En Bretagne, la lande a perdu 98% du territoire qu’elle occupait au XVIIIème mais curieusement, là où elle s’étendait, elle survit secrètement dans certains comportements politiques locaux : des usages communautaires des landes, ne demeurerait-il pas une certaine attitude réfractaire ?

 

Genêts en Bretagne
Genêts en Bretagne © Maxppp / Christian Watier

 

Etrange coïncidence, le projet d’aéroport du Grand Ouest était situé sur une commune nommée Notre-Dame-des-Landes.

 

C’était, historiquement, une terre de confins, à la limite du duché de Bretagne.

Et, au début du XIXème, le territoire en était occupé par une vaste lande.

 

Une lande a ses ressources pour qui sait les employer et les ré-employer mais quelques fermes, sises à l’emplacement du bourg actuel de Notre-Dame, suffisaient à les exploiter, d’autant qu’une bonne part de la lande servait à tous.

 

  Le mot agronomie apparaît à la fin du XVIIIème siècle

L’agronomie  jette  par-dessus bord les vieux usages des terres pauvres, jugés arriérés.

 

C’est l’époque de la Révolution dont les hommes ne conçoivent de propriété que privée – ou nationale, certainement pas commune.

 

En 1850, une loi  de la Deuxième République finit par rendre quasi obligatoire le démembrement des biens communs.

 

A Notre-Dame-des-Landes, les exploitations se multiplient, on construit l’église, le bourg.

 

Etrange coïncidence, c’est là qu’après cette première modernisation à marche forcée en est imaginée une autre, un siècle plus tard.

Cette terre déjà métamorphosée une fois est appelée à devenir un aéroport qui rapprocherait deux grandes villes, Rennes et Nantes, jusqu’à les faire advenir au rang de métropole commune.

 

Dans l’échec final du projet, on pourrait presque lire une revanche de la lande

En Bretagne, elle  a perdu 98% du territoire qu’elle occupait au XVIIIème mais curieusement, là où elle s’étendait, elle survit secrètement dans certains comportements politiques locaux : des usages communautaires des landes, ne demeurerait-il pas une certaine attitude réfractaire ?

 

 

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https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-23-janvier-2018

 

Programmation musicale : Chant des coupeurs (enregistré par l'Ecomusée du pays de Rennes - association La Liètt)

 
mardi 23 janvier 2018
 
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En prime ...
 
 
 Le Peuple Breton – Janvier 2016                  Leurre de vérité / Manifeste


Aux armes, citoyens !


Proclamons qu’il est temps pour les citoyens que nous sommes de nous mettre en marche.
Par une mobilisation massive mais dispersée dans tous les recoins de nos territoires, de celles qui font l’Histoire, de celles dont on n’a jamais à rougir car elle se nourrit de nobles valeurs. Une mobilisation dont le commandement ne sera pas confié aux chefs traditionnels devenus incapables de considérer les véritables périls qui nous menaces ou simplement impuissants à les combattre. Une mobilisation dotée d’armes dont les citoyens disposent déjà, souvent sans le savoir. Une mobilisation sur deux fronts qui se rejoignent finalement. Deux combats : un pour et un contre, un pour le climat, l’autre contre la haine. Sonnons le rassemblement !

Cela fait très longtemps que l’état d’urgence aurait dû être déclaré. Etat d’urgence économique contre le chômage de masse et la grandissante précarité de l’emploi aux terribles ravages.
 
Etat d’urgence sociale contre le mal logement toujours en hausse depuis vingt ans au moins et l’abandon coupable de quartiers urbains ou de territoires ruraux entiers. Etat d’urgence écologique contre les modes de production et de consommation responsables du réchauffement climatique, de la destruction de notre environnement, des atteintes graves à notre santé. Etat d’urgence démocratique contre une classe politique hors-sol d’abord soucieuse de satisfaire des intérêts particuliers contre l’intérêt général, bradant la noblesse du bien commun à l’appétit vulgaire des marchands. Etat d’urgence culturelle contre l’envahissement publicitaire et les divertissements de masse détruisant les cultures populaires mais aussi contre un jacobinisme désuet opprimant les langues et cultures régionales. Nous pourrions allonger la liste des urgences… N’en jetez plus, la cour est pleine ! Puisque l’Etat n’a proclamé aucune de ces urgences il nous revient, à nous citoyens de bonne volonté, de le faire et de nous armer en conséquence.

En se trompant d’urgence le sommet de l’Etat et ses déclinaisons serviles ont alimenté la peur au lieu de la calmer, ont donné libre cours à l’action des forces De « l’ordre » déjà si mal contrôlées, ont ouvert grandes les portes à l’arbitraire, ont renforcé le manichéisme des discours simplistes et encourager ainsi les citoyens les plus fragiles mentalement à rejoindre le camp de la haine de l’Autre qui désormais caracole en tête du premier tour des scrutins électoraux en maints endroits et en attendant mieux ! En ne s’occupant pas des vraies urgences le pouvoir politique ne fait donc que nourrir à la fois la recherche du bouc émissaire et la séduction pour les solutions radicales à l’apparence de vérités. Le pouvoir en place n’est pas seulement coupable d’une négligence qui favoriserait indirectement l’extrême-droite, il spécule sur la montée de cette dernière afin d’éliminer plus facilement son adversaire traditionnel le moment venu. Affirmons-le : cette stratégie de l’apprenti sorcier est criminelle.
    
Citoyens, fourbissons nos armes ! Mettons-les en pleine lumière : elles sont des armes de vie et non de mort.
Elles sont le regard curieux et non craintif ou agressif jeté sur l’autre, le partage autrement Plus équitable de nos considérables richesses tant spirituelles que matérielles , la tolérance envers les différences permettant de repousser l’inquiétante uniformité de nos vies et de nos envies, le sens aigu de la justice par lequel on évite que la balance penche le plus souvent du côté des nantis de l’existence, l’attention soutenue portée à l’intégrité des écosystèmes sans laquelle le sort de l’Humanité sera sérieusement compromis. Cependant, ne cédons pas à la naïveté : on ne combat pas les obscurantismes , l’expression de la haine ou de la barbarie avec seulement de nobles valeurs et de bons sentiments. Affirmons néanmoins que ce combat-là, s’il doit utiliser  des méthodes répressives, peut être mené sans renoncement à nos valeurs et sans fournir à l’adversaires de nouvelles armes.

Réalisons que nos armes, déjà utilisées un peu partout dans l’hexagone, produisent de beaux fruits et que sans eux la crise, dans ses multiples dimensions, serait plus grave encore. L’on trouve toutes ces armes dans les réseaux que bâtissent les citoyens soucieux de se réapproprier la maîtrise de leur temps et de leur espace, donc de leur mode de vie et de son impact sur l’environnement et la société. Les circuits courts d’approvisionnements alimentaires foisonnent désormais, les expériences d’habitat participatif se développent, Les réseaux d’échanges de savoirs sont une belle réponse aux lacunes des systèmes académiques d’inculcation du Savoir, etc. Le « faire ensemble » et le « faire soi-même » s’attaquent assurément au règne du prêt à consommer de la société marchande. Tout n’y repose pas sur la marchandise et la hiérarchie ; la solidarité y occupe une bonne part, l’usage des choses y prend progressivement le pas sur leur propriété. Toutes ces « marges » doivent s’élargir et se fédérer pour devenir l’alternative au consommationisme et au productivisme. Affirmons que l’horizontalité des réseaux sociaux à démocratie vivante doit supplanter la verticalité des systèmes «économiques et politiques dominants.

Choisirons-nous de poursuivre la course effrénée vers le mur ou de bifurquer à temps ? Citoyens, refusons la résignation !  

Yann Fiévet