LOCTOPUSVOITOU

Macronerie : Truks en Vrak

 

 Truks en Vrak

 


" Il revient au lecteur de profiter de la multiplicité des sources pour confronter les faits et se forger sa propre opinion. "

" Car enfin le trait le plus visible dans l'homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres,
et de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Autant dire que les pires gouverneront. "
- Alain, né Émile-Auguste Chartier -






« (Macron) est un gredin, un voleur, un criminel ! »
Etienne Chouard - Les Incorrectibles

dimanche 30 décembre 2018

 
 
⛽ Le Professeur de droit et d'économie, blogueur et militant politique, Etienne Chouard était l'invité d'Eric Morillot dans #LesIncorrectibles sur Sud Radio. � Figure emblématique du mouvement des #GiletsJaunes, il a échangé avec nous, sans langue de bois, sur le mouvement, sur le RIC, la manipulation des médias et bien d'autres sujets polémiques.

https://www.youtube.com/watch?v=xQlwTlau0Hw

 

MACRON : LA STRATÉGIE DU CHAOS ?

 

Bonjour Tristesse #87 : Deux poids Zéro mesure
 

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VIOLENCES : LUC FERRY ET LA MACRONIE JETTENT DE L'HUILE SUR LE FEU

JEAN-LUC MÉLENCHON
mardi 8 janvier 2019

https://www.youtube.com/watch?v=00JKfNG6w5A

 
Réaction de Jean-Luc Mélenchon après les propos scandaleux de l'ancien ministre de l'éducation Luc Ferry qui a déclaré que les policiers devraient « se [servir] de leurs armes une bonne fois » et a ensuite ajouté « on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies, il faut dire les choses comme elles sont ». Le président du groupe « La France insoumise » à l'Assemblée nationale a dénoncé ces propos et ceux du gouvernement qui jettent de l'huile sur le feu. Il a appelé à continuer et à élargir les mobilisations en aidant les gilets jaunes pour faire baisser les tensions. Il a également renouvelé sa proposition que des casques blancs participent à ces mobilisations pour diminuer ces tensions.

COMMENT MACRON VA NOUS POURRIR L'ANNÉE 2019
 
 

 

Bonjour Tristesse #86 : Gilets Jaunes, on fait le bilan pas calmement.

 
vendredi 21 décembre 2018
 
 
J'espère que ce n'est pas ma dernière vidéo sur les Gilets Jaunes, à samedi.

https://www.youtube.com/watch?v=HFKStHNL3rQ

 

jeudi 20 décembre 2017

LES RICHES FONT LA FÊTE À MACRON !
https://www.youtube.com/watch?v=kRU_XP1o1Vk

Amis riches, chantons ensemble la gloire d'EMMANUEL qui a tant fait pour nous...

PAROLES

C’est la belle année d’Emmanuel

Nous les plus riches on est contents
Et les yeux levé vers le ciel
Remercions le gouvernement
Avant de partir en croisière
Faisons une dernière prière

Petit Emmanuel
Tu es descendu du ciel
Avec ton projet financier
J’oublierai pas tes grands souliers

Mais avant de partir
Il faudra bien te couvrir
Dehors il y a la France d’en bas
Tous ces gueux ne voudront plus de toi

Il me tarde tant que ce jour vienne
Quand le facteur va m’apporter
L’avis d’imposition que je vois en baisse
Et que je t’ai commandée

Petit Emmanuel
Tu es descendu du ciel
Avec ton projet financier
J’oublierai pas tes grands souliers

Les grèves, les manifs sont passées
Les gueux retournent à leurs boulots
Toi tu as déjà commencé
A flinguer leurs acquis sociaux
Aux patrons des grandes entreprises
Tu réserves bien des surprises

Et quand on sera sur nos nouveaux yachts
Entièrement défiscalisés
On chantera ta gloire d’une voix très haute
Pour ce que tu nous as octroyé

Petit Emmanuel
Tu es descendu du ciel
Avec ton projet financier
J’oublierai pas tes grands souliers
Petit Emmanueeeeeeeel
(là tu peux gueuler comme un dératé, c'est marrant)

©Je


 

SI MACRON VOUS A CONVAINCU, REGARDEZ CA - YouTube

Ajoutée le 12 déc. 2018

[ CE QUE MACRON N'A PAS DIT ] Si Macron vous a convaincu, regardez ça. SMIC, retraités, heures sup' ? Les Gilets Jaunes ont-ils été entendus ?
https://www.youtube.com/watch?v=FYJ3NUWoOvE
 
 


Discours de Macron. On sort les violons et verse une petite larme.. - YouTube

mardi 11 décembre 2018

En y rajoutant une musique, son discours prend une sacrée dimension !! ��� L'oscar de la meilleur interprétation mélodramatique est remis à: Emmanuel Macron !! Pour son rôle principal dans "Le discours" � c'est beau .. frissons et larme à l'oeil garanties .. �� Macron. Discours du 10/12/2018

https://www.youtube.com/watch?v=OuZQVDhrJNI

 
 

 

 

 

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Bonjour Tristesse #85 : Les Gilets jaunes contre Etat

 
Bonjour Tristesse | 7 décembre 2018

 
 
Le français qui marche sur deux pattes c'est peut être pas la Révolution mais on m'enlèvera pas que c'est l'évolution.
https://www.youtube.com/watch?v=5sVzJujmzH0

 

GILETS JAUNES : LE FAUX RECUL DE MACRON

Osons Causer | 4 décembre 2018

 
 
Gilets jaunes : le recul de Macron annoncé par Philippe est une mascarade, une arnaque grossière. Face au peuple des gilets jaunes, quelle réponse ? Le foutage de gueule. Y’a pas d’autre mot. Macron s’est caché derrière Édouard Philippe pour annoncer à la télé… une PAUSE des nouvelles taxes. Pas une baisse de celles qui existent. Pas une annulation des nouvelles. Non, juste une PAUSE de quelques mois, le temps que ça se calme ! Et pas d’augmentation du SMIC, pas de retour de l’ISF, rien sur l’évasion fiscale. Bref, rien sur rien. Macron joue la montre avec ses “pauses” pour gagner du temps. Il espère que le mouvement se divise et s’essouffle. Ne nous laissons pas arnaquer ! Faisons savoir à tous que Macron n’a rien lâché et qu’on est pas dupe de cette mascarade. Macron, allons le chercher !
https://www.youtube.com/watch?v=zmfOeATX4fY



GILETS JAUNES : LA VÉRITÉ SUR LES CASSEURS

Le Fil d'Actu - Officiel | 29 novembre 2018

https://www.youtube.com/watch?v=iP9SFRcEYDE

Monique Pinçon-Charlot :
"La fraude fiscale est une arme pour asservir le peuple"


15 octobre 2018

Monique Pinçon-Charlot est sociologue, ex-directrice de recherche au CNRS. Depuis 30 ans, avec son mari Michel, elle étudie les français les plus aisés. Ouvrage après ouvrage, elle dresse un portrait au vitriol de cette "oligarchie hautement prédatrice". Dans son dernier livre, "Les riches au tribunal" (Éd. Seuil Delcourt), elle revient sur l’affaire Cahuzac, ex-ministre du Budget condamné pour fraude fiscale.

https://www.france24.com/fr/20181015-invite-jour-monique-pincon-charlot-evasion-fraude-fiscale-riches-tribunal-cahuzac



 

 

il est urgemment nécessaire de réformer le mode de scrutin de nos différentes élections...
https://mieuxvoter.fr/
Le jugement majoritaire est un mode de scrutin inventé par deux chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Michel Balinski et Rida Laraki. Il repose sur une théorie mathématique publiée dans un livre paru chez MIT Press en 2011.

C'est un système du type vote par valeurs qui se distingue par l'utilisation d'appréciations verbales plutôt que numériques, et la détermination du gagnant par la médiane plutôt que la moyenne.

Avec le jugement majoritaire, les électeurs ne sont plus appelés à choisir ou classer un candidat mais à les juger chacun indépendamment.

L'électeur attribue à chaque candidat une mention verbale parmi une échelle commune à tous, du type:
    Très bien  -  Bien  -  Assez bien  -  Passable  -  Insuffisant  -  A rejeter

    Un électeur peut donner la même mention à plusieurs candidats
    Aucune mention n'est obligatoire; les candidats non évalués reçoivent la mention "A rejeter"

Au décompte, on totalise pour chaque candidat les appréciations reçues et on présente la part que chaque appréciation représente dans les votes exprimés. C'est son « profil de mérite »:

Cela se présente graphiquement sous la forme d'un histogramme cumulé dont le total correspond à 100 % des voix exprimées :

Pour chaque candidat, on détermine la mention médiane, qu'on appelle « mention majoritaire ».
Ce mode de sélection signifie en effet que la majorité des électeurs (plus de 50 %) jugent qu'il mérite au moins cette mention, et la majorité jugent qu'il mérite cette mention ou moins :

Dans l'exemple, la mention majoritaire des candidat A et B est « Assez bien » car dans les deux cas plus de 50 % des électeurs jugent qu'il mérite « Assez bien » ou mieux.
Le candidat élu est celui qui obtient la meilleure « mention majoritaire ».

source -> https://fr.wikipedia.org/wiki/Jugement_majoritaire


la méthode du jugement majoritaire... voir la vidéo explicative :
Réformons l'élection présidentielle !David Louapre | Science étonnante #35 | YouTube.com | 21 octobre 2016..
et/ou lire l'article
Réformons l’élection présidentielle !  — David Louapre | Sciencetonnante.wordpress.com | 21 octobre 2016

voir aussi


14 novembre 2018

A l’ère numérique, nos démocraties doivent évoluer pour ne pas mourir

Mathématicien

Face aux techniques nouvelles d’influence des électeurs – astroturfing, fake news, microtargeting… – , le mode de scrutin uninominal direct de l’élection présidentielle française s’avère désormais un véritable point faible de notre démocratie. Pour se prémunir de ces nouveaux dangers, il nous faut promouvoir le jugement majoritaire, qui permet de réellement prendre en compte les opinions des électeurs sur chacun des candidats.

Les technologies de l’information et de la communication ont provoqué un changement de régime dans les processus de formation de l’opinion publique. En ajoutant une surcouche de recommandation à notre espace informationnel, en permettant de démultiplier artificiellement une présence en ligne via des bots (robots informatiques) ou en offrant aux internautes des jugements et des actions dont la facilité d’intégration ou de mise en œuvre sont proportionnelles à leur standardisation et leur viralité (rating, likes, émoticônes, etc.), ces technologies ont changé la nature même des processus qui régulent le débat public. Des résultats théoriques étayés par des expériences récentes sur les dynamiques culturelles, ainsi que des observations de terrain, démontrent que ces changements ont pour conséquences d’accentuer la polarisation de l’opinion publique et de rendre son évolution plus imprévisible, tout en la rendant plus manipulable par qui sait exploiter ce nouveau contexte.

Ainsi, les technologies du marketing Internet, utilisées depuis quelques années pour nous vendre plus de chaussures, plus de soda et plus de smartphones, sont aujourd’hui utilisées pour modifier le comportement des électeurs : remodelage de notre espace informationnel, publicités personnalisées à partir de nos profils sur les réseaux sociaux (microtargeting), analyse des tendances, des influenceurs, de la viralité des contenus, des mécanismes de recommandation, utilisation de bots, astroturfing, etc.

Dans notre article « Fake news : l’arbre qui cache la forêt », nous avons précisé les enjeux de ces nouvelles techniques de manipulation d’opinion politique opérant sur le Web. Elles sont utilisées depuis quelques années de manière endogènes, par certains acteurs d’un pays, mais également de manière exogène, pour influencer les processus démocratiques d’un pays étranger via la diffusion de fausses informations, des pratiques d’astroturfing ou l’achat de campagnes publicitaires personnalisées.

Nous avons montré en quoi ces techniques de manipulations étaient intrinsèquement liées aux fondements des sociétés néolibérales. L’idéologie de la sélection darwinienne des meilleures entreprises par le principe de libre concurrence a induit une lutte entre entreprises pour l’accaparement de l’attention et des désirs des citoyens-consommateurs via la mise en place de dispositifs de mesure et d’influence des désirs collectifs à grande échelle. Ces dispositifs, qu’ils soient des plateformes de réseaux sociaux, des messageries gratuites et performantes ou des canaux de communication, constituent aujourd’hui les environnements numériques au contact desquels les citoyens-consommateurs passent une part très significative de leur temps. Récupérés par ceux qui souhaitent exercer une influence politique, ces dispositifs constituent un moyen privilégié pour des opérations de manipulation d’opinion à grande échelle, dont plusieurs études ont identifié des cas de mise en œuvre inter-étatique. Ainsi par exemple, dans le cadre du projet CNRS Politoscope, pendant la campagne présidentielle de 2017, nous avons détecté une opération massive de manipulation de l’opinion publique française de la part d’acteurs se présentant comme pro-Trump et membres de l’alt-right américaine. Leur but affiché était de faire élire Le Pen au second tour.

Des effets déjà perceptibles sur le débat politique français

Il est très difficile de déterminer avec certitude les acteurs à l’origine des opérations de manipulation d’opinion. Par exemple, ceux qui se déclarent membres de l’alt-right américaine peuvent très bien s’avérer être des ressortissants étrangers aux USA. Au-delà du « qui », un point important est le repositionnement des objectifs de ces entreprises de manipulation d’opinion au cours de ces dernières décennies. Comme le souligne à propos de la Russie un rapport conjoint du CAPS et de l’IRSEM [1], il y a eu une forme de renonciation idéologique au profit d’actions visant à affaiblir les démocraties en exacerbant les divisions.

Force est de constater que cette stratégie est redoutablement efficace : les États-Unis sont dans un état de sidération perpétuelle devant les actions irrationnelles et extrêmes d’un président qui n’a jamais autant divisé le peuple américain, les anglais ne savent plus quoi penser du Brexit après une campagne très virulente qui a opposé deux blocs aux vues incompatibles, le plus grand pays d’Amérique Latine, le Brésil, vient de basculer à l’extrême droite après une campagne massive d’influence sur les réseaux sociaux, et on ne compte plus le nombre de pays européens où des partis constituant une menace pour la démocratie font une percée significative malgré le rejet radical qu’ils suscitent au sein d’une part importante de la population, si ce n’est sa majorité.

En France, lors de la présidentielle de 2017, chaque parti comptait sur la constitution d’un front républicain pour garantir, comme en 2002, la victoire du candidat qui ferait face à Marine Le Pen au second tour. Cet espoir se reflétait dans les stratégies électorales, Marine Le Pen étant à la fois la candidate la plus assurée de passer le premier tour, et la moins concernée par les attaques de ses opposants. Quoi de plus efficace alors pour changer le résultat du second tour que de rendre le vote pour Macron inenvisageable pour les fillionnistes et les mélenchonnistes ? C’est ce qu’a tenté de faire une opération de manipulation d’envergure en provenance de l’étranger. Bien qu’il soit difficile d’évaluer avec exactitude l’influence de telles opérations, on peut relever un certain nombre d’anomalies qui pourraient en être une conséquence logique : le second tour a été marqué par une abstention record qui a touché plus d’un électeur sur quatre ainsi qu’un nombre de votes blancs ou nuls correspondant à 11,47 % des votants, du jamais vu depuis le début de la Vème République ; Jean-Luc Mélenchon a refusé d’appeler à la constitution d’un front républicain  – contrairement à ce qu’il avait fait en 2002 –, une partie des ténors de Les Républicains ne s’est pas clairement positionnée et Marine Le Pen a presque doublé le score de son père de 2002 (33,9 % contre 17,79 % pour son père) en dépit d’un débat de second tour calamiteux.

Si l’’attentat des Champs-Élysées en plein débat du 1ertour avait été ravageur au point de monopoliser l’actualité des derniers jours de la campagne et de donner plus d’assurance à Marine Le Pen lors du débat télévisé de second tour, l’issue de ce scrutin aurait pu être toute autre.

Pour atténuer les effets de cette nouvelle donne informationnelle, le rapport conjoint du CAPS et de l’IRSEM propose en conclusion une cinquantaine de mesures. Bien que toutes très pertinentes, il en oublie néanmoins une dont l’évidence serait manifeste si nous pouvions nous débarrasser d’une idée reçue qui bride les innovations démocratiques depuis des décennies.

Nos systèmes de vote, talon d’Achille de nos démocraties

Notre système de vote actuel, le scrutin uninominal à deux tours (une seule voix attribuée à un seul candidat), tout comme les autres systèmes de vote pratiqués dans les démocraties occidentales, souffre d’une pathologie connue depuis des siècles. Le paradoxe de Condorcet, énoncé en 1785 et généralisé en 1951 par le prix Nobel d’Économie Kenneth Arrow sous forme d’un théorème d’impossibilité. Ce théorème démontre qu’il n’existe pas de processus de choix social indiscutable, qui permette d’ordonner un ensemble de candidats de manière cohérente pour une collectivité à partir de l’agrégation des préférences de ses membres. Affirmé par une telle autorité, il est compréhensible que nous nous soyons résignés à accepter les défauts de notre système de vote actuel : caractère inéluctable du vote « utile » ou « stratégique » – qui nous empêche d’exprimer pleinement nos préférences –, sensibilité à l’introduction de candidats minoritaires – qui par l’effet de la division du nombre de voix peut radicalement changer l’issue d’un scrutin.

Le problème auquel sont confrontées les démocraties contemporaines est que ces défauts des modes de scrutin sont précisément ceux qui sont décuplés par les opérations de manipulation d’opinion visant à créer de la division (multiplication des courants politiques) et de la polarisation (accroissement de l’incompatibilité et des conflits entre courants politiques).

Plus de divisions signifie une multiplication des candidats et l’échec de potentielles alliances, qui font que, mécaniquement, le pourcentage de voix à atteindre pour être au second tour s’en trouve diminué. Les chances d’une qualification d’un candidat aux positions extrêmes, bien que largement minoritaire, s’en trouvent augmentées d’autant. Cela signifie aussi une équation plus compliquée dans les anticipations croisées qui précèdent un vote « utile »[2]. Lorsque les haines entre camps politiques sont exacerbées, la tentation de « voter utile » s’en trouve accentuée. Le vote utile dépend d’une appréciation relative des qualités des candidats. Il consiste à voter non pas pour le candidat qui a notre préférence, mais pour le « candidat utile » qui nous permettra d’éviter le pire. Or en manipulant notre perception du pire, on change le nom et la couleur politique du « candidat utile ». L’extrême polarisation retient également une partie des électeurs d’aller voter lors des seconds tours, le choix entre deux candidats devenus des repoussoirs absolus étant impossible. Cela augmente d’autant le taux d’abstention.

Tous ces phénomènes ont profondément marqué la présidentielle de 2017 et peuvent expliquer le score très important de Marine Le Pen au second tour alors même qu’elle était identifiée en 2014 comme la personnalité politique la plus rejetée des Français.

Ainsi, l’effet direct des nouvelles stratégies de manipulation des espaces numériques est de rendre instable notre système de vote en exploitant ses vulnérabilités et en accentuant ses défauts, augmentant ainsi les probabilités de l’accession au pouvoir de candidats constituant un danger pour la démocratie. Et lorsqu’un événement devient probable sur le court terme, il devient par là même certain sur le long terme. C’est mathématique. Heureusement, les mathématiques nous ont également apporté des solutions de choix collectif alternatives qui contournent le théorème d’impossibilité d’Arrow en s’appuyant tout simplement sur d’autres principes de qualification et d’ordonnancement des candidats. Proposé par deux chercheurs du CNRS, Michel Balinski et Rida Laraki, la méthode du jugement majoritaire est, c’est prouvé mathématiquement, non soumise au paradoxe d’Arrow, immune au vote utile (le vote ne se fait qu’en un tour et on peut s’exprimer sur tous les candidats), insensible à l’introduction de candidats minoritaires, et beaucoup plus difficilement manipulable que le scrutin actuel.

Son principe est simple et permet à chacun de mieux s’exprimer [3] : chaque votant donne une « mention » à chacun des candidats : « à rejeter », « insuffisant », « passable », « assez bien », « très bien » ou « excellent ». Une fois les votes exprimés, pour attribuer une « mention » collective à un candidat, il suffit de prendre toutes ses mentions individuelles triées par ordre croissant d’appréciation et de lui attribuer la mention médiane : celle qui est au milieu du paquet, telle qu’au moins la moitié des mentions individuelles correspondent à une appréciation égale ou supérieure. Ainsi, si un candidat se voit attribuer la mention « bien », cela signifie qu’au moins la moitié des votants sont d’accord avec le fait qu’elle ou il serait « bien » pour la fonction envisagée. On démontre ainsi que l’on peut classer tous les candidats sans incohérence.

Ce système de vote a de nombreuses qualités, dont on retrouvera les détails sur des sites spécialisés tels que le site du collectif Mieux Voter. Il y est également possible d’expérimenter gratuitement ce mode de scrutin pour tout type de décision.

Nous insisterons ici sur une qualité qui nous paraît fondamentale. La démocratie repose sur des principes généraux acceptés par tous, le premier étant probablement que les décisions de la majorité sont mises en pratique et s’appliquent à tous. En toute logique, cela devrait impliquer que les décisions qui seraient rejetées par une majorité ne soient jamais mises en pratique et ne s’appliquent à personne. Cette propriété, que nous pouvons qualifier de «principe de majorité négative », n’est vérifiée par aucun système de vote actuellement en vigueur. Cette faille est exploitée par les nouvelles stratégies de manipulation d’opinion qui, en accentuant la polarisation et la division, renforcent l’abstention et font gagner des voix à certaines personnalités politiques au prix d’un regain d’hostilité entres les partisans de courants politiques concurrents. Elles augmentent ainsi très significativement la probabilité d’une élection violant le principe de majorité négative.

Rappelons qu’au Brésil, qui a recours au même mode de scrutin qu’en France, 44 % des Brésiliens indiquaient qu’en aucun cas ils ne pourraient voter pour Bolsonaro. Il a néanmoins été élu au second tour par un ensemble d’électeurs représentant moins de 40 % des personnes inscrites sur les listes électorales, alors même qu’il faisait l’apologie de la dictature, de la torture et promettait à ses rivaux politiques « gauchistes » le choix entre la prison et l’expatriation.

Ainsi, avec les modes de scrutin utilisés actuellement en France, notamment pour la présidentielle, il est possible, et même probable, qu’un candidat rejeté par une majorité de votants, soit en tête du premier tour du fait de la division des voix, et en tête du second tour du fait de la polarisation et de l’abstention.

Le jugement majoritaire, parce qu’il permet de s’exprimer sur tous les candidats et prend en compte tous les jugements est le seul qui respecte à la fois le principe de majorité et le principe de majorité négative. Un candidat, quelle que soit le type d’élection, qui recueillerait une majorité de mentions « à rejeter » aurait celle-ci pour mention majoritaire et ne pourrait donc pas être élu, quand bien même il aurait la plus forte proportion de mentions « excellent ». Il passerait en effet derrière tout candidat qui aurait peut-être moins de mentions « excellent », mais un profil plus équilibré avec au moins la moitié de mentions supérieures à « à rejeter ».  L’existence de cette mention a de plus toutes les chances de réduire le nombre de votes blancs ou la contestation par l’abstention, puisqu’il est tout à fait possible de rejeter tous les candidats pour indiquer un désaccord avec les choix proposés. Et dans le cas de figure où tous les candidats auraient comme mention majoritaire « à rejeter », le principe de majorité négative préconise d’organiser une nouvelle élection avec de nouveaux candidats.

Remplacer une moyenne par une médiane, cela peut paraître simple, mais il fallait y penser. Espérons qu’on pourra en dire autant lorsque nous aurons changé notre manière d’élire nos représentants dans les différentes instances démocratiques, car à utiliser un carré pour roue, le carrosse finit toujours par casser.


[1]    J.-B. Jeangène Vilmer, A. Escorcia, M. Guillaume, J. Herrera, Les Manipulations de l’information : un défi pour nos démocraties, rapport du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) du ministère des Armées, Paris, août 2018.

[2]  Voir Chavalarias, D., 2017. Vote utile ou “concours de beauté” ? Le Monde, Supplément Éco et Entreprise p.6, ainsi que notre article sur le site du Politoscope 

[3]  Cette méthode est détaillée sur le site de l’association Mieux Voter, http://mieuxvoter.fr

David Chavalarias

Mathématicien, Directeur de Recherche CNRS au Centre d’Analyse et de Mathématique Sociales de l’EHESS

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Le mouvement a envoyé aux médias et aux députés un communiqué comprenant une quarantaine de revendications, jeudi.

https://mobile.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/zero-sdf-retraites-superieures-a-1-200-euros-salaire-maximum-a-15-000-euros-decouvrez-la-longue-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes_3077265.amp

Les revendications des "gilets jaunes" dépassent désormais officiellement la seule question des prix du carburant. Dans un long communiqué envoyé aux médias et aux députés, jeudi 29 novembre, la délégation du mouvement liste une série de revendications qu'il souhaite voir appliquées.

"Députés de France, nous vous faisons part des directives du peuple pour que vous les transposiez en loi (...). Obéissez à la volonté du peuple. Faites appliquer ces directives", écrivent les "gilets jaunes". Des porte-parole de la délégation doivent être reçus, vendredi à 14 heures, par le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

Augmentation du smic à 1 300 euros net, retour à la retraite à 60 ans ou abandon du prélèvement à la source... La liste comprend de nombreuses mesures sociales, mais également des mesures concernant les transports, comme la fin de la hausse des taxes sur le carburant et la mise en place d'une taxe sur le fuel maritime et le kérosène. Voici cette liste non exhaustive de revendications : 

 Zéro SDF : URGENT.

 Davantage de progressivité dans l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire davantage de tranches.

• Smic à 1 300 euros net.

• Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce et davantage de parkings gratuits dans les centres-villes.

• Grand plan d'isolation des logements pour faire de l'écologie en faisant faire des économies aux ménages.

• Impôts : que les GROS (MacDo, Google, Amazon, Carrefour...) payent GROS et que les petits (artisans, TPE, PME) payent petit.

• Même système de Sécurité sociale pour tous (y compris artisans et auto-entrepreneurs). Fin du RSI.

• Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. Pas de retraite à points.

• Fin de la hausse des taxes sur le carburant.

• Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.

• Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit aux tickets-restaurant et aux chèques-vacances.

• Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l'inflation.

• Protéger l'industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie, c'est protéger notre savoir-faire et nos emplois.

• Fin du travail détaché. Il est anormal qu'une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des mêmes droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu'un employeur français.

• Pour la sécurité de l'emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.

• Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d'une industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)

• Fin de la politique d'austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l'argent des pauvres et des moins pauvres, mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.

• Que les causes des migrations forcées soient traitées.

• Que les demandeurs d'asile soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l'alimentation ainsi que l'éducation pour les mineurs. Travaillez avec l'ONU pour que des camps d'accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l'attente du résultat de la demande d'asile.

• Que les déboutés du droit d'asile soient reconduits dans leur pays d'origine.

• Qu'une réelle politique d'intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d'histoire de France et cours d'éducation civique avec une certification à la fin du parcours).

• Salaire maximum fixé à 15 000 euros.

• Que des emplois soient créés pour les chômeurs.

• Augmentation des allocations handicapés.

• Limitation des loyers. Davantage de logements à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).

• Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…)

• Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.

• L'intégralité de l'argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l'entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu'à la sécurité routière.

• Le prix du gaz et de l’électricité ayant augmenté depuis qu'il y a eu privatisation, nous voulons qu'ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente.

• Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.

• Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l'argent sur les personnes âgées. L'or gris, c'est fini. L'ère du bien-être gris commence.

• Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la terminale.

• Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.

• Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d'un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l'Assemblée nationale qui aura l'obligation, (un an jour pour jour après l'obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l'intégralité des Français.

• Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la République. L’élection des députés deux ans après l'élection du président de la République permettait d'envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participerait donc à faire entendre la voix du peuple.

• Retraite à 60 ans et, pour toutes les personnes ayant travaillé dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple), droit à la retraite à 55 ans.

• Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides Pajemploi jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.

• Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.

• Pas de prélèvement à la source.

• Fin des indemnités présidentielles à vie.

• Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

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13/01/2019
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