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Manipulations de l’Andra, et d’EDF...

           Manipulations de l’Andra, et d’EDF...

 

Tentative de synthèse de la thèse de doctorat de Leny Patinaux.
Leny Patinaux est historien des sciences. De 2012 à 2015, il est salarié de l’Andra pour écrire sa
thèse. Parmi les membres du jury de thèse figurera un membre de la direction de la recherche et du
développement de l’Andra, ce qui confère à son travail une forme de reconnaissance officielle.
(http://www.lemonde.fr/accesrestreint/
planete/article/2018/02/07/f97f241ce950ec86f9894f97f9ea5333_5252802_3244.html )


L’Andra lui donne accès à ses archives. Il est autorisé à assister à la plupart des réunions.
La thèse fait 470 pages ; Tout le monde ne la lira pas. Cette thèse, parue en décembre 2017,
semble importante, car elle concrétise, quasiment officiellement, ce que les opposants dénoncent
depuis des années.


Des petits résumés paragraphe par paragraphe, pour que le lecteur puisse facilement vérifier
les résumés.Parfois des vérifications s’imposeront tellement ce qui est écrit est
surprenant.


Par exemple :
« Le président de la CNE, Bernard Tissot adresse ainsi cette remarque aux salarié.es de l’Andra à
propos de ce qui vient de lui être présenté :« J'ai vu beaucoup de diagrammes représentant la
période 10 000 ans - un million d'années. Vous savez tous, comme moi, que ce que
nous recherchons avant tout, c'est l'acceptation sociale. »
Autre exemple :
« Ces documents (calculs) faisant état des incertitudes de l'Andra, il est pointé qu'ils pourraient
être « mal interprétés » et que, dans les mains d'un contre-expert comme Bertrand
Thuillier, ils pourraient avoir un effet dévastateur. »


Autre exemple :
« Reconnaître la faisabilité d'un stockage sans en autoriser le creusement permet aux
parlementaires de reporter la décision d'implanter un stockage tout en permettant à l'Andra de
poursuivre son implantation à Bure où l'économie locale devient peu à peu dépendante des
subsides accordés en accompagnement de la présence de l'Agence. »


Comment lire ?
Les essais de résumés du texte de M. Patinaux sont en écriture normale. Parfois avec des mots ou
des phrases surlignées ou écrit plus grand quand on pense que c’est important.
Parfois on note : « perso » entre parenthèse, pour bien faire la différence entre le résumé du texte de
M. Patinaux et ce qu' on pense.
En italique et souvent encadré : des copiés-collés du texte originel de M Patinaux.
On commence au chapitre V, car on n'a pas pris de note avant ce chapitre. Mais il y a dans les
chapitres précédents plein d’informations à lire. (Entre autre, les difficultés à creuser les alvéoles,
les recherches dans le granite, etc.)


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Tentative de synthèse de la thèse de doctorat de Leny Patinaux:
La thèse est téléchargeable ici :
http://www.villesurterre.eu/images/stories/Patinaux-These-Rene-Original-min.pdf


Enfouir des déchets nucléaires dans un monde conflictuel.
Une histoire de la démonstration de sûreté de projets de
stockage géologique, en France (1982-2013)
Thèse dirigée par : Dominique Pestre
Soutenance du 11 décembre 2017
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CHAPITRE 5. LE DOSSIER 2005, UN RAPPORT
MASSIF AUX CONCLUSIONS MODESTES POUR UNE
POLITIQUE MESURÉE
1991 : Loi Bataille qui prévoit une demande de stockage profond dès 2007.
1998 : abandon des recherches d’enfouissement dans le granite de la Vienne.
2000 : abandon de la Mission Granite.
Suite à ces abandons, il y a concentration des efforts vers le sol argileux de Bure et création du
laboratoire à Bure.
L’Andra se concentre sur l’écriture d’un dossier de faisabilité robuste qui sera présenté en 2005.
Depuis la loi Bataille la réversibilité du stockage, possibilité de retirer les déchets, est imposée.
Dés 1991 la récupérabilité des colis est un enjeu de sécurité à l’intérieur de l’Andra car certains
chercheurs sont « favorables », d’autres « contre ».
Le dossier 2005 d’études présenté par l’Andra, a été évalué avec satisfaction par plusieurs
organismes : CNE, le Conseil Scientifique de l’Andra, AEN de l’OCDE.
(Perso : la plupart de ces organismes sont créés spécialement pour favoriser l’enfouissement
profond, sans autre choix !)
Depuis 1991, le traitement des déchets nucléaires par enfouissement est la
solution mise en avant et quasiment la seule retenue. (page 245)
En 2001, l'Andra a déjà publié un rapport destiné à tester la méthode employée pour démontrer la
faisabilité d'un stockage dans l'argile. Le dossier 2005 doit renforcer cette conclusion.
L’Andra ne peut pas certifier la sécurité du site, et le calcul d’impact radiologique sur un million
d’année n’est plus envisagé. Mais l’Andra doit travailler à accumuler des faisceaux de faisabilités
avec « mesure et humilité ».
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(Perso : nous voyons la préparation d’un travail manipulatoire en au moins 2 étapes : 2001 : un
rapport léger qui donne les lignes générales, puis 2005, un dossier qui se voudra plus scientifique,
plus fourni, donc théoriquement plus sérieux, surtout s’il renforce les idées de 2001.)
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I. PRÉPARER L'ÉCHÉANCE DE 2005 DÈS LE DÉBUT DES
ANNÉES 2000
I.1. UN CONTRAT POUR STRUCTURER LA RECHERCHE
Dès 1999 l’Andra doit prêter une grande attention aux sciences et techniques employées, mais aussi
« assurer un dialogue de qualité avec les élus, les associations et les populations
concernées ».
(Perso : bonne relation : est-ce ainsi que s’appellent les aides financières ?)
En 2000 : nouveau directeur général : François Jacq, ingénieur des Mines et docteur en
sociologie.
En 2001 l’Andra signe un contrat avec l’état, stipulant, en autre, que le stockage est l’objectif
prioritaire de l’Andra, avec pour but l’écriture du dossier 2005 montrant la faisabilité du
stockage.
En fait l’Andra ne doit pas faire directement les recherches mais constituer un réseau de
groupements de laboratoires qui font les recherches. L’Andra doit également développer les
publications scientifiques.
(Perso : ici nous voyons 2 arguments importants de l’Andra : l’Andra est affilié à plusieurs
laboratoires donc aura de la crédibilité ; et publiera beaucoup donc donnera l’apparence d’une
grande connaissance scientifique.
Mais ce labos sont-ils réellement indépendants ? Car la plupart dépendent financièrement de
l’Andra. Publier sur l’argile, l’hydrologie, etc., ne veut pas dire répondre aux questions spécifiques
de sécurité radiologique et nucléaire.)
I.2. LE DOSSIER 2001, UN DOSSIER TEST
Le Dossier 2001, premier dossier, est conçu comme un dossier test de préparation pour le dossier
2005.
Dossier 2001 = 2 dossiers ; 1 dossier de synthèse grand public (160 pages) et 1 dossier scientifique
de 300 pages.
Dans ce rapport 2 scénarios sont étudiés: un « normal » et un considéré comme altéré suite à des
scellements défaillants. Dans la version altérée , seule la migration d’une dizaine de radionucléides
est prise en compte, radionucléides choisis en fonction de leurs impacts sur le stockage. Mais cela
ne permet pas de donner une analyse robuste de sureté.
Dans le dossier 2001 : aucun élément rédhibitoire n’est trouvé.
Le dossier 2001 permet déjà d’être confiant dans les conclusions du dossier 2005.
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I.3. L'ÉVALUATION PAR LA CNE DES CALCULS EFFECTUÉS
En 2002 la CNE étudie le dossier 2001. Les calculs de sécurité effectués par l’Andra sont
complexes et doivent tenir compte du temps proche et du temps éloigné. Le but des calculs :
estimer les migrations de radionucléides. Se pose le problème de la complexité des éléments de
stockage et de la durée.
La CNE apporte plusieurs critiques : les éléments altérés (pénalisants) ne sont pas assez poussés.
Selon l’Andra les enveloppes des milliers de colis n’ont pas d’imperfection, pour la CNE c’est
impossible. Pour l’Andra la ressaturation en eau de l’argile se fera rapidement après la fermeture du
site, pour la CNE c’est trop optimiste. L’Andra ne prend pas en compte les modifications
géologiques dans le prochain million d’année, ni les conditions thermiques dans le stockage La
CNE critique des modèles de calculs de l’Andra.
Devant les critiques de la CNE, l’Andra a accepté d’améliorer ses outils de calculs.
(Perso : on voit comment la CNE veut faire accepter l’enfouissement profond : d’abord certaines
critiques sont faites, puis la CNE montrera que l’Andra a répondu magistralement aux attentes de la
CNE. Ainsi les députés et la population croiront à une CNE objective et impartiale)
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I.4. UNE REVUE INTERNATIONALE SUR LE DOSSIER2001
Un bilan du dossier 2001 est effectué par l’AEN (Agence de l’OCDE pour l’Energie Nucléaire).
Cette commission est formée par 8 experts internationaux. Le président Alan Hooper est conseiller
scientifique principal de Nirex, homologue britannique de l'Andra.
L’AEN souligne que l’Andra travaille avec de nombreux labos internationaux, ce qui démontre son
sérieux.
(Perso : c’est une remarque gentille de dépendance des petites structures étrangères par rapport au
gros financier qu’est l’Andra. Un esprit de recherches scientifiques « indépendant » avec des labos
dépendants de l’Andra.).
Globalement le bilan fait par l’AEN est très bon, le manque important noté par l’AEN est sur
l’hydrogène:
« Le seul manque important du Dossier 2001, identifié par l'équipe de revue, est l'absence de prise
en compte de la production d'hydrogène gazeux par la corrosion des conteneurs et de son
évacuation du stockage. Le dihydrogène est un gaz devenant explosif lorsque sa pression augmente
: son évacuation constitue donc un enjeu important pour la sûreté d'un ouvrage souterrain. »
(Perso : cette remarque est faite en 2003. Pour l’apprécier : voir la réponse faite par le directeur de
l’Andra sur l’hydrogène, lors de la commission parlementaire de mars 2018. (vidéo de 3
minutes) Grosso modo : on est au courant des risques, on a réfléchi, donc c’est bon, il n’y a plus de
problème. Sans plus d’argument technique.)
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L’AEN donne une série de recommandations à l’Andra, dont les plus importantes concernent
l’écriture du rapport trop confus, le manque d’information sur l’hydrogène et la réversibilité. A part
ces remarques l’AEN félicite l’Andra.
(Perso : le rapport de l’AEN passe de la pommade sur l’Andra, beaucoup de pommade.
Mais il est quand même souligné que l’Andra ne répond aux questions principales : clarté, gaz et
réversibilité. )
Informations sur les gaz prises sur le pdf 268 du dossier 2005 Cigéo :
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I.5. LA RÉCEPTION DES CONCLUSIONS DE LA REVUE AEN PAR LA CNE
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L’AEN (Agence de l’OCDE pour l’Energie Nucléaire) présente son travail à la CNE et au Groupe
Permanent Déchets (GP) en 2003. Il s’agit avant tout de permettre à l’Andra de présenter un
rapport 2005 impeccable. M. Patinaux re-insiste : l’AEN a pour fonction d’encourager le
nucléaire.
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I.6. NE PAS ARRIVER SUR UN CONSTAT D'ÉCHEC EN 2005
La CNE (Commission d’Evaluation Nucléaire) est là théoriquement pour évaluer le travail de
l’Andra mais, en fait, a été créée pour favoriser exclusivement l’enfouissement, et son travail
consiste à conseiller l’Andra pour que ce programme soit réalisé.
« Le président de la CNE, Bernard Tissot adresse ainsi cette remarque aux salarié.es de l’Andra à
propos de ce qui vient de lui être présenté :« J'ai vu beaucoup de diagrammes représentant la
période 10 000 ans - un million d'années. Vous savez tous, comme moi, que ce que
nous recherchons avant tout, c'est l'acceptation sociale. Croyez-vous que vous
pourrez l'obtenir en présentant de tels diagrammes, où tout se passe à l'horizon de 100 000 ans... la
distance qui nous sépare de l'homme de Neandertal. […] La question essentielle […] est celle
de l'acceptation sociale. Croyez-vous que votre travail est une contribution en ce sens ? ».
Cette mise en scène n’est là que pour faire accepter socialement le programme
d’enfouissement profond à Bure.
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CONCLUSION PARTIELLE
Page 258
Il n’y a pas de modèle de démonstration de sureté internationale fixe. L’AEN est « gentille » avec
l’Andra mais la CNE est plus critique, car la CNE veut absolument que l’Andra présente un
dossier 2005 de stockage qui soit acceptable socialement, même si c’est impossible d’être
sûr des pronostics sur d’aussi longues périodes.
II. MONTRER LA FAISABILITÉ D'UN STOCKAGE
ET CONSTRUIRE L'ADHÉSION DU PUBLIC
En 2002 les travaux de labo ont déjà du retard : fonçage des 2 puits moins rapide que prévu, de
plus en 2001 il y a eu un accident qui a arrêté le chantier 1 mois. Estimation du retard : 1 an.
Le 15 mai 2002 un autre accident : 1 mort. Donc de nouveaux retards.
Le rapport 2005 ne sera peut-être pas prêt à temps et l’ambition de demander l’autorisation de
commencer le stockage dés 2006 est poussé à plus tard.
Page 260 :
II.1. ADAPTER LE PROGRAMME EXPÉRIMENTAL AU RETARD DANS LE CREUSEMENT
DU LABORATOIRE
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Plusieurs tests de migration de radionucléides étaient prévus dans le labo avant 2005, mais
suite aux retards des travaux, cela semble impossible. En suisse, au Mont Terri, l’Andra
participe à des recherches sur une argile similaire à Bure. Pour l’Andra la transposition des
résultats de migrations réalisés sur l’argile du Mont Terri à Bure est possible et donc valide.
(Perso : je ne sais pas s’il y a eu d’autre tests sur l’argile de Bure).
Pourtant, plus tard, les analyses de structure de l’argile (EDZ) après perçage (fonçage des puits et
forages des alvéoles) montreront de nettes différences entre ces deux argiles.
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II.2. L'IMPORTANCE RELATIVE DES ESSAIS DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Devant les retards des travaux et de la réalisation du laboratoire, l’Andra commence à dire
que l’utilité du laboratoire est surévaluée. L’Andra dit que ce labo ne sert à rien, contrairement à
ce qu’elle déclarait auparavant. En fait ce laboratoire est là pour « ancré » l’Andra dans la
région.
II.3. ANTICIPER L'APRÈS 2006 SANS COURT-CIRCUITER LE DÉBAT PARLEMENTAIRE
(Perso : ANTICIPER L'APRÈS 2006 SANS donner l’apparence de COURT-CIRCUITER LE
DÉBAT PARLEMENTAIRE)
L’Andra anticipe l’après 2006, et anticipe le stockage industriel, mais il faut le faire discrètement,
pour ne pas faire voir que tout est joué d’avance.
C’est au parlement de décider du stockage ou non, décision du parlement prise avec l’aide de la
CNE, créée pour favoriser l’enfouissement profond.
Il ne faut pas montrer que ce sont les « technostructures » qui commandent. Il ne faut pas montrer
que l’enfouissement est déjà commencé (pose de bornes, étude écologique, etc.). L’ANDRA et
la CNE ont déjà tout décidé, mais ils ne doivent pas le montrer, pour laisser
l’apparence de la démocratie !
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La démocratie se fait au parlement et au sénat, c’est pourquoi la CNE est primordiale pour
conseiller adroitement les politiques. D’autre part l’Andra peut s’appuyer et faire confiance à des
politiques influents haut-marnais et meusiens. Malheureusement tout n’est pas absolument joué, et
des incertitudes demeurent, c’est pourquoi la transparence et l’ouverture de débats
n’empêche pas l’existence de secrets.
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II.4. UN APPRENTISSAGE COMMUN DE LA MANIÈRE DE DÉMONTRER LA SÛRETÉ ET
DE L'ÉVALUER
Ici l’auteur réitère et explique qu’aux yeux de l’Andra, il n’est pas possible de certifier quoi que ce
soit au fil du temps, des milliers d’années, mais que l’important est de laisser penser à une
démonstration solide et robuste.
(Perso : Écouter ce que déclare le directeur de l’Andra devant la commission de sécurité
en mars 2018.)
L’auteur explique le travail commun entre la CNE et l’Andra pour montrer que le travail est
sérieux. Ainsi la commission d’évaluation qu’est la CNE sera « agréablement
surprise » par le bon travail de l’Andra .
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L’auteur démontre la méthode de l’Andra : ne pas demander lui-même le stockage dès 2007, mais
dire que c’est possible de le faire, surtout si on continue encore les recherches.
Ainsi les gens penseront que ce projet est sérieux et sans danger.
L’Andra déclare ne pas faire de demande de stockage MAIS il faut que cela soit reconnu comme
LA SOLUTION ! L’Andra veut que ce soit les politiques qui fassent la demande.
L’Andra s’arrange pour que les 2 autres solutions pour les déchets ne le soient pas !
« Alors que l’Andra s'est implantée dans l'Est de la France comme un organisme de recherche, il
importe, au terme de la période dévolue aux recherches par la loi Bataille, que l'industrialisation
du projet de stockage puisse être engagée et que les deux autres voies de recherche
inscrites dans la loi de 1991 ne puissent plus être considérées comme
de potentielles solutions de gestion. »
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II.5. APPRÉCIER LES TERMES DU DÉBAT PUBLIC
Les scientifiques pro enfouissement regrettent que le parlement soit plus politique plus que
scientifique ! Donc avec des « résultats » incertains ….
L’Andra et la CNE « ne veulent pas » affirmer que l’enfouissement est sûr, etc. Ils donnent
l’apparence de laisser les politiques prendre leurs responsabilités.
P 269
CONCLUSION PARTIELLE
Après l'accident mortel de mai 2002, plusieurs discussions lors des auditions de la CNE portent sur
la stratégie à adopter pour appréhender l'échéance de 2005 et le débat parlementaire qui suivra.
La direction de l’Andra ne déposera pas de demande de construction d'un stockage en 2005 : elle
estime nécessaire de poursuivre les recherches à Bure durant dix ans avant de soumettre une telle
demande. Une telle proposition permet de reculer la décision sur l'implantation d'un stockage.
Elle permet aussi de laisser à plus tard le traitement des incertitudes qui existent encore dans
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différents domaines (comportement de l'EDZ, scellement des ouvrages, gestion des gaz...)
Néanmoins, il importe tout de même que la loi qui sera votée en 2006 ancre
symboliquement le projet de stockage en faisant de celui-ci la solution nationale de
référence pour la gestion des déchets nucléaires. La décision sur l'implantation de l’Andra à
Bure est ainsi fragmentée et les responsabilités partagées entre les parlementaires, l’Andra et la
CNE.
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III. LE DOSSIER 2005 : UN RAPPORT MASSIF ET MODESTE
III.1. ORGANISATION DE LA RECHERCHE À L’ANDRA
III.1.1. LE CONSEIL SCIENTIFIQUE, CONSEILLER ET GARANT
Pour l’élaboration du dossier 2005, une structure nouvelle est crée : le Conseil Scientifique de
l’Andra : 12 experts extérieurs à l’Andra, nommés par le gouvernement. Comme la CNE, ce
conseil travaille à améliorer l’expertise de l’Andra, et apporte un autre crédit scientifique. Ce
conseil travaille en étroite relation avec l’Andra.
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La CLIS (Comité Local d'Information et de Suivi) a demandé à un organisme extérieur et
réellement indépendant de l’Andra, de faire une expertise. Cet organisme est américain : Institute
for Energy and Environnemental Research (IEER). Dés le début l’Andra déclare que l’avis de cet
organisme ne sera pas un avis « autorisé », et n’aura pas d’obligation de suite.
Comme les critiques de l’IEER sont bonnes pour l’Andra MAIS avec des réserves assez fortes,
l’Andra critique ouvertement l’IEER et refuse en partie de répondre à ses questions :
« La décision du Clis de commander une évaluation ponctuelle du travail de l’Andra à un
institut connu pour sa sympathie avec les mouvements environnementalistes
n'est pas perçue comme une opportunité d'obtenir du crédit, mais au contraire comme une
tracasserie risquant de briser le consensus scientifique autour de la qualité du travail de l'Agence.
La direction de l’Andra cherche à garder une certaine maîtrise sur les évaluations de
l'Agence. Les membres de l'IEER ont été reçu.es par l’Andra à Bure mais, contrairement à ce qui
leur a été annoncé lors de leur visite, leurs questions sur certains points précis sont restées sans
réponse. »
Pour l’Andra le CLIS est sorti de ses compétences. Si les commissions extérieures ne vont pas dans
le sens de l’Andra, comme le CNE, le Conseil scientifique, etc., l’Andra ne respecte pas ses
demandes :
« L'expertise scientifique des recherches effectuées à l’Andra n'est pas dans les missions du
Clis et il est nécessaire que chaque institution reste dans le rôle qui est le sien. Si l'ouverture
et la transparence sont deux principes vertueux auxquels l’Andra souscrit, ils
n'impliquent pas que tous les sujets puissent être discutés n'importe quand
avec n'importe qui – notamment alors que l'échéance de 2005 se rapproche et que le
programme expérimental dans le laboratoire de Bure accumule du retard. »
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L’Andra refusera l’autorisation à l’IEER de faire des expériences dans SON laboratoire
(voir page 317) et cela empêchera toute contestation argumentée (page 415).
(Perso : bonjour la transparence, et le respect des interlocuteurs)
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III.1.2. UNE POLITIQUE SCIENTIFIQUE TOURNÉE VERS LE MONDE ACADÉMIQUE
Ici l’auteur précise que les ingénieurs de l’Andra ne sont pas vraiment les chercheurs, mais les
commanditaires d’études à des sous-traitants « indépendants » qui dépendent financièrement de
l’Andra. (Comme le souligne l’étude américaine IEER, vers la page 315)
Ces études ne sont pas là pour démontrer la « non dangerosité » de l’enfouissement, mais
pour montrer que l’Andra est sérieux ; avec, pour les chercheurs des primes
financières à la clé.
L’Andra publie de nombreux rapports pour augmenter sa réputation et écarter les critiques.
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En 2002, l’Andra envisage un congrès international, pour faire valider son sérieux. ….
Mais même à l’Andra des chercheurs se rendent compte que les études géologiques
poussées ne sont qu’un alibi de sérieux apparent, pour éloigner tout risque ……..politique.
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III.2. DES CONCLUSIONS MESURÉES POUR UN DOSSIER CONVAINCANT
III.2.1. L'AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE SUR LE DOSSIER 2005
Le CS (Conseil Scientifique) donne un très bon rapport sur le dossier 2005 de l’Andra . Le CS note
que l’Andra a suivi ses conseils. Le CS estime que l’Andra démontre que le stockage dans l’argile
de Bure est fiable et robuste. Il note que rien ne s’oppose à l’enfouissement. Le CS note que
l’Andra a tenu compte de la réversibilité.
P 276
III.2.2. STRUCTURE ET CONCLUSIONS DU DOSSIER 2005
Effectivement, depuis 1991, les nombreux rapports, les nombreuses expériences, analyses, etc.,
montrent que l’Andra est performant, que l’Andra a développé des stockages simples et robustes,
tout en prévoyant la réversibilité. En fin du dossier 2005 l’Andra stipule qu’il faudra peut-être faire
des analyses sur un temps plus long.
P 278 :
L’Andra démontre qu’il a bien travaillé, mais il reste des incertitudes sur la sécurité, alors il
propose d’attendre encore 10 ans pour améliorer ses expériences et constats. M. Patinaux se
demande si c’est une tactique ? Reculer pour mieux sauter, mieux faire accepter ?
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Page 279
III.2.3. CALCULS ET DONNÉES DANS LE DOSSIER 2005
La CNE se réjouis de la grande qualité du travail de l’Andra.
(Perso ; Quelle surprise !!!! Puisque depuis des années l’Andra et le CNE travaillent main dans la
main. Le CNE exigeant que l’Andra réponde à SES questions et SES demandes.)
La CNE apprécie également que c’est le directeur de l’Andra qui lui répond directement,
contrairement au précédent directeur qui était plus distant.
(Perso : Comme quoi une bonne appréciation ne vient pas que de la réponse apportée au problème,
mais « de qui » donne la réponse. Est-ce de la science ?)
Page 280
III.2.4. LA MÉTHODE COMME GARANTE DE LA CONFIANCE
P 281
Le premier tome du dossier 2005 est consacré à la sécurité, et surtout à la notion de confiance. Le
respect de normes internationales, et le travail en commun, aide à la confiance.
(Perso : pour l’harmonisation internationale : l’Andra ne respecte pas les points et techniques
internationaux. (C’est noté dans un autre chapitre de la thèse))
(Perso : Il est amusant de faire le rapprochement avec les pages 312 etc., en particulier la page 317
qui dit :
« Les membres du Clis approuvent la poursuite des expérimentations dans le laboratoire souterrain
et recommandent la « mise à disposition dans le laboratoire de niches dédiées à des
expérimentations réalisées par des organismes extérieurs, indépendants de l’Andra » . Jamais à
ma connaissance la direction de l’Andra n'a accepté une telle demande. Ce refus est révélateur
d'une part du pouvoir que confère à l’Andra l’exclusivité d’usage du laboratoire souterrain de
Bure, et d'autre part de la conscience qu'ont les experts de l'IEER, les membres du Clis et la
direction de l’Andra de l'asymétrie créée entre l'Agence et ses évaluateurs par l'exclusivité de
l'usage de cet équipement ».
Comme quoi on peut se vanter « d’harmonisation internationale », d’échanges, etc., mais refuser de
travailler réellement en commun.)
P 282
Ainsi, comme le chapitre 4 l'annonçait, le calcul d'impact radiologique ne joue plus un rôle central
dans la démonstration de faisabilité d'un stockage. …. Le Dossier 2005 n'est pas construit autour de
la production de ces calculs et ceux-ci n'occupent pas une place centrale dans ce rapport.
Contrairement à 2001, les calculs numériques n’ont plus la même importance, et la confiance ne
reposent plus sur ces calculs, surtout avec les temps très long pouvant aller jusqu’à plusieurs
millions d’année.
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P 283
Ici l’auteur explique que l’Andra a laissé tomber les calculs à long terme, mais qu’elle est fière de
ses calculs à court terme : comme un gage de la robustesse de l'analyse présentée.
L’auteur poursuit :
« Montrer la sûreté d'un projet de stockage suppose de s'en convaincre avant de
vouloir convaincre les autres. »
Ce qui est réellement différent de « être convaincu avant de vouloir convaincre les autres ».
« La démonstration de sûreté n'est plus une prédiction de l'évolution de l'ouvrage. »
Page 284
III.2.5. L'ACTION MESURÉE, UN ENGAGEMENT VERTUEUX
Lorsqu'en novembre 2000, M. de Franco, directeur de la sûreté à l’Andra, présente quelques
éléments de la démonstration de la sûreté d'un stockage aux étudiant.es de l'École Nationale du
Génie Rural des Eaux et des Forêts, il précise que pour construire la confiance, trois éléments sont
nécessaires : « faire preuve de modestie », « susciter le débat contradictoire » et « être
transparent ». L'analyse des risques est construite autour de trois arguments : « on a compris en
s'appuyant sur des connaissances scientifiques et techniques partagées (ou débattues) », « on n'a
rien oublié » et « on a prévu des parades »
A partir de ce moment M. Patinaux montre l’importance des chercheurs en sociologie,
pour montrer la robustesse du projet.
Page 286
Après avoir montré l’importance de la sociologie dans le travail de l’Andra , l’auteur écrit :
« Je commenterai peu la contribution à la sociologie de P. d'Iribarne. Comme le titre de son
rapport Les Français et les déchets nucléaires l'indique, son travail consiste à analyser ce que « les
français» pensent des déchets nucléaires. »
Ce sociologue affirme que les français craignent l’atome et les techniciens, mais paradoxalement,
font confiance aux techniciens pour gérer les déchets atomiques.
(Perso : n’y a-t-il pas manipulation ? quand on sait que le principal argument des anti-nucléaires est
justement le traitement des déchets.)
« Ainsi, il m'apparaît pertinent de souligner que les conclusions de P. d'Iribarne coïncident avec
l'action mesurée chère à M. Callon, P. Lascoumes et Y. Barthe, et avec la direction de l’Andra,
pour appréhender l'échéance redoutée de 2005. On peut noter que tous ces acteurs
travaillent ou ont travaillé à l'École des Mines de Paris. …. »
… et ont participé conjointement à plusieurs études.
L’approche conjointe de tous ces sociologues a transformé les rapports entre sciences et politiques.
Outre la recommandation d’ « approche mesurée » ils déclarent (et constatent) qu’il est impossible
de démontrer scientifiquement et formellement la sécurité du stockage, mais qu’on peut faire
confiance à des études croisées et redondantes. Le rôle de ces sociologues est important dans la
relation science, politique et social.
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Page 287
CONCLUSION PARTIELLE
La CNE et l’Autorité de Sureté Nucléaire trouvent le rapport 2005 de l’Andra « bon, solide et
fiable ».
(Perso : il ne faut pas s’en étonné puisque ces organismes ont travaillé avec l’Andra pour l’écrire !)
(perso : Il faut lire la conclusion directement dans le texte de M. Patinaux : très intéressant).
Grosso modo : suite à différentes expériences (AZF, Tchernobyl, etc) , les gens n’ont plus
confiance dans les spécialistes. Seuls les experts ont confiances dans les experts, car les
gens ne sont pas CAPABLES de comprendre les experts !!!!! donc :
« Le Dossier 2005 a d'abord une fonction politique : construire la
confiance dans la faisabilité du stockage en dehors des communautés scientifiques
ayant travaillé sur ce sujet et notamment chez les parlementaires. »
Page 288
ÉPILOGUE : UN DÉBAT PUBLIC ET UNE LOI
Après étude du dossier 2005, en 2006, dans sa conclusion « indépendante » le CNE explique que
tout a été étudié pour l’avenir des déchets, en conséquence la seule issue pour les déchets nucléaires
est l’enfouissement.
Le CNE confirme :
« Le grand intérêt porté par de nombreux pays étrangers aux recherches menées en France dans
ce sens (collaborations internationales) confirme ce point de vue. »
(Perso : Sauf que la « collaboration internationale » est financée par l’Andra, donc dépendant, ou
alors c’est avec des organismes pro-enfouissement.
Si c’est un organisme réellement indépendant de l’Andra , l’Andra dit que ce sont des écologistes.
(Voir l’épisode avec l’IEER, page 272))
Ensuite la CNE reprend l’idée de l’Andra, de continuer à faire des études après 2005, pour
augmenter le sérieux (scientifique).
Lors de ces débats publics de 2005 et 2006 l’inéluctabilité de l’enfouissement est remise
en question par certaines populations. L’entreposage en subsurface est
plébiscité. Pourtant l’enfouissement profond sera la solution choisie.
Page 289
Le rapporteur de la loi 2006 précise que la solution choisie par les nucléocrates est contestée, cela
ne peut venir que des écologistes (synonyme de Néandertaliens). Les arguments
techniques de ceux qui refusent l’enfouissement n’existent pas, ou ne sont pas crédibles !
La demande d’autorisation est reportée à 2015
Page 14 sur 44
Page 290
CONCLUSION. OBLIGATION DE PRODUIRE UN RAPPORT CONVAINCANT ET
POURSUITE DES RECHERCHES
M. Patinaux redit que la seule issue étudiée sérieusement pour les déchets
nucléaires par le CEA, EDF, Areva, DGEMP, AEN,…, puis par le CNE, est
l’enfouissement profond.
Encore une fois l’auteur explique que l’Andra est reconnue internationalement, etc. par des
organismes internationaux, …., néanmoins l’Andra demandera un report de décision pour faire de
nouvelles analyses scientifiques. Ainsi l'Andra dilue les responsabilités, explique que
l’enfouissement est la seule issue et attend que ce soit les politiques qui devant un si beau
programme, réclament l’enfouissement.
Page 291 :
« Au contraire, la fragmentation des décisions dilue les responsabilités. Reconnaître la
faisabilité d'un stockage sans en autoriser le creusement permet aux parlementaires de reporter la
décision d'implanter un stockage tout en permettant à l’Andra de poursuivre son
implantation à Bure où l'économie locale devient peu à
peu dépendante des subsides accordés en
accompagnement de la présence de l'Agence. »
(Perso : Intéressant de voir qu’il est écrit dans ce rapport que la dépendance économique de la
région de Bure fait partie de la stratégie de l’Andra.)
M. P. explique que, dans le dossier 2005, l’Andra ne recherche plus de preuve mathématique (ou
même scientifique) de la sécurité, mais recherche la confiance des lecteurs et lectrices au premier
rang desquels se trouvent les parlementaires. Toute la dialectique (précaution de langage,
présentation, …) doit démontrer l’inéluctabilité du stockage.
La dilution des responsabilités est également une technique pour faire accepter un projet.
(Perso : cela ne veut pas dire que TOUS les cercles de scientifiques, et que TOUS les industriels
sont rallié à l’enfouissement ! C’est juste une façon de présenter les choses pour que l’auditeur le
pense implicitement ! D’où la nécessité de faire de la sociologie et de la psychologie !)
En 1990 l’Andra a voulu montrer la sureté globale du stockage par les
calculs, ce qui a écarté les discussions sur les éléments rédhibitoires. Puis
l’importance du calcul a été minimisée au bénéfice du laboratoire, puis en
2005 l’Andra explique que le laboratoire n’est plus nécessaire pour
démontrer la sécurité et pour prouver la faisabilité du stockage.
(Perso : est-ce que cela veut dire que l’étude d’éléments rédhibitoires a été bâclée ?).
Page 292
L’auteur explique clairement que derrière des apparences prudentes, modestes et responsables,
l’Andra, dans la la loi 2006, n’a pas respecté le débat public de 2005 ! Page 295 : « En 2006, les
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parlementaires votent une loi qui stipule que l'évacuation géologique est la solution nationale de
référence pour la gestion des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue ».
De plus l’auteur explique clairement que politiquement les millions investis en
Meuse et Haute Marne doivent être rentabilisé ….
Page 295
CHAPITRE 6. VERS LE CREUSEMENT DU STOCKAGE.
EXPÉRIMENTATIONS DANS LE LABORATOIRE
SOUTERRAIN, IMPLANTATION LOCALE ET RECHERCHES
EN SCIENCES SOCIALES
Le schéma du chapitre : la première partie donne des exemples techniques, deuxième partie
évaluation par une agence états-unienne, et la dispute sur la facture avec AREVA, EDF etc..
La troisième partie fait entrer la sociologie pour arrondir les angles, ou faire avaler des couleuvres.
Page 296
I. MULTIPLICATION DES ESSAIS DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Objectifs du labo après 2006, pour la demande de construction du stockage: faire des expériences
longues géophysiques et géochimiques. Il n’est pas question d’étudier sans à priori,
mais de montrer la faisabilité de l’enfouissement.
(perso : la conclusion est écrite avant l’étude.)
Page 297
I.1. ÉTUDIER LE COUPLAGE DES PHÉNOMÈNES AUX INTERFACES ENTRE LES
MATÉRIAUX
L’Andra veut étudier l’EDZ de l’argile.
EDZ : c’est la couche d’argile superficielle qui subit des modifications de structure suite au
creusement des tunnels, alvéoles, etc. Il y a modification de la température, de l’humidité, de la
sécheresse, de micro ou macro-failles ou fissures, d’échanges de gaz, échanges hydrauliques, etc.
De plus, il faut tenir compte des modifications cumulées.
L’auteur explique que l’Andra, devant les variations de l’EDZ, s’inquiète et étudie les risques de
migrations nucléides qui pourraient contaminer la biosphère plus rapidement que prévu.
L’Andra dit qu’elle a déjà prouvé que l’argile empêche les migrations de nucléides, mais doit , à
présent, étudier les effets de variations de l’EDZ, dues au creusement, ainsi que les variations de
structures (failles, etc.) dues au contact des chemisages (acier, bêton, oxygène, eau, chaleur, etc.)
Page 16 sur 44
Page 299
Les fissures se trouvent surtout sur les grandes galeries centrales (accès); sur les alvéoles (HAVL)
ce sont des macro-fissures ou des fissures métriques. (Voir le texte originel, car plusieurs éléments
entre en jeu). Mais il ne faut pas sous-estimer les microfissures.
De plus il faut étudier les altérations et interactions entre les radionucléides vitrifié (verre), le fer
des colis et l’argile. Ces 3 phénomènes se combinant entre eux et aux autres.
Page 300
Dans les alvéoles HAVL : 3 situations évoluant dans le temps
1 : argile déssaturée en eau (chaleur, etc.) = condition oxydantes (à cause de l’O2 présent)
2 : la température diminue = le stockage re-sature en eau (perso : remplit d’eau ???) => Corrosion
anoxique qui produit du dihydrogène (explosif)
3 : corrosion générale et protection des colis HS, migration des nucléides dans l’argile.
(Perso : ATTENTION, car ceci ne se ferait pas (théoriquement) avant des millénaires)
Production hydrogène => augmentation pression => risque explosion et augmentation des
failles de l’argile. Donc théoriquement il faudrait ventiler, mais si sortie d’H2 = > également fuites
de radionucléides => il faudrait des scellements spéciaux permettant le passage de l’H2 et l’arrêt
des nucléides, mais cela n’existe pas en 2013.
(Perso : est-ce que en 2018 cela existe ?)
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Chapitre où l’auteur montre la complexité des risques, et une partie de la production d’hydrogène.
Page 301
I.2. MISE EN PLACE D'UNE EXPÉRIENCE DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Plusieurs pages montrant les différentes expériences et les difficultés de forages des alvéoles et de
leurs déformations (appelée convergence). On voit que pour réussir à faire une alvéole rectiligne de
20 m, avec un chemisage réussi (sans trop abimé l’EDZ et avec un vide autour du tubage ni trop
grand ni trop petit pour limiter l’oxydation et la production d’H2) , cela a demandé beaucoup
beaucoup de travail et d’essais pratiques avec des conditions de creusements spéciales. (perso :
donc avec un coût de creusement important)
Page 308
CONCLUSION PARTIELLE
Après 2006 l’Andra semble incollable sur l’argile, contrairement à avant 2005. Par contre plus les
études avancent et plus la complexité des questions augmente.
M. Patinaux note que l’intérêt financier des chercheurs est de montrer des incertitudes donc de
poursuivre les études. Les orientations des recherches sont différentes avant et après la crise
financière de 2008, mais elles perdurent.
A partir de 2009 l’Andra négocie pour que ce soit l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de
l’Enseignement Supérieur (AERES) qui évalue sont travail. (Perso : pourquoi ?)
Il reste de grandes incertitudes phénoménologiques, par exemple sur l’espace entre les tubages et
l’argile, et sur les bétons poreux à l’hydrogène, et bloquant les radionucléides.
Page 309
II. IMPLANTATION LOCALE, GESTION DE LA CRITIQUE ET FINANCEMENT DU
STOCKAGE
II.1. OÙ IMPLANTER LE STOCKAGE ?
Entre 1991 et 2005, la direction et les communicant.es de l’Andra l'ont
maintes et maintes fois répété : le laboratoire souterrain ne sera pas
transformé en stockage géologique. Cependant, comme le soulignaient déjà
les conclusions du programme Pagis à la fin des …… …. Dès lors, les études menées par les
géologues de l’Andra en Meuse et en HauteMarne sont destinées à qualifier les possibilités d'un
stockage dans l'argilite du Callovo-Oxfordien ….
L’Andra l’a moult fois répété : la création du labo n’est pas un engagement de stockage sous Bure.
MAIS finalement les chercheurs se demandent pourquoi ne pas l’implanter ici ?
(Perso : Comme dirait Desproges : « Étonnant, non ? »)
Page 310
La création du laboratoire, théoriquement, ne devait pas entrainer le stockage, mais « finalement »
ce labo est situé dans un endroit de choix pour construire le stockage.
Page 18 sur 44
(Perso : ouf, l’Andra a eu de la chance de ne pas se tromper d’endroit …. :o))))
Page 311
Selon la loi de 2006, après un débat public et une loi déterminant la réversibilité, l’Andra prévoit de
déposer la demande d’autorisation de Construction (DAC) en 2015 :
« En 2005, l’Andra a démontré que la construction d'un stockage est possible sur toute la zone de
transposition. »
(Perso : En fait l’Andra n’a rien démontré mais à déclaré que c’est possible. (Voir les déclarations
de 2005, et les expériences faites qu’après 2006 (voir ci-dessus page 308))
L’Andra doit définir la ZIRA (Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie),
choisir le meilleur emplacement : épaisseur de l’argile, profondeur, qualités, etc.
« Les puits d'accès doivent être dans une zone boisée et le stockage ne doit
pas être situé sous des zones urbanisées – afin de limiter les critiques plus
que pour limiter les risques. »
(Perso : Tout est dit : le bois ne sert qu’à cacher et limiter les critiques !)
Le choix de la ZIRA fait l’objet de négociation avec les politiques et la CLIS autour de Bure,
puisque l’Andra a démontrée en 2005 que c’était possible.
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Page 312
II.2. L'ÉVALUATION DIFFICILE DES RECHERCHES EFFECTUÉES PAR L’ANDRA
En 2009, la CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi) de Bure demande une expertise
extérieure à l’Andra qui justifiera ou non le ZIRA. L’expertise choisie est américaine : l’IEER
((Institute for Energy and Environemental Research).
II.2.1. LES EXPERTS DE L'IEER SUBMERGÉS PAR LA DOCUMENTATION DE L’ANDRA
Page 313
L’IEER est un laboratoire d’expert aux moyens financiers limités, donc avec un personnel limité en
quantité. Les critiques de l’IEER en2009 sont moins sévères que celle de 2005.
En 2005, l’IEER trouvait que l’Andra manquait de transparence.
En 2009 l’IEER est submergés de documents. Mais avec un personnel limité en nombre il est
difficile de tout analyser.
Dans ses conclusions l’IEER débute par dire que l’Andra est au top en ce qui concerne la recherche
en laboratoire souterrain, que son travail est impressionnant et remarquable. MAIS ….
Page 314
II.2.2. DES CRITIQUES DISCRÉDITÉES
Les salariés de l’IEER se sont trouvés submerger de documents, de plus assez mal classés et non
caractérisés selon des problématiques. L’IEER fait 4 critiques principales ;
1 - Dossiers trop fouillis ;
2 - inventaire des déchets n’est pas assez clair (perso : Cela est normal, voir la fin de ce rapport la
guéguerre entre EDF et l’Andra, vers les pages 385 …),
3 – méthode d’évaluation des risques probabilistes alors que la réglementation française stipule des
méthodes déterministes.
4 – SURTOUT : l’Andra estime trop facilement que l’argile sous Bure est homogène.
A ce dernier point l’Andra répond qu’elle a tenu compte de variations de structure, et qu’elles ne
constituent pas une « hétérogénéité » pour autant.
L’Andra déclare que l’IEER n’a pas étudié tous ses documents où justement les situations
dégradées étaient étudiées.
Globalement l’Andra n’est pas gênée par l’IEER, au contraire elle souligne les félicitations de
l’IEER sur l travail effectué. De plus l’Anda n’a aucune obligation de répondre aux arguments de
l’Andra, et l’IEER n’est qu’un petit laboratoire étatsunien.
(Perso : conclusion : circuler il n’y a rien à voir !)
Dans le texte qui suit, l’auteur explique que si la CNE critique l’Andra, c’est primordial pour
l’Andra, mais si les critiques viennent d’un (petit) organisme étranger ce n’est pas important et
l’Andra n’a pas à y répondre, où si elle répond c’est par condescendance.
Page 20 sur 44
Page 316
Le meilleur moyen de répondre à l’IEER, considéré comme une « tracasserie inutile », c’est soit
d’ignorer ses remarques, soit le noyer de docs. Tout en expliquant qu’ils ne comprennent pas par
« opposition culturelle ».
Page 317
Suite au rapport de l’IEER, la CLIS approuve la poursuite des recherches en labo par l’Andra et
demande que l’IEER y participe ou puisse faire ses propres expériences dans ce labo.
A la connaissance de M. Patinaux, cela n’est jamais arrivé.
(Perso : L’Andra n’aimerait pas une contre expertise réellement indépendante ?)
II.3. UN STOCKAGE TROP CHER
(Perso : ce qui vient : on pourrait croire que c’est de l’humour ! )
Durant 2010 la principale remise en cause ne vient pas des opposants
(ecolo, etc), mais des producteurs de déchets, EDF en tête. Leur critique n’a rien
à voir avec la faisabilité ou la sécurité (car ce sont eux qui veulent cet enfouissement), mais sur le
prix ! Car ce sont eux qui paient.
(perso : les payeurs, c’est aussi un « petit peu » les citoyens …)
Depuis 2005, l’Andra refuse toute communication sur le coût.
(Perso : tient, où est passé la transparence ?)
P 318
Juin 2010 : EDF écrit au président de la république pour que l’Andra travaille avec les producteurs
de déchets nucléaires (EDF, Areva, CEA).
Ces 3 producteurs travaillent depuis 2010 à un enfouissement beaucoup moins onéreux
que celui proposé par l’Andra .
Refus de l’Andra.
(Perso : Ce conflit serait-il un moyen de faire croire au sérieux de l’Andra ? Andra serait-elle si
citoyenne ? si « solide et fiable » ? ou est-ce une manoeuvre de psychologue et sociologue pour faire
accepter l’enfouissement selon l’Andra ? (voir le rôle de sociologue dans l’acceptation du projet,
car en fait l’Andra explique que c’est un stratagème d’acceptabilité).)
EDF, le CEA et Areva considèrent que les travaux de recherches tardent
trop, et, surtout que les ouvrages souterrains sont trop longs par rapport à la
quantité de déchets à stocker.
Page 319.
Proposition des producteurs :
 non nécessité de doubler les galeries. Une seule galerie pour le creusement, l’évacuation des
déblais puis la manipulation des colis.
 Creusement des galeries en une seule fois, et non au fur et à mesure. (perso : l’argument de
l’Andra expliqué dans ce rapport, c’est que des tests d’argile complémentaires se feront au
Page 21 sur 44
fur et à mesure du forage, et permettront de mieux travailler au fur et à mesure des
creusements)
 Andra propose trop de galeries et de croisements.
 Alvéoles rallongées de 40 à 130 mètres pour les produits vitrifiés, donc réduction du nombre
d’alvéoles et réduction des galeries d’accès de 100km à 40 km.
 Changement de l’organisation du stockage.
 Andra profiterait des connaissances industrielles des producteurs de déchets.
EDF et Cie mettent en avant que ce sont eux les financeurs de l’enfouissement, et ce sont eux les
industriels (techniciens)
(Perso : ce chapitre m’a l’air primordial, car il montre que pour EDF la
sécurité passe après la finance.)
P 320 :
EDF voudrait que l’ASN étudie leur propre projet.
Refus de l’ASN à cause de la loi 2006.
(Perso On pourrait presque croire que l’Andra fait partie des résistants. (Zadistes ?))
Il faut rappeler qu’en 2009 forer une alvéole de 20 m rectiligne était un gros (très gros) problème
(perso : voir précédemment dans ce rapport), alors une alvéole de 130m est impossible pour
l’Andra.
Ce qui inquiète le plus l’Andra c’est la remise en cause de sa conception.
Ce qui inquiète encore plus l’Andra c’est qu’à cause de projet comme EDF, l’Andra
perde sa crédibilité auprès de la population.
Page 321
CONCLUSION PARTIELLE
L’Andra jouit d’une excellente réputation, bien que cela ne soit pas toujours facile.
Il est à nouveau souligné que les chercheurs autres que l’Andra sont INTERDITS de
recherches dans le laboratoire. Ce qui donne toute sa nuance au travail commun avec d’autres
chercheurs, etc., ex : l’IEER est interdit de recherche dans le labo.
A partir de 2010 l’Andra rentre en conflit avec les producteurs de déchets, pour des raisons
économiques !
(PERSO : Tout le chapitre est à lire.)
Les producteurs de déchets remettent en cause la réversibilité pour des
raisons économiques.
(Perso : On pourrait croit que l’Andra est sûr de sa réversibilité. Donc on croit presque que Cigéo
est sérieux. Mais il ne faut pas oublier que l’Andra VEUT l’enfouissement, et que depuis 2001, tout
est fait pour donner l’apparence du sérieux et que tout est dans la communication (voir les chapitres
précédents et suivants))
Page 322
L’Andra travaille à paraître sérieuse auprès du public et craint les démarches d’EDF :
Page 22 sur 44
« Toutefois, cette opposition entre les dirigeant.es de l’Andra d'une part et
d’EDF, d'Areva et du CEA d'autre part sur le coût du stockage dure
jusqu'en janvier 2016 où le coût du stockage est finalement fixé par un
décret signé par la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, Ségolène Royal :
le stockage coûtera 25 milliards d'euros c'est-à-dire un peu plus que le
chiffre annoncé par les producteurs (20 milliards) et nettement moins
que celui qu'ont calculé les ingénieur.es de l’Andra (32,8 milliards). Le
ministère n'a pas communiqué comment il compte réduire de plus d'un
quart le coût du stockage calculé par les ingénieur.es de l’Andra. »
Page 323
III. SCIENCES SOCIALES ET GOUVERNANCE DE
CIGÉO
Bien qu’en 1990 certains chercheurs affirment que l’irréversibilité est une preuve de sécurité, la
réversibilité s’est imposée et est exigée dans la loi en 2006.
(perso : anticipons et faisons de la fiction : un jour s’il n’y a pas de réversibilité, les scientifiques
seront également satisfaits, donc si on supprime la réversibilité ils ne diront rien.)
La thèse de Yannick Barthe (sociologue) a permis de faire progresser le projet
d’enfouissement, d’une part en faisant accepter la réversibilité et d’autre part en
diluant les responsabilités dans le temps et dans les politiques.
« Un tel engagement vertueux des dirigeant.es de l’Andra, fondé sur la transparence et le dialogue,
repose sur leur responsabilité morale et la foi dans des institutions supposées garantes du bien
commun. Ce mode de gouvernance est censé susciter la confiance du plus grand nombre dans le
projet de stockage. Néanmoins, jusqu'à présent, l'argument d'un possible
retour en arrière dans l'exploitation du stockage a surtout servi à aller de
l'avant, et à engager celui-ci malgré les réticences et les oppositions d'un certain nombre
d'individus et d'organisations. »
L’Andra se déclare transparente et ouverte au dialogue, etc.
Cette nouvelle stratégie politique permet une plus grande acceptation de l’enfouissement. En fait
l’argument de réversibilité est un argument pour aller de l’avant.
(Perso : les promesses n’engagent que ceux qui les croient.)
Page 23 sur 44
P 324
III.1. QUELLE GOUVERNANCE POUR CIGÉO ?
Depuis 2006 l’Andra a engagé des chercheurs en sciences sociales.
Un philosophe coordonne ce groupe de travail qui fournira 3 thèses, dont celle-ci, financées par
l’Andra. (Perso : Quelle sont les 2 autres thèses de sociologies ?)
Parallèlement un nouveau groupe est créé = Comité d’Expertise et de Suivi de la Démarche
d’Information et de Consultation (Coesdic).
Les raisons de ces recherches en sciences sociales : maîtriser les débats publics passés (2006) et
futurs pour la demande d’autorisation Cigéo.
Cette démarche philosophique et psychosociale nucléocrate se fait également dans
plusieurs pays, et au sein de l’Agence Atomique de l’OCDE à partir de 2000, qui est un
pole d’échanges de recherches.
P 325
Liste et pédigrées des chercheurs.
Page 326
Ici l’auteur montre que le rapport des sociologues (Coedic) explique à l’Andra qu’il faut présenter
les incertitudes de manière positives et productives.
Et comme ce sont des points incertains, mais positifs, il faut s’attendre à des modifications du
« cahier des charges du stockage durant son exploitation ».
Donc les sociologues sont en train de préparer le terrain pour expliquer que les
« promesses » ne seront pas tenues, car il y a des incertitudes positives !
« L'optimisation technico-économique du projet pourrait ainsi se poursuivre
durant tout le temps de l'exploitation du stockage. »
« Pour les auteur.es de ce rapport (NDLR : le Coedic), cette flexibilité technologique du stockage
durant son exploitation est nécessaire pour permettre la réversibilité, « flexibilité politique » du
projet, désormais inscrite dans la loi. Cette réversibilité laisserait le choix aux « générations
futures » d'influer sur le projet de stockage. En cela, elle constitue un engagement vertueux pour les
membres du Coesdic. »
(Perso : C’est dit ! la réversibilité est réversible, ce serait « VERTUEUX »…)
Page 327
Les sociologues continuent à expliquer à l’Andra comment manipuler les citoyens :
Le groupe de sociologue explique que faire croire à un dialogue permet de manipuler, et d’avoir
« plus d’efficacité les actions d’optimisation technico-économiques »
( Perso : pourquoi pas mettre fin à la réversibilité, explication de l’expression technico-économique
est à la page précédente).
Puis l’auteur explique pourquoi il y a réversibilité, comment cela peut se passer techniquement, et
les difficultés que cela entrainent.
Page 24 sur 44
Page 328
« Dans la contribution du Coesdic aux réflexions sur la gouvernance de Cigéo destinée à la
directrice de l'Agence, il n'est jamais évoqué la volonté ou le besoin éventuel de ressortir
les colis du stockage – il en serait peut-être autrement dans un document public. »
(Perso : ici les sociologues n’envisagent même pas la réversibilité, c’est tout dire de leurs
intentions.)
P 329 :
« … D'une concession aux opposant.es à l'enfouissement des déchets nucléaires, la
réversibilité est ainsi devenue en vingt ans une opportunité industrielle. … »
C’et ce qu’appelle les sociologues des « incertitudes positives et productives »
Pour certains scientifiques l’enfouissement est un manque de confiance dans la science (article de
2016). Mais en fait dès 1994, le choix de l’enfouissement n’est autre qu’une
question d’argent, et non de sureté.
En 2000, en insistant sur les incertitudes positives et la réversibilité cela permet de réconcilier
enfouissement et progrès scientifique et de faire avancer le projet.
P 330
III.2. RÉVERSIBILITÉ ET MATÉRIALITÉ DU STOCKAGE
Pour Coesdic (gr sociologue …) le plus urgent – important c’est que le stockage commence, donc il
faut mettre en avant le séquençage de décision et la réversibilité, malgré les incertitudes de pouvoir
retirer les colis.
(perso : curieux pour des non scientifiques, théoriquement indépendants, surtout qu’ils approuvent
ce qui suit : )
« … si technologiquement la récupérabilité des colis est prévue, il est possible de douter
de l'enthousiasme des producteurs de déchets, qui restent propriétaires de
ceux-ci, à mettre en oeuvre une telle opération pour laquelle, par exemple, aucun
financement n'est provisionné.…. et la difficulté notamment de prendre des
décisions qui contrediraient les vues des dirigeant.es des producteurs de déchets dont,
en France, le pouvoir sur les choses nucléaires est particulièrement important. »
Donc ces sociologues acceptent que les producteurs ne veuillent pas de réversibilité, surtout qu’ils
savent qu’aucun financement n’est prévu.
(Perso : ce type de comportement est curieux pour des sociologues. En fait dans la présentation des
membres, page 324, on voit que ce sont tous des pro-enfouissements !!!!! Pour eux la réversibilité
est juste une manoeuvre de manipulation sociale, c’est tout.)
Ces sociologues savent que le lobby du nucléaire est puisant, et pour eux il n’y a qu’à
accepter ce que les nucléocrates décident.
Un autre exemple de manoeuvre du Coesdic : Lors du débat public en 2013, le
président du Comité, M. Gallon, a proposé de considérer le stockage géologique à 500 m comme un
entreposage en profondeur.
Page 25 sur 44
M. Patinaux donne plusieurs exemples où les mots entreposage et stockage sont
confondus.
(Perso : c’est par ce genre de déviation du sens des mots que l’on fait prendre des vessies pour des
lanternes. Technique également utilisée par le patronnât, le gouvernement, etc.)
P 331
Pour le Coesdic, pour faire avancer l’enfouissement, il faut jouer sur les mots
et ne pas enfermer les mots dans leur signification ! (stockage en profondeur =
entreposage en surface = stockage ou entreposage subsurface = …)
(Perso : ce qui est étonnant pour des sociologues qui théoriquement expliquent l’importance du
poids des mots (en attendant le choc des neutrons ?)
Puis l’auteur insiste sur ce changement de mot, donc de paradigme. En reprenant les mots même
des opposants les sociologues veulent « déconstruire l’antagonisme entre l’Andra et les
opposants … et tenter de construire un monde commun. »
Mais comme le dit M. P, ce changement de sens des mots n’est nuisible
qu’aux opposants, et ne change rien au projet, aux incertitudes et aux
argumentaires.
Page 332
Mais soyons clair (et ne rêvons pas …) :
« … les responsables de l'aval du cycle nucléaire sont peu enclin.es à soumettre au dialogue des
choix stratégiques. Seules les modalités d'implantation d'un stockage (transport routier ou
ferroviaire des déchets, inscription des installations de surface dans le paysage, gestion des déblais
miniers...) sont discutables. »
III.3. MANIFESTER TOUS LES DIX ANS CONTRECIGÉO ?
Pour le Coesdic la concertation est un principe vertueux, même si de nombreux acteurs
reconnaissent qu’elle ne sert à rien contre les gros industriels (ex : en 2005 : la majorité
citoyenne contre l’enfouissement => on fait l’enfouissement !). L’auteur explique que pour les
sociologues cette (supposée) concertation entraine une rapidité dans le creusement du
stockage, puisqu’on pourra toujours en discuter après ….. :
L’auteur met également en doute les bonnes résolutions négociations et des responsables.
L’auteur souligne que plus le temps va passer plus les travaux vont avancer, plus l’argent
sera parti, plus il sera difficile de dire que ça n’a servi à rien.
Page 333
Les sociologues expliquent qu’il faut laisser croire à une négociation possible (et un retour en
arrière possible).
M. Patinaux montre l’importance et l’influence de M Gallon depuis 2000 : participation à plusieurs
thèses et recherches, en publiant ou co-publiant des ouvrages etc. Il est contemporain à plusieurs
autres philosophes sociologues politiques qui défendent la négociation ouverte et
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active, à condition qu’elle ne serve à rien (ex : en 2005 : Cigéo : la population =
non, en 2006 les « responsables » = oui !).
Pour lui il faut quitter le vieux monde pour entrer dans le monde moderne et donner
l’apparence de favoriser la « démocratie » : il est partisan pour que les travaux commencent le plus
vite possible, car après il sera toujours le temps de discuter.
(Perso : c’est la technique Macron ….)
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Ici M. Patinaux présente 2 livres qui sont sortis en même temps, 1 écrit par M. Callon qui a 2
casquettes : il fait partie de l’Andra et du groupe de sociologues Coedic (qui est présenté comme
organisme indépendant de l’Andra).
Vient l’analyse de « agir ans un monde incertain » :
III.4. AGIR PRATIQUEMENT DANS UN MONDE INCERTAIN
Selon M. Patineau, dans le livre « agir dans un monde incertain », les auteurs constatent que l’état et
les scientifiques perdent leur position dominante par rapport à des groupes de citoyens et de
discussion. Ils estiment qu’il faut laisser parler ces contestations, et les retourner pour
améliorer la démocratie. (Les « incertitudes positives et productrices »)
Page 336
III.5. LÉGITIMITÉ, VOLONTÉ, POUVOIR ET CÉCITÉ
III.5.1. LA PARTICIPATION, SOURCE DE LÉGITIMITÉ DES DÉCISIONS
M. Patinaux analyse plusieurs livres ou rapports sortis en même temps, de sociologues différents,
mais qui donnent tous une analyse semblable des situations de conflit. Ils font tous apparaître qu’il
faut dialoguer entre « opposants » et « scientifiques et élus », et que grosso modo grâce à la
discussion un compromis sera possible et paraitra démocratique, donc acceptable par les citoyens. Il
est sous entendu que ce sont les citoyens qui s’alignent sur les élus et les scientifiques.
III.5.2. UNE DÉLIBÉRATION SOUS CONDITIONS
M. Patinaux explique que les écrivains des rapports ou des livres précédemment cités, parlent plus
de conflits sociaux où les 2 camps recherches un équilibre, mais que dans le cas de conflit
industriel et énergétique, les responsables industriels ne dialoguent pas,
surtout que leurs moyens financiers, beaucoup plus importants que les assos, leur
permettent d’éviter toute remise en cause.
Page 339
III.5.3. QUELLE VOLONTÉ ?
Ici l’auteur explique que les sociologues parlent de débats, discussions, etc. , en vue de faire évoluer
les pensées, mais il explique dans le même temps que plus on a d’intérêt personnel, et plus on est
puissant, moins on est souple et moins on envisage de changer de pensée.
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L’auteur montre que les discussions de l’Andra ne sont qu’apparences. Il
donne 3 exemples : le changement de mot de « réversible en entreposage »,
les relations de l’Andra avec l’IEER, et le refus de l’Andra d’envisager une
autre solution que l’enfouissement. Il est possible de parler de la couleur du
bâtiment, mais pas du bâtiment.
(Perso : les sociologues font croire à un dialogue possible, et, de ce fait, ils organisent et participent
aux mensonges.)
Page 342
III.5.4. POURQUOI PARTICIPER ?
Ici M. Patinaux réaffirme que les discussions avec la population ne sont qu’apparences, puisqu’en
fait il n’y a que la population contestante qui doit changer d’avis sur le nucléaire.
M. Patinaux réaffirme que les différents ouvrages et groupes de sociologues ne sont là que pour
donner l’apparence de concertation, donc pour faire accepter le programme décidé par l’Andra.
Page 343
CONCLUSION PARTIELLE
Ici M. Patinaux explique que l’Andra et consort, ont peur que les producteurs
de déchets nucléaires n’aillent trop vite et froissent la population. Il montre que la
démarche des sociologues et la consultation régulière de la population ne sont qu’un moyen de
faire accepter les travaux d’enfouissement. Il explique que la démarche est la même dans d’autre
problèmes sociaux ou industriels. Il insiste sur les reports de décision définitifs comme étant une
« bonne » technique d’acceptabilité. De plus il explique qu’en reportant et discutant les
décisions on peut faire évoluer les principes du début de discussion (ex la réversibilité).
(Perso : comme il l’a déjà dit précédemment, ce n’est pas l’Andra qui évolue, mais la population
qui DOIT évoluer ….)
Page 345
CONCLUSION.
ENGAGER LE PROJET DE STOCKAGE MALGRÉ L'EXISTENCE INEXORABLE
D'INCERTITUDES
Ici M Patinaux fait part de la contestation qui existe, fait part des incertitudes sur la sécurité et
l’incertitude des évolutions possibles du programme. Incertitudes reconnues par l’Andra. Il
souligne l’avantage de l’Andra à utiliser SEUL son laboratoire. Surtout il insiste
sur le rôle des sociologues qui engage l’Andra à forcer le début du
creusement des galeries, car rien n’est arrêté définitivement, donc le
programme peut évoluer. Donc malgré les incertitudes reconnues par l’Andra, il faut
montrer que l’enfouissement est sûr. C’est ce qui va être étudié au prochain chapitre.
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Page 349
CHAPITRE7. « NE PAS TROP SE FAIRE PEUR ».
SÉLECTIONNER DES HYPOTHÈSES POUR LES CALCULS
D'IMPACT ET ANTICIPER LEURS CONSÉQUENCES
M. Patinaux explique que les études de sureté ne sont pas fiables, mais que leur
accumulation prouve le sérieux et la sureté de l’enfouissement. Bien que les études
ultérieures peuvent tout remettre en question.
P 350
Ici M. Patinaux présente le chapitre qui suit. Il commence par expliquer que les études
sont faites, non pas en vrai scientifique de recherche à l’aveugle, mais en fonction de ce
qu’on veut leur faire dire. Il va décrire la création d’une revue (au sens bilan) créé par et
pour l’Andra. Il va expliquer les difficultés de connaitre l’état du site au bout de 100 ans
(donc au bout de 1000 ans ….).
P352
I. OBJETS ET DÉROULEMENT DES REVUES
La revue RFMD (2013-2014) est organisée et écrite par l’Andra. Elle demande beaucoup de travail
à temps plein du personnel de l’Andra. Il y a un double système d’écriture et de contrôle de ce qui
est écrit. Cette revue se fait en plusieurs étapes, appelées RFMD 1, puis RFMD 2a , puis RFMD 2b,
etc.
I.1. LARFMD-1, UNE REVUE SUR LES PHÉNOMÈNES ET LES CONNAISSANCES
M. Patinaux explique le processus de fabrication de cette première revue. Pour être bref je dirais
qu’une première mouture a employé une cinquantaine d’auteurs qui ont écrit 500 pages. Suite à
ces rapports, les directeurs de différents services de l’Andra ont formulés plus 200 questions. De
tout ce travail, le compte rendu tient en 2 pages de question-réponses courtes !
(perso : concentré que je ne sais pas faire ….)
P 353
M . Patinaux explique que la première revue sert à établir et calculer deux sortes de variables : les
variables géologiques et les variables dues aux constructions. Quelques soit ces variables, personne
ne peut certifier leurs réalité future.
M . Patinaux explique que les 2 variables précédentes sont soumises à 3 types d’incertitudes, grosso
modo :
1 : incertitudes techniques et mesures techniques utilisées
2 variables géologiques et de mise en oeuvre
3 : variable de l’évolution même du site.
L’ANDRA sélectionne les incertitudes négatives à l’enfouissement, et celles qui ne
joueront un rôle que plus tard. Elle écarte les incertitudes qui ne concernent pas la
première tranche des travaux !
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(perso : Mais à la deuxième tranche des travaux ? pourra-t-on arrêter si c’est déjà commencé ?)
P 354
Les documents servant à l’écriture du RFMD-1 doivent être sélectionnés et remodelés avant de les
mettre entre toutes les mains, sinon ils pourraient être mal interprétés. L’ANDRA doit être
extrêmement attentive dans le choix des incertitudes et des mots
utilisés.
« Ces documents faisant état des incertitudes de l’Andra , il est pointé qu'ils
pourraient être « mal interprétés » et que, dans les mains d'un contreexpert
comme Bertrand Thuillier, ils pourraient avoir un effet dévastateur.
……….. »
355
I.2. LES REVUESRFMD-2A ETRFMD-2B, DES REVUES SUR LA CARACTÉRISATION
DU STOCKAGE
Il me semble comprendre que la revue RFMD-1 est l’ « ensemble » des connaissances théoriques
sur le stockage géologique et sur les techniques utilisées, alors que les revues RFMD-2A et RFMD-
2b sont plus proche de la réalité et analyses en particulier les déviations possibles par rapport à cette
réalité. Le RFMD-1 a pris beaucoup de temps, mais a été réalisé jusqu’à son terme, tandis que les 2
autres revues n’ont pas pu aller à leur terme faute de temps. L’ensemble de ces études est un
ensemble de calculs (de statistiques ? probabilités ? ) pour évaluer les risques.
(Perso : c’est la même méthode souvent employée: beaucoup de documents parfois qui ne servent à
rien, et peu de calculs vrais)
Page 357
III. FAIRE FACE AUX INCERTITUDES, FAIRE AVEC LES INCERTITUDES
Plusieurs fois déjà, et peut être à venir, M Patinaux note le rôle important de la direction de R&D, et
des directions de l’Andra . (Perso : Est-ce parce que le petit personnel ne suit pas la direction ????)
Ici M. Patinaux explique qu’il analyse la méthode de l’Andra, non la quantité du savoir et du
sérieux qu’elle détient.
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II.1. IGNORER LES INCERTITUDES SANS IMPORTANCE
P 358
On voit ici que l’Andra a étudié certaines options du stockage avec un aperçu théorique (ex :
longueur des alvéoles, production de gaz (hydrogène ?) ).
Mais les travaux seront payés par les producteurs de déchets nucléaires (EDF, etc.) qui veulent aller
vers un moindre coût ! Donc cela entrainera des modifications (chapitre 6, longueur des alvéoles,
etc.) qui entraineront d’autres incertitudes, en particulier sur la circulation de l’hydrogène. Les chefs
de l’Andra négligent volontairement ces incertitudes.
II.2. MAJORER LES CONSÉQUENCES POTENTIELLES D'UN PHÉNOMÈNE MAL
COMPRIS, LA SURPRESSION DANS LECALLOVO-OXFORDIEN
Exemple d’incertitude ou d’inconnu :
Ici M Patinaux montre qu’il y a une anomalie (imprévue) de l’argile locale qui est inexplicable : une
surpression hydrostatique qui fait varier les vitesses des circulations hydrauliques. Pour faire
face à cette incertitude l’Andra envisage les pires conséquences de cette anomalie, ce qui parait
sécuritaire ; Mais l’Andra calcul avec la valeur maxi trouvée de l’hyperpression, sans en connaître
la cause. Mais tant qu’on ne connaît pas la cause, on ne peut pas dire que le maxi retenu restera le
maxi, surtout avec le couplage d’autres anomalies, et le rajout d’autres éléments perturbants :
forage, chaleur, oxygène, hydrogène, etc.
Donc la majoration d’un phénomène n’est pas une preuve de sécurité, mais seulement un
argument politique. (page 360-361)
Page 361
I.3. PRENDRE EN COMPTE LES ÉVOLUTIONS DE LA COMPRÉHENSION DU
COMPORTEMENT DE LA ZONE ENDOMMAGÉE
Autre exemple d’incertitude, ou d’inconnu.
Ici M Patinaux explique que les forages et fonçages modifient la structure périphérique (appelé
EDZ) de l’argile des alvéoles et des couloirs. Avant 2005, l’Andra avait considéré que ces
modifications étaient les mêmes qu’en suisse (Mont Terri), mais depuis les chercheurs se sont
aperçus de variations notables qui amènent encore des incertitudes sur le devenir des échanges
gazeux, hydrauliques, etc.
L’ANDRA connaît également très mal l’EDZ dans les 30 mètres de la couche supérieure de l’argile
(appelé USC). Donc quelle évolution dans le temps ?
Page 363
II.3.1. REPRÉSENTATIVITÉ DES OBSERVATIONS DANS LA NICHE
On a vu précédemment les incertitudes avec l’EDZ. Il est reconnu que l’EDZ évolue avec le temps.
Mais pour l’Andra les revêtements et structures des canalisations empêcheront l’EDZ de travailler.
(Perso : les quelques cm de bêton, ou de ferraille empêcheront-ils le poids de 500 m de terres et
d’argile ? Empêcheront-ils le travail sismique, etc. ??? voir Socamine et les mouvements internes
des galeries (7cm de dérives par an réels au lieu de 1cm théorique).)
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L’EDZ de la couche d’argile supérieure a été très peu été étudiée. Alors l’Andra explique qu’il n’y
a peu de chance qu’il y ait une différence entre le coeur de l’argile (EA) et les 30 m supérieurs
(USC). L’Andra estime qu’il sera toujours temps d’étudier l’EDZ de l’USC
pendant le perçage, donc pendant la construction des galeries et de
l’enfouissement.
(Perso : voir ce que disait l’Andra avant 2005 et après 2005 sur l’EDZ . Avant : l’argile de suisse
est similaire à Bure, après 2005 : elle est différente. De plus même dans la zone de Bure il y a des
différences entre le centre de l’épaisseur de l’argile (mou) et la périphérie (plus dure), et des
différences de pression et de surpression. (voir ci-dessus))
Page 364
II.3.2. COMPORTEMENT DE L'EDZ APRÈS FERMETURE
Les scellements en fin de chantier (tunnels, descenderies, etc) , ou plus précocement en fin
d’alvéoles (bouchon) sont un point très important pour la sécurité, pour éviter les fuites de gaz
surtout avec les doutes liés à l’EDZ (voir précédemment). Pour l’instant ces scellements sont
loin d’être au point. Pour l’Andra il n’y a pas urgence à définir ces scellements puisqu’il y
a 100 ans de gestion.
[(perso : par contre il y a urgence à enfouir ? En 100 ans personne ne trouvera d’autres méthodes
pour rendre les déchets nucléaires non dangereux ?).
(perso : 100 ans, c’est faux puisqu’il y aura des fermetures d’alvéoles avant 100 ans)].
Néanmoins comme l’Andra doit déposer son « permis de construire », il faut que les évaluateurs
soient d’accord avec l’Andra et que cette optique (non urgence) soit acceptée, d’où une relation
permanente avec eux ;
« Dès lors, la démonstration de sûreté de Cigéo ne s'apprécie pas en
fonction de sa justesse mais en fonction de sa capacité à convaincre
ses évaluateurs. ».
Page 366
II.3.3. CIRCULATIONS GAZEUSES DANS LA ZONE ENDOMMAGÉE
Ici M. Patinaux explique qu’un autre problème est la perméabilité des bouchons.
D’une part il y a des perméabilités variables. L’Andra, pour faire croire qu’elle maitrise la situation,
intègre ses incertitudes (fuites) dans les calculs de risque. Mais l’intégration dans les calculs n’est
pas une solution, surtout quand les variables d’incertitudes s’accumulent.
D’autre part : S’il y a perméabilité, cela fait entrer l’oxygène qui accélère les corrosions, donc il
faudrait bloquer les gaz. Mais dans certaines alvéoles (MAVL, …) il y aura fabrication obligatoire
d’hydrogène, si le bouchon est absolument hermétique cela pourrait entraîner une surpression
gazeuse, qui sera inférieure ou proche de la rupture de l’argile, et même parfois pourrait la dépasser,
entrainant des fuites de nucléides.
La méthode pour montrer que l’Andra maitrise la situation un de ses directeurs déclare :
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« on a été un peu light dans les docs, volontairement. Si l'IRSN est tatillon
là dessus sur leur instruction, on est limite. » .
La démonstration de sureté est donc politique. Comme dit M. Patinaux :
« Ici, la discrétion est envisagée comme solution pour gérer l'incertitude. »
Page 368
CONCLUSION PARTIELLE
Ici M. Patinaux fait un rappel des incertitudes, en soulignant que toutes les incertitudes relevées par
l’Andra ne sont pas de la même importance. Il reprend la manière de l’Andra de
répondre à ces incertitudes :
1 - lorsqu’il y a des fuites (avec plusieurs valeurs) sans qu’on connaisse la
cause, envisager la valeur la plus haute
2 - lorsque l’Andra ne peut agir comme il faudrait (bouchon hermétique),
elle considère que c’est un fonctionnement normal
3 - lorsque l’Andra ne peut pas répondre à des problèmes (incertitudes),
l’Andra s’arrange pour que les évaluateurs (institutions ou citoyen) ignorent
ou minimisent le problème.
(Perso : voir l’évaluation de l’Andra devant la commission de sécurité du parlement en
2018 concernant l’hydrogène et le creusement accidentel dans le site de stockage )
M. Patinaux rappelle que le meilleur argument pour l’Andra est l’apparence de la maitrise,
et la confiance que les évaluateurs ont dans son travail.
III. ÉTATS ET ÉVOLUTIONS DU STOCKAGE
M. P. rappelle que l’Andra, pour avoir l’autorisation de Cigéo, doit absolument donner un tableau
final du stockage lors de sa fermeture, et après, bien qu’il est très difficile (impossible ?) de prévoir
son évolution.
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III.1.1. LA VITESSE DE DÉGRADATION DU VERRE NUCLÉAIRE
Le verre contenant les radionucléides se dégradera et relâchera ses éléments radioactifs. C’est un
phénomène très lent qui est difficile à calculer. Cela dépendra de la qualité des verres, des
radionucléides, de la composition de l’eau qui aura oxydé les différents futs, de la quantité d’eau,
etc.
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III.1.2. COMPOSITION DES BÉTONS DANS TRENTE ANS ET ROBUSTESSE DE LA
CONCEPTION DU STOCKAGE
Le béton a un rôle important dans la robustesse de Cigéo. Mais personne ne peut dire comment sera
fabriqué le béton dans un siècle ; Même aujourd’hui il est impossible de connaître exactement la
composition des bétons, donc leurs décompositions chimiques et leurs évolutions propres et leurs
rôles dans la décomposition d’autres facteurs (futs, fer, etc.) sont encore moins calculables.
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III.1.3. DES ÉVOLUTIONS POSSIBLES DE L'INVENTAIRE ET DE L'ARCHITECTURE
DU STOCKAGE
M. Patinaux évoque encore des incertitudes ou carrément des inconnues officielles.
Incertitude dans les calculs de risques :
Il sera peut-être possible de combler le vide entre l’argile et la structure de chemisage des
alvéoles MAVL, et peut être le vide à l’intérieur de ces alvéoles. Mais en 2013 ce n’est pas sûr, il y
a donc des incertitudes qu’il faut intégrer aux calculs.
Page 373
Autre incertitude : la construction d’alvéoles « réserves » pour stocker des matériaux FAVL,
mais l’enfouissement de ces FAVL n’est pas certain. Ces réserves sont notées dans le
programme Cigéo, mais les plan n’est pas fait :
« Le représentant de la direction de l'ingénierie : « tant que je ne sais pas ce qu'il y a
dedans, je ne fais rien. Je ne ferai pas de quartier là-dessus. ». »
Autre inconnue parmi d’autre : l’Andra ne connaît pas exactement les
déchets qui lui seront imposés (même si elle en connaît une partie), car l’Andra ne
choisi pas ce qui sera stocker, même si l’Andra estime le conditionnement non performant, elle sera
obligée de stocker. Cela lui est et sera imposé par le CEA ou autres, par décret.
« Un participant de la revue s'inquiète : « il y a tout de même des trucs
merdiques là-dedans .. . »
Ces inconnues sont officielles lors du début, mais pendant les 100 ans les déchets à stocker
pourront changer, évoluer. Quid lors de la fermeture ? De plus il ne faut pas oublier que c’est le
financier qui commande.
III.2. SCÉNARIOS ET ÉVOLUTIONS DU STOCKAGE
III.2.1. CONSTRUIRE UN SCÉNARIO COMME ON RACONTE UNE HISTOIRE
M. P explique que l’Andra choisit un ou des scénarios alors que de nombreuses variantes sont
toujours inconnues, et limite les variations (hypothèses) pour ne pas rendre les calculs impossibles.
Les scénarios choisis seront fonction des résultats des calculs.
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III.2.2. RÉPARTITION DES COLIS DANSCIGÉO
Les radionucléides présents dépendent de l’ordre de stockage, de remplissage, appelé répartition. Ce
remplissage dépendra des l’ordre d’arrivée des wagons, donc sera incertain. Une répartition
« enveloppe » (perso : parfois on dit « fourchette ») est calculée, la plus pessimiste avec le plus
grand nombre d’incertitudes.
Page 376
M. P. explique que le « worst case » (le pire cas) est étudié en fonction des limites
maximum qu’on veut trouver comme radionucléides.
Les hypothèses retenues sont négociables pour éviter que les chiffres ne dépassent les
limites (par exemple un calcul dit « normal » se trouve déjà très proche des limites maxi).
La directrice adjointe de maîtrise des risques lui répond :« Oh non ! Ça se négocie
ce worst case. »
Il n’est pas question de calculer les risques en cas d’accidents ou incidents
simultanés.
(Perso : l’Andra n’envisage que ce qui rentre dans les clous, dans les « normes ». Si les calculs
dépassent les normes, l’Andra réduit les chiffres de départs !)
P 377
La construction de scénarios de répartition altérés se fait à partir d’un scénario « normal » ; Mais
dans ce scénario normal, il faut inclure quelques variantes possibles, donc ces mini scénarios altérés
à calculer modifient le scénario normal, qui lui aussi modifiera les scénarios altérés, etc.
L’ANDRA devant la difficulté de ces calculs, et devant le manque de temps va créer une
« répartition enveloppe » (répartition fourchette) qui simplifiera les calculs.
III.3. CHOIX DES EXUTOIRES ET CAPACITÉ TECHNIQUE DU GROUPE CRITIQUE
La dernière interrogation sur le scénario normal est la recherche d’exutoire
possible des radionucléides, afin d’éviter les fuites. Pour l’Andra il n’y a
pas d’exutoire (chemin d’évacuation rapide des radioéléments) naturel, néanmoins il évalue les
risques.
L’ANDRA fait l’hypothèse d’un puits au dessus du site qui pourrait accélérer les fuites de
radioéléments. La production d’eau calculée dans le puits est faible (10 litres/mn, soit 14m3/jour) et
cela ne peut pas intéresser un agriculteur. L’ANDRA calcul également pour 100 l/mn, car cela peut
varier avec l’évolution du climat. Ce scénario pourra éventuellement poser problème.
Les chercheurs de l’Andra ont également envisagé l’Ornain (rivière située à 10 kilomètres au nordouest
de la zone) comme exutoire, puis l’on écarté.
Incertitude : il faut calculer les exutoires sur plusieurs millions d’années à partir de base
d’aujourd’hui. Quelle sera l’évolution du climat et des personnes (alimentation, technique, etc.).
Aucun scénario de science fiction n’est étudié.
Page 35 sur 44
La production d’eau réelle de l’Oxfordien est faible et ne pourrait suffire qu’à un groupe de 4
personnes, appelé « groupe critique ». Vu le peu de production d’eau sa qualité
serait très mauvaise, donc inintéressante. Pour certains membres de l’Andra cette hypothèse
devrait être abandonnée, mais l’IEER l’a envisagé et l’Andra doit en tenir compte dans les
possibilités de questions parlementaires ou citoyennes.
Il est donc envisagé dans quelques milliers d’année un pompage sous le Calloco-Oxfordien (le
stockage), mais l’Andra met en doute la capacité technique à un « groupe critique » de personnes
de creuser à 1 000 mètres, donc l’hypothèse est abandonnée. Comme dit M. Patinaux, avec humour
page 380 :
« Le groupe critique a le bon goût d'être assez arrangeant avec les
salarié.es de l’Andra . »
Page 380
CONCLUSION PARTIELLE
M. Patinaux montre clairement que le choix des hypothèses de variantes et incertitudes (bêton, débit
et ordre du stockage, exutoire, …) doit permettre que les calculs de risques sont TOUJOURS
inférieurs au maxi de fuites de radionucléides donné. Il faut que l’Andra s’apprête à expliquer
pourquoi les hypothèses pessimistes sont éliminées.
Encore une fois, M. Patinaux remarque que la revue RFMD (Revue Finale des Modèles et
des Données) est plus politique que technique.
IV. CARACTÉRISATION DES COLIS ET INVENTAIRE
RADIOLOGIQUE DU STOCKAGE
IV.1. DRESSER UN ÉTAT DES LIEUX DES CONNAISSANCES SUR LES COLIS
IV.1.1. DES COLIS PARFAITS POUR LA PREMIÈRE TRANCHE DE CIGÉO
Page 382
M Patinaux explique que l’Andra veut des déchets au conditionnement
irréprochable pour sa première tranche de stockage (entre 2025 et 2030),
c'est-à-dire des déchets bien connus et caractérisés (perso : contrairement à la réalité), et bien
protégés, afin de diminuer les risques, des colis
Dans cette première tranche il ne faut pas mettre de produits
bitumineux, qui produisent de l’hydrogène et ne sont pas
« parfaitement stables ».
Pour les stocks ultérieurs, une si grande connaissance et attention sera moins nécessaire.
Page 36 sur 44
Le Groupe Permanent Déchets (GPD)réuni le 5 février 2013 a formulé une recommandation en
accord avec ce choix : il recommande que « les colis placés dans la première tranche
[d’exploitation de Cigéo soient] aussi passifs que possible, c’est-à-dire que leurs caractéristiques
[soient] très peu sensibles aux agressions qu’ils pourraient subir, afin de minimiser les
conséquences des incidents qui pourraient survenir durant cette phase et de pouvoir retirer ces
colis de manière aisée et sûre en cas de nécessité d’intervenir dans les alvéoles. »
Les producteurs de déchets sont et resteront propriétaires des déchets (même pendant le stockage).
C’est eux qui régleront la chronologie du stockage, de plus l’Andra devra se contenter
des informations techniques que les producteurs consentiront à lui donner.
Théoriquement une même famille de déchets devrait avoir des caractéristiques proches, mais
néanmoins avec quelques variations. Lors d’une réunion en 2013, les producteurs ont présenté
« un fut percé et un autre dont le fond est dessoudé ».
Comme l’a dit un technicien : « ce ne sont pas des cadeaux ».
Il est important pour l’Andra que la première tranche de stockage soit la moins
problématique possible.
Page 383
IV.1.2. ÉTABLIR UN ÉTAT DES CONNAISSANCES SUR LES COLIS
On voit que l’Andra met en doute les informations notées par les producteurs de déchets.
On voit qu’elle fait surtout attention pour les déchets qui pourraient être stockés en
premiers, et pour la demande d’ouverture de Cigéo.
P 385
IV.1.3. IDENTIFIER LES DONNÉES BLOQUANTES PARMI CELLES DONT L'ABSENCE
EST PRÉJUDICIABLE
L’ANDRA a sélectionné 23 caractéristiques de colis dont l’absence peut, ou, est bloquante. Ces
caractéristiques sont bloquantes soit pour tous les colis, soit en fonction du déchet. Mais
l’interdiction est portée pour le premier stockage, pour la demande d’autorisation Cigéo.
Ces informations manquantes :
« Parmi ces grandeurs, on trouve les dimensions des déchets, leur procédé de
fabrication, l'activité des radionucléides contenus, la puissance thermique, la
production de gaz, l'inventaire des toxiques chimiques... »
P386
IV.2. DÉFINIR UN INVENTAIRE RADIOLOGIQUE POUR CIGÉO
N’ayant pas eu le temps de vérifier les données des radionucléides, car les fabricants de
déchets ne les ont pas tous donnés, l’Andra invente la notion d’ « enveloppe », c'est-àdire
des valeurs comprises entre deux normes.
Page 37 sur 44
IV.2.1. CONSTRUCTION DES INVENTAIRES DE RÉFÉRENCE
Il faut lire le texte, mais grosso modo, cela revient à dire que les employés de
« l’Andra mettent souvent en cause les valeurs des déchets fournis par les
producteurs ».
Pourtant seul les producteurs peuvent connaître la composition des déchets, entre autre les
radionucléides. Donc l’Andra offre aux producteurs la possibilité de mettre les déchets dans des
« enveloppes », ou des fourchettes de valeurs. Cela facilite le travail des producteurs et fait croire
qu’il y a des valeurs définies aux déchets. Néanmoins il y a des déchets qui n’ont
aucune valeur définie pour entrer dans les enveloppes.
(Perso : C’est le flou « artistique ».)
P 389
IV.2.2. QUELLE CONFIANCE ATTRIBUER AUX DONNÉES FOURNIES PAR LES
PRODUCTEURS DE DÉCHETS ?
Ici M. P explique que l’Andra n’a AUCUNE confiance dans les données fournies
sur les déchets par les producteurs.
L’Andra construit une échelle de valeur des données absentes. Certaines absences de données
pourraient être contraignantes (refus du déchet). En fait l’Andra minimise les manques
de renseignements sur les déchets pour ne pas trop impacter
(financièrement) les fournisseurs.
Une idée d’un technicien pour éviter les doutes sur les données : les fournisseurs de déchets
pourraient majorer les données (entre autre de radionucléides). Mais l’Andra lui répond qu’une
telle majoration augmenterait le coût des déchets, donc les fournisseurs ne le feront pas.
(Perso : on apprend ici, implicitement, que les fournisseurs « risquent » de
minimiser les données sur les colis, pour faire des économies. Est-ce normal ?
Raisonnable ? )
P 391
On voit ici tout le poids que représentent les fournisseurs de déchets par rapport à l’Andra. Comme
les informations sur les déchets, l’Andra propose aux producteurs de leur fournir des fiches par
familles de déchets. Mais les fournisseurs renâclent à obtempérer. L’Andra n’est qu’un
faire valoir pour l’enfouissement, mais pas le chef. Ce sont les fournisseurs de
déchets qui financent Cigéo, donc ce sont eux les maitres du jeu.
Page 38 sur 44
IV.3. DÉFINIR DES MARGES SUR LES INVENTAIRES RADIOLOGIQUES
L’inventaire et les informations sur les déchets faits par EDF et le CEA sont très insuffisants, sinon
manquantes. Andra leur a demandé de palier à ces manques. Réponse : on n’a pas le temps et il faut
demander à d’autre de faire notre travail.
Là encore on voit la force des producteurs de déchets par rapport à l’Andra .
Pour palier à ces manques l’Andra propose de faire des estimations : « inventaire de référence » de
l'« inventaire de base ». L’inventaire de base est celui au plus prêt de la réalité, l’inventaire de
référence est estimé selon différents critères. Ils l’appellent inventaire « enveloppe » (ou fourchette,
dirait-on ailleurs). En fonction de différentes familles de déchets.
P392
IV.3.1. DIFFÉRENTES MARGES EN FONCTION DES NIVEAUX DE CONNAISSANCE
Texte assez complexe, ou pas très clair. Ce que j’en déduis : les marges, ou jeu fonctionnel, sont
divisées par deux entre la réunion revue 2b et la revue 3. Il y a seulement les déchets où l’Andra
n’a aucune information, que les marges sont multipliés par 10 en fonction de la famille à laquelle
appartient le déchet. (la famille est à évaluer par l’Andra).
Il semble que plus de la moitié des déchets ont des fiches insuffisantes !
Certaines marges sont très insuffisantes, car il ne faut pas faire peur :
Lors de la discussion de ce point en réunion, le directeur du service Colis et matériaux (DRD/CM)
souligne que pour certaines familles, l'activité maximale par colis associée à un radionucléide peut
être dix mille fois supérieure à l'activité moyenne. Si appliquer un tel facteur de marge
systématiquement risquerait de « faire peur », ….
P 398
IV.3.3. CONSTRUCTION DES INVENTAIRES PAR ANALOGIE
Il semble que l’attribution de marge (c'est-à-dire une estimation de la variation de la radioactivité et
de la durée de vie) ne repose sur rien de fiable et de constant. Le choix de la méthode
d’inventaire choisi est également inconnu de M. Patinaux.
P 397
CONCLUSION PARTIELLE
Dans sa conclusion partielle, M. P. reprend l’idée qu’une détermination radiologique précise du
stockage ne poserait pas de problème, SAUF QUE les fabricants de déchets refusent
de donner les caractéristiques pour un nombre important de colis.
Sachant que ce sont les producteurs qui financent Cigéo, l’Andra doit subir le
manque de coopérativité (perso : avaler des couleuvres). Pour palier à ce
manque, l’Andra fait une estimation statistique radiologique des déchets,
avec un facteur important de facteurs aggravants, sauf que si les résultats
Page 39 sur 44
sont supérieurs aux maximums prévus, les chiffres de départ (estimations
pessimistes) sont revus à la baisse de façon à ce que les calculs entrent
dans les normes.
L’Andra est surtout vigilante et attentive pour la première période d’enfouissements, page 398 :
« Il s'agit au moins que les premiers temps de l'exploitation de
Cigéo se déroulent le mieux possible. »
(Perso : rappelons que les déchets bitumineux seront évités pour ce premier enfouissement car ils
sont trop instables !)
Page 399
CONCLUSION. UN EXERCICE RÉALISTE POUR UNE DÉMONSTRATION
ROBUSTE ?
Le programme Cigéo a pris du retard. La loi 2006 prévoyait une définition de
la réversibilité. La loi sur la transition énergétique ; cette définition est
abandonnée, Puis en 2015 l’autorisation de Cigéo est repoussé à 2017.
Auparavant une loi définissant la réversibilité doit être votée.
Page 400
Pour définir la réversibilité et faire voter Cigéo l’étude d’impact doit être robuste et
rigoureuse.
Pourtant, selon les besoins, l’Andra retient ou majorent certaines incertitudes, ou parfois
l’Andra les ignorent lorsque les calculs risquent d’être négatifs pour la demande
d’autorisation.
Exemple : la circulation des gaz dans l’EDZ de l’argile (couche superficielle brisée par les
forages). Si les calculs montrent que les gaz approchent ou dépassent la pression de fracturation de
l’argile, l’Andra n’en parle pas en espérant que personne ne posera de question.
Comme le directeur adjoint de la R&D l'a répété plusieurs fois la sureté doit aller vers une
représentation rassurante du stockage. La démonstration de sureté est un exercice qui
dépend principalement de sa présentation.
Page 401
Autre démonstration de sureté : les futures populations, dans plusieurs milliers d’année,
pourraient utiliser l’eau du sous sol. Pour l’Andra il n’y a pas d’exutoire naturel des radioéléments,
sauf à travers l’argile, dont très lentement et avec une dépollution naturelle. Donc le seul moyen
d’utiliser l’ eau du stockage qui sera obligatoirement polluée, sera de la puiser directement dans le
site. Heureusement l’Andra a calculé que la future population n’aura pas les capacités
techniques de creuser aussi profond.
Les producteurs de déchets nucléaires (AEDF, CEA) refusent de donner des caractéristiques de
leurs déchets. Comme ce sont eux qui paient Cigéo, l’Andra ne peut rien dire, donc l’Andra fait
des estimations radiologiques par familles de déchets. Cela pourrait paraître assurer une
démonstration de sureté robuste, mais en fait les estimations et facteurs sont calculés avec des
incertitudes.
Page 40 sur 44
Ces estimations et facteurs sont appelés « enveloppe », et à l’intérieur de ces « enveloppes »
l’Andra DOIT faire entrer les incertitudes attendues pour obtenir une démonstration robuste.
Celles-ci (hypothèses) se doivent d'être « enveloppe » c'est-à-dire de majorer les conséquences
potentielles sur la sûreté du stockage tout en restant « bestestimate » c'est-à-dire le plus
proche possible de l'évolution attendue du stockage.
Page 403
CONCLUSION
Le temps de décroissance radioactive est parfois très très long (des milliers d’années), d’où une
impossibilité de connaître avec précision l’évolution du site.
Plusieurs facteurs : internes ou externes. Donc prévoir précisément est impossible.
Incertitudes : à la fermeture du site l’eau pénétrera dans l’ouvrage rapidement (à la fermeture des
portes et l’arrêt de la ventilation), ou plus tardivement ? Quelle sera la rapidité de dégradations des
différents colis ? Et la migration à travers la roche ? A quelle vitesse les colis vitrifiés vont fondre ?
Les effets radiologiques du stockage à long terme ne peuvent être observés en quelques décennies.
Page 404
Avant 2005 l’objectif de l’Andra était de modélisé par calcul la sureté du site.
Mais à partir de 2005 les calculs et modèles mathématiques ne que sont que
des faisceaux d’argument.
A partir de 1991 l’Andra fait de multiples recherches qui complexifient encore plus les calculs.
Effet des couplages mécaniques + chimiques + thermiques + hydraulique + circulation gazeuse +
évolution des matériaux (dégradation ou nouveaux matériaux) + interaction avec l’argile + …
= ????
La démonstration était prévue pour démontrer une succession de barrière radiologique et devient un
faisceau de possibilités.
Cigéo : la complexification et l’inconnu du futur est similaire à ce qu’on disait de la fécondation :
l’actif spermatozoïde féconde la passive ovule. Alors que maintenant on sait que ce sont des
enzymes des uns et des autres qui entrent en action pour l’approche et la fécondité. (à l’origine les
savants n’envisageaient même pas l’existence des enzymes).
Page 405
Avec la complexité des recherches et des calculs, l’Andra a peu développé ses calculs liés aux
migrations radiologiques. Pour démontrer la robustesse du site l’Andra déplace légèrement la
notion de sécurité radiologique en sécurité technique.
Les calculs d’incertitudes permettent de sélectionner les incertitudes et leurs valeurs en fonction
des résultats qu’on veut obtenir.
Seul le calcul de la radioactivité qui arrivera à l’humain est un critère de sécurité dans la
réglementation française, donc l’Anda ne peut éviter les calcul d’impacts.
Page 41 sur 44
Page 406
I. DES OUTILS POUR APPRÉHENDER L'ÉVOLUTION DU STOCKAGE
L’Andra reconnaissant qu’une démonstration formelle de sureté est impossible, elle fait un
maximum de recherches qui concordent à convaincre que le stockage est sûr.
Page 407
Dans ce chapitre M. P. reprend les différents temps forts de l’Andra et du projet Cigéo.
1993, 4 sites géologiques à l’étude. Attention particulière à l’eau qui est le principal vecteur
potentiel de fuites de radionucléides.
2004 : le labo de Bure et études in situ et remise en cause de certaines données (entre autre la
circulation d’air, etc.)
2009 : Zira = Zone d’intérêt pour la Reconnaissance Approfondie = zone où pourrait se faire le
stockage.
La roche n’est pas seule en cause pour faire barrière aux radionucléides, il y a les colis et
matériaux, c’est le stockage « multi-barrières ». Donc études complémentaires avec des
laboratoires extérieures dans le cadre d’un groupement de laboratoires.
Barrières redondantes : la défaillance de l’une ne doit pas mettre en cause la robustesse
du stockage.
Pour les colis qui n’ont pas de caractéristiques fournies par les producteurs, la prise en compte de
marge (parfois 10) augmente la robustesse.
Pour étudier l’évolution du stockage, les chercheurs font preuve d’imagination.
Il y a des normes internationales pour évaluer la robustesse des stockages. Mais l’Andra
estime impossible la prise en compte de tous les paramètres, L’Andra s’en sert que pour
faire une liste de tout ce qui peu arriver et ne prend que les éléments les plus pertinents. L’Andra
les utilise aussi pour vérifier qu’elle ne passe pas à coté d’un scénario « possible ».
La CNE également vérifie le travail de l’Andra, page 409 :
« Son avis favorable à la construction d'un stockage à Bure – à condition que dix ans de
recherches supplémentaires ne remettent pas en cause ce projet – a sans aucun doute encouragé
les parlementaires à entériner ce choix en 2006. »
Outre la CNE, il y a plusieurs organisme qui vérifie le travail de l’Andra :
Conseil Scientifique de l’Andra, créé en 1994
l'AEN révélant que les pratiques de l'Agence sont souvent à la pointe de ce qui se fait alors dans les
pays de l'OCDE (cf. chapitre 5).
Par ailleurs, l'IPSN puis l'IRSN correspondent de manière régulière avec l’Andra.
Groupe Permanent Déchets
Enfin, en 2009, l’Andra sollicite l'AERES afin que celle-ci évalue sa structuration des recherches et
lui apporte une reconnaissance en tant qu'organisme de recherche.
Avant d’éditer des rapports, l’Andra collabore avec ces organismes, d’où un protocole de rédaction
strict, pour démontrer sa crédibilité. Mais parfois ce protocole est plus « souple » pour être plus
modulable.
Page 42 sur 44
De 1996 à 2009 les rapports de l’Andra montre que rien n’empêche le stockage et en même temps
que les analyses sont imparfaites, d’où la nécessité de poursuivre les recherches.
Depuis 2010 la réversibilité est un facteur important et primordial. L’Andra ne prouve pas la
sécurité absolue du site, mais ses ouvrages lui permettent « de convaincre et de se
convaincre » de la sureté de l’enfouissement.
Malgré cela l’ensemble des arguments fait assez « bricolage ».
Page 410 :
« Il n'y a pas de preuve ni de démonstration de la sûreté d'un stockage mais l'Andra a
développé, en relation avec d'autres institutions, tout un ensemble de pratiques qui
l'informent sur l'évolution de l'ouvrage et doivent lui permettre de convaincre (et de
se convaincre) qu'elle maîtrise le projet qu'elle conçoit. Lorsque l'Agence doit
produire une analyse de sûreté globale, l'arrangement des savoirs produits en un
ensemble cohérent montre néanmoins un certain bricolage. »
Page 410
II. GÉRER DES DÉCHETS POUR STABILISER L'INDUSTRIE ÉLECTRONUCLÉAIRE
« La nécessité d'enfouir les déchets nucléaires est avant tout dictée par le
besoin de poursuivre leur production. »
Enfouir profondément les déchets nucléaires est dictée pour le maintien de l’industrie
électronucléaire.
L’entreposage en surface ne peut perdurer sans risque pendant des milliers d’années. L’évacuation
géologique apporte une certaine stabilité, mais la stabilité des millions d’années passées
n’engage pas obligatoirement l’avenir. Il peut y avoir des accidents d’origine « naturelle » ou
humains.
Après l’abandon de l’immersion, l’évacuation géologique devient la solution. Si on arrête la
production nucléaire, les producteurs de déchets ne s’occuperont plus
de la gestion des déchets, où bâcleront le travail ! (page 411)
« Le temps des recherches peut permettre le développement de nouvelles
solutions techniques tout comme il peut laisser advenir de nouveaux arrangements
politiques. »
Il n’y a pas d’urgence car certains déchets doivent encore refroidir pendant des 10aines
d’années. Cependant pour la pérennité du nucléaire il faut montrer une stratégie crédible.
Ce sont les producteurs qui financent les déchets et Cigéo, donc il faut que
les coûts soient raisonnables et pas à n’importe quel prix. Plus de sécurité = plus
cher.
Depuis l'énonciation du principe Alara en 1977, l'optimisation économique de la gestion des
déchets nucléaires est un objectif. Quelque soit la géologie il est possible de stocker les déchets
(en Finlande et en Suède c’est du granit), mais il faut adapter les colis et les matériaux en fonction
Page 43 sur 44
des fuites possibles. Dans le granit les colis coûteraient beaucoup plus cher que dans
l’argile.
Page 412 : Comme il n’y a pas de géologie spécifique, le lieu de stockage sera là où
c’est accepté.
Il est possible de rendre un site plus sûr, mais dans ce cas il coûtera beaucoup plus, le tout est de
parlementer avec la population. La tractation entre Ségolène Royal et EDF le montre bien,
puisque la ministre a annoncé un coût beaucoup moindre que celui de l’Andra . Il y a tension
entre optimisation économique et sûreté. Pour avoir un moindre coût il suffit de calculer
sans variation possible, comme si tout irait bien sans aucun incident.
Il est difficile de choisir entre plus cher et plus sûr.
page 413
III. UNE HISTOIRE CONFLICTUELLE
L’enfouissement profond des déchets nucléaires a toujours été conflictuel (manifs, opposition
violente, etc.). Dans les années 1980 cette réaction était dangereusement politique. En 1991,
repoussant à quinze ans une décision définitive, l’état a reposé (tranquillisé) les esprits.
Dans un premier temps l’Andra fait croire que la géologie sera un critère important de la
sélection des sites, d’où le projet de construire 2 laboratoires. Ainsi l’Andra espère que les
uns espèreront que ce seront les autres qui auront le stockage, donc les populations
seront moins opposées frontalement. Mais au final un seul labo est envisagé. En
parallèle, à Bure, l’Andra se rend économiquement indispensable.
La création de la CNE (théoriquement indépendante) renforce l’aura de sérieux de l’Andra.
Page 415
De 1991 à 2013 l’opposition est discrète.
L’accalmie correspond à un changement de politique de communication et
avec la création du laboratoire, mais la seule concession de l’Andra est la
réversibilité.
A partir de 2013, avec la construction du stockage imminent, l’opposition monte plus au créneau.
De plus Fukushima relance la contestation.
L’exclusivité (interdit aux autres labos réellement indépendants) du
laboratoire par l’Andra apporte peu de contradiction étayée, et l’évaluation de
l’Andra ne se fait qu’avec des laboratoires moins richement dotés.
La réversibilité justifie à elle seule la poursuite du projet.
Page 44 sur 44
Page 416
La technostructure a toujours influencé l’état pour imposer l’enfouissement,
dans le but de permettre la continuité de l’industrie nucléaire.
Malgré les incertitudes sur son évolution et sur la sureté, la réversibilité et l’appui de chercheurs en
sciences sociales ont permit une désinhibition des peurs.
Réversibilité et désinhibition permettent à l’Andra d’avancer son
projet, malgré les incertitudes de sécurité.
FINTentative de synthèse de la thèse de doctorat de Leny Patinaux.
Leny Patinaux est historien des sciences. De 2012 à 2015, il est salarié de l’Andra pour écrire sa
thèse. Parmi les membres du jury de thèse figurera un membre de la direction de la recherche et du
développement de l’Andra, ce qui confère à son travail une forme de reconnaissance officielle.
(http://www.lemonde.fr/accesrestreint/
planete/article/2018/02/07/f97f241ce950ec86f9894f97f9ea5333_5252802_3244.html )
L’Andra lui donne accès à ses archives. Il est autorisé à assister à la plupart des réunions.
La thèse fait 470 pages ; Tout le monde ne la lira pas. Cette thèse, parue en décembre 2017, me
semble importante, car elle concrétise, quasiment officiellement, ce que les opposants dénoncent
depuis des années.
J’ai fait des petits résumés paragraphe par paragraphe, pour que le lecteur puisse facilement vérifier
mes résumés. Je pense que parfois des vérifications s’imposeront tellement ce qui est écrit est
surprenant.
Par exemple :
« Le président de la CNE, Bernard Tissot adresse ainsi cette remarque aux salarié.es de l’Andra à
propos de ce qui vient de lui être présenté :« J'ai vu beaucoup de diagrammes représentant la
période 10 000 ans - un million d'années. Vous savez tous, comme moi, que ce que
nous recherchons avant tout, c'est l'acceptation sociale. »
Autre exemple :
« Ces documents (calculs) faisant état des incertitudes de l'Andra, il est pointé qu'ils pourraient
être « mal interprétés » et que, dans les mains d'un contre-expert comme Bertrand
Thuillier, ils pourraient avoir un effet dévastateur. »
Autre exemple :
« Reconnaître la faisabilité d'un stockage sans en autoriser le creusement permet aux
parlementaires de reporter la décision d'implanter un stockage tout en permettant à l'Andra de
poursuivre son implantation à Bure où l'économie locale devient peu à peu dépendante des
subsides accordés en accompagnement de la présence de l'Agence. »
Comment lire ?
Les essais de résumés du texte de M. Patinaux sont en écriture normale. Parfois avec des mots ou
des phrases surlignées ou écrit plus grand quand je pense que c’est important.
Parfois je note : « perso » entre parenthèse, pour bien faire la différence entre le résumé du texte de
M. Patinaux et ce que je pense.
En italique et souvent encadré : des copiés-collés du texte originel de M Patinaux.
Je commence au chapitre V, car je n’ai pas pris de note avant ce chapitre. Mais il y a dans les
chapitres précédents plein d’informations à lire. (Entre autre, les difficultés à creuser les alvéoles,
les recherches dans le granite, etc.)
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Tentative de synthèse de la thèse de doctorat de Leny Patinaux:
La thèse est téléchargeable ici :
http://www.villesurterre.eu/images/stories/Patinaux-These-Rene-Original-min.pdf
Enfouir des déchets nucléaires dans un monde conflictuel.
Une histoire de la démonstration de sûreté de projets de
stockage géologique, en France (1982-2013)
Thèse dirigée par : Dominique Pestre
Soutenance du 11 décembre 2017
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CHAPITRE 5. LE DOSSIER 2005, UN RAPPORT
MASSIF AUX CONCLUSIONS MODESTES POUR UNE
POLITIQUE MESURÉE
1991 : Loi Bataille qui prévoit une demande de stockage profond dès 2007.
1998 : abandon des recherches d’enfouissement dans le granite de la Vienne.
2000 : abandon de la Mission Granite.
Suite à ces abandons, il y a concentration des efforts vers le sol argileux de Bure et création du
laboratoire à Bure.
L’Andra se concentre sur l’écriture d’un dossier de faisabilité robuste qui sera présenté en 2005.
Depuis la loi Bataille la réversibilité du stockage, possibilité de retirer les déchets, est imposée.
Dés 1991 la récupérabilité des colis est un enjeu de sécurité à l’intérieur de l’Andra car certains
chercheurs sont « favorables », d’autres « contre ».
Le dossier 2005 d’études présenté par l’Andra, a été évalué avec satisfaction par plusieurs
organismes : CNE, le Conseil Scientifique de l’Andra, AEN de l’OCDE.
(Perso : la plupart de ces organismes sont créés spécialement pour favoriser l’enfouissement
profond, sans autre choix !)
Depuis 1991, le traitement des déchets nucléaires par enfouissement est la
solution mise en avant et quasiment la seule retenue. (page 245)
En 2001, l'Andra a déjà publié un rapport destiné à tester la méthode employée pour démontrer la
faisabilité d'un stockage dans l'argile. Le dossier 2005 doit renforcer cette conclusion.
L’Andra ne peut pas certifier la sécurité du site, et le calcul d’impact radiologique sur un million
d’année n’est plus envisagé. Mais l’Andra doit travailler à accumuler des faisceaux de faisabilités
avec « mesure et humilité ».
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(Perso : nous voyons la préparation d’un travail manipulatoire en au moins 2 étapes : 2001 : un
rapport léger qui donne les lignes générales, puis 2005, un dossier qui se voudra plus scientifique,
plus fourni, donc théoriquement plus sérieux, surtout s’il renforce les idées de 2001.)
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I. PRÉPARER L'ÉCHÉANCE DE 2005 DÈS LE DÉBUT DES
ANNÉES 2000
I.1. UN CONTRAT POUR STRUCTURER LA RECHERCHE
Dès 1999 l’Andra doit prêter une grande attention aux sciences et techniques employées, mais aussi
« assurer un dialogue de qualité avec les élus, les associations et les populations
concernées ».
(Perso : bonne relation : est-ce ainsi que s’appellent les aides financières ?)
En 2000 : nouveau directeur général : François Jacq, ingénieur des Mines et docteur en
sociologie.
En 2001 l’Andra signe un contrat avec l’état, stipulant, en autre, que le stockage est l’objectif
prioritaire de l’Andra, avec pour but l’écriture du dossier 2005 montrant la faisabilité du
stockage.
En fait l’Andra ne doit pas faire directement les recherches mais constituer un réseau de
groupements de laboratoires qui font les recherches. L’Andra doit également développer les
publications scientifiques.
(Perso : ici nous voyons 2 arguments importants de l’Andra : l’Andra est affilié à plusieurs
laboratoires donc aura de la crédibilité ; et publiera beaucoup donc donnera l’apparence d’une
grande connaissance scientifique.
Mais ce labos sont-ils réellement indépendants ? Car la plupart dépendent financièrement de
l’Andra. Publier sur l’argile, l’hydrologie, etc., ne veut pas dire répondre aux questions spécifiques
de sécurité radiologique et nucléaire.)
I.2. LE DOSSIER 2001, UN DOSSIER TEST
Le Dossier 2001, premier dossier, est conçu comme un dossier test de préparation pour le dossier
2005.
Dossier 2001 = 2 dossiers ; 1 dossier de synthèse grand public (160 pages) et 1 dossier scientifique
de 300 pages.
Dans ce rapport 2 scénarios sont étudiés: un « normal » et un considéré comme altéré suite à des
scellements défaillants. Dans la version altérée , seule la migration d’une dizaine de radionucléides
est prise en compte, radionucléides choisis en fonction de leurs impacts sur le stockage. Mais cela
ne permet pas de donner une analyse robuste de sureté.
Dans le dossier 2001 : aucun élément rédhibitoire n’est trouvé.
Le dossier 2001 permet déjà d’être confiant dans les conclusions du dossier 2005.
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I.3. L'ÉVALUATION PAR LA CNE DES CALCULS EFFECTUÉS
En 2002 la CNE étudie le dossier 2001. Les calculs de sécurité effectués par l’Andra sont
complexes et doivent tenir compte du temps proche et du temps éloigné. Le but des calculs :
estimer les migrations de radionucléides. Se pose le problème de la complexité des éléments de
stockage et de la durée.
La CNE apporte plusieurs critiques : les éléments altérés (pénalisants) ne sont pas assez poussés.
Selon l’Andra les enveloppes des milliers de colis n’ont pas d’imperfection, pour la CNE c’est
impossible. Pour l’Andra la ressaturation en eau de l’argile se fera rapidement après la fermeture du
site, pour la CNE c’est trop optimiste. L’Andra ne prend pas en compte les modifications
géologiques dans le prochain million d’année, ni les conditions thermiques dans le stockage La
CNE critique des modèles de calculs de l’Andra.
Devant les critiques de la CNE, l’Andra a accepté d’améliorer ses outils de calculs.
(Perso : on voit comment la CNE veut faire accepter l’enfouissement profond : d’abord certaines
critiques sont faites, puis la CNE montrera que l’Andra a répondu magistralement aux attentes de la
CNE. Ainsi les députés et la population croiront à une CNE objective et impartiale)
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I.4. UNE REVUE INTERNATIONALE SUR LE DOSSIER2001
Un bilan du dossier 2001 est effectué par l’AEN (Agence de l’OCDE pour l’Energie Nucléaire).
Cette commission est formée par 8 experts internationaux. Le président Alan Hooper est conseiller
scientifique principal de Nirex, homologue britannique de l'Andra.
L’AEN souligne que l’Andra travaille avec de nombreux labos internationaux, ce qui démontre son
sérieux.
(Perso : c’est une remarque gentille de dépendance des petites structures étrangères par rapport au
gros financier qu’est l’Andra. Un esprit de recherches scientifiques « indépendant » avec des labos
dépendants de l’Andra.).
Globalement le bilan fait par l’AEN est très bon, le manque important noté par l’AEN est sur
l’hydrogène:
« Le seul manque important du Dossier 2001, identifié par l'équipe de revue, est l'absence de prise
en compte de la production d'hydrogène gazeux par la corrosion des conteneurs et de son
évacuation du stockage. Le dihydrogène est un gaz devenant explosif lorsque sa pression augmente
: son évacuation constitue donc un enjeu important pour la sûreté d'un ouvrage souterrain. »
(Perso : cette remarque est faite en 2003. Pour l’apprécier : voir la réponse faite par le directeur de
l’Andra sur l’hydrogène, lors de la commission parlementaire de mars 2018. (vidéo de 3
minutes) Grosso modo : on est au courant des risques, on a réfléchi, donc c’est bon, il n’y a plus de
problème. Sans plus d’argument technique.)
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Page 254
L’AEN donne une série de recommandations à l’Andra, dont les plus importantes concernent
l’écriture du rapport trop confus, le manque d’information sur l’hydrogène et la réversibilité. A part
ces remarques l’AEN félicite l’Andra.
(Perso : le rapport de l’AEN passe de la pommade sur l’Andra, beaucoup de pommade.
Mais il est quand même souligné que l’Andra ne répond aux questions principales : clarté, gaz et
réversibilité. )
Informations sur les gaz prises sur le pdf 268 du dossier 2005 Cigéo :
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I.5. LA RÉCEPTION DES CONCLUSIONS DE LA REVUE AEN PAR LA CNE
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L’AEN (Agence de l’OCDE pour l’Energie Nucléaire) présente son travail à la CNE et au Groupe
Permanent Déchets (GP) en 2003. Il s’agit avant tout de permettre à l’Andra de présenter un
rapport 2005 impeccable. M. Patinaux re-insiste : l’AEN a pour fonction d’encourager le
nucléaire.
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I.6. NE PAS ARRIVER SUR UN CONSTAT D'ÉCHEC EN 2005
La CNE (Commission d’Evaluation Nucléaire) est là théoriquement pour évaluer le travail de
l’Andra mais, en fait, a été créée pour favoriser exclusivement l’enfouissement, et son travail
consiste à conseiller l’Andra pour que ce programme soit réalisé.
« Le président de la CNE, Bernard Tissot adresse ainsi cette remarque aux salarié.es de l’Andra à
propos de ce qui vient de lui être présenté :« J'ai vu beaucoup de diagrammes représentant la
période 10 000 ans - un million d'années. Vous savez tous, comme moi, que ce que
nous recherchons avant tout, c'est l'acceptation sociale. Croyez-vous que vous
pourrez l'obtenir en présentant de tels diagrammes, où tout se passe à l'horizon de 100 000 ans... la
distance qui nous sépare de l'homme de Neandertal. […] La question essentielle […] est celle
de l'acceptation sociale. Croyez-vous que votre travail est une contribution en ce sens ? ».
Cette mise en scène n’est là que pour faire accepter socialement le programme
d’enfouissement profond à Bure.
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CONCLUSION PARTIELLE
Page 258
Il n’y a pas de modèle de démonstration de sureté internationale fixe. L’AEN est « gentille » avec
l’Andra mais la CNE est plus critique, car la CNE veut absolument que l’Andra présente un
dossier 2005 de stockage qui soit acceptable socialement, même si c’est impossible d’être
sûr des pronostics sur d’aussi longues périodes.
II. MONTRER LA FAISABILITÉ D'UN STOCKAGE
ET CONSTRUIRE L'ADHÉSION DU PUBLIC
En 2002 les travaux de labo ont déjà du retard : fonçage des 2 puits moins rapide que prévu, de
plus en 2001 il y a eu un accident qui a arrêté le chantier 1 mois. Estimation du retard : 1 an.
Le 15 mai 2002 un autre accident : 1 mort. Donc de nouveaux retards.
Le rapport 2005 ne sera peut-être pas prêt à temps et l’ambition de demander l’autorisation de
commencer le stockage dés 2006 est poussé à plus tard.
Page 260 :
II.1. ADAPTER LE PROGRAMME EXPÉRIMENTAL AU RETARD DANS LE CREUSEMENT
DU LABORATOIRE
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Plusieurs tests de migration de radionucléides étaient prévus dans le labo avant 2005, mais
suite aux retards des travaux, cela semble impossible. En suisse, au Mont Terri, l’Andra
participe à des recherches sur une argile similaire à Bure. Pour l’Andra la transposition des
résultats de migrations réalisés sur l’argile du Mont Terri à Bure est possible et donc valide.
(Perso : je ne sais pas s’il y a eu d’autre tests sur l’argile de Bure).
Pourtant, plus tard, les analyses de structure de l’argile (EDZ) après perçage (fonçage des puits et
forages des alvéoles) montreront de nettes différences entre ces deux argiles.
Page 261
II.2. L'IMPORTANCE RELATIVE DES ESSAIS DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Devant les retards des travaux et de la réalisation du laboratoire, l’Andra commence à dire
que l’utilité du laboratoire est surévaluée. L’Andra dit que ce labo ne sert à rien, contrairement à
ce qu’elle déclarait auparavant. En fait ce laboratoire est là pour « ancré » l’Andra dans la
région.
II.3. ANTICIPER L'APRÈS 2006 SANS COURT-CIRCUITER LE DÉBAT PARLEMENTAIRE
(Perso : ANTICIPER L'APRÈS 2006 SANS donner l’apparence de COURT-CIRCUITER LE
DÉBAT PARLEMENTAIRE)
L’Andra anticipe l’après 2006, et anticipe le stockage industriel, mais il faut le faire discrètement,
pour ne pas faire voir que tout est joué d’avance.
C’est au parlement de décider du stockage ou non, décision du parlement prise avec l’aide de la
CNE, créée pour favoriser l’enfouissement profond.
Il ne faut pas montrer que ce sont les « technostructures » qui commandent. Il ne faut pas montrer
que l’enfouissement est déjà commencé (pose de bornes, étude écologique, etc.). L’ANDRA et
la CNE ont déjà tout décidé, mais ils ne doivent pas le montrer, pour laisser
l’apparence de la démocratie !
Page 264
La démocratie se fait au parlement et au sénat, c’est pourquoi la CNE est primordiale pour
conseiller adroitement les politiques. D’autre part l’Andra peut s’appuyer et faire confiance à des
politiques influents haut-marnais et meusiens. Malheureusement tout n’est pas absolument joué, et
des incertitudes demeurent, c’est pourquoi la transparence et l’ouverture de débats
n’empêche pas l’existence de secrets.
Page 8 sur 44
II.4. UN APPRENTISSAGE COMMUN DE LA MANIÈRE DE DÉMONTRER LA SÛRETÉ ET
DE L'ÉVALUER
Ici l’auteur réitère et explique qu’aux yeux de l’Andra, il n’est pas possible de certifier quoi que ce
soit au fil du temps, des milliers d’années, mais que l’important est de laisser penser à une
démonstration solide et robuste.
(Perso : Écouter ce que déclare le directeur de l’Andra devant la commission de sécurité
en mars 2018.)
L’auteur explique le travail commun entre la CNE et l’Andra pour montrer que le travail est
sérieux. Ainsi la commission d’évaluation qu’est la CNE sera « agréablement
surprise » par le bon travail de l’Andra .
Page 266
L’auteur démontre la méthode de l’Andra : ne pas demander lui-même le stockage dès 2007, mais
dire que c’est possible de le faire, surtout si on continue encore les recherches.
Ainsi les gens penseront que ce projet est sérieux et sans danger.
L’Andra déclare ne pas faire de demande de stockage MAIS il faut que cela soit reconnu comme
LA SOLUTION ! L’Andra veut que ce soit les politiques qui fassent la demande.
L’Andra s’arrange pour que les 2 autres solutions pour les déchets ne le soient pas !
« Alors que l’Andra s'est implantée dans l'Est de la France comme un organisme de recherche, il
importe, au terme de la période dévolue aux recherches par la loi Bataille, que l'industrialisation
du projet de stockage puisse être engagée et que les deux autres voies de recherche
inscrites dans la loi de 1991 ne puissent plus être considérées comme
de potentielles solutions de gestion. »
Page 267
II.5. APPRÉCIER LES TERMES DU DÉBAT PUBLIC
Les scientifiques pro enfouissement regrettent que le parlement soit plus politique plus que
scientifique ! Donc avec des « résultats » incertains ….
L’Andra et la CNE « ne veulent pas » affirmer que l’enfouissement est sûr, etc. Ils donnent
l’apparence de laisser les politiques prendre leurs responsabilités.
P 269
CONCLUSION PARTIELLE
Après l'accident mortel de mai 2002, plusieurs discussions lors des auditions de la CNE portent sur
la stratégie à adopter pour appréhender l'échéance de 2005 et le débat parlementaire qui suivra.
La direction de l’Andra ne déposera pas de demande de construction d'un stockage en 2005 : elle
estime nécessaire de poursuivre les recherches à Bure durant dix ans avant de soumettre une telle
demande. Une telle proposition permet de reculer la décision sur l'implantation d'un stockage.
Elle permet aussi de laisser à plus tard le traitement des incertitudes qui existent encore dans
Page 9 sur 44
différents domaines (comportement de l'EDZ, scellement des ouvrages, gestion des gaz...)
Néanmoins, il importe tout de même que la loi qui sera votée en 2006 ancre
symboliquement le projet de stockage en faisant de celui-ci la solution nationale de
référence pour la gestion des déchets nucléaires. La décision sur l'implantation de l’Andra à
Bure est ainsi fragmentée et les responsabilités partagées entre les parlementaires, l’Andra et la
CNE.
Page 270
III. LE DOSSIER 2005 : UN RAPPORT MASSIF ET MODESTE
III.1. ORGANISATION DE LA RECHERCHE À L’ANDRA
III.1.1. LE CONSEIL SCIENTIFIQUE, CONSEILLER ET GARANT
Pour l’élaboration du dossier 2005, une structure nouvelle est crée : le Conseil Scientifique de
l’Andra : 12 experts extérieurs à l’Andra, nommés par le gouvernement. Comme la CNE, ce
conseil travaille à améliorer l’expertise de l’Andra, et apporte un autre crédit scientifique. Ce
conseil travaille en étroite relation avec l’Andra.
Page 271
La CLIS (Comité Local d'Information et de Suivi) a demandé à un organisme extérieur et
réellement indépendant de l’Andra, de faire une expertise. Cet organisme est américain : Institute
for Energy and Environnemental Research (IEER). Dés le début l’Andra déclare que l’avis de cet
organisme ne sera pas un avis « autorisé », et n’aura pas d’obligation de suite.
Comme les critiques de l’IEER sont bonnes pour l’Andra MAIS avec des réserves assez fortes,
l’Andra critique ouvertement l’IEER et refuse en partie de répondre à ses questions :
« La décision du Clis de commander une évaluation ponctuelle du travail de l’Andra à un
institut connu pour sa sympathie avec les mouvements environnementalistes
n'est pas perçue comme une opportunité d'obtenir du crédit, mais au contraire comme une
tracasserie risquant de briser le consensus scientifique autour de la qualité du travail de l'Agence.
La direction de l’Andra cherche à garder une certaine maîtrise sur les évaluations de
l'Agence. Les membres de l'IEER ont été reçu.es par l’Andra à Bure mais, contrairement à ce qui
leur a été annoncé lors de leur visite, leurs questions sur certains points précis sont restées sans
réponse. »
Pour l’Andra le CLIS est sorti de ses compétences. Si les commissions extérieures ne vont pas dans
le sens de l’Andra, comme le CNE, le Conseil scientifique, etc., l’Andra ne respecte pas ses
demandes :
« L'expertise scientifique des recherches effectuées à l’Andra n'est pas dans les missions du
Clis et il est nécessaire que chaque institution reste dans le rôle qui est le sien. Si l'ouverture
et la transparence sont deux principes vertueux auxquels l’Andra souscrit, ils
n'impliquent pas que tous les sujets puissent être discutés n'importe quand
avec n'importe qui – notamment alors que l'échéance de 2005 se rapproche et que le
programme expérimental dans le laboratoire de Bure accumule du retard. »
Page 10 sur 44
L’Andra refusera l’autorisation à l’IEER de faire des expériences dans SON laboratoire
(voir page 317) et cela empêchera toute contestation argumentée (page 415).
(Perso : bonjour la transparence, et le respect des interlocuteurs)
PAGE 273
III.1.2. UNE POLITIQUE SCIENTIFIQUE TOURNÉE VERS LE MONDE ACADÉMIQUE
Ici l’auteur précise que les ingénieurs de l’Andra ne sont pas vraiment les chercheurs, mais les
commanditaires d’études à des sous-traitants « indépendants » qui dépendent financièrement de
l’Andra. (Comme le souligne l’étude américaine IEER, vers la page 315)
Ces études ne sont pas là pour démontrer la « non dangerosité » de l’enfouissement, mais
pour montrer que l’Andra est sérieux ; avec, pour les chercheurs des primes
financières à la clé.
L’Andra publie de nombreux rapports pour augmenter sa réputation et écarter les critiques.
Page 274
En 2002, l’Andra envisage un congrès international, pour faire valider son sérieux. ….
Mais même à l’Andra des chercheurs se rendent compte que les études géologiques
poussées ne sont qu’un alibi de sérieux apparent, pour éloigner tout risque ……..politique.
Page 275
III.2. DES CONCLUSIONS MESURÉES POUR UN DOSSIER CONVAINCANT
III.2.1. L'AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE SUR LE DOSSIER 2005
Le CS (Conseil Scientifique) donne un très bon rapport sur le dossier 2005 de l’Andra . Le CS note
que l’Andra a suivi ses conseils. Le CS estime que l’Andra démontre que le stockage dans l’argile
de Bure est fiable et robuste. Il note que rien ne s’oppose à l’enfouissement. Le CS note que
l’Andra a tenu compte de la réversibilité.
P 276
III.2.2. STRUCTURE ET CONCLUSIONS DU DOSSIER 2005
Effectivement, depuis 1991, les nombreux rapports, les nombreuses expériences, analyses, etc.,
montrent que l’Andra est performant, que l’Andra a développé des stockages simples et robustes,
tout en prévoyant la réversibilité. En fin du dossier 2005 l’Andra stipule qu’il faudra peut-être faire
des analyses sur un temps plus long.
P 278 :
L’Andra démontre qu’il a bien travaillé, mais il reste des incertitudes sur la sécurité, alors il
propose d’attendre encore 10 ans pour améliorer ses expériences et constats. M. Patinaux se
demande si c’est une tactique ? Reculer pour mieux sauter, mieux faire accepter ?
Page 11 sur 44
Page 279
III.2.3. CALCULS ET DONNÉES DANS LE DOSSIER 2005
La CNE se réjouis de la grande qualité du travail de l’Andra.
(Perso ; Quelle surprise !!!! Puisque depuis des années l’Andra et le CNE travaillent main dans la
main. Le CNE exigeant que l’Andra réponde à SES questions et SES demandes.)
La CNE apprécie également que c’est le directeur de l’Andra qui lui répond directement,
contrairement au précédent directeur qui était plus distant.
(Perso : Comme quoi une bonne appréciation ne vient pas que de la réponse apportée au problème,
mais « de qui » donne la réponse. Est-ce de la science ?)
Page 280
III.2.4. LA MÉTHODE COMME GARANTE DE LA CONFIANCE
P 281
Le premier tome du dossier 2005 est consacré à la sécurité, et surtout à la notion de confiance. Le
respect de normes internationales, et le travail en commun, aide à la confiance.
(Perso : pour l’harmonisation internationale : l’Andra ne respecte pas les points et techniques
internationaux. (C’est noté dans un autre chapitre de la thèse))
(Perso : Il est amusant de faire le rapprochement avec les pages 312 etc., en particulier la page 317
qui dit :
« Les membres du Clis approuvent la poursuite des expérimentations dans le laboratoire souterrain
et recommandent la « mise à disposition dans le laboratoire de niches dédiées à des
expérimentations réalisées par des organismes extérieurs, indépendants de l’Andra » . Jamais à
ma connaissance la direction de l’Andra n'a accepté une telle demande. Ce refus est révélateur
d'une part du pouvoir que confère à l’Andra l’exclusivité d’usage du laboratoire souterrain de
Bure, et d'autre part de la conscience qu'ont les experts de l'IEER, les membres du Clis et la
direction de l’Andra de l'asymétrie créée entre l'Agence et ses évaluateurs par l'exclusivité de
l'usage de cet équipement ».
Comme quoi on peut se vanter « d’harmonisation internationale », d’échanges, etc., mais refuser de
travailler réellement en commun.)
P 282
Ainsi, comme le chapitre 4 l'annonçait, le calcul d'impact radiologique ne joue plus un rôle central
dans la démonstration de faisabilité d'un stockage. …. Le Dossier 2005 n'est pas construit autour de
la production de ces calculs et ceux-ci n'occupent pas une place centrale dans ce rapport.
Contrairement à 2001, les calculs numériques n’ont plus la même importance, et la confiance ne
reposent plus sur ces calculs, surtout avec les temps très long pouvant aller jusqu’à plusieurs
millions d’année.
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P 283
Ici l’auteur explique que l’Andra a laissé tomber les calculs à long terme, mais qu’elle est fière de
ses calculs à court terme : comme un gage de la robustesse de l'analyse présentée.
L’auteur poursuit :
« Montrer la sûreté d'un projet de stockage suppose de s'en convaincre avant de
vouloir convaincre les autres. »
Ce qui est réellement différent de « être convaincu avant de vouloir convaincre les autres ».
« La démonstration de sûreté n'est plus une prédiction de l'évolution de l'ouvrage. »
Page 284
III.2.5. L'ACTION MESURÉE, UN ENGAGEMENT VERTUEUX
Lorsqu'en novembre 2000, M. de Franco, directeur de la sûreté à l’Andra, présente quelques
éléments de la démonstration de la sûreté d'un stockage aux étudiant.es de l'École Nationale du
Génie Rural des Eaux et des Forêts, il précise que pour construire la confiance, trois éléments sont
nécessaires : « faire preuve de modestie », « susciter le débat contradictoire » et « être
transparent ». L'analyse des risques est construite autour de trois arguments : « on a compris en
s'appuyant sur des connaissances scientifiques et techniques partagées (ou débattues) », « on n'a
rien oublié » et « on a prévu des parades »
A partir de ce moment M. Patinaux montre l’importance des chercheurs en sociologie,
pour montrer la robustesse du projet.
Page 286
Après avoir montré l’importance de la sociologie dans le travail de l’Andra , l’auteur écrit :
« Je commenterai peu la contribution à la sociologie de P. d'Iribarne. Comme le titre de son
rapport Les Français et les déchets nucléaires l'indique, son travail consiste à analyser ce que « les
français» pensent des déchets nucléaires. »
Ce sociologue affirme que les français craignent l’atome et les techniciens, mais paradoxalement,
font confiance aux techniciens pour gérer les déchets atomiques.
(Perso : n’y a-t-il pas manipulation ? quand on sait que le principal argument des anti-nucléaires est
justement le traitement des déchets.)
« Ainsi, il m'apparaît pertinent de souligner que les conclusions de P. d'Iribarne coïncident avec
l'action mesurée chère à M. Callon, P. Lascoumes et Y. Barthe, et avec la direction de l’Andra,
pour appréhender l'échéance redoutée de 2005. On peut noter que tous ces acteurs
travaillent ou ont travaillé à l'École des Mines de Paris. …. »
… et ont participé conjointement à plusieurs études.
L’approche conjointe de tous ces sociologues a transformé les rapports entre sciences et politiques.
Outre la recommandation d’ « approche mesurée » ils déclarent (et constatent) qu’il est impossible
de démontrer scientifiquement et formellement la sécurité du stockage, mais qu’on peut faire
confiance à des études croisées et redondantes. Le rôle de ces sociologues est important dans la
relation science, politique et social.
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Page 287
CONCLUSION PARTIELLE
La CNE et l’Autorité de Sureté Nucléaire trouvent le rapport 2005 de l’Andra « bon, solide et
fiable ».
(Perso : il ne faut pas s’en étonné puisque ces organismes ont travaillé avec l’Andra pour l’écrire !)
(perso : Il faut lire la conclusion directement dans le texte de M. Patinaux : très intéressant).
Grosso modo : suite à différentes expériences (AZF, Tchernobyl, etc) , les gens n’ont plus
confiance dans les spécialistes. Seuls les experts ont confiances dans les experts, car les
gens ne sont pas CAPABLES de comprendre les experts !!!!! donc :
« Le Dossier 2005 a d'abord une fonction politique : construire la
confiance dans la faisabilité du stockage en dehors des communautés scientifiques
ayant travaillé sur ce sujet et notamment chez les parlementaires. »
Page 288
ÉPILOGUE : UN DÉBAT PUBLIC ET UNE LOI
Après étude du dossier 2005, en 2006, dans sa conclusion « indépendante » le CNE explique que
tout a été étudié pour l’avenir des déchets, en conséquence la seule issue pour les déchets nucléaires
est l’enfouissement.
Le CNE confirme :
« Le grand intérêt porté par de nombreux pays étrangers aux recherches menées en France dans
ce sens (collaborations internationales) confirme ce point de vue. »
(Perso : Sauf que la « collaboration internationale » est financée par l’Andra, donc dépendant, ou
alors c’est avec des organismes pro-enfouissement.
Si c’est un organisme réellement indépendant de l’Andra , l’Andra dit que ce sont des écologistes.
(Voir l’épisode avec l’IEER, page 272))
Ensuite la CNE reprend l’idée de l’Andra, de continuer à faire des études après 2005, pour
augmenter le sérieux (scientifique).
Lors de ces débats publics de 2005 et 2006 l’inéluctabilité de l’enfouissement est remise
en question par certaines populations. L’entreposage en subsurface est
plébiscité. Pourtant l’enfouissement profond sera la solution choisie.
Page 289
Le rapporteur de la loi 2006 précise que la solution choisie par les nucléocrates est contestée, cela
ne peut venir que des écologistes (synonyme de Néandertaliens). Les arguments
techniques de ceux qui refusent l’enfouissement n’existent pas, ou ne sont pas crédibles !
La demande d’autorisation est reportée à 2015
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Page 290
CONCLUSION. OBLIGATION DE PRODUIRE UN RAPPORT CONVAINCANT ET
POURSUITE DES RECHERCHES
M. Patinaux redit que la seule issue étudiée sérieusement pour les déchets
nucléaires par le CEA, EDF, Areva, DGEMP, AEN,…, puis par le CNE, est
l’enfouissement profond.
Encore une fois l’auteur explique que l’Andra est reconnue internationalement, etc. par des
organismes internationaux, …., néanmoins l’Andra demandera un report de décision pour faire de
nouvelles analyses scientifiques. Ainsi l'Andra dilue les responsabilités, explique que
l’enfouissement est la seule issue et attend que ce soit les politiques qui devant un si beau
programme, réclament l’enfouissement.
Page 291 :
« Au contraire, la fragmentation des décisions dilue les responsabilités. Reconnaître la
faisabilité d'un stockage sans en autoriser le creusement permet aux parlementaires de reporter la
décision d'implanter un stockage tout en permettant à l’Andra de poursuivre son
implantation à Bure où l'économie locale devient peu à
peu dépendante des subsides accordés en
accompagnement de la présence de l'Agence. »
(Perso : Intéressant de voir qu’il est écrit dans ce rapport que la dépendance économique de la
région de Bure fait partie de la stratégie de l’Andra.)
M. P. explique que, dans le dossier 2005, l’Andra ne recherche plus de preuve mathématique (ou
même scientifique) de la sécurité, mais recherche la confiance des lecteurs et lectrices au premier
rang desquels se trouvent les parlementaires. Toute la dialectique (précaution de langage,
présentation, …) doit démontrer l’inéluctabilité du stockage.
La dilution des responsabilités est également une technique pour faire accepter un projet.
(Perso : cela ne veut pas dire que TOUS les cercles de scientifiques, et que TOUS les industriels
sont rallié à l’enfouissement ! C’est juste une façon de présenter les choses pour que l’auditeur le
pense implicitement ! D’où la nécessité de faire de la sociologie et de la psychologie !)
En 1990 l’Andra a voulu montrer la sureté globale du stockage par les
calculs, ce qui a écarté les discussions sur les éléments rédhibitoires. Puis
l’importance du calcul a été minimisée au bénéfice du laboratoire, puis en
2005 l’Andra explique que le laboratoire n’est plus nécessaire pour
démontrer la sécurité et pour prouver la faisabilité du stockage.
(Perso : est-ce que cela veut dire que l’étude d’éléments rédhibitoires a été bâclée ?).
Page 292
L’auteur explique clairement que derrière des apparences prudentes, modestes et responsables,
l’Andra, dans la la loi 2006, n’a pas respecté le débat public de 2005 ! Page 295 : « En 2006, les
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parlementaires votent une loi qui stipule que l'évacuation géologique est la solution nationale de
référence pour la gestion des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue ».
De plus l’auteur explique clairement que politiquement les millions investis en
Meuse et Haute Marne doivent être rentabilisé ….
Page 295
CHAPITRE 6. VERS LE CREUSEMENT DU STOCKAGE.
EXPÉRIMENTATIONS DANS LE LABORATOIRE
SOUTERRAIN, IMPLANTATION LOCALE ET RECHERCHES
EN SCIENCES SOCIALES
Le schéma du chapitre : la première partie donne des exemples techniques, deuxième partie
évaluation par une agence états-unienne, et la dispute sur la facture avec AREVA, EDF etc..
La troisième partie fait entrer la sociologie pour arrondir les angles, ou faire avaler des couleuvres.
Page 296
I. MULTIPLICATION DES ESSAIS DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Objectifs du labo après 2006, pour la demande de construction du stockage: faire des expériences
longues géophysiques et géochimiques. Il n’est pas question d’étudier sans à priori,
mais de montrer la faisabilité de l’enfouissement.
(perso : la conclusion est écrite avant l’étude.)
Page 297
I.1. ÉTUDIER LE COUPLAGE DES PHÉNOMÈNES AUX INTERFACES ENTRE LES
MATÉRIAUX
L’Andra veut étudier l’EDZ de l’argile.
EDZ : c’est la couche d’argile superficielle qui subit des modifications de structure suite au
creusement des tunnels, alvéoles, etc. Il y a modification de la température, de l’humidité, de la
sécheresse, de micro ou macro-failles ou fissures, d’échanges de gaz, échanges hydrauliques, etc.
De plus, il faut tenir compte des modifications cumulées.
L’auteur explique que l’Andra, devant les variations de l’EDZ, s’inquiète et étudie les risques de
migrations nucléides qui pourraient contaminer la biosphère plus rapidement que prévu.
L’Andra dit qu’elle a déjà prouvé que l’argile empêche les migrations de nucléides, mais doit , à
présent, étudier les effets de variations de l’EDZ, dues au creusement, ainsi que les variations de
structures (failles, etc.) dues au contact des chemisages (acier, bêton, oxygène, eau, chaleur, etc.)
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Page 299
Les fissures se trouvent surtout sur les grandes galeries centrales (accès); sur les alvéoles (HAVL)
ce sont des macro-fissures ou des fissures métriques. (Voir le texte originel, car plusieurs éléments
entre en jeu). Mais il ne faut pas sous-estimer les microfissures.
De plus il faut étudier les altérations et interactions entre les radionucléides vitrifié (verre), le fer
des colis et l’argile. Ces 3 phénomènes se combinant entre eux et aux autres.
Page 300
Dans les alvéoles HAVL : 3 situations évoluant dans le temps
1 : argile déssaturée en eau (chaleur, etc.) = condition oxydantes (à cause de l’O2 présent)
2 : la température diminue = le stockage re-sature en eau (perso : remplit d’eau ???) => Corrosion
anoxique qui produit du dihydrogène (explosif)
3 : corrosion générale et protection des colis HS, migration des nucléides dans l’argile.
(Perso : ATTENTION, car ceci ne se ferait pas (théoriquement) avant des millénaires)
Production hydrogène => augmentation pression => risque explosion et augmentation des
failles de l’argile. Donc théoriquement il faudrait ventiler, mais si sortie d’H2 = > également fuites
de radionucléides => il faudrait des scellements spéciaux permettant le passage de l’H2 et l’arrêt
des nucléides, mais cela n’existe pas en 2013.
(Perso : est-ce que en 2018 cela existe ?)
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Chapitre où l’auteur montre la complexité des risques, et une partie de la production d’hydrogène.
Page 301
I.2. MISE EN PLACE D'UNE EXPÉRIENCE DANS LE LABORATOIRE SOUTERRAIN
Plusieurs pages montrant les différentes expériences et les difficultés de forages des alvéoles et de
leurs déformations (appelée convergence). On voit que pour réussir à faire une alvéole rectiligne de
20 m, avec un chemisage réussi (sans trop abimé l’EDZ et avec un vide autour du tubage ni trop
grand ni trop petit pour limiter l’oxydation et la production d’H2) , cela a demandé beaucoup
beaucoup de travail et d’essais pratiques avec des conditions de creusements spéciales. (perso :
donc avec un coût de creusement important)
Page 308
CONCLUSION PARTIELLE
Après 2006 l’Andra semble incollable sur l’argile, contrairement à avant 2005. Par contre plus les
études avancent et plus la complexité des questions augmente.
M. Patinaux note que l’intérêt financier des chercheurs est de montrer des incertitudes donc de
poursuivre les études. Les orientations des recherches sont différentes avant et après la crise
financière de 2008, mais elles perdurent.
A partir de 2009 l’Andra négocie pour que ce soit l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de
l’Enseignement Supérieur (AERES) qui évalue sont travail. (Perso : pourquoi ?)
Il reste de grandes incertitudes phénoménologiques, par exemple sur l’espace entre les tubages et
l’argile, et sur les bétons poreux à l’hydrogène, et bloquant les radionucléides.
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II. IMPLANTATION LOCALE, GESTION DE LA CRITIQUE ET FINANCEMENT DU
STOCKAGE
II.1. OÙ IMPLANTER LE STOCKAGE ?
Entre 1991 et 2005, la direction et les communicant.es de l’Andra l'ont
maintes et maintes fois répété : le laboratoire souterrain ne sera pas
transformé en stockage géologique. Cependant, comme le soulignaient déjà
les conclusions du programme Pagis à la fin des …… …. Dès lors, les études menées par les
géologues de l’Andra en Meuse et en HauteMarne sont destinées à qualifier les possibilités d'un
stockage dans l'argilite du Callovo-Oxfordien ….
L’Andra l’a moult fois répété : la création du labo n’est pas un engagement de stockage sous Bure.
MAIS finalement les chercheurs se demandent pourquoi ne pas l’implanter ici ?
(Perso : Comme dirait Desproges : « Étonnant, non ? »)
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La création du laboratoire, théoriquement, ne devait pas entrainer le stockage, mais « finalement »
ce labo est situé dans un endroit de choix pour construire le stockage.
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(Perso : ouf, l’Andra a eu de la chance de ne pas se tromper d’endroit …. :o))))
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Selon la loi de 2006, après un débat public et une loi déterminant la réversibilité, l’Andra prévoit de
déposer la demande d’autorisation de Construction (DAC) en 2015 :
« En 2005, l’Andra a démontré que la construction d'un stockage est possible sur toute la zone de
transposition. »
(Perso : En fait l’Andra n’a rien démontré mais à déclaré que c’est possible. (Voir les déclarations
de 2005, et les expériences faites qu’après 2006 (voir ci-dessus page 308))
L’Andra doit définir la ZIRA (Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie),
choisir le meilleur emplacement : épaisseur de l’argile, profondeur, qualités, etc.
« Les puits d'accès doivent être dans une zone boisée et le stockage ne doit
pas être situé sous des zones urbanisées – afin de limiter les critiques plus
que pour limiter les risques. »
(Perso : Tout est dit : le bois ne sert qu’à cacher et limiter les critiques !)
Le choix de la ZIRA fait l’objet de négociation avec les politiques et la CLIS autour de Bure,
puisque l’Andra a démontrée en 2005 que c’était possible.
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II.2. L'ÉVALUATION DIFFICILE DES RECHERCHES EFFECTUÉES PAR L’ANDRA
En 2009, la CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi) de Bure demande une expertise
extérieure à l’Andra qui justifiera ou non le ZIRA. L’expertise choisie est américaine : l’IEER
((Institute for Energy and Environemental Research).
II.2.1. LES EXPERTS DE L'IEER SUBMERGÉS PAR LA DOCUMENTATION DE L’ANDRA
Page 313
L’IEER est un laboratoire d’expert aux moyens financiers limités, donc avec un personnel limité en
quantité. Les critiques de l’IEER en2009 sont moins sévères que celle de 2005.
En 2005, l’IEER trouvait que l’Andra manquait de transparence.
En 2009 l’IEER est submergés de documents. Mais avec un personnel limité en nombre il est
difficile de tout analyser.
Dans ses conclusions l’IEER débute par dire que l’Andra est au top en ce qui concerne la recherche
en laboratoire souterrain, que son travail est impressionnant et remarquable. MAIS ….
Page 314
II.2.2. DES CRITIQUES DISCRÉDITÉES
Les salariés de l’IEER se sont trouvés submerger de documents, de plus assez mal classés et non
caractérisés selon des problématiques. L’IEER fait 4 critiques principales ;
1 - Dossiers trop fouillis ;
2 - inventaire des déchets n’est pas assez clair (perso : Cela est normal, voir la fin de ce rapport la
guéguerre entre EDF et l’Andra, vers les pages 385 …),
3 – méthode d’évaluation des risques probabilistes alors que la réglementation française stipule des
méthodes déterministes.
4 – SURTOUT : l’Andra estime trop facilement que l’argile sous Bure est homogène.
A ce dernier point l’Andra répond qu’elle a tenu compte de variations de structure, et qu’elles ne
constituent pas une « hétérogénéité » pour autant.
L’Andra déclare que l’IEER n’a pas étudié tous ses documents où justement les situations
dégradées étaient étudiées.
Globalement l’Andra n’est pas gênée par l’IEER, au contraire elle souligne les félicitations de
l’IEER sur l travail effectué. De plus l’Anda n’a aucune obligation de répondre aux arguments de
l’Andra, et l’IEER n’est qu’un petit laboratoire étatsunien.
(Perso : conclusion : circuler il n’y a rien à voir !)
Dans le texte qui suit, l’auteur explique que si la CNE critique l’Andra, c’est primordial pour
l’Andra, mais si les critiques viennent d’un (petit) organisme étranger ce n’est pas important et
l’Andra n’a pas à y répondre, où si elle répond c’est par condescendance.
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Le meilleur moyen de répondre à l’IEER, considéré comme une « tracasserie inutile », c’est soit
d’ignorer ses remarques, soit le noyer de docs. Tout en expliquant qu’ils ne comprennent pas par
« opposition culturelle ».
Page 317
Suite au rapport de l’IEER, la CLIS approuve la poursuite des recherches en labo par l’Andra et
demande que l’IEER y participe ou puisse faire ses propres expériences dans ce labo.
A la connaissance de M. Patinaux, cela n’est jamais arrivé.
(Perso : L’Andra n’aimerait pas une contre expertise réellement indépendante ?)
II.3. UN STOCKAGE TROP CHER
(Perso : ce qui vient : on pourrait croire que c’est de l’humour ! )
Durant 2010 la principale remise en cause ne vient pas des opposants
(ecolo, etc), mais des producteurs de déchets, EDF en tête. Leur critique n’a rien
à voir avec la faisabilité ou la sécurité (car ce sont eux qui veulent cet enfouissement), mais sur le
prix ! Car ce sont eux qui paient.
(perso : les payeurs, c’est aussi un « petit peu » les citoyens …)
Depuis 2005, l’Andra refuse toute communication sur le coût.
(Perso : tient, où est passé la transparence ?)
P 318
Juin 2010 : EDF écrit au président de la république pour que l’Andra travaille avec les producteurs
de déchets nucléaires (EDF, Areva, CEA).
Ces 3 producteurs travaillent depuis 2010 à un enfouissement beaucoup moins onéreux
que celui proposé par l’Andra .
Refus de l’Andra.
(Perso : Ce conflit serait-il un moyen de faire croire au sérieux de l’Andra ? Andra serait-elle si
citoyenne ? si « solide et fiable » ? ou est-ce une manoeuvre de psychologue et sociologue pour faire
accepter l’enfouissement selon l’Andra ? (voir le rôle de sociologue dans l’acceptation du projet,
car en fait l’Andra explique que c’est un stratagème d’acceptabilité).)
EDF, le CEA et Areva considèrent que les travaux de recherches tardent
trop, et, surtout que les ouvrages souterrains sont trop longs par rapport à la
quantité de déchets à stocker.
Page 319.
Proposition des producteurs :
 non nécessité de doubler les galeries. Une seule galerie pour le creusement, l’évacuation des
déblais puis la manipulation des colis.
 Creusement des galeries en une seule fois, et non au fur et à mesure. (perso : l’argument de
l’Andra expliqué dans ce rapport, c’est que des tests d’argile complémentaires se feront au
Page 21 sur 44
fur et à mesure du forage, et permettront de mieux travailler au fur et à mesure des
creusements)
 Andra propose trop de galeries et de croisements.
 Alvéoles rallongées de 40 à 130 mètres pour les produits vitrifiés, donc réduction du nombre
d’alvéoles et réduction des galeries d’accès de 100km à 40 km.
 Changement de l’organisation du stockage.
 Andra profiterait des connaissances industrielles des producteurs de déchets.
EDF et Cie mettent en avant que ce sont eux les financeurs de l’enfouissement, et ce sont eux les
industriels (techniciens)
(Perso : ce chapitre m’a l’air primordial, car il montre que pour EDF la
sécurité passe après la finance.)
P 320 :
EDF voudrait que l’ASN étudie leur propre projet.
Refus de l’ASN à cause de la loi 2006.
(Perso On pourrait presque croire que l’Andra fait partie des résistants. (Zadistes ?))
Il faut rappeler qu’en 2009 forer une alvéole de 20 m rectiligne était un gros (très gros) problème
(perso : voir précédemment dans ce rapport), alors une alvéole de 130m est impossible pour
l’Andra.
Ce qui inquiète le plus l’Andra c’est la remise en cause de sa conception.
Ce qui inquiète encore plus l’Andra c’est qu’à cause de projet comme EDF, l’Andra
perde sa crédibilité auprès de la population.
Page 321
CONCLUSION PARTIELLE
L’Andra jouit d’une excellente réputation, bien que cela ne soit pas toujours facile.
Il est à nouveau souligné que les chercheurs autres que l’Andra sont INTERDITS de
recherches dans le laboratoire. Ce qui donne toute sa nuance au travail commun avec d’autres
chercheurs, etc., ex : l’IEER est interdit de recherche dans le labo.
A partir de 2010 l’Andra rentre en conflit avec les producteurs de déchets, pour des raisons
économiques !
(PERSO : Tout le chapitre est à lire.)
Les producteurs de déchets remettent en cause la réversibilité pour des
raisons économiques.
(Perso : On pourrait croit que l’Andra est sûr de sa réversibilité. Donc on croit presque que Cigéo
est sérieux. Mais il ne faut pas oublier que l’Andra VEUT l’enfouissement, et que depuis 2001, tout
est fait pour donner l’apparence du sérieux et que tout est dans la communication (voir les chapitres
précédents et suivants))
Page 322
L’Andra travaille à paraître sérieuse auprès du public et craint les démarches d’EDF :
Page 22 sur 44
« Toutefois, cette opposition entre les dirigeant.es de l’Andra d'une part et
d’EDF, d'Areva et du CEA d'autre part sur le coût du stockage dure
jusqu'en janvier 2016 où le coût du stockage est finalement fixé par un
décret signé par la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, Ségolène Royal :
le stockage coûtera 25 milliards d'euros c'est-à-dire un peu plus que le
chiffre annoncé par les producteurs (20 milliards) et nettement moins
que celui qu'ont calculé les ingénieur.es de l’Andra (32,8 milliards). Le
ministère n'a pas communiqué comment il compte réduire de plus d'un
quart le coût du stockage calculé par les ingénieur.es de l’Andra. »
Page 323
III. SCIENCES SOCIALES ET GOUVERNANCE DE
CIGÉO
Bien qu’en 1990 certains chercheurs affirment que l’irréversibilité est une preuve de sécurité, la
réversibilité s’est imposée et est exigée dans la loi en 2006.
(perso : anticipons et faisons de la fiction : un jour s’il n’y a pas de réversibilité, les scientifiques
seront également satisfaits, donc si on supprime la réversibilité ils ne diront rien.)
La thèse de Yannick Barthe (sociologue) a permis de faire progresser le projet
d’enfouissement, d’une part en faisant accepter la réversibilité et d’autre part en
diluant les responsabilités dans le temps et dans les politiques.
« Un tel engagement vertueux des dirigeant.es de l’Andra, fondé sur la transparence et le dialogue,
repose sur leur responsabilité morale et la foi dans des institutions supposées garantes du bien
commun. Ce mode de gouvernance est censé susciter la confiance du plus grand nombre dans le
projet de stockage. Néanmoins, jusqu'à présent, l'argument d'un possible
retour en arrière dans l'exploitation du stockage a surtout servi à aller de
l'avant, et à engager celui-ci malgré les réticences et les oppositions d'un certain nombre
d'individus et d'organisations. »
L’Andra se déclare transparente et ouverte au dialogue, etc.
Cette nouvelle stratégie politique permet une plus grande acceptation de l’enfouissement. En fait
l’argument de réversibilité est un argument pour aller de l’avant.
(Perso : les promesses n’engagent que ceux qui les croient.)
Page 23 sur 44
P 324
III.1. QUELLE GOUVERNANCE POUR CIGÉO ?
Depuis 2006 l’Andra a engagé des chercheurs en sciences sociales.
Un philosophe coordonne ce groupe de travail qui fournira 3 thèses, dont celle-ci, financées par
l’Andra. (Perso : Quelle sont les 2 autres thèses de sociologies ?)
Parallèlement un nouveau groupe est créé = Comité d’Expertise et de Suivi de la Démarche
d’Information et de Consultation (Coesdic).
Les raisons de ces recherches en sciences sociales : maîtriser les débats publics passés (2006) et
futurs pour la demande d’autorisation Cigéo.
Cette démarche philosophique et psychosociale nucléocrate se fait également dans
plusieurs pays, et au sein de l’Agence Atomique de l’OCDE à partir de 2000, qui est un
pole d’échanges de recherches.
P 325
Liste et pédigrées des chercheurs.
Page 326
Ici l’auteur montre que le rapport des sociologues (Coedic) explique à l’Andra qu’il faut présenter
les incertitudes de manière positives et productives.
Et comme ce sont des points incertains, mais positifs, il faut s’attendre à des modifications du
« cahier des charges du stockage durant son exploitation ».
Donc les sociologues sont en train de préparer le terrain pour expliquer que les
« promesses » ne seront pas tenues, car il y a des incertitudes positives !
« L'optimisation technico-économique du projet pourrait ainsi se poursuivre
durant tout le temps de l'exploitation du stockage. »
« Pour les auteur.es de ce rapport (NDLR : le Coedic), cette flexibilité technologique du stockage
durant son exploitation est nécessaire pour permettre la réversibilité, « flexibilité politique » du
projet, désormais inscrite dans la loi. Cette réversibilité laisserait le choix aux « générations
futures » d'influer sur le projet de stockage. En cela, elle constitue un engagement vertueux pour les
membres du Coesdic. »
(Perso : C’est dit ! la réversibilité est réversible, ce serait « VERTUEUX »…)
Page 327
Les sociologues continuent à expliquer à l’Andra comment manipuler les citoyens :
Le groupe de sociologue explique que faire croire à un dialogue permet de manipuler, et d’avoir
« plus d’efficacité les actions d’optimisation technico-économiques »
( Perso : pourquoi pas mettre fin à la réversibilité, explication de l’expression technico-économique
est à la page précédente).
Puis l’auteur explique pourquoi il y a réversibilité, comment cela peut se passer techniquement, et
les difficultés que cela entrainent.
Page 24 sur 44
Page 328
« Dans la contribution du Coesdic aux réflexions sur la gouvernance de Cigéo destinée à la
directrice de l'Agence, il n'est jamais évoqué la volonté ou le besoin éventuel de ressortir
les colis du stockage – il en serait peut-être autrement dans un document public. »
(Perso : ici les sociologues n’envisagent même pas la réversibilité, c’est tout dire de leurs
intentions.)
P 329 :
« … D'une concession aux opposant.es à l'enfouissement des déchets nucléaires, la
réversibilité est ainsi devenue en vingt ans une opportunité industrielle. … »
C’et ce qu’appelle les sociologues des « incertitudes positives et productives »
Pour certains scientifiques l’enfouissement est un manque de confiance dans la science (article de
2016). Mais en fait dès 1994, le choix de l’enfouissement n’est autre qu’une
question d’argent, et non de sureté.
En 2000, en insistant sur les incertitudes positives et la réversibilité cela permet de réconcilier
enfouissement et progrès scientifique et de faire avancer le projet.
P 330
III.2. RÉVERSIBILITÉ ET MATÉRIALITÉ DU STOCKAGE
Pour Coesdic (gr sociologue …) le plus urgent – important c’est que le stockage commence, donc il
faut mettre en avant le séquençage de décision et la réversibilité, malgré les incertitudes de pouvoir
retirer les colis.
(perso : curieux pour des non scientifiques, théoriquement indépendants, surtout qu’ils approuvent
ce qui suit : )
« … si technologiquement la récupérabilité des colis est prévue, il est possible de douter
de l'enthousiasme des producteurs de déchets, qui restent propriétaires de
ceux-ci, à mettre en oeuvre une telle opération pour laquelle, par exemple, aucun
financement n'est provisionné.…. et la difficulté notamment de prendre des
décisions qui contrediraient les vues des dirigeant.es des producteurs de déchets dont,
en France, le pouvoir sur les choses nucléaires est particulièrement important. »
Donc ces sociologues acceptent que les producteurs ne veuillent pas de réversibilité, surtout qu’ils
savent qu’aucun financement n’est prévu.
(Perso : ce type de comportement est curieux pour des sociologues. En fait dans la présentation des
membres, page 324, on voit que ce sont tous des pro-enfouissements !!!!! Pour eux la réversibilité
est juste une manoeuvre de manipulation sociale, c’est tout.)
Ces sociologues savent que le lobby du nucléaire est puisant, et pour eux il n’y a qu’à
accepter ce que les nucléocrates décident.
Un autre exemple de manoeuvre du Coesdic : Lors du débat public en 2013, le
président du Comité, M. Gallon, a proposé de considérer le stockage géologique à 500 m comme un
entreposage en profondeur.
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M. Patinaux donne plusieurs exemples où les mots entreposage et stockage sont
confondus.
(Perso : c’est par ce genre de déviation du sens des mots que l’on fait prendre des vessies pour des
lanternes. Technique également utilisée par le patronnât, le gouvernement, etc.)
P 331
Pour le Coesdic, pour faire avancer l’enfouissement, il faut jouer sur les mots
et ne pas enfermer les mots dans leur signification ! (stockage en profondeur =
entreposage en surface = stockage ou entreposage subsurface = …)
(Perso : ce qui est étonnant pour des sociologues qui théoriquement expliquent l’importance du
poids des mots (en attendant le choc des neutrons ?)
Puis l’auteur insiste sur ce changement de mot, donc de paradigme. En reprenant les mots même
des opposants les sociologues veulent « déconstruire l’antagonisme entre l’Andra et les
opposants … et tenter de construire un monde commun. »
Mais comme le dit M. P, ce changement de sens des mots n’est nuisible
qu’aux opposants, et ne change rien au projet, aux incertitudes et aux
argumentaires.
Page 332
Mais soyons clair (et ne rêvons pas …) :
« … les responsables de l'aval du cycle nucléaire sont peu enclin.es à soumettre au dialogue des
choix stratégiques. Seules les modalités d'implantation d'un stockage (transport routier ou
ferroviaire des déchets, inscription des installations de surface dans le paysage, gestion des déblais
miniers...) sont discutables. »
III.3. MANIFESTER TOUS LES DIX ANS CONTRECIGÉO ?
Pour le Coesdic la concertation est un principe vertueux, même si de nombreux acteurs
reconnaissent qu’elle ne sert à rien contre les gros industriels (ex : en 2005 : la majorité
citoyenne contre l’enfouissement => on fait l’enfouissement !). L’auteur explique que pour les
sociologues cette (supposée) concertation entraine une rapidité dans le creusement du
stockage, puisqu’on pourra toujours en discuter après ….. :
L’auteur met également en doute les bonnes résolutions négociations et des responsables.
L’auteur souligne que plus le temps va passer plus les travaux vont avancer, plus l’argent
sera parti, plus il sera difficile de dire que ça n’a servi à rien.
Page 333
Les sociologues expliquent qu’il faut laisser croire à une négociation possible (et un retour en
arrière possible).
M. Patinaux montre l’importance et l’influence de M Gallon depuis 2000 : participation à plusieurs
thèses et recherches, en publiant ou co-publiant des ouvrages etc. Il est contemporain à plusieurs
autres philosophes sociologues politiques qui défendent la négociation ouverte et
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active, à condition qu’elle ne serve à rien (ex : en 2005 : Cigéo : la population =
non, en 2006 les « responsables » = oui !).
Pour lui il faut quitter le vieux monde pour entrer dans le monde moderne et donner
l’apparence de favoriser la « démocratie » : il est partisan pour que les travaux commencent le plus
vite possible, car après il sera toujours le temps de discuter.
(Perso : c’est la technique Macron ….)
Page 334
Ici M. Patinaux présente 2 livres qui sont sortis en même temps, 1 écrit par M. Callon qui a 2
casquettes : il fait partie de l’Andra et du groupe de sociologues Coedic (qui est présenté comme
organisme indépendant de l’Andra).
Vient l’analyse de « agir ans un monde incertain » :
III.4. AGIR PRATIQUEMENT DANS UN MONDE INCERTAIN
Selon M. Patineau, dans le livre « agir dans un monde incertain », les auteurs constatent que l’état et
les scientifiques perdent leur position dominante par rapport à des groupes de citoyens et de
discussion. Ils estiment qu’il faut laisser parler ces contestations, et les retourner pour
améliorer la démocratie. (Les « incertitudes positives et productrices »)
Page 336
III.5. LÉGITIMITÉ, VOLONTÉ, POUVOIR ET CÉCITÉ
III.5.1. LA PARTICIPATION, SOURCE DE LÉGITIMITÉ DES DÉCISIONS
M. Patinaux analyse plusieurs livres ou rapports sortis en même temps, de sociologues différents,
mais qui donnent tous une analyse semblable des situations de conflit. Ils font tous apparaître qu’il
faut dialoguer entre « opposants » et « scientifiques et élus », et que grosso modo grâce à la
discussion un compromis sera possible et paraitra démocratique, donc acceptable par les citoyens. Il
est sous entendu que ce sont les citoyens qui s’alignent sur les élus et les scientifiques.
III.5.2. UNE DÉLIBÉRATION SOUS CONDITIONS
M. Patinaux explique que les écrivains des rapports ou des livres précédemment cités, parlent plus
de conflits sociaux où les 2 camps recherches un équilibre, mais que dans le cas de conflit
industriel et énergétique, les responsables industriels ne dialoguent pas,
surtout que leurs moyens financiers, beaucoup plus importants que les assos, leur
permettent d’éviter toute remise en cause.
Page 339
III.5.3. QUELLE VOLONTÉ ?
Ici l’auteur explique que les sociologues parlent de débats, discussions, etc. , en vue de faire évoluer
les pensées, mais il explique dans le même temps que plus on a d’intérêt personnel, et plus on est
puissant, moins on est souple et moins on envisage de changer de pensée.
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L’auteur montre que les discussions de l’Andra ne sont qu’apparences. Il
donne 3 exemples : le changement de mot de « réversible en entreposage »,
les relations de l’Andra avec l’IEER, et le refus de l’Andra d’envisager une
autre solution que l’enfouissement. Il est possible de parler de la couleur du
bâtiment, mais pas du bâtiment.
(Perso : les sociologues font croire à un dialogue possible, et, de ce fait, ils organisent et participent
aux mensonges.)
Page 342
III.5.4. POURQUOI PARTICIPER ?
Ici M. Patinaux réaffirme que les discussions avec la population ne sont qu’apparences, puisqu’en
fait il n’y a que la population contestante qui doit changer d’avis sur le nucléaire.
M. Patinaux réaffirme que les différents ouvrages et groupes de sociologues ne sont là que pour
donner l’apparence de concertation, donc pour faire accepter le programme décidé par l’Andra.
Page 343
CONCLUSION PARTIELLE
Ici M. Patinaux explique que l’Andra et consort, ont peur que les producteurs
de déchets nucléaires n’aillent trop vite et froissent la population. Il montre que la
démarche des sociologues et la consultation régulière de la population ne sont qu’un moyen de
faire accepter les travaux d’enfouissement. Il explique que la démarche est la même dans d’autre
problèmes sociaux ou industriels. Il insiste sur les reports de décision définitifs comme étant une
« bonne » technique d’acceptabilité. De plus il explique qu’en reportant et discutant les
décisions on peut faire évoluer les principes du début de discussion (ex la réversibilité).
(Perso : comme il l’a déjà dit précédemment, ce n’est pas l’Andra qui évolue, mais la population
qui DOIT évoluer ….)
Page 345
CONCLUSION.
ENGAGER LE PROJET DE STOCKAGE MALGRÉ L'EXISTENCE INEXORABLE
D'INCERTITUDES
Ici M Patinaux fait part de la contestation qui existe, fait part des incertitudes sur la sécurité et
l’incertitude des évolutions possibles du programme. Incertitudes reconnues par l’Andra. Il
souligne l’avantage de l’Andra à utiliser SEUL son laboratoire. Surtout il insiste
sur le rôle des sociologues qui engage l’Andra à forcer le début du
creusement des galeries, car rien n’est arrêté définitivement, donc le
programme peut évoluer. Donc malgré les incertitudes reconnues par l’Andra, il faut
montrer que l’enfouissement est sûr. C’est ce qui va être étudié au prochain chapitre.
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Page 349
CHAPITRE7. « NE PAS TROP SE FAIRE PEUR ».
SÉLECTIONNER DES HYPOTHÈSES POUR LES CALCULS
D'IMPACT ET ANTICIPER LEURS CONSÉQUENCES
M. Patinaux explique que les études de sureté ne sont pas fiables, mais que leur
accumulation prouve le sérieux et la sureté de l’enfouissement. Bien que les études
ultérieures peuvent tout remettre en question.
P 350
Ici M. Patinaux présente le chapitre qui suit. Il commence par expliquer que les études
sont faites, non pas en vrai scientifique de recherche à l’aveugle, mais en fonction de ce
qu’on veut leur faire dire. Il va décrire la création d’une revue (au sens bilan) créé par et
pour l’Andra. Il va expliquer les difficultés de connaitre l’état du site au bout de 100 ans
(donc au bout de 1000 ans ….).
P352
I. OBJETS ET DÉROULEMENT DES REVUES
La revue RFMD (2013-2014) est organisée et écrite par l’Andra. Elle demande beaucoup de travail
à temps plein du personnel de l’Andra. Il y a un double système d’écriture et de contrôle de ce qui
est écrit. Cette revue se fait en plusieurs étapes, appelées RFMD 1, puis RFMD 2a , puis RFMD 2b,
etc.
I.1. LARFMD-1, UNE REVUE SUR LES PHÉNOMÈNES ET LES CONNAISSANCES
M. Patinaux explique le processus de fabrication de cette première revue. Pour être bref je dirais
qu’une première mouture a employé une cinquantaine d’auteurs qui ont écrit 500 pages. Suite à
ces rapports, les directeurs de différents services de l’Andra ont formulés plus 200 questions. De
tout ce travail, le compte rendu tient en 2 pages de question-réponses courtes !
(perso : concentré que je ne sais pas faire ….)
P 353
M . Patinaux explique que la première revue sert à établir et calculer deux sortes de variables : les
variables géologiques et les variables dues aux constructions. Quelques soit ces variables, personne
ne peut certifier leurs réalité future.
M . Patinaux explique que les 2 variables précédentes sont soumises à 3 types d’incertitudes, grosso
modo :
1 : incertitudes techniques et mesures techniques utilisées
2 variables géologiques et de mise en oeuvre
3 : variable de l’évolution même du site.
L’ANDRA sélectionne les incertitudes négatives à l’enfouissement, et celles qui ne
joueront un rôle que plus tard. Elle écarte les incertitudes qui ne concernent pas la
première tranche des travaux !
Page 29 sur 44
(perso : Mais à la deuxième tranche des travaux ? pourra-t-on arrêter si c’est déjà commencé ?)
P 354
Les documents servant à l’écriture du RFMD-1 doivent être sélectionnés et remodelés avant de les
mettre entre toutes les mains, sinon ils pourraient être mal interprétés. L’ANDRA doit être
extrêmement attentive dans le choix des incertitudes et des mots
utilisés.
« Ces documents faisant état des incertitudes de l’Andra , il est pointé qu'ils
pourraient être « mal interprétés » et que, dans les mains d'un contreexpert
comme Bertrand Thuillier, ils pourraient avoir un effet dévastateur.
……….. »
355
I.2. LES REVUESRFMD-2A ETRFMD-2B, DES REVUES SUR LA CARACTÉRISATION
DU STOCKAGE
Il me semble comprendre que la revue RFMD-1 est l’ « ensemble » des connaissances théoriques
sur le stockage géologique et sur les techniques utilisées, alors que les revues RFMD-2A et RFMD-
2b sont plus proche de la réalité et analyses en particulier les déviations possibles par rapport à cette
réalité. Le RFMD-1 a pris beaucoup de temps, mais a été réalisé jusqu’à son terme, tandis que les 2
autres revues n’ont pas pu aller à leur terme faute de temps. L’ensemble de ces études est un
ensemble de calculs (de statistiques ? probabilités ? ) pour évaluer les risques.
(Perso : c’est la même méthode souvent employée: beaucoup de documents parfois qui ne servent à
rien, et peu de calculs vrais)
Page 357
III. FAIRE FACE AUX INCERTITUDES, FAIRE AVEC LES INCERTITUDES
Plusieurs fois déjà, et peut être à venir, M Patinaux note le rôle important de la direction de R&D, et
des directions de l’Andra . (Perso : Est-ce parce que le petit personnel ne suit pas la direction ????)
Ici M. Patinaux explique qu’il analyse la méthode de l’Andra, non la quantité du savoir et du
sérieux qu’elle détient.
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II.1. IGNORER LES INCERTITUDES SANS IMPORTANCE
P 358
On voit ici que l’Andra a étudié certaines options du stockage avec un aperçu théorique (ex :
longueur des alvéoles, production de gaz (hydrogène ?) ).
Mais les travaux seront payés par les producteurs de déchets nucléaires (EDF, etc.) qui veulent aller
vers un moindre coût ! Donc cela entrainera des modifications (chapitre 6, longueur des alvéoles,
etc.) qui entraineront d’autres incertitudes, en particulier sur la circulation de l’hydrogène. Les chefs
de l’Andra négligent volontairement ces incertitudes.
II.2. MAJORER LES CONSÉQUENCES POTENTIELLES D'UN PHÉNOMÈNE MAL
COMPRIS, LA SURPRESSION DANS LECALLOVO-OXFORDIEN
Exemple d’incertitude ou d’inconnu :
Ici M Patinaux montre qu’il y a une anomalie (imprévue) de l’argile locale qui est inexplicable : une
surpression hydrostatique qui fait varier les vitesses des circulations hydrauliques. Pour faire
face à cette incertitude l’Andra envisage les pires conséquences de cette anomalie, ce qui parait
sécuritaire ; Mais l’Andra calcul avec la valeur maxi trouvée de l’hyperpression, sans en connaître
la cause. Mais tant qu’on ne connaît pas la cause, on ne peut pas dire que le maxi retenu restera le
maxi, surtout avec le couplage d’autres anomalies, et le rajout d’autres éléments perturbants :
forage, chaleur, oxygène, hydrogène, etc.
Donc la majoration d’un phénomène n’est pas une preuve de sécurité, mais seulement un
argument politique. (page 360-361)
Page 361
I.3. PRENDRE EN COMPTE LES ÉVOLUTIONS DE LA COMPRÉHENSION DU
COMPORTEMENT DE LA ZONE ENDOMMAGÉE
Autre exemple d’incertitude, ou d’inconnu.
Ici M Patinaux explique que les forages et fonçages modifient la structure périphérique (appelé
EDZ) de l’argile des alvéoles et des couloirs. Avant 2005, l’Andra avait considéré que ces
modifications étaient les mêmes qu’en suisse (Mont Terri), mais depuis les chercheurs se sont
aperçus de variations notables qui amènent encore des incertitudes sur le devenir des échanges
gazeux, hydrauliques, etc.
L’ANDRA connaît également très mal l’EDZ dans les 30 mètres de la couche supérieure de l’argile
(appelé USC). Donc quelle évolution dans le temps ?
Page 363
II.3.1. REPRÉSENTATIVITÉ DES OBSERVATIONS DANS LA NICHE
On a vu précédemment les incertitudes avec l’EDZ. Il est reconnu que l’EDZ évolue avec le temps.
Mais pour l’Andra les revêtements et structures des canalisations empêcheront l’EDZ de travailler.
(Perso : les quelques cm de bêton, ou de ferraille empêcheront-ils le poids de 500 m de terres et
d’argile ? Empêcheront-ils le travail sismique, etc. ??? voir Socamine et les mouvements internes
des galeries (7cm de dérives par an réels au lieu de 1cm théorique).)
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L’EDZ de la couche d’argile supérieure a été très peu été étudiée. Alors l’Andra explique qu’il n’y
a peu de chance qu’il y ait une différence entre le coeur de l’argile (EA) et les 30 m supérieurs
(USC). L’Andra estime qu’il sera toujours temps d’étudier l’EDZ de l’USC
pendant le perçage, donc pendant la construction des galeries et de
l’enfouissement.
(Perso : voir ce que disait l’Andra avant 2005 et après 2005 sur l’EDZ . Avant : l’argile de suisse
est similaire à Bure, après 2005 : elle est différente. De plus même dans la zone de Bure il y a des
différences entre le centre de l’épaisseur de l’argile (mou) et la périphérie (plus dure), et des
différences de pression et de surpression. (voir ci-dessus))
Page 364
II.3.2. COMPORTEMENT DE L'EDZ APRÈS FERMETURE
Les scellements en fin de chantier (tunnels, descenderies, etc) , ou plus précocement en fin
d’alvéoles (bouchon) sont un point très important pour la sécurité, pour éviter les fuites de gaz
surtout avec les doutes liés à l’EDZ (voir précédemment). Pour l’instant ces scellements sont
loin d’être au point. Pour l’Andra il n’y a pas urgence à définir ces scellements puisqu’il y
a 100 ans de gestion.
[(perso : par contre il y a urgence à enfouir ? En 100 ans personne ne trouvera d’autres méthodes
pour rendre les déchets nucléaires non dangereux ?).
(perso : 100 ans, c’est faux puisqu’il y aura des fermetures d’alvéoles avant 100 ans)].
Néanmoins comme l’Andra doit déposer son « permis de construire », il faut que les évaluateurs
soient d’accord avec l’Andra et que cette optique (non urgence) soit acceptée, d’où une relation
permanente avec eux ;
« Dès lors, la démonstration de sûreté de Cigéo ne s'apprécie pas en
fonction de sa justesse mais en fonction de sa capacité à convaincre
ses évaluateurs. ».
Page 366
II.3.3. CIRCULATIONS GAZEUSES DANS LA ZONE ENDOMMAGÉE
Ici M. Patinaux explique qu’un autre problème est la perméabilité des bouchons.
D’une part il y a des perméabilités variables. L’Andra, pour faire croire qu’elle maitrise la situation,
intègre ses incertitudes (fuites) dans les calculs de risque. Mais l’intégration dans les calculs n’est
pas une solution, surtout quand les variables d’incertitudes s’accumulent.
D’autre part : S’il y a perméabilité, cela fait entrer l’oxygène qui accélère les corrosions, donc il
faudrait bloquer les gaz. Mais dans certaines alvéoles (MAVL, …) il y aura fabrication obligatoire
d’hydrogène, si le bouchon est absolument hermétique cela pourrait entraîner une surpression
gazeuse, qui sera inférieure ou proche de la rupture de l’argile, et même parfois pourrait la dépasser,
entrainant des fuites de nucléides.
La méthode pour montrer que l’Andra maitrise la situation un de ses directeurs déclare :
Page 32 sur 44
« on a été un peu light dans les docs, volontairement. Si l'IRSN est tatillon
là dessus sur leur instruction, on est limite. » .
La démonstration de sureté est donc politique. Comme dit M. Patinaux :
« Ici, la discrétion est envisagée comme solution pour gérer l'incertitude. »
Page 368
CONCLUSION PARTIELLE
Ici M. Patinaux fait un rappel des incertitudes, en soulignant que toutes les incertitudes relevées par
l’Andra ne sont pas de la même importance. Il reprend la manière de l’Andra de
répondre à ces incertitudes :
1 - lorsqu’il y a des fuites (avec plusieurs valeurs) sans qu’on connaisse la
cause, envisager la valeur la plus haute
2 - lorsque l’Andra ne peut agir comme il faudrait (bouchon hermétique),
elle considère que c’est un fonctionnement normal
3 - lorsque l’Andra ne peut pas répondre à des problèmes (incertitudes),
l’Andra s’arrange pour que les évaluateurs (institutions ou citoyen) ignorent
ou minimisent le problème.
(Perso : voir l’évaluation de l’Andra devant la commission de sécurité du parlement en
2018 concernant l’hydrogène et le creusement accidentel dans le site de stockage )
M. Patinaux rappelle que le meilleur argument pour l’Andra est l’apparence de la maitrise,
et la confiance que les évaluateurs ont dans son travail.
III. ÉTATS ET ÉVOLUTIONS DU STOCKAGE
M. P. rappelle que l’Andra, pour avoir l’autorisation de Cigéo, doit absolument donner un tableau
final du stockage lors de sa fermeture, et après, bien qu’il est très difficile (impossible ?) de prévoir
son évolution.
Page 370
III.1.1. LA VITESSE DE DÉGRADATION DU VERRE NUCLÉAIRE
Le verre contenant les radionucléides se dégradera et relâchera ses éléments radioactifs. C’est un
phénomène très lent qui est difficile à calculer. Cela dépendra de la qualité des verres, des
radionucléides, de la composition de l’eau qui aura oxydé les différents futs, de la quantité d’eau,
etc.
Page 33 sur 44
Page 371
III.1.2. COMPOSITION DES BÉTONS DANS TRENTE ANS ET ROBUSTESSE DE LA
CONCEPTION DU STOCKAGE
Le béton a un rôle important dans la robustesse de Cigéo. Mais personne ne peut dire comment sera
fabriqué le béton dans un siècle ; Même aujourd’hui il est impossible de connaître exactement la
composition des bétons, donc leurs décompositions chimiques et leurs évolutions propres et leurs
rôles dans la décomposition d’autres facteurs (futs, fer, etc.) sont encore moins calculables.
Page 372
III.1.3. DES ÉVOLUTIONS POSSIBLES DE L'INVENTAIRE ET DE L'ARCHITECTURE
DU STOCKAGE
M. Patinaux évoque encore des incertitudes ou carrément des inconnues officielles.
Incertitude dans les calculs de risques :
Il sera peut-être possible de combler le vide entre l’argile et la structure de chemisage des
alvéoles MAVL, et peut être le vide à l’intérieur de ces alvéoles. Mais en 2013 ce n’est pas sûr, il y
a donc des incertitudes qu’il faut intégrer aux calculs.
Page 373
Autre incertitude : la construction d’alvéoles « réserves » pour stocker des matériaux FAVL,
mais l’enfouissement de ces FAVL n’est pas certain. Ces réserves sont notées dans le
programme Cigéo, mais les plan n’est pas fait :
« Le représentant de la direction de l'ingénierie : « tant que je ne sais pas ce qu'il y a
dedans, je ne fais rien. Je ne ferai pas de quartier là-dessus. ». »
Autre inconnue parmi d’autre : l’Andra ne connaît pas exactement les
déchets qui lui seront imposés (même si elle en connaît une partie), car l’Andra ne
choisi pas ce qui sera stocker, même si l’Andra estime le conditionnement non performant, elle sera
obligée de stocker. Cela lui est et sera imposé par le CEA ou autres, par décret.
« Un participant de la revue s'inquiète : « il y a tout de même des trucs
merdiques là-dedans .. . »
Ces inconnues sont officielles lors du début, mais pendant les 100 ans les déchets à stocker
pourront changer, évoluer. Quid lors de la fermeture ? De plus il ne faut pas oublier que c’est le
financier qui commande.
III.2. SCÉNARIOS ET ÉVOLUTIONS DU STOCKAGE
III.2.1. CONSTRUIRE UN SCÉNARIO COMME ON RACONTE UNE HISTOIRE
M. P explique que l’Andra choisit un ou des scénarios alors que de nombreuses variantes sont
toujours inconnues, et limite les variations (hypothèses) pour ne pas rendre les calculs impossibles.
Les scénarios choisis seront fonction des résultats des calculs.
Page 34 sur 44
Page 375
III.2.2. RÉPARTITION DES COLIS DANSCIGÉO
Les radionucléides présents dépendent de l’ordre de stockage, de remplissage, appelé répartition. Ce
remplissage dépendra des l’ordre d’arrivée des wagons, donc sera incertain. Une répartition
« enveloppe » (perso : parfois on dit « fourchette ») est calculée, la plus pessimiste avec le plus
grand nombre d’incertitudes.
Page 376
M. P. explique que le « worst case » (le pire cas) est étudié en fonction des limites
maximum qu’on veut trouver comme radionucléides.
Les hypothèses retenues sont négociables pour éviter que les chiffres ne dépassent les
limites (par exemple un calcul dit « normal » se trouve déjà très proche des limites maxi).
La directrice adjointe de maîtrise des risques lui répond :« Oh non ! Ça se négocie
ce worst case. »
Il n’est pas question de calculer les risques en cas d’accidents ou incidents
simultanés.
(Perso : l’Andra n’envisage que ce qui rentre dans les clous, dans les « normes ». Si les calculs
dépassent les normes, l’Andra réduit les chiffres de départs !)
P 377
La construction de scénarios de répartition altérés se fait à partir d’un scénario « normal » ; Mais
dans ce scénario normal, il faut inclure quelques variantes possibles, donc ces mini scénarios altérés
à calculer modifient le scénario normal, qui lui aussi modifiera les scénarios altérés, etc.
L’ANDRA devant la difficulté de ces calculs, et devant le manque de temps va créer une
« répartition enveloppe » (répartition fourchette) qui simplifiera les calculs.
III.3. CHOIX DES EXUTOIRES ET CAPACITÉ TECHNIQUE DU GROUPE CRITIQUE
La dernière interrogation sur le scénario normal est la recherche d’exutoire
possible des radionucléides, afin d’éviter les fuites. Pour l’Andra il n’y a
pas d’exutoire (chemin d’évacuation rapide des radioéléments) naturel, néanmoins il évalue les
risques.
L’ANDRA fait l’hypothèse d’un puits au dessus du site qui pourrait accélérer les fuites de
radioéléments. La production d’eau calculée dans le puits est faible (10 litres/mn, soit 14m3/jour) et
cela ne peut pas intéresser un agriculteur. L’ANDRA calcul également pour 100 l/mn, car cela peut
varier avec l’évolution du climat. Ce scénario pourra éventuellement poser problème.
Les chercheurs de l’Andra ont également envisagé l’Ornain (rivière située à 10 kilomètres au nordouest
de la zone) comme exutoire, puis l’on écarté.
Incertitude : il faut calculer les exutoires sur plusieurs millions d’années à partir de base
d’aujourd’hui. Quelle sera l’évolution du climat et des personnes (alimentation, technique, etc.).
Aucun scénario de science fiction n’est étudié.
Page 35 sur 44
La production d’eau réelle de l’Oxfordien est faible et ne pourrait suffire qu’à un groupe de 4
personnes, appelé « groupe critique ». Vu le peu de production d’eau sa qualité
serait très mauvaise, donc inintéressante. Pour certains membres de l’Andra cette hypothèse
devrait être abandonnée, mais l’IEER l’a envisagé et l’Andra doit en tenir compte dans les
possibilités de questions parlementaires ou citoyennes.
Il est donc envisagé dans quelques milliers d’année un pompage sous le Calloco-Oxfordien (le
stockage), mais l’Andra met en doute la capacité technique à un « groupe critique » de personnes
de creuser à 1 000 mètres, donc l’hypothèse est abandonnée. Comme dit M. Patinaux, avec humour
page 380 :
« Le groupe critique a le bon goût d'être assez arrangeant avec les
salarié.es de l’Andra . »
Page 380
CONCLUSION PARTIELLE
M. Patinaux montre clairement que le choix des hypothèses de variantes et incertitudes (bêton, débit
et ordre du stockage, exutoire, …) doit permettre que les calculs de risques sont TOUJOURS
inférieurs au maxi de fuites de radionucléides donné. Il faut que l’Andra s’apprête à expliquer
pourquoi les hypothèses pessimistes sont éliminées.
Encore une fois, M. Patinaux remarque que la revue RFMD (Revue Finale des Modèles et
des Données) est plus politique que technique.
IV. CARACTÉRISATION DES COLIS ET INVENTAIRE
RADIOLOGIQUE DU STOCKAGE
IV.1. DRESSER UN ÉTAT DES LIEUX DES CONNAISSANCES SUR LES COLIS
IV.1.1. DES COLIS PARFAITS POUR LA PREMIÈRE TRANCHE DE CIGÉO
Page 382
M Patinaux explique que l’Andra veut des déchets au conditionnement
irréprochable pour sa première tranche de stockage (entre 2025 et 2030),
c'est-à-dire des déchets bien connus et caractérisés (perso : contrairement à la réalité), et bien
protégés, afin de diminuer les risques, des colis
Dans cette première tranche il ne faut pas mettre de produits
bitumineux, qui produisent de l’hydrogène et ne sont pas
« parfaitement stables ».
Pour les stocks ultérieurs, une si grande connaissance et attention sera moins nécessaire.
Page 36 sur 44
Le Groupe Permanent Déchets (GPD)réuni le 5 février 2013 a formulé une recommandation en
accord avec ce choix : il recommande que « les colis placés dans la première tranche
[d’exploitation de Cigéo soient] aussi passifs que possible, c’est-à-dire que leurs caractéristiques
[soient] très peu sensibles aux agressions qu’ils pourraient subir, afin de minimiser les
conséquences des incidents qui pourraient survenir durant cette phase et de pouvoir retirer ces
colis de manière aisée et sûre en cas de nécessité d’intervenir dans les alvéoles. »
Les producteurs de déchets sont et resteront propriétaires des déchets (même pendant le stockage).
C’est eux qui régleront la chronologie du stockage, de plus l’Andra devra se contenter
des informations techniques que les producteurs consentiront à lui donner.
Théoriquement une même famille de déchets devrait avoir des caractéristiques proches, mais
néanmoins avec quelques variations. Lors d’une réunion en 2013, les producteurs ont présenté
« un fut percé et un autre dont le fond est dessoudé ».
Comme l’a dit un technicien : « ce ne sont pas des cadeaux ».
Il est important pour l’Andra que la première tranche de stockage soit la moins
problématique possible.
Page 383
IV.1.2. ÉTABLIR UN ÉTAT DES CONNAISSANCES SUR LES COLIS
On voit que l’Andra met en doute les informations notées par les producteurs de déchets.
On voit qu’elle fait surtout attention pour les déchets qui pourraient être stockés en
premiers, et pour la demande d’ouverture de Cigéo.
P 385
IV.1.3. IDENTIFIER LES DONNÉES BLOQUANTES PARMI CELLES DONT L'ABSENCE
EST PRÉJUDICIABLE
L’ANDRA a sélectionné 23 caractéristiques de colis dont l’absence peut, ou, est bloquante. Ces
caractéristiques sont bloquantes soit pour tous les colis, soit en fonction du déchet. Mais
l’interdiction est portée pour le premier stockage, pour la demande d’autorisation Cigéo.
Ces informations manquantes :
« Parmi ces grandeurs, on trouve les dimensions des déchets, leur procédé de
fabrication, l'activité des radionucléides contenus, la puissance thermique, la
production de gaz, l'inventaire des toxiques chimiques... »
P386
IV.2. DÉFINIR UN INVENTAIRE RADIOLOGIQUE POUR CIGÉO
N’ayant pas eu le temps de vérifier les données des radionucléides, car les fabricants de
déchets ne les ont pas tous donnés, l’Andra invente la notion d’ « enveloppe », c'est-àdire
des valeurs comprises entre deux normes.
Page 37 sur 44
IV.2.1. CONSTRUCTION DES INVENTAIRES DE RÉFÉRENCE
Il faut lire le texte, mais grosso modo, cela revient à dire que les employés de
« l’Andra mettent souvent en cause les valeurs des déchets fournis par les
producteurs ».
Pourtant seul les producteurs peuvent connaître la composition des déchets, entre autre les
radionucléides. Donc l’Andra offre aux producteurs la possibilité de mettre les déchets dans des
« enveloppes », ou des fourchettes de valeurs. Cela facilite le travail des producteurs et fait croire
qu’il y a des valeurs définies aux déchets. Néanmoins il y a des déchets qui n’ont
aucune valeur définie pour entrer dans les enveloppes.
(Perso : C’est le flou « artistique ».)
P 389
IV.2.2. QUELLE CONFIANCE ATTRIBUER AUX DONNÉES FOURNIES PAR LES
PRODUCTEURS DE DÉCHETS ?
Ici M. P explique que l’Andra n’a AUCUNE confiance dans les données fournies
sur les déchets par les producteurs.
L’Andra construit une échelle de valeur des données absentes. Certaines absences de données
pourraient être contraignantes (refus du déchet). En fait l’Andra minimise les manques
de renseignements sur les déchets pour ne pas trop impacter
(financièrement) les fournisseurs.
Une idée d’un technicien pour éviter les doutes sur les données : les fournisseurs de déchets
pourraient majorer les données (entre autre de radionucléides). Mais l’Andra lui répond qu’une
telle majoration augmenterait le coût des déchets, donc les fournisseurs ne le feront pas.
(Perso : on apprend ici, implicitement, que les fournisseurs « risquent » de
minimiser les données sur les colis, pour faire des économies. Est-ce normal ?
Raisonnable ? )
P 391
On voit ici tout le poids que représentent les fournisseurs de déchets par rapport à l’Andra. Comme
les informations sur les déchets, l’Andra propose aux producteurs de leur fournir des fiches par
familles de déchets. Mais les fournisseurs renâclent à obtempérer. L’Andra n’est qu’un
faire valoir pour l’enfouissement, mais pas le chef. Ce sont les fournisseurs de
déchets qui financent Cigéo, donc ce sont eux les maitres du jeu.
Page 38 sur 44
IV.3. DÉFINIR DES MARGES SUR LES INVENTAIRES RADIOLOGIQUES
L’inventaire et les informations sur les déchets faits par EDF et le CEA sont très insuffisants, sinon
manquantes. Andra leur a demandé de palier à ces manques. Réponse : on n’a pas le temps et il faut
demander à d’autre de faire notre travail.
Là encore on voit la force des producteurs de déchets par rapport à l’Andra .
Pour palier à ces manques l’Andra propose de faire des estimations : « inventaire de référence » de
l'« inventaire de base ». L’inventaire de base est celui au plus prêt de la réalité, l’inventaire de
référence est estimé selon différents critères. Ils l’appellent inventaire « enveloppe » (ou fourchette,
dirait-on ailleurs). En fonction de différentes familles de déchets.
P392
IV.3.1. DIFFÉRENTES MARGES EN FONCTION DES NIVEAUX DE CONNAISSANCE
Texte assez complexe, ou pas très clair. Ce que j’en déduis : les marges, ou jeu fonctionnel, sont
divisées par deux entre la réunion revue 2b et la revue 3. Il y a seulement les déchets où l’Andra
n’a aucune information, que les marges sont multipliés par 10 en fonction de la famille à laquelle
appartient le déchet. (la famille est à évaluer par l’Andra).
Il semble que plus de la moitié des déchets ont des fiches insuffisantes !
Certaines marges sont très insuffisantes, car il ne faut pas faire peur :
Lors de la discussion de ce point en réunion, le directeur du service Colis et matériaux (DRD/CM)
souligne que pour certaines familles, l'activité maximale par colis associée à un radionucléide peut
être dix mille fois supérieure à l'activité moyenne. Si appliquer un tel facteur de marge
systématiquement risquerait de « faire peur », ….
P 398
IV.3.3. CONSTRUCTION DES INVENTAIRES PAR ANALOGIE
Il semble que l’attribution de marge (c'est-à-dire une estimation de la variation de la radioactivité et
de la durée de vie) ne repose sur rien de fiable et de constant. Le choix de la méthode
d’inventaire choisi est également inconnu de M. Patinaux.
P 397
CONCLUSION PARTIELLE
Dans sa conclusion partielle, M. P. reprend l’idée qu’une détermination radiologique précise du
stockage ne poserait pas de problème, SAUF QUE les fabricants de déchets refusent
de donner les caractéristiques pour un nombre important de colis.
Sachant que ce sont les producteurs qui financent Cigéo, l’Andra doit subir le
manque de coopérativité (perso : avaler des couleuvres). Pour palier à ce
manque, l’Andra fait une estimation statistique radiologique des déchets,
avec un facteur important de facteurs aggravants, sauf que si les résultats
Page 39 sur 44
sont supérieurs aux maximums prévus, les chiffres de départ (estimations
pessimistes) sont revus à la baisse de façon à ce que les calculs entrent
dans les normes.
L’Andra est surtout vigilante et attentive pour la première période d’enfouissements, page 398 :
« Il s'agit au moins que les premiers temps de l'exploitation de
Cigéo se déroulent le mieux possible. »
(Perso : rappelons que les déchets bitumineux seront évités pour ce premier enfouissement car ils
sont trop instables !)
Page 399
CONCLUSION. UN EXERCICE RÉALISTE POUR UNE DÉMONSTRATION
ROBUSTE ?
Le programme Cigéo a pris du retard. La loi 2006 prévoyait une définition de
la réversibilité. La loi sur la transition énergétique ; cette définition est
abandonnée, Puis en 2015 l’autorisation de Cigéo est repoussé à 2017.
Auparavant une loi définissant la réversibilité doit être votée.
Page 400
Pour définir la réversibilité et faire voter Cigéo l’étude d’impact doit être robuste et
rigoureuse.
Pourtant, selon les besoins, l’Andra retient ou majorent certaines incertitudes, ou parfois
l’Andra les ignorent lorsque les calculs risquent d’être négatifs pour la demande
d’autorisation.
Exemple : la circulation des gaz dans l’EDZ de l’argile (couche superficielle brisée par les
forages). Si les calculs montrent que les gaz approchent ou dépassent la pression de fracturation de
l’argile, l’Andra n’en parle pas en espérant que personne ne posera de question.
Comme le directeur adjoint de la R&D l'a répété plusieurs fois la sureté doit aller vers une
représentation rassurante du stockage. La démonstration de sureté est un exercice qui
dépend principalement de sa présentation.
Page 401
Autre démonstration de sureté : les futures populations, dans plusieurs milliers d’année,
pourraient utiliser l’eau du sous sol. Pour l’Andra il n’y a pas d’exutoire naturel des radioéléments,
sauf à travers l’argile, dont très lentement et avec une dépollution naturelle. Donc le seul moyen
d’utiliser l’ eau du stockage qui sera obligatoirement polluée, sera de la puiser directement dans le
site. Heureusement l’Andra a calculé que la future population n’aura pas les capacités
techniques de creuser aussi profond.
Les producteurs de déchets nucléaires (AEDF, CEA) refusent de donner des caractéristiques de
leurs déchets. Comme ce sont eux qui paient Cigéo, l’Andra ne peut rien dire, donc l’Andra fait
des estimations radiologiques par familles de déchets. Cela pourrait paraître assurer une
démonstration de sureté robuste, mais en fait les estimations et facteurs sont calculés avec des
incertitudes.
Page 40 sur 44
Ces estimations et facteurs sont appelés « enveloppe », et à l’intérieur de ces « enveloppes »
l’Andra DOIT faire entrer les incertitudes attendues pour obtenir une démonstration robuste.
Celles-ci (hypothèses) se doivent d'être « enveloppe » c'est-à-dire de majorer les conséquences
potentielles sur la sûreté du stockage tout en restant « bestestimate » c'est-à-dire le plus
proche possible de l'évolution attendue du stockage.
Page 403
CONCLUSION
Le temps de décroissance radioactive est parfois très très long (des milliers d’années), d’où une
impossibilité de connaître avec précision l’évolution du site.
Plusieurs facteurs : internes ou externes. Donc prévoir précisément est impossible.
Incertitudes : à la fermeture du site l’eau pénétrera dans l’ouvrage rapidement (à la fermeture des
portes et l’arrêt de la ventilation), ou plus tardivement ? Quelle sera la rapidité de dégradations des
différents colis ? Et la migration à travers la roche ? A quelle vitesse les colis vitrifiés vont fondre ?
Les effets radiologiques du stockage à long terme ne peuvent être observés en quelques décennies.
Page 404
Avant 2005 l’objectif de l’Andra était de modélisé par calcul la sureté du site.
Mais à partir de 2005 les calculs et modèles mathématiques ne que sont que
des faisceaux d’argument.
A partir de 1991 l’Andra fait de multiples recherches qui complexifient encore plus les calculs.
Effet des couplages mécaniques + chimiques + thermiques + hydraulique + circulation gazeuse +
évolution des matériaux (dégradation ou nouveaux matériaux) + interaction avec l’argile + …
= ????
La démonstration était prévue pour démontrer une succession de barrière radiologique et devient un
faisceau de possibilités.
Cigéo : la complexification et l’inconnu du futur est similaire à ce qu’on disait de la fécondation :
l’actif spermatozoïde féconde la passive ovule. Alors que maintenant on sait que ce sont des
enzymes des uns et des autres qui entrent en action pour l’approche et la fécondité. (à l’origine les
savants n’envisageaient même pas l’existence des enzymes).
Page 405
Avec la complexité des recherches et des calculs, l’Andra a peu développé ses calculs liés aux
migrations radiologiques. Pour démontrer la robustesse du site l’Andra déplace légèrement la
notion de sécurité radiologique en sécurité technique.
Les calculs d’incertitudes permettent de sélectionner les incertitudes et leurs valeurs en fonction
des résultats qu’on veut obtenir.
Seul le calcul de la radioactivité qui arrivera à l’humain est un critère de sécurité dans la
réglementation française, donc l’Anda ne peut éviter les calcul d’impacts.
Page 41 sur 44
Page 406
I. DES OUTILS POUR APPRÉHENDER L'ÉVOLUTION DU STOCKAGE
L’Andra reconnaissant qu’une démonstration formelle de sureté est impossible, elle fait un
maximum de recherches qui concordent à convaincre que le stockage est sûr.
Page 407
Dans ce chapitre M. P. reprend les différents temps forts de l’Andra et du projet Cigéo.
1993, 4 sites géologiques à l’étude. Attention particulière à l’eau qui est le principal vecteur
potentiel de fuites de radionucléides.
2004 : le labo de Bure et études in situ et remise en cause de certaines données (entre autre la
circulation d’air, etc.)
2009 : Zira = Zone d’intérêt pour la Reconnaissance Approfondie = zone où pourrait se faire le
stockage.
La roche n’est pas seule en cause pour faire barrière aux radionucléides, il y a les colis et
matériaux, c’est le stockage « multi-barrières ». Donc études complémentaires avec des
laboratoires extérieures dans le cadre d’un groupement de laboratoires.
Barrières redondantes : la défaillance de l’une ne doit pas mettre en cause la robustesse
du stockage.
Pour les colis qui n’ont pas de caractéristiques fournies par les producteurs, la prise en compte de
marge (parfois 10) augmente la robustesse.
Pour étudier l’évolution du stockage, les chercheurs font preuve d’imagination.
Il y a des normes internationales pour évaluer la robustesse des stockages. Mais l’Andra
estime impossible la prise en compte de tous les paramètres, L’Andra s’en sert que pour
faire une liste de tout ce qui peu arriver et ne prend que les éléments les plus pertinents. L’Andra
les utilise aussi pour vérifier qu’elle ne passe pas à coté d’un scénario « possible ».
La CNE également vérifie le travail de l’Andra, page 409 :
« Son avis favorable à la construction d'un stockage à Bure – à condition que dix ans de
recherches supplémentaires ne remettent pas en cause ce projet – a sans aucun doute encouragé
les parlementaires à entériner ce choix en 2006. »
Outre la CNE, il y a plusieurs organisme qui vérifie le travail de l’Andra :
Conseil Scientifique de l’Andra, créé en 1994
l'AEN révélant que les pratiques de l'Agence sont souvent à la pointe de ce qui se fait alors dans les
pays de l'OCDE (cf. chapitre 5).
Par ailleurs, l'IPSN puis l'IRSN correspondent de manière régulière avec l’Andra.
Groupe Permanent Déchets
Enfin, en 2009, l’Andra sollicite l'AERES afin que celle-ci évalue sa structuration des recherches et
lui apporte une reconnaissance en tant qu'organisme de recherche.
Avant d’éditer des rapports, l’Andra collabore avec ces organismes, d’où un protocole de rédaction
strict, pour démontrer sa crédibilité. Mais parfois ce protocole est plus « souple » pour être plus
modulable.
Page 42 sur 44
De 1996 à 2009 les rapports de l’Andra montre que rien n’empêche le stockage et en même temps
que les analyses sont imparfaites, d’où la nécessité de poursuivre les recherches.
Depuis 2010 la réversibilité est un facteur important et primordial. L’Andra ne prouve pas la
sécurité absolue du site, mais ses ouvrages lui permettent « de convaincre et de se
convaincre » de la sureté de l’enfouissement.
Malgré cela l’ensemble des arguments fait assez « bricolage ».
Page 410 :
« Il n'y a pas de preuve ni de démonstration de la sûreté d'un stockage mais l'Andra a
développé, en relation avec d'autres institutions, tout un ensemble de pratiques qui
l'informent sur l'évolution de l'ouvrage et doivent lui permettre de convaincre (et de
se convaincre) qu'elle maîtrise le projet qu'elle conçoit. Lorsque l'Agence doit
produire une analyse de sûreté globale, l'arrangement des savoirs produits en un
ensemble cohérent montre néanmoins un certain bricolage. »
Page 410
II. GÉRER DES DÉCHETS POUR STABILISER L'INDUSTRIE ÉLECTRONUCLÉAIRE
« La nécessité d'enfouir les déchets nucléaires est avant tout dictée par le
besoin de poursuivre leur production. »
Enfouir profondément les déchets nucléaires est dictée pour le maintien de l’industrie
électronucléaire.
L’entreposage en surface ne peut perdurer sans risque pendant des milliers d’années. L’évacuation
géologique apporte une certaine stabilité, mais la stabilité des millions d’années passées
n’engage pas obligatoirement l’avenir. Il peut y avoir des accidents d’origine « naturelle » ou
humains.
Après l’abandon de l’immersion, l’évacuation géologique devient la solution. Si on arrête la
production nucléaire, les producteurs de déchets ne s’occuperont plus
de la gestion des déchets, où bâcleront le travail ! (page 411)
« Le temps des recherches peut permettre le développement de nouvelles
solutions techniques tout comme il peut laisser advenir de nouveaux arrangements
politiques. »
Il n’y a pas d’urgence car certains déchets doivent encore refroidir pendant des 10aines
d’années. Cependant pour la pérennité du nucléaire il faut montrer une stratégie crédible.
Ce sont les producteurs qui financent les déchets et Cigéo, donc il faut que
les coûts soient raisonnables et pas à n’importe quel prix. Plus de sécurité = plus
cher.
Depuis l'énonciation du principe Alara en 1977, l'optimisation économique de la gestion des
déchets nucléaires est un objectif. Quelque soit la géologie il est possible de stocker les déchets
(en Finlande et en Suède c’est du granit), mais il faut adapter les colis et les matériaux en fonction
Page 43 sur 44
des fuites possibles. Dans le granit les colis coûteraient beaucoup plus cher que dans
l’argile.
Page 412 : Comme il n’y a pas de géologie spécifique, le lieu de stockage sera là où
c’est accepté.
Il est possible de rendre un site plus sûr, mais dans ce cas il coûtera beaucoup plus, le tout est de
parlementer avec la population. La tractation entre Ségolène Royal et EDF le montre bien,
puisque la ministre a annoncé un coût beaucoup moindre que celui de l’Andra . Il y a tension
entre optimisation économique et sûreté. Pour avoir un moindre coût il suffit de calculer
sans variation possible, comme si tout irait bien sans aucun incident.
Il est difficile de choisir entre plus cher et plus sûr.
page 413
III. UNE HISTOIRE CONFLICTUELLE
L’enfouissement profond des déchets nucléaires a toujours été conflictuel (manifs, opposition
violente, etc.). Dans les années 1980 cette réaction était dangereusement politique. En 1991,
repoussant à quinze ans une décision définitive, l’état a reposé (tranquillisé) les esprits.
Dans un premier temps l’Andra fait croire que la géologie sera un critère important de la
sélection des sites, d’où le projet de construire 2 laboratoires. Ainsi l’Andra espère que les
uns espèreront que ce seront les autres qui auront le stockage, donc les populations
seront moins opposées frontalement. Mais au final un seul labo est envisagé. En
parallèle, à Bure, l’Andra se rend économiquement indispensable.
La création de la CNE (théoriquement indépendante) renforce l’aura de sérieux de l’Andra.
Page 415
De 1991 à 2013 l’opposition est discrète.
L’accalmie correspond à un changement de politique de communication et
avec la création du laboratoire, mais la seule concession de l’Andra est la
réversibilité.
A partir de 2013, avec la construction du stockage imminent, l’opposition monte plus au créneau.
De plus Fukushima relance la contestation.
L’exclusivité (interdit aux autres labos réellement indépendants) du
laboratoire par l’Andra apporte peu de contradiction étayée, et l’évaluation de
l’Andra ne se fait qu’avec des laboratoires moins richement dotés.
La réversibilité justifie à elle seule la poursuite du projet.
Page 44 sur 44
Page 416
La technostructure a toujours influencé l’état pour imposer l’enfouissement,
dans le but de permettre la continuité de l’industrie nucléaire.
Malgré les incertitudes sur son évolution et sur la sureté, la réversibilité et l’appui de chercheurs en
sciences sociales ont permit une désinhibition des peurs.
Réversibilité et désinhibition permettent à l’Andra d’avancer son
projet, malgré les incertitudes de sécurité.
FIN



07/06/2018
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