICUM ACIDUM 9CH TU.GRAN. : 3 granules le
matin à jeun ;
• RADIUM BROMATUM 9CH TU.GRAN. : 3 granules le midi
à jeun ;
• RAYONS X 9CH TU.GRAN. : 3 granules le soir à jeun.
> La 5e semaine de radiothérapie et la semaine qui
suit :
• FLUORICUM ACIDUM 15CH TU.GRAN. : 3 granules le
matin à jeun ;
• RADIUM BROMATUM 15CH TU.GRAN. : 3 granules le
midi à jeun ;
• RAYONS X 15CH TU.GRAN. : 3 granules le soir à jeun.
On pourra poursuivre les remèdes en 15CH un peu plus
longtemps en fonction de la tolérance individuelle aux
rayons. Éventuellement, les 3 remèdes peuvent être
pris ensemble si le traitement paraît trop complexe.


✔ AUTRES SOINS DE SUPPORT
SYSTÉMATIQUES
Plusieurs produits naturels seront proposés en cas de
radiothérapie afin de limiter les effets secondaires.
1. Des alkylglycérols : prendre 4 à 6 capsules par jour.
Ce sont des huiles de foie de requin qui ont démontré
leur rôle dans la prévention des effets secondaires des
radiothérapies (étude chez l’animal).
Pour optimiser leur action, il faut arrêter toute supplémentation
en oméga 3 ou encore en huile d’onagre ou
de bourrache le mois qui précède la radiothérapie et
prendre ces alkylglycérols qui seront utilisés jusqu’à
la fin des rayons.
2. Des sérocytols, remèdes homéopathiques suisses,
seront donnés pendant toute la radiothérapie et les
2 mois qui suivent avec le protocole suivant :
• Sérum Equi « Neuro-Vasculaire » 4DH : 1 ml le matin
du lundi au samedi ;
• Sérocytol « Conjonctif » : 1 suppositoire au coucher le
dimanche.
Il est important de poursuivre ces traitements après la
fin des irradiations, car ces dernières continuent à agir
pendant plusieurs semaines et les effets secondaires
persistent voire apparaissent pendant les 2 à 3 mois
qui suivent la radiothérapie.
3. Du ginkgo biloba, le plus souvent en gélules, à
raison de 3 ou 6 gélules (suivant la spécialité) pendant
toute la durée de la radiothérapie et à poursuivre pendant
1 à 3 mois après la fin des rayons en fonction des
phénomènes de fibrose ou rétraction cutanée. C’est
la plante de référence pour lutter contre les phénomènes
de fibrose.
4. Du curcuma concentré en curcumine. Suivant les
spécialités, on donnera de 1 à 3 gélules ou comprimés
par jour pour obtenir un apport quotidien de 500
à 1 000 mg de curcumine. Elle est particulièrement
importante dans le cadre du cancer de la prostate, car
les rayons vont traverser une partie de l’intestin et la
curcumine est particulièrement utile dans ce cas-là !
5. Des probiotiques et de la chlorophylle magnésienne
: ils protègent l’intestin et sa flore. Prendre
des probiotiques le matin (posologie en fonction du
produit utilisé) et la chlorophylle magnésienne pure
le soir (2 gélules de 200 mg).
À la fin des séances de rayons, on pourra ajouter
pendant 2 ou 3 mois pour la récupération et la cicatrisation
des tissus sains :
• Huile de bourrache : 2 capsules matin et soir,
5 jours sur 7 ;
• Huile de poisson : 3 capsules au dîner, 5 jours sur 7 ;
• Complexe d’antioxydants riche en polyphénols et
en caroténoïdes associés à du curcuma à dose nutritionnelle
(plutôt que du curcuma seul à forte dose).


✔ PRISE EN CHARGE SYSTÉMATIQUE
DE LA PEAU
Les rayons traversent la peau qui, petit à petit, s’altère.
Au minimum, on observera un bronzage excessif, mais
souvent il apparaît un érythème équivalent à un bon
coup de soleil.
Dans le cadre de la prostate, une partie des rayons
passe au niveau du pli fessier, et son anatomie entraîne
très souvent des macérations et des douleurs très
inconfortables.

 

Voici comment agir sur le plan local.
Ne rien appliquer sur la peau AVANT les séances.
Il est important d’aller aux séances de rayon avec une
peau propre et exempte de tout produit. Si la peau
est grasse ou recouverte d’une crème, cela peut entraîner
une légère diffraction des rayons et finalement
augmenter les effets secondaires cutanés.
Donc, le matin de chaque séance, faire une toilette
normale, bien sécher la peau et ne rien appliquer
dessus. Même les huiles essentielles dites « radioprotectrices
» comme celle de niaouli sont à éviter, à mon
sens, AVANT la séance.
Après les séances, dès le retour au domicile, 2 types
de produits peuvent être utilisés :
- de l’aloe vera, qui peut se présenter sous forme de
gel ou de liquide à appliquer sur toute la zone irradiée.
C’est la plante la plus connue pour traiter les brûlures
ou les coups de soleil. Elle est apaisante et réparatrice ;
- de l’aromathérapie : appliquer un mélange d’huiles
essentielles de niaouli et lavande, éventuellement
associé à de l’huile végétale de millepertuis ou de rose
musquée.
Il existe plusieurs spécialités associant ces différents
remèdes naturels. Je citerai en particulier le Quantaderm
(PhytoQuant) et le Protectoderm (Lescuyer) qui
ont chacun leurs spécificités.
On appliquera ces produits en rentrant de la séance
de radiothérapie puis à nouveau au coucher afin de
bien nourrir la peau. Les week-ends, puisqu’il n’y a pas
de séances de rayons, on pourra les appliquer 3 fois
par jour.
À la fin du protocole de radiothérapie, on pourra
continuer ces mêmes produits pendant 1 ou 2 mois ou
tout au moins jusqu’à récupération d’une peau souple
et saine. Mais après la fin du traitement, on peut également
utiliser des spécialités à base de silice, qui
sont particulièrement nourrissantes pour la peau et
agissent spécifiquement sur sa souplesse (mais pas sur
la brûlure !). On utilisera en particulier le Doucéliantis
(CRP) ou encore Ergysil gel (Nutergia).
Bien d’autres soins de support peuvent être proposés
aux patients en fonction de la zone irradiée et des
symptômes décrits. Un certain nombre de ces solutions
sont décrites dans notre livre, mais il est souvent
indispensable de consulter un médecin formé à ces
approches pour les utiliser.
Je crois que ce dossier vous apportera des réponses
sur les pathologies de la prostate et de nombreuses
pistes pour leur prévention.
Nous savons agir sur le fonctionnement de la prostate,
même si l’efficacité des traitements est parfois partielle.
Il est dommage qu’on n’enseigne pas plus ces
démarches en faculté de médecine, car elles sont très
utiles au quotidien pour soulager nos patients.
Naturellement vôtre !
Dr Éric MÉNAT

 

 


LES DOSSIERS DU DR MÉNAT
N°13 - MAI 2018



06/06/2018
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