LOCTOPUSVOITOU

Nucléaire : à savoir ...

 
 
 
 

 

 

LES FICHES-

ARGUMENTAIRES

PAR

JEAN-MARIE BROM

,

PHYSICIEN ET DIRECTEUR DE RECHERCHE CNRS,

COORDINATEUR DU LIVRET DE L’AVENIR EN COMMUN

« 100% ÉNERGIES RENOUVELABLES »



 

AVERTISSEMENT :

Il ne s’agit pas de tenter de transformer les militants en experts du champ

nucléaire.

Il s’agit de leur donner quelques éléments, pour ne pas se faire entraîner

sur le terrain des pro-nucléaires.

Il s’agit aussi de bien cerner la cible : la stratégie nucléaire française héritée

des années 1970.

Il ne faut pas se perdre dans des détails techniques. L’enjeu

est le caractère dangereux, cher, secret et archaïque du nucléaire dans son

ensemble.

Je m’explique : Lorsque l’on parle de du coût de démantèlement des centrales

et de l’ignorance technique à les démanteler, on ouvre la porte à deux

remarques :

« alors autant continuer, au moins les centrales actuelles rapportent

un peu de courant... » et « mais si l’on savait parfaitement démanteler à bas coût,

deviendriez-vous pro-nucléaire » ?

J’ai profité des réflexions de Clermont, et me suis appuyé sur les éléments

mis en évidence par les insoumis :

Argumentaire facile à contrer

Argumentaire plus difficile à contrer

Argumentaire insoumis facile à utiliser

Argumentaire insoumis plus délicat à maîtriser

Avec une remarque générale à destination des insoumis qui participeraient au débat :

NE SOYEZ PAS IMPRESSIONNÉS !

A priori, si l’on vous oppose un pronucléaire (et il y en aura partout), ce sera

d’abord un communicant. Il ne connaît pas le dossier technique mieux que

vous. Et c’est un physicien qui vous le dit...

 

 

 
COMPRENDRE, CE N’EST PAS APPROUVER :
                     
           PETIT RETOUR SUR L’HISTOIRE
 
 
Que s’est-il passé pour en arriver là ?
Cela fait bien longtemps que l’atome titille les responsables politiques, économiques ou militaires.
Octobre 1945, 5 mois après la fin de la guerre : Charles de Gaulle crée par décret le Commissariat
à l’Énergie Atomique (CEA). Il a l’objectif de développer une bombe française. Dix ans plus tard,
avant même la bombe atomique, la commission PEON (Production d’Electricité d’Origine Nucléaire)
est créée. Elle regroupe des énergéticiens, des industriels et des politiques.
En mars 1973, le plan Messmer lance le programme et la stratégie nucléaire française.
 
 
CE PLAN ÉTAIT MOTIVÉ PAR :
Le premier choc pétrolier, qui mettait en évidence la forte dépendance française à l’étranger pour
son développement.
La demande d’électricité, qui doublait tous les 10 ans, suivant la croissance forte des Trente glorieuses
Notre dépendance énergétique aux ressources fossiles (gaz, charbon, pétrole) qui était limitées,
voire quasiment inexistantes sur le territoire français.
 
 
PLUSIEURS FACTEURS ONT CONDUIT AU CHOIX DU TOUT-NUCLÉAIRE :
L’uranium était disponible dans le sous-sol français. On le croyait abondant.
L’expertise française dans le domaine nucléaire était indiscutable. Les outils étaient disponibles :
« piles atomiques », enrichissement de l’uranium ; fabrication du combustible ; retraitement des
combustibles irradiés pour en séparer le plutonium. Ils dataient des années 60 pour la mise au
point de la bombe atomique.
L’industrie Framatome, créée par Schneider, Merlin-Gérin et Wetsinghouse pour exploiter le brevet
des réacteurs à eau pressurisée (PWR) acheté en 1959 et la sidérurgie nationale (Creusot...)
pouvait concevoir et réaliser des réacteurs nucléaires « made in France ». Le développement
certain du nucléaire allait ouvrir des marchés. La France y occuperait une place privilégiée.
 
 
LE PLAN MESSMER SE DÉCLINAIT SELON DEUX AXES :
Recours massif à l’électricité pour les usages industriels et domestiques (aller vers un pays « tout électrique »)
Recours massif au nucléaire pour répondre aux besoins accrus (aller vers une électricité « tout nucléaire »)
Ce plan, avalisé par Giscard d’Estaing, prévoyait la réalisation de 85 centrales en 1985 (70% de l’électricité),
et 170 en l’an 2000 (100% de l’électricité).
À l’époque, les problèmes écologiques et climatologiques étaient niés ou ignorés, malgré des mouvements
sociaux pionniers. Des pêcheurs et agriculteurs, scientifiques, étudiants, écologistes, syndicalistes et citoyens
se mobilisent à partir des années 1960 contre le nucléaire civil. Ils sont affolés par les dangers, effarés par
les dégâts des tests nucléaires sur les populations coloniales scientifiques, hostiles à la propagande d’État,
méfiants vis-à-vis des technocrates qui prennent des décisions industrielles dangereuses, ou critiques du
gaspillage économique. Mais le lobby nucléocrate parvient à les juguler et à les inclure dans des
dispositifs de « discussion » pour adoucir la critique, comme les commissions locales d’information.
Pour beaucoup de partisans du nucléaire civil, toutefois, il s’agissait d’une énergie très sûre. Avec une croyance
aveugle dans la science, ils étaient convaincus que les déchets nucléaires seront traités par les futurs
scientifiques. Ils étaient fiers que la France marche en pointe du « progrès ».
MAIS AUJOURD’HUI ?
Les mines d’Uranium ont fermé. Il ne reste plus qu’une « réserve stratégique ». Tout l’Uranium « français »
provient de l’étranger.
Après les déboires de Superphénix, et aujourd’hui de l’EPR, la fameuse capacité de la France à faire
du nucléaire industriel en a pris un coup. Le pays n’a vendu qu’une quinzaine de réacteurs dans
le monde en 45 ans.
Le nucléaire est en perte de vitesse. Selon l’AIEA, les nouveaux réacteurs ne compensent pas
les fermetures. En 2016, le nucléaire représentait à peine 15% de l’électricité mondiale.
Sur les 450 réacteurs de puissance construits dans le monde, 5 ont déjà connu une fusion totale
de cœur. On en connaît les conséquences à Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima.
Plus aucun scientifique n’imagine régler le problème des déchets.
 
 
Il est vraiment temps de passer à autre chose.
 
UN TOUT PETIT POINT TECHNIQUE
 
 
 
 
 
 
 
 
Radioactivité :(IL EN FAUT)
Certains éléments (l’Uranium, par exemple) ne sont pas stables. Ils se transforment (en une période donnée)
en d’autres éléments plus légers, pour aller jusqu’au Plomb. En se transformant, ils perdent de l’énergie sous
3 formes possibles : rayons alpha (noyaux d’Hélium), lourds et vite arrêtés (un papier ou la peau suffit) ; rayons
Bêta (électrons), plus légers et plus pénétrants (une feuille de métal les stoppe) ; rayons Gamma (des photons)
très pénétrants (il faut beaucoup de plomb pour les bloquer). La radioactivité est un phénomène naturel.
 
 
Fission :
Casse de noyaux atomiques (pas forcément radioactifs) en leur envoyant de l’énergie (en général, des neutrons).
Les débris de ces noyaux cassés sont en général radioactifs. Dans un réacteur nucléaire, on fait fissionner
des noyaux d’Uranium235 (= moins de 1% de l’Uranium naturel). Si la fission « s’emballe », on a une bombe.
Si elle est « contrôlée », on a un réacteur nucléaire.
L’Uranium235 est un des seuls éléments naturels qui fissionne facilement.
 
 
Période (ou demi-vie) :
Le temps que met la moitié d’un élément radioactif pour disparaître par radioactivité. Mais la masse, elle, ne
change pas.
Exemple : le Plutonium a une période de 24 000 ans. Si vous prenez 1 kg de plutonium, après 24 000 ans,
vous aurez toujours 1 kg, mais seulement 500g de Plutonium. Les autres 500g seront des descendants du
Plutonium (souvent radioactifs aussi).
 
Enrichissement :
Le « bon » Uranium235, celui qui fissionne bien, n’existe qu’à moins de 1% de l’Uranium extrait des mines.
Pour faire du combustible de centrale, il faut entre 4 % et 6 % d’Uranium 235 dans le combustible nucléaire
(les autres 96 % seront des déchets radioactifs). C’est l’enrichissement. Une bombe requiert au moins 90%
d’Uranium235. Qui sait enrichir est en capacité de créer des centrales aussi bien que des bombes.
 
Retraitement :
Technique permettant de séparer un peu les différents éléments radioactifs contenus dans les combustibles
nucléaires après passage en réacteur. Elle a été mise au point pour récupérer le Plutonium créé dans les
réacteurs. Le Plutonium n’existe plus dans la nature. mais il est très efficace pour faire une bombe atomique,
comme celle jetée sur Nagasaki. Mais aujourd’hui, le Plutonium créée dans les réacteurs nucléaires n’est
pas du bon Plutonium. Le retraitement ne sert donc plus à grand-chose... sauf à faire gagner ou dépenser
de l’argent (EDF paye très cher AREVA pour retraiter).
 
Économie du Nucléaire :
L’économie du nucléaire fonctionne très bien en vase clos. EDF paye très cher AREVA pour enrichir l’Uranium
et retraiter les déchets. Puis, AREVA est le premier client d’EDF pour la consommation électrique.
 
1. LE NUCLÉAIRE EST UNE ÉNERGIE SALE
 
La fission nucléaire ne dégage pas de gaz à effet de serre (CO
 
et autre). C’est l’argument majeur
d’EDF, qui parle d’énergie « décarbonée ».
 
Mais dans son fonctionnement normal – sans évoquer d’accident – une centrale rejette dans l’environnement
toute une panoplie d’éléments radioactifs. Certains sont assimilés par le corps humain qui les confond avec
leur analogue non radioactif (iode dans la thyroïde, strontium confondu avec le calcium, etc...). Bien entendu,
ces rejets sont toujours en-dessous des normes légales. Mais les normes légales ont justement été calculées
à partir des rejets des centrales ! Tout cela est une pollution, néfaste à notre santé.
 
La chaleur est aussi polluante. Comme toute centrale thermique, une centrale nucléaire a un rendement de
l’ordre de 30 %.Pour produire 1 MW d’électricité, il faut d’abord produire 3 MW thermique. Et donc, envoyer
dans l’environnement 2 MW de chaleur.
 
Le cycle total d’une centrale est également polluant. Un cycle total regroupe la construction de la centrale,
l’extraction et la préparation du combustible, le retraitement et autres joyeusetés pour produire du courant.
Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) sont championnes des émissions de CO
2
, mais elles sont suivies
par le photovoltaïque et le nucléaire, loin devant l’éolien et surtout l’hydraulique qui sont bien moins polluants.
 
Et encore, si l’on inclut le démantèlement, le nucléaire devient largement plus polluant que le photovoltaïque.
Les mines qui extraient «
notre uranium
» au Niger, au Canada, en Australie et au Kazakhstan présentent
toutes le même profil : pollution absolue de l’eau, poussières et minerais radioactifs à l’air libre.
 
 
2.
LA SORTIE DU NUCLÉAIRE GARANTIT
L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE
 
D’après l’INSEE, la définition officielle de «
l’indépendance énergétique
» est «
le rapport entre la production
nationale d’énergies primaires et la consommation en énergie primaire
».
C’est-à-dire la somme de production
d’énergie primaire, rapportée à sa consommation. Si l’on produit 100 et que l’on consomme 100, on a 100%
d’indépendance.. Mais cette définition est piégeuse : elle concerne la «
production d’énergie primaire
»,
l’énergie directement utilisable. Donc l’uranium... à partir de son traitement ! Ainsi, formellement, l’uranium
nous rend indépendant, à condition de fermer les yeux sur son importation depuis des mines à l’étranger.
Comme si l’on se déclarait indépendant sous prétexte que le pétrole importé est raffiné en France.
En réalité, si l’on tient compte de l’importation totale de l’uranium, l’indépendance énergétique de la France atteint
difficilement les 10%. Cela pose de redoutables problèmes géopolitiques. Si une source d’approvisionnement
venait à se fermer, pour une cause d’instabilité ou de crise économique, nous nous retrouverions avec des
centrales incapables de tourner.
Pourtant, nous avons en France les moyens de notre indépendance : le vent, le soleil, l’eau, sont illimités et gratuits.
 
 
3.
LA SORTIE DU NUCLÉAIRE
EST UNE SOURCE D’EMPLOIS
 
Le lobby nucléocrate assène régulièrement une formule qui semble évidente : sans nucléaire, des milliers
d’individus seraient mis au chômage.
 
Rien de plus faux ! Déjà, l’immense majorité des employés du nucléaire sont soit fonctionnaires soit assimilés. Il est
donc presque impossible de mettre au chômage un employé d’EDF, d’AREVA, de l’ANDRA, de l’IRSN ou du CEA.
 
Sans compter que la sortie du nucléaire, qui sera longue, nécessitera durant de longues années encore des
travailleurs qualifiés.
Surtout, la sortie du nucléaire va requérir de nombreux recrutements ! Elle sera longue, et des travailleurs de
toutes qualifications vont devoir être embauchés pour l’assurer pendant des années.
L’exemple de l’Allemagne est illustratif. Entre 2011 et 2017, notre voisin a fermé 9 centrales nucléaires. Dans
le même temps, la part des renouvelables dans la production électrique a grimpé de 20% à 35 % (le double
de la France !). Sur la période, plus de 200 000 emplois ont été créés. Le passage aux énergies renouvelables
a un effet d’entraînement sur l’économie nationale.
 
 
4.
LA SORTIE DU NUCLÉAIRE,
AVEC LES SOUS-TRAITANTS !
 
De la production à la distribution, de l’enrichissement au traitement des déchets, tous les secteurs de
l’industrie nucléaire ont recours aux salariés sous-traitants. Aucun d’entre eux ne sera sacrifié, car la
sortie du nucléaire est le moyen de créer des emplois, mais aussi de stabiliser les emplois existants.
 
En effet, plus de 80 % des activités concernant les installations nucléaires repose sur les sous-traitants.
 
Pourtant, ils sont les plus mal considérés. Précaires sans statut spécifique, ils n’ont même pas droit au
même suivi médical que leurs collègues d’EDF, d’ORANO, du CEA.... Alors qu’ils subissent la majorité
des accidents du travail, la plupart des cas d’irradiation ou de contamination. Sans aucune garantie
d’emploi, les salariés sous-traitants du nucléaire sont trop souvent réduits au statut de véritables
forçats de l’industrie nucléaire.
 
Toutefois, par leur expérience professionnelle, par leurs compétences, par leurs connaissances techniques
indispensables, ils sont au centre de la sûreté de toutes les installations. Nous savons que la sortie du nucléaire
prendra du temps. Si l’on veut qu’elle se passe sans accroc, sans rien lâcher sur la sécurité, il faut inclure les
salariés sous-traitants. Aussi la constitution d’un pôle public de l’énergie est-il impératif pour leur permettre
d’accéder aux statuts et aux garanties normales de leurs collègues, afin que le travail de sortie du nucléaire soit
accompli dans les meilleures conditions – et qu’il soit orienté dans l’intérêt des populations plutôt que dans
celui des grands groupes financiers. Les salariés sous-traitants ne sont pas le maillon faible du nucléaire, ils en
sont le maillon fiable !
5.
LA SORTIE DU NUCLÉAIRE
RAPPORTE DE L’ARGENT
 
DDepuis la Libération et la création d’un service public en charge de l’administrer, l’énergie n’est pas
un bien dont le prix varie sur un marché. Il n’y a pas de spéculation sur l’électricité. C’est aussi le cas
de l’essence, dont le prix a peu de rapport avec les cours du pétrole.
 
Le gouvernement fixe donc le prix
de l’énergie.
Dans les années 1970, le gouvernement a décidé que l’électricité devait être bon marché, malgré son origine
nucléaire. Depuis, EDF est déficitaire et gère un endettement de 50 milliards d’euros. Puisque l’État est
actionnaire principal (à 84%), ce sont nos impôts qui garantissent la dette d’EDF. Le problème est qu’en 2017,
l’État a dû mettre 4 milliards d’euros de nos impôts pour renflouer EDF... et le forcer à racheter un bout
d’Areva, qui appartient aussi à l’État ! Nos impôts rachètent ce que nous possédons déjà, et qui est en faillite.
 
En 2014, le PDG d’EDF demandait une augmentation du prix du kWh de 25%, afin d’assurer les dépenses
futures du nucléaire français. Notamment le «
grand carénage
», l’allongement à un prix exorbitant de la
durée de vie des réacteurs normalement périmés. Le nucléaire met EDF en faillite, à nos frais. Plus personne
ne conteste aujourd’hui que le coût du kWh nucléaire a dépassé celui de l’éolien. Les énergies renouvelables
sont le seul moyen de garder une énergie peu chère, sans investir des milliards à fonds perdus dans un
« grand carénage
» qui va coûter bien plus cher qu’annoncé : 48 milliards d’euros pour EDF, plus du double
pour la Cour des Comptes et Greenpeace - à peu près le prix de 2 millions d’éoliennes !
Pour mémoire : EDF persiste à estimer le coût du grand carénage à 55 milliards. La Cour des Comptes voit
plutôt 97 milliards.
 
Aujourd’hui, il est admis que l’énergie nucléaire est très chère : une étude récente de l’IRENA (International
Renewable Energy Agency) estime qu’à l’horizon 2020, le coût des énergies renouvelables (entre 3 et 10 dollars
par MWh) sera au même niveau que celui des énergies fossiles (entre 5 et 17 dollars par MWh)
De son côté, l’ADEME (dépendant du Ministère de l’Environnement) a publié son étude de coûts comparatifs
en décembre 2016 : et comme un tableau vaut mieux qu’un long discours :
 
Énergie
Coût de production (en € /MWh)
Hydraulique
Entre 15 et 20
Éolien terrestre
Entre 55 et 90
Éolien marin
Entre 140 et 320 (ancré ou flottant)
Solaire
Entre 70 et 130
Nucléaire
50 (sans démantèlement,ni grand carénage)
Fossile (Gaz et Charbon)
100
Nucléaire EPR
120 (sans démantèlement)
 
Pour les renouvelables, la tendance est à la baisse, du fait de la multiplication. Et en plus, le combustible est
gratuit. Pour les autres énergies, la tendance est à la hausse. Et en plus, le prix du combustible dépend de
la géopolitique ou des cours boursiers !
En plus, le nucléaire coûte très cher en « investissements de recherche » :
sur les réacteurs nucléaires « du futur » (génération IV et autres joyeusetés) ? 1 milliard d’euro par an.
le futur surgénérateur ASTRID (prévu pour les années 2040 au mieux) ? Au moins 5 milliards.
ITER, le démonstrateur de fusion censé produire 8 minutes de fusion énergétique, vers 2040, malgré le scepticisme
de nombreux scientifiques ? 1,5 milliard pour 8 minutes...
son successeur, DEMO, sera au moins 30 % plus gros, coûtera au moins le double, et produira moins de
1 000 MW à la fin du siècle.
 
Le nucléaire vit sous perfusion d’argent public.
Les dépenses de recherche et développement orientées
vers le nucléaire ne sont pas répercutées dans le prix de l’électricité, car ce sont directement nos impôts qui
les financent. Idem pour la cotisation de la France à Euratom, l’organisation européenne de promotion du nucléaire.
Des milliards d’euros de coûts cachés sont ainsi disséminés dans le budget de la Nation pour le nucléaire.
 
21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE
 
Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des
gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant
vitales aux populations.
 
Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se
serait «
arrêté à la frontière
». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer
ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !
 
Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés.
 
Mais
ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du
territoire. En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des
recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées. En France,
ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière.
 
Le
Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la
zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.
Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du
réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe
nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?
Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en
centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.
Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un
ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait
d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !
Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants
savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être
connues du grand public
 
 
22.
NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,
MÊME COMBAT
 
Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire.
 
À sa création en octobre 1945, le
Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.
Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la
France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi
des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un
aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.
Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur. En 1980, à Damascus,
aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.
Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre
froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien
radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.
 
Pour ce qui est du nucléaire «
civil
», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de
recherche de «
nouveaux réacteurs
», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des
divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble
des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,
notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres
pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.
 
Pour ce qui est du nucléaire «
militaire
», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de
sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «
modernisation de l’arme nucléaire
» (promis par
Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de
force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale
sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin.
De la sorte, notre pays
demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire.
 
23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES
 
Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «
les déchets radioactifs sont des substances
radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée
» (voir l’Institut
de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).
 
Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut
parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.
 
Un peu de culture technique
Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les
12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)
et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet
d’avoir du courant.
 
Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la
composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,
mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers
et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....).
 
Au total, les réacteurs français produisent tous
ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule
une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !
 
L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,
mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau
combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie. Le reste est stocké à la Hague). Il reste
donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.
 
D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des
réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne
veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «
ultimes
». Le reste ?
Discrètement
stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.
Allons un peu plus loin
Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,
on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible
nucléaire), on compte :
Au niveau de l’extraction du minerai :
 
. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)
Au niveau de l’enrichissement :
.
117 tonnes d’Uranium «
appauvri
» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de
bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)
Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :
.
20 tonnes d’uranium «
de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme
des déchets.
. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.
. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.
 
Le futur des déchets
 
Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par
devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela. C’est la «
période
» ou «
demi-vie
»,
qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se
transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).
Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g
de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,
il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....
C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...
Quelques périodes :
. Iode 131 : 8 jours
. Strontium : 30 ans
. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).
 
Le danger ?
Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler
(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).
 
Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :
par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre.
L’iode radioactif est ainsi assimilé par la
thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents.
 
Et de la sorte, nous pouvons nous
retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que
cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut
mettre très longtemps à se déclarer. Et alors, impossible de remonter au responsable.
 
Et puis...
Mais lorsque l’on parle de «
déchets nucléaire
», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur
lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,
les «
Castor
» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela
ne servira plus, ce sera quoi ?
On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.
 
 
24.
LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :
POUR UN DÉSARMEMENT
NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL
 
Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?
 
Effets physiques
. Flash aveuglant (au sens propre).
.
Effet thermique : chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,
les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.
. Effet de souffle : une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.
. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.
. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.
 
• Effets humains
. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.
. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.
Exemple :
Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.
 
Dans un rayon de 3 km
( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée
de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.
 
Entre 3 et 5 km,
la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,
des incendies et de l’irradiation.
Entre 5 et 10 km,
la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,
dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.
 
Au-delà,
des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres
maladies dues à la contamination radioactive.
Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?
 
Actuellement 9
(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).
.
5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),
désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération
nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine
du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».
.
4 États nucléaires officieux :
Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,
qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.
.
184 États membres de l’ONU ne possèdent pas
d’armes nucléaires et sont considérés comme
des « États non dotés » ou
ENDAN
 
. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre
assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...
 
Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?
 
14 550, chiffre estimé début 2018.
D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,
les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni
215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine.
 
2 000 de ces armes sont prêtes à
partir sur ordre à tout moment.
 
C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51
(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).
 
Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines
en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».
 
Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.
Une série de traités bilatéraux entre
USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées
à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.
 
Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?
300.
C’est notre «
outil de dissuasion de stricte suffisance
» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût
cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».
 
Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder
des armes nucléaires ?
Absolument pas.
À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie
du camp des vainqueurs de la 2
e
guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.
 
Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les
deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.
 
L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?
Oui.
Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires
doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et
commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).
 
Les armes nucléaires sont-elles interdites ?
Pas encore.
Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017
par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui
l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des
9 EDAN n’a l’intention de le signer.
Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.
 
Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?
Oui, mais elle est restée lettre morte.
L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970
énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme
nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :
«
Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au
désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.
»
20
Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?
Oui, par un référendum d’initiative partagée
(parlementaire et citoyenne) posant la question : «
Voulez-vous
que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination
complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?
»
Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?
Deux précautions valent mieux qu’une.
L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas
de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera
d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.
Source : www.acdn.net / © ACDN
 
 
Plus aucune arme nucléaire
d’ici l’an 2000 !
Mikhaïl Gorbatchev
(Janvier 1986)
 
La dissuasion nucléaire et la menace
de destruction mutuelle assurée
ne peuvent pas servir de base
à une éthique de fraternité
et de coexistence pacifique entre
les peuples et les États... C’est mon
grand espoir : un monde sans armes
nucléaires est vraiment possible.
Pape François
(Vienne, 8/12/2014)
 
Les armes nucléaires sont
fondamentalement dangereuses,
extraordinairement coûteuses, militairement
inefficaces et moralement indéfendables.
Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command
(1996)
 
 
21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE
 
Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des
gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant
vitales aux populations.
 
Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se
serait «
arrêté à la frontière
». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer
ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !
 
Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés. Mais
ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du
territoire.
En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des
recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées.
En France,
ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière. Le
 
Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la
zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.
Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du
réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe
nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?
Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en
centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.
Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un
ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait
d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !
Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants
savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être
connues du grand public
 
 
22.
NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,
MÊME COMBAT
 
Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire.
 
À sa création en octobre 1945, le
Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.
 
Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la
France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi
des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un
aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.
Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur.
 
En 1980, à Damascus,
aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.
Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre
froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien
radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.
 
Pour ce qui est du nucléaire «
civil
», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de
recherche de «
nouveaux réacteurs
», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des
divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble
des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,
notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres
pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.
Pour ce qui est du nucléaire «
militaire
», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de
sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «
modernisation de l’arme nucléaire
» (promis par
Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de
force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale
sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin.
De la sorte, notre pays
demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire.
 
23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES
 
Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «
les déchets radioactifs sont des substances
radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée
» (voir l’Institut
de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).
 
Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut
parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.
 
Un peu de culture technique
Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les
12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)
et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet
d’avoir du courant. Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la
composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,
mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers
et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....). Au total, les réacteurs français produisent tous
ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule
une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !
 
L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,
mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau
combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie.
Le reste est stocké à la Hague). Il reste
donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.
 
D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des
réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne
veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «
ultimes
». Le reste ? Discrètement
stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.
 
Allons un peu plus loin
Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,
on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible
nucléaire), on compte :
Au niveau de l’extraction du minerai :
. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)
Au niveau de l’enrichissement :
.
117 tonnes d’Uranium «
appauvri
» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de
bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)
Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :
.
20 tonnes d’uranium «
de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme
des déchets.
. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.
. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.
 
Le futur des déchets
 
Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par
devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela.
C’est la «
période
» ou «
demi-vie
»,
qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se
transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).
 
Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g
de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,
il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...
Quelques périodes :
. Iode 131 : 8 jours
. Strontium : 30 ans
. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).
 
Le danger ?
Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler
(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).
Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :
par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre. L’iode radioactif est ainsi assimilé par la
thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents. Et de la sorte, nous pouvons nous
retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que
cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut
mettre très longtemps à se déclarer.
Et alors, impossible de remonter au responsable.
 
Et puis...
Mais lorsque l’on parle de «
déchets nucléaire
», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur
lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,
les «
Castor
» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela
ne servira plus, ce sera quoi ?
On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.
 
 
24.
LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :
POUR UN DÉSARMEMENT
NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL
 
Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?
 
Effets physiques
. Flash aveuglant (au sens propre).
.
Effet thermique :
chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,
les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.
 
. Effet de souffle :
une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.
. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.
. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.
 
Effets humains
. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.
. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.
 
Exemple :
Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.
Dans un rayon de 3 km
( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée
de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.
Entre 3 et 5 km,
la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,
des incendies et de l’irradiation.
Entre 5 et 10 km,
la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,
dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.
Au-delà,
des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres
maladies dues à la contamination radioactive.
 
Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?
Actuellement 9
(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).
.
5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),
désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération
nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine
du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».
.
4 États nucléaires officieux :
Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,
qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.
.
184 États membres de l’ONU ne possèdent pas
d’armes nucléaires et sont considérés comme
des « États non dotés » ou
ENDAN
 
. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre
assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...
 
Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?
14 550, chiffre estimé début 2018.
D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,
les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni
215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine. 2 000 de ces armes sont prêtes à
partir sur ordre à tout moment. C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51
(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).
Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines
en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».
 
Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.
Une série de traités bilatéraux entre
USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées
à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.
Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?
300.
C’est notre «
outil de dissuasion de stricte suffisance
» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût
cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».
Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder
des armes nucléaires ?
Absolument pas.
À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie
du camp des vainqueurs de la 2
e
guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.
Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les
deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.
 
L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?
Oui.
Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires
doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et
commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).
 
Les armes nucléaires sont-elles interdites ?
Pas encore.
Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017
par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui
l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des
9 EDAN n’a l’intention de le signer. Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.
 
Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?
Oui, mais elle est restée lettre morte.
L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970
énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme
nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :
«
Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au
désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.
»
Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?
Oui, par un référendum d’initiative partagée
(parlementaire et citoyenne) posant la question : «
Voulez-vous
que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination
complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?
»
Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?
Deux précautions valent mieux qu’une.
L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas
de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera
d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.
Source : www.acdn.net / © ACDN
 
 
Plus aucune arme nucléaire
d’ici l’an 2000 !
Mikhaïl Gorbatchev
(Janvier 1986)
 
La dissuasion nucléaire et la menace
de destruction mutuelle assurée
ne peuvent pas servir de base
à une éthique de fraternité
et de coexistence pacifique entre
les peuples et les États... C’est mon
grand espoir : un monde sans armes
nucléaires est vraiment possible.
Pape François
(Vienne, 8/12/201
 
4)
Les armes nucléaires sont
fondamentalement dangereuses,
extraordinairement coûteuses, militairement
inefficaces et moralement indéfendables.
Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command
(1996)
 
 
 
21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE
 
Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des
gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant
vitales aux populations.
Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se
serait «
arrêté à la frontière
». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer
ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !
Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés. Mais
ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du
territoire. En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des
recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées. En France,
ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière. Le
Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la
zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.
Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du
réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe
nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?
Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en
centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.
Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un
ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait
d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !
Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants
savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être
connues du grand public
 
 
22.
NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,
MÊME COMBAT
 
Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire. À sa création en octobre 1945, le
Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.
Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la
France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi
des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un
aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.
Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur. En 1980, à Damascus,
aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.
Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre
froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien
radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.
Pour ce qui est du nucléaire «
civil
», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de
recherche de «
nouveaux réacteurs
», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des
divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble
des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,
notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres
pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.
Pour ce qui est du nucléaire «
militaire
», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de
sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «
modernisation de l’arme nucléaire
» (promis par
Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de
force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale
sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin. De la sorte, notre pays
demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire.
23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES
 
Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «
les déchets radioactifs sont des substances
radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée
» (voir l’Institut
de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).
Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut
parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.
Un peu de culture technique
Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les
12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)
et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet
d’avoir du courant. Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la
composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,
mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers
et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....). Au total, les réacteurs français produisent tous
ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule
une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !
 
L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,
mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau
combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie. Le reste est stocké à la Hague). Il reste
donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.
 
D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des
réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne
veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «
ultimes
». Le reste ? Discrètement
stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.
Allons un peu plus loin
Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,
on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible
nucléaire), on compte :
Au niveau de l’extraction du minerai :
. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)
Au niveau de l’enrichissement :
.
117 tonnes d’Uranium «
appauvri
» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de
bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)
Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :
.
20 tonnes d’uranium «
de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme
des déchets.
. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.
. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.
Le futur des déchets
Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par
devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela. C’est la «
période
» ou «
demi-vie
»,
qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se
transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).
Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g
de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,
il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....
C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...
Quelques périodes :
. Iode 131 : 8 jours
. Strontium : 30 ans
. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).
Le danger ?
Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler
(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).
Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :
par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre. L’iode radioactif est ainsi assimilé par la
thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents. Et de la sorte, nous pouvons nous
retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que
cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut
mettre très longtemps à se déclarer. Et alors, impossible de remonter au responsable.
Et puis...
Mais lorsque l’on parle de «
déchets nucléaire
», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur
lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,
les «
Castor
» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela
ne servira plus, ce sera quoi ?
On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.
24.
LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :
POUR UN DÉSARMEMENT
NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL
Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?
• Effets physiques
. Flash aveuglant (au sens propre).
.
Effet thermique : chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,
les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.
. Effet de souffle : une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.
. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.
. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.
• Effets humains
. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.
. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.
Exemple :
Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.
Dans un rayon de 3 km
( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée
de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.
Entre 3 et 5 km,
la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,
des incendies et de l’irradiation.
Entre 5 et 10 km,
la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,
dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.
Au-delà,
des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres
maladies dues à la contamination radioactive.
19
Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?
Actuellement 9
(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).
.
5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),
désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération
nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine
du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».
.
4 États nucléaires officieux :
Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,
qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.
.
184 États membres de l’ONU ne possèdent pas
d’armes nucléaires et sont considérés comme
des « États non dotés » ou
ENDAN
. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre
assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...
Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?
14 550, chiffre estimé début 2018.
D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,
les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni
215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine. 2 000 de ces armes sont prêtes à
partir sur ordre à tout moment. C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51
(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).
Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines
en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».
Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.
Une série de traités bilatéraux entre
USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées
à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.
Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?
300.
C’est notre «
outil de dissuasion de stricte suffisance
» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût
cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».
Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder
des armes nucléaires ?
Absolument pas.
À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie
du camp des vainqueurs de la 2
e
guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.
Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les
deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.
L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?
Oui.
Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires
doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et
commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).
Les armes nucléaires sont-elles interdites ?
Pas encore.
Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017
par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui
l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des
9 EDAN n’a l’intention de le signer. Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.
Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?
Oui, mais elle est restée lettre morte.
L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970
énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme
nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :
«
Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au
désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.
»
20
Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?
Oui, par un référendum d’initiative partagée
(parlementaire et citoyenne) posant la question : «
Voulez-vous
que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination
complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?
»
Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?
Deux précautions valent mieux qu’une.
L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas
de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera
d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.
Source : www.acdn.net / © ACDN
 
Plus aucune arme nucléaire
d’ici l’an 2000 !
Mikhaïl Gorbatchev
(Janvier 1986)
 
La dissuasion nucléaire et la menace
de destruction mutuelle assurée
ne peuvent pas servir de base
à une éthique de fraternité
et de coexistence pacifique entre
les peuples et les États... C’est mon
grand espoir : un monde sans armes
nucléaires est vraiment possible.
Pape François
(Vienne, 8/12/2014)
 
Les armes nucléaires sont
fondamentalement dangereuses,
extraordinairement coûteuses, militairement
inefficaces et moralement indéfendables.
Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command
(1996)
 
 
 
 
 ********
 

 

 

LES FICHES-

ARGUMENTAIRES

PAR

JEAN-MARIE BROM

,

PHYSICIEN ET DIRECTEUR DE RECHERCHE CNRS,

COORDINATEUR DU LIVRET DE L’AVENIR EN COMMUN

« 100% ÉNERGIES RENOUVELABLES »



 

AVERTISSEMENT :

Il ne s’agit pas de tenter de transformer les militants en experts du champ

nucléaire.

Il s’agit de leur donner quelques éléments, pour ne pas se faire entraîner

sur le terrain des pro-nucléaires.

Il s’agit aussi de bien cerner la cible : la stratégie nucléaire française héritée

des années 1970.

Il ne faut pas se perdre dans des détails techniques. L’enjeu

est le caractère dangereux, cher, secret et archaïque du nucléaire dans son

ensemble.

Je m’explique : Lorsque l’on parle de du coût de démantèlement des centrales

et de l’ignorance technique à les démanteler, on ouvre la porte à deux

remarques :

« alors autant continuer, au moins les centrales actuelles rapportent

un peu de courant... » et « mais si l’on savait parfaitement démanteler à bas coût,

deviendriez-vous pro-nucléaire » ?

J’ai profité des réflexions de Clermont, et me suis appuyé sur les éléments

mis en évidence par les insoumis :

Argumentaire facile à contrer

Argumentaire plus difficile à contrer

Argumentaire insoumis facile à utiliser

Argumentaire insoumis plus délicat à maîtriser

Avec une remarque générale à destination des insoumis qui participeraient au débat :

NE SOYEZ PAS IMPRESSIONNÉS !

A priori, si l’on vous oppose un pronucléaire (et il y en aura partout), ce sera

d’abord un communicant. Il ne connaît pas le dossier technique mieux que

vous. Et c’est un physicien qui vous le dit...

 

 

COMPRENDRE, CE N’EST PAS APPROUVER :

PETIT RETOUR SUR L’HISTOIRE

 

 

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Cela fait bien longtemps que l’atome titille les responsables politiques, économiques ou militaires.

Octobre 1945, 5 mois après la fin de la guerre : Charles de Gaulle crée par décret le Commissariat

à l’Énergie Atomique (CEA). Il a l’objectif de développer une bombe française. Dix ans plus tard,

avant même la bombe atomique, la commission PEON (Production d’Electricité d’Origine Nucléaire)

est créée. Elle regroupe des énergéticiens, des industriels et des politiques.

En mars 1973, le plan Messmer lance le programme et la stratégie nucléaire française.

 

 

CE PLAN ÉTAIT MOTIVÉ PAR :

Le premier choc pétrolier, qui mettait en évidence la forte dépendance française à l’étranger pour

son développement.

La demande d’électricité, qui doublait tous les 10 ans, suivant la croissance forte des Trente glorieuses

Notre dépendance énergétique aux ressources fossiles (gaz, charbon, pétrole) qui était limitées,

voire quasiment inexistantes sur le territoire français.

 

 

PLUSIEURS FACTEURS ONT CONDUIT AU CHOIX DU TOUT-NUCLÉAIRE :

L’uranium était disponible dans le sous-sol français. On le croyait abondant.

L’expertise française dans le domaine nucléaire était indiscutable. Les outils étaient disponibles :

« piles atomiques », enrichissement de l’uranium ; fabrication du combustible ; retraitement des

combustibles irradiés pour en séparer le plutonium. Ils dataient des années 60 pour la mise au

point de la bombe atomique.

L’industrie Framatome, créée par Schneider, Merlin-Gérin et Wetsinghouse pour exploiter le brevet

des réacteurs à eau pressurisée (PWR) acheté en 1959 et la sidérurgie nationale (Creusot...)

pouvait concevoir et réaliser des réacteurs nucléaires « made in France ». Le développement

certain du nucléaire allait ouvrir des marchés. La France y occuperait une place privilégiée.

 

 

LE PLAN MESSMER SE DÉCLINAIT SELON DEUX AXES :

Recours massif à l’électricité pour les usages industriels et domestiques (aller vers un pays « tout électrique »)

Recours massif au nucléaire pour répondre aux besoins accrus (aller vers une électricité « tout nucléaire »)

Ce plan, avalisé par Giscard d’Estaing, prévoyait la réalisation de 85 centrales en 1985 (70% de l’électricité),

et 170 en l’an 2000 (100% de l’électricité).

À l’époque, les problèmes écologiques et climatologiques étaient niés ou ignorés, malgré des mouvements

sociaux pionniers. Des pêcheurs et agriculteurs, scientifiques, étudiants, écologistes, syndicalistes et citoyens

se mobilisent à partir des années 1960 contre le nucléaire civil. Ils sont affolés par les dangers, effarés par

les dégâts des tests nucléaires sur les populations coloniales scientifiques, hostiles à la propagande d’État,

méfiants vis-à-vis des technocrates qui prennent des décisions industrielles dangereuses, ou critiques du

gaspillage économique. Mais le lobby nucléocrate parvient à les juguler et à les inclure dans des

dispositifs de « discussion » pour adoucir la critique, comme les commissions locales d’information.

Pour beaucoup de partisans du nucléaire civil, toutefois, il s’agissait d’une énergie très sûre. Avec une croyance

aveugle dans la science, ils étaient convaincus que les déchets nucléaires seront traités par les futurs

scientifiques. Ils étaient fiers que la France marche en pointe du « progrès ».

MAIS AUJOURD’HUI ?

Les mines d’Uranium ont fermé. Il ne reste plus qu’une « réserve stratégique ». Tout l’Uranium « français »

provient de l’étranger.

Après les déboires de Superphénix, et aujourd’hui de l’EPR, la fameuse capacité de la France à faire

du nucléaire industriel en a pris un coup. Le pays n’a vendu qu’une quinzaine de réacteurs dans

le monde en 45 ans.

Le nucléaire est en perte de vitesse. Selon l’AIEA, les nouveaux réacteurs ne compensent pas

les fermetures. En 2016, le nucléaire représentait à peine 15% de l’électricité mondiale.

Sur les 450 réacteurs de puissance construits dans le monde, 5 ont déjà connu une fusion totale

de cœur. On en connaît les conséquences à Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima.

Plus aucun scientifique n’imagine régler le problème des déchets.

 

 

Il est vraiment temps de passer à autre chose.

UN TOUT PETIT POINT TECHNIQUE

 

 

 

Radioactivité :(IL EN FAUT)

Certains éléments (l’Uranium, par exemple) ne sont pas stables. Ils se transforment (en une période donnée)

en d’autres éléments plus légers, pour aller jusqu’au Plomb. En se transformant, ils perdent de l’énergie sous

3 formes possibles : rayons alpha (noyaux d’Hélium), lourds et vite arrêtés (un papier ou la peau suffit) ; rayons

Bêta (électrons), plus légers et plus pénétrants (une feuille de métal les stoppe) ; rayons Gamma (des photons)

très pénétrants (il faut beaucoup de plomb pour les bloquer). La radioactivité est un phénomène naturel.

 

 

Fission :

Casse de noyaux atomiques (pas forcément radioactifs) en leur envoyant de l’énergie (en général, des neutrons).

Les débris de ces noyaux cassés sont en général radioactifs. Dans un réacteur nucléaire, on fait fissionner

des noyaux d’Uranium235 (= moins de 1% de l’Uranium naturel). Si la fission « s’emballe », on a une bombe.

Si elle est « contrôlée », on a un réacteur nucléaire.

L’Uranium235 est un des seuls éléments naturels qui fissionne facilement.

 

 

Période (ou demi-vie) :

Le temps que met la moitié d’un élément radioactif pour disparaître par radioactivité. Mais la masse, elle, ne

change pas.

Exemple : le Plutonium a une période de 24 000 ans. Si vous prenez 1 kg de plutonium, après 24 000 ans,

vous aurez toujours 1 kg, mais seulement 500g de Plutonium. Les autres 500g seront des descendants du

Plutonium (souvent radioactifs aussi).

 

Enrichissement :

Le « bon » Uranium235, celui qui fissionne bien, n’existe qu’à moins de 1% de l’Uranium extrait des mines.

Pour faire du combustible de centrale, il faut entre 4 % et 6 % d’Uranium 235 dans le combustible nucléaire

(les autres 96 % seront des déchets radioactifs). C’est l’enrichissement. Une bombe requiert au moins 90%

d’Uranium235. Qui sait enrichir est en capacité de créer des centrales aussi bien que des bombes.

 

Retraitement :

Technique permettant de séparer un peu les différents éléments radioactifs contenus dans les combustibles

nucléaires après passage en réacteur. Elle a été mise au point pour récupérer le Plutonium créé dans les

réacteurs. Le Plutonium n’existe plus dans la nature. mais il est très efficace pour faire une bombe atomique,

comme celle jetée sur Nagasaki. Mais aujourd’hui, le Plutonium créée dans les réacteurs nucléaires n’est

pas du bon Plutonium. Le retraitement ne sert donc plus à grand-chose... sauf à faire gagner ou dépenser

de l’argent (EDF paye très cher AREVA pour retraiter).

 

Économie du Nucléaire :

L’économie du nucléaire fonctionne très bien en vase clos. EDF paye très cher AREVA pour enrichir l’Uranium

et retraiter les déchets. Puis, AREVA est le premier client d’EDF pour la consommation électrique.

 

1. LE NUCLÉAIRE EST UNE ÉNERGIE SALE

 

La fission nucléaire ne dégage pas de gaz à effet de serre (CO

 

et autre). C’est l’argument majeur

d’EDF, qui parle d’énergie « décarbonée ».

 

Mais dans son fonctionnement normal – sans évoquer d’accident – une centrale rejette dans l’environnement

toute une panoplie d’éléments radioactifs. Certains sont assimilés par le corps humain qui les confond avec

leur analogue non radioactif (iode dans la thyroïde, strontium confondu avec le calcium, etc...). Bien entendu,

ces rejets sont toujours en-dessous des normes légales. Mais les normes légales ont justement été calculées

à partir des rejets des centrales ! Tout cela est une pollution, néfaste à notre santé.

 

La chaleur est aussi polluante. Comme toute centrale thermique, une centrale nucléaire a un rendement de

l’ordre de 30 %.Pour produire 1 MW d’électricité, il faut d’abord produire 3 MW thermique. Et donc, envoyer

dans l’environnement 2 MW de chaleur.

 

Le cycle total d’une centrale est également polluant. Un cycle total regroupe la construction de la centrale,

l’extraction et la préparation du combustible, le retraitement et autres joyeusetés pour produire du courant.

Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) sont championnes des émissions de CO

2

, mais elles sont suivies

par le photovoltaïque et le nucléaire, loin devant l’éolien et surtout l’hydraulique qui sont bien moins polluants.

 

Et encore, si l’on inclut le démantèlement, le nucléaire devient largement plus polluant que le photovoltaïque.

Les mines qui extraient «

notre uranium

» au Niger, au Canada, en Australie et au Kazakhstan présentent

toutes le même profil : pollution absolue de l’eau, poussières et minerais radioactifs à l’air libre.

 

 

2.

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE GARANTIT

L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

 

D’après l’INSEE, la définition officielle de «

l’indépendance énergétique

» est «

le rapport entre la production

nationale d’énergies primaires et la consommation en énergie primaire

».

C’est-à-dire la somme de production

d’énergie primaire, rapportée à sa consommation. Si l’on produit 100 et que l’on consomme 100, on a 100%

d’indépendance.. Mais cette définition est piégeuse : elle concerne la «

production d’énergie primaire

»,

l’énergie directement utilisable. Donc l’uranium... à partir de son traitement ! Ainsi, formellement, l’uranium

nous rend indépendant, à condition de fermer les yeux sur son importation depuis des mines à l’étranger.

Comme si l’on se déclarait indépendant sous prétexte que le pétrole importé est raffiné en France.

En réalité, si l’on tient compte de l’importation totale de l’uranium, l’indépendance énergétique de la France atteint

difficilement les 10%. Cela pose de redoutables problèmes géopolitiques. Si une source d’approvisionnement

venait à se fermer, pour une cause d’instabilité ou de crise économique, nous nous retrouverions avec des

centrales incapables de tourner.

Pourtant, nous avons en France les moyens de notre indépendance : le vent, le soleil, l’eau, sont illimités et gratuits.

 

 

3.

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE

EST UNE SOURCE D’EMPLOIS

 

Le lobby nucléocrate assène régulièrement une formule qui semble évidente : sans nucléaire, des milliers

d’individus seraient mis au chômage.

 

Rien de plus faux ! Déjà, l’immense majorité des employés du nucléaire sont soit fonctionnaires soit assimilés. Il est

donc presque impossible de mettre au chômage un employé d’EDF, d’AREVA, de l’ANDRA, de l’IRSN ou du CEA.

 

Sans compter que la sortie du nucléaire, qui sera longue, nécessitera durant de longues années encore des

travailleurs qualifiés.

Surtout, la sortie du nucléaire va requérir de nombreux recrutements ! Elle sera longue, et des travailleurs de

toutes qualifications vont devoir être embauchés pour l’assurer pendant des années.

L’exemple de l’Allemagne est illustratif. Entre 2011 et 2017, notre voisin a fermé 9 centrales nucléaires. Dans

le même temps, la part des renouvelables dans la production électrique a grimpé de 20% à 35 % (le double

de la France !). Sur la période, plus de 200 000 emplois ont été créés. Le passage aux énergies renouvelables

a un effet d’entraînement sur l’économie nationale.

 

 

4.

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE,

AVEC LES SOUS-TRAITANTS !

 

De la production à la distribution, de l’enrichissement au traitement des déchets, tous les secteurs de

l’industrie nucléaire ont recours aux salariés sous-traitants. Aucun d’entre eux ne sera sacrifié, car la

sortie du nucléaire est le moyen de créer des emplois, mais aussi de stabiliser les emplois existants.

 

En effet, plus de 80 % des activités concernant les installations nucléaires repose sur les sous-traitants.

 

Pourtant, ils sont les plus mal considérés. Précaires sans statut spécifique, ils n’ont même pas droit au

même suivi médical que leurs collègues d’EDF, d’ORANO, du CEA.... Alors qu’ils subissent la majorité

des accidents du travail, la plupart des cas d’irradiation ou de contamination. Sans aucune garantie

d’emploi, les salariés sous-traitants du nucléaire sont trop souvent réduits au statut de véritables

forçats de l’industrie nucléaire.

 

Toutefois, par leur expérience professionnelle, par leurs compétences, par leurs connaissances techniques

indispensables, ils sont au centre de la sûreté de toutes les installations. Nous savons que la sortie du nucléaire

prendra du temps. Si l’on veut qu’elle se passe sans accroc, sans rien lâcher sur la sécurité, il faut inclure les

salariés sous-traitants. Aussi la constitution d’un pôle public de l’énergie est-il impératif pour leur permettre

d’accéder aux statuts et aux garanties normales de leurs collègues, afin que le travail de sortie du nucléaire soit

accompli dans les meilleures conditions – et qu’il soit orienté dans l’intérêt des populations plutôt que dans

celui des grands groupes financiers. Les salariés sous-traitants ne sont pas le maillon faible du nucléaire, ils en

sont le maillon fiable !

 

5.

LA SORTIE DU NUCLÉAIRE

RAPPORTE DE L’ARGENT

 

DDepuis la Libération et la création d’un service public en charge de l’administrer, l’énergie n’est pas

un bien dont le prix varie sur un marché. Il n’y a pas de spéculation sur l’électricité. C’est aussi le cas

de l’essence, dont le prix a peu de rapport avec les cours du pétrole.

 

Le gouvernement fixe donc le prix

de l’énergie.

Dans les années 1970, le gouvernement a décidé que l’électricité devait être bon marché, malgré son origine

nucléaire. Depuis, EDF est déficitaire et gère un endettement de 50 milliards d’euros. Puisque l’État est

actionnaire principal (à 84%), ce sont nos impôts qui garantissent la dette d’EDF. Le problème est qu’en 2017,

l’État a dû mettre 4 milliards d’euros de nos impôts pour renflouer EDF... et le forcer à racheter un bout

d’Areva, qui appartient aussi à l’État ! Nos impôts rachètent ce que nous possédons déjà, et qui est en faillite.

 

En 2014, le PDG d’EDF demandait une augmentation du prix du kWh de 25%, afin d’assurer les dépenses

futures du nucléaire français. Notamment le «

grand carénage

», l’allongement à un prix exorbitant de la

durée de vie des réacteurs normalement périmés. Le nucléaire met EDF en faillite, à nos frais. Plus personne

ne conteste aujourd’hui que le coût du kWh nucléaire a dépassé celui de l’éolien. Les énergies renouvelables

sont le seul moyen de garder une énergie peu chère, sans investir des milliards à fonds perdus dans un

« grand carénage

» qui va coûter bien plus cher qu’annoncé : 48 milliards d’euros pour EDF, plus du double

pour la Cour des Comptes et Greenpeace - à peu près le prix de 2 millions d’éoliennes !

Pour mémoire : EDF persiste à estimer le coût du grand carénage à 55 milliards. La Cour des Comptes voit

plutôt 97 milliards.

 

Aujourd’hui, il est admis que l’énergie nucléaire est très chère : une étude récente de l’IRENA (International

Renewable Energy Agency) estime qu’à l’horizon 2020, le coût des énergies renouvelables (entre 3 et 10 dollars

par MWh) sera au même niveau que celui des énergies fossiles (entre 5 et 17 dollars par MWh)

De son côté, l’ADEME (dépendant du Ministère de l’Environnement) a publié son étude de coûts comparatifs

en décembre 2016 : et comme un tableau vaut mieux qu’un long discours :

 

Énergie

Coût de production (en € /MWh)

Hydraulique

Entre 15 et 20

Éolien terrestre

Entre 55 et 90

Éolien marin

Entre 140 et 320 (ancré ou flottant)

Solaire

Entre 70 et 130

Nucléaire

50 (sans démantèlement,ni grand carénage)

Fossile (Gaz et Charbon)

100

Nucléaire EPR

120 (sans démantèlement)

 

Pour les renouvelables, la tendance est à la baisse, du fait de la multiplication. Et en plus, le combustible est

gratuit. Pour les autres énergies, la tendance est à la hausse. Et en plus, le prix du combustible dépend de

la géopolitique ou des cours boursiers !

En plus, le nucléaire coûte très cher en « investissements de recherche » :

sur les réacteurs nucléaires « du futur » (génération IV et autres joyeusetés) ? 1 milliard d’euro par an.

le futur surgénérateur ASTRID (prévu pour les années 2040 au mieux) ? Au moins 5 milliards.

ITER, le démonstrateur de fusion censé produire 8 minutes de fusion énergétique, vers 2040, malgré le scepticisme

de nombreux scientifiques ? 1,5 milliard pour 8 minutes...

son successeur, DEMO, sera au moins 30 % plus gros, coûtera au moins le double, et produira moins de

1 000 MW à la fin du siècle.

 

Le nucléaire vit sous perfusion d’argent public.

Les dépenses de recherche et développement orientées

vers le nucléaire ne sont pas répercutées dans le prix de l’électricité, car ce sont directement nos impôts qui

les financent. Idem pour la cotisation de la France à Euratom, l’organisation européenne de promotion du nucléaire.

Des milliards d’euros de coûts cachés sont ainsi disséminés dans le budget de la Nation pour le nucléaire.






21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE

 

Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des

gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant

vitales aux populations.

 

Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se

serait «

arrêté à la frontière

». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer

ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !

 

Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés.

 

Mais

ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du

territoire. En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des

recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées. En France,

ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière.

 

Le

Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la

zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.

Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du

réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe

nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?

Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en

centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.

Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un

ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait

d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !

Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants

savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être

connues du grand public

 

 

22.

NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,

MÊME COMBAT

 

Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire.

 

À sa création en octobre 1945, le

Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.

Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la

France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi

des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un

aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.

Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur. En 1980, à Damascus,

aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.

Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre

froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien

radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.

 

Pour ce qui est du nucléaire «

civil

», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de

recherche de «

nouveaux réacteurs

», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des

divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble

des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,

notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres

pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.

 

Pour ce qui est du nucléaire «

militaire

», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de

sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «

modernisation de l’arme nucléaire

» (promis par

Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de

force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale

sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin.

De la sorte, notre pays

demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire

 

 

23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES

 

Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «

les déchets radioactifs sont des substances

radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée

» (voir l’Institut

de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).

 

Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut

parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.

 

Un peu de culture technique

Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les

12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)

et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet

d’avoir du courant.

 

Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la

composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,

mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers

et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....).

 

Au total, les réacteurs français produisent tous

ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule

une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !

 

L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,

mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau

combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie. Le reste est stocké à la Hague). Il reste

donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.

 

D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des

réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne

veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «

ultimes

». Le reste ?

Discrètement

stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.

Allons un peu plus loin

Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,

on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible

nucléaire), on compte :

Au niveau de l’extraction du minerai :

 

. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)

Au niveau de l’enrichissement :

.

117 tonnes d’Uranium «

appauvri

» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de

bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)

Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :

.

20 tonnes d’uranium «

de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme

des déchets.

. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.

. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.

 

Le futur des déchets

 

Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par

devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela. C’est la «

période

» ou «

demi-vie

»,

qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se

transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).

Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g

de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,

il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....

C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...

Quelques périodes :

. Iode 131 : 8 jours

. Strontium : 30 ans

. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).

 

Le danger ?

Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler

(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).

 

Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :

par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre.

L’iode radioactif est ainsi assimilé par la

thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents.

 

Et de la sorte, nous pouvons nous

retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que

cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut

mettre très longtemps à se déclarer. Et alors, impossible de remonter au responsable.

 

Et puis...

Mais lorsque l’on parle de «

déchets nucléaire

», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur

lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,

les «

Castor

» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela

ne servira plus, ce sera quoi ?

On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.

 

 

24.

LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :

POUR UN DÉSARMEMENT

NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL

 

Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?

 

Effets physiques

. Flash aveuglant (au sens propre).

.

Effet thermique : chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,

les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.

. Effet de souffle : une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.

. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.

. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.

 

Effets humains

. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.

. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.

Exemple :

Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.

 

Dans un rayon de 3 km

( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée

de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.

 

Entre 3 et 5 km,

la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,

des incendies et de l’irradiation.

Entre 5 et 10 km,

la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,

dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.

 

Au-delà,

des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres

maladies dues à la contamination radioactive.

Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?

 

Actuellement 9

(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).

.

5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),

désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération

nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine

du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».

.

4 États nucléaires officieux :

Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,

qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.

.

184 États membres de l’ONU ne possèdent pas

d’armes nucléaires et sont considérés comme

des « États non dotés » ou

ENDAN

 

. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre

assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...

 

Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?

 

14 550, chiffre estimé début 2018.

D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,

les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni

215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine.

 

2 000 de ces armes sont prêtes à

partir sur ordre à tout moment.

 

C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51

(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).

 

Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines

en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».

 

Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.

Une série de traités bilatéraux entre

USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées

à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.

 

Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?

300.

C’est notre «

outil de dissuasion de stricte suffisance

» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût

cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».

 

Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder

des armes nucléaires ?

Absolument pas.

À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie

du camp des vainqueurs de la 2

e

guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.

 

Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les

deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.

 

L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?

Oui.

Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires

doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et

commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).

 

Les armes nucléaires sont-elles interdites ?

Pas encore.

Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017

par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui

l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des

9 EDAN n’a l’intention de le signer.

Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.

 

Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?

Oui, mais elle est restée lettre morte.

L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970

énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme

nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :

«

Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au

désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.

»

20

Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?

Oui, par un référendum d’initiative partagée

(parlementaire et citoyenne) posant la question : «

Voulez-vous

que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination

complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?

»

Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?

Deux précautions valent mieux qu’une.

L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas

de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera

d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.

Source : www.acdn.net / © ACDN

 

 

Plus aucune arme nucléaire

d’ici l’an 2000 !

Mikhaïl Gorbatchev

(Janvier 1986)

 

La dissuasion nucléaire et la menace

de destruction mutuelle assurée

ne peuvent pas servir de base

à une éthique de fraternité

et de coexistence pacifique entre

les peuples et les États... C’est mon

grand espoir : un monde sans armes

nucléaires est vraiment possible.

Pape François

(Vienne, 8/12/2014)

 

Les armes nucléaires sont

fondamentalement dangereuses,

extraordinairement coûteuses, militairement

inefficaces et moralement indéfendables.

Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command

(1996)


21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE

 

Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des

gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant

vitales aux populations.

 

Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se

serait «

arrêté à la frontière

». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer

ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !

 

Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés. Mais

ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du

territoire.

En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des

recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées.

En France,

ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière. Le

 

Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la

zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.

Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du

réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe

nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?

Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en

centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.

Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un

ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait

d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !

Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants

savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être

connues du grand public

 

 

22.

NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,

MÊME COMBAT

 

Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire.

 

À sa création en octobre 1945, le

Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.

 

Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la

France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi

des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un

aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.

Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur.

 

En 1980, à Damascus,

aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.

Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre

froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien

radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.

 

Pour ce qui est du nucléaire «

civil

», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de

recherche de «

nouveaux réacteurs

», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des

divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble

des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,

notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres

pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.

Pour ce qui est du nucléaire «

militaire

», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de

sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «

modernisation de l’arme nucléaire

» (promis par

Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de

force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale

sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin.

De la sorte, notre pays

demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire.

 

 

23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES

 

Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «

les déchets radioactifs sont des substances

radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée

» (voir l’Institut

de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).

 

Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut

parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.

 

Un peu de culture technique

Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les

12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)

et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet

d’avoir du courant. Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la

composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,

mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers

et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....). Au total, les réacteurs français produisent tous

ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule

une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !

 

L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,

mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau

combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie.

Le reste est stocké à la Hague). Il reste

donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.

 

D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des

réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne

veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «

ultimes

». Le reste ? Discrètement

stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.

 

Allons un peu plus loin

Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,

on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible

nucléaire), on compte :

Au niveau de l’extraction du minerai :

. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)

Au niveau de l’enrichissement :

.

117 tonnes d’Uranium «

appauvri

» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de

bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)

Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :

.

20 tonnes d’uranium «

de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme

des déchets.

. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.

. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.

 

Le futur des déchets

 

Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par

devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela.

C’est la «

période

» ou «

demi-vie

»,

qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se

transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).

 

Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g

de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,

il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...

Quelques périodes :

. Iode 131 : 8 jours

. Strontium : 30 ans

. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).

 

Le danger ?

Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler

(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).

Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :

par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre. L’iode radioactif est ainsi assimilé par la

thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents. Et de la sorte, nous pouvons nous

retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que

cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut

mettre très longtemps à se déclarer.

Et alors, impossible de remonter au responsable.

 

Et puis...

Mais lorsque l’on parle de «

déchets nucléaire

», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur

lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,

les «

Castor

» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela

ne servira plus, ce sera quoi ?

On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.

 

 

24.

LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :

POUR UN DÉSARMEMENT

NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL

 

Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?

 

Effets physiques

. Flash aveuglant (au sens propre).

.

Effet thermique :

chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,

les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.

 

. Effet de souffle :

une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.

. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.

. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.

 

Effets humains

. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.

. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.

 

Exemple :

Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.

Dans un rayon de 3 km

( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée

de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.

Entre 3 et 5 km,

la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,

des incendies et de l’irradiation.

Entre 5 et 10 km,

la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,

dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.

Au-delà,

des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres

maladies dues à la contamination radioactive.

 

Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?

Actuellement 9

(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).

.

5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),

désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération

nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine

du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».

.

4 États nucléaires officieux :

Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,

qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.

.

184 États membres de l’ONU ne possèdent pas

d’armes nucléaires et sont considérés comme

des « États non dotés » ou

ENDAN

 

. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre

assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...

 

Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?

14 550, chiffre estimé début 2018.

D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,

les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni

215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine. 2 000 de ces armes sont prêtes à

partir sur ordre à tout moment. C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51

(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).

Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines

en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».

 

Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.

Une série de traités bilatéraux entre

USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées

à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.

Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?

300.

C’est notre «

outil de dissuasion de stricte suffisance

» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût

cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».

Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder

des armes nucléaires ?

Absolument pas.

À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie

du camp des vainqueurs de la 2

e

guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.

Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les

deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.

 

L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?

Oui.

Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires

doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et

commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).

 

Les armes nucléaires sont-elles interdites ?

Pas encore.

Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017

par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui

l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des

9 EDAN n’a l’intention de le signer. Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.

 

Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?

Oui, mais elle est restée lettre morte.

L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970

énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme

nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :

«

Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au

désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.

»

Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?

Oui, par un référendum d’initiative partagée

(parlementaire et citoyenne) posant la question : «

Voulez-vous

que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination

complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?

»

Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?

Deux précautions valent mieux qu’une.

L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas

de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera

d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.

Source : www.acdn.net / © ACDN

 

 

Plus aucune arme nucléaire

d’ici l’an 2000 !

Mikhaïl Gorbatchev

(Janvier 1986)

 

La dissuasion nucléaire et la menace

de destruction mutuelle assurée

ne peuvent pas servir de base

à une éthique de fraternité

et de coexistence pacifique entre

les peuples et les États... C’est mon

grand espoir : un monde sans armes

nucléaires est vraiment possible.

Pape François

(Vienne, 8/12/201

 

4)

Les armes nucléaires sont

fondamentalement dangereuses,

extraordinairement coûteuses, militairement

inefficaces et moralement indéfendables.

Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command

(1996)

 

21. LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE

 

Pour tenir, l’industrie nucléaire a toujours eu besoin de s’appuyer sur le secret. Secondée par des

gouvernements trop laxistes, elle a pu organiser une omerta complète sur des informations pourtant

vitales aux populations.

Dès l’époque de Tchernobyl en 1986, des hauts dirigeants ont tenté de nous faire croire que le nuage se

serait «

arrêté à la frontière

». Ils se sont moqués de toute la population en refusant de communiquer

ouvertement sur les risques encourus : l’anticyclone des Açores maintiendrait le nuage en-dehors du pays !

Dix jours après l’accident, les autorités ont effectué plus de cinq cent mesures sur échantillons variés. Mais

ce n’est que sous la pression des ONG qu’elles acceptent de publier une carte de la contamination du

territoire. En Allemagne, en Autriche ou en Italie, des mesures drastiques sont prises après Tchernobyl. Des

recommandations de nettoyage des vêtements et des prohibitions alimentaires sont décrétées. En France,

ce n’est que deux semaines après que certains aliments d’Europe de l’Est sont immobilisés à la frontière. Le

Commissariat à l’énergie atomique et EDF osent déclarer le 2 mai 1986, en conférence de presse, que la

zone dangereuse ne s’étend pas à plus de 10 kilomètres de Tchernobyl.

Le secret est encore plus fort sur les équipements français. En 1969 puis en 1980, lorsque le cœur du

réacteur nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est entré en fusion et que la France a frôlé la catastrophe

nucléaire, aucune donnée n’a jamais été produite sur les rejets dans la nature. Combien d’eau contaminée ?

Combien de tonnes de vapeur contaminée ? Régulièrement encore, les incidents et les accidents en

centrale ne sont communiqués au grand public qu’après leur régulation.

Enfin, nous sommes exposés aux secrets étrangers. Fin septembre 2017, des taux anormaux de ruthénium-106 (un

ingrédient de fission nucléaire) ont fait leur apparition dans l’atmosphère de vingt pays européens. Personne ne sait

d’où ils proviennent. Des accidents ont donc même lieu dans le silence général, empêchant de s’en protéger !

Le nucléaire est marqué du sceau du secret en France, et ailleurs, depuis des décennies. Car les dirigeants

savent que personne ne continuera à le tolérer si les fuites, dysfonctionnements et menaces venaient à être

connues du grand public

 

 

22.

NUCLÉAIRE CIVIL ET NUCLÉAIRE MILITAIRE,

MÊME COMBAT

 

Le nucléaire d’aujourd’hui est l’héritier direct du nucléaire militaire. À sa création en octobre 1945, le

Commissariat à l’Énergie Atomique a comme but non-avoué la réalisation de l’arme atomique française.

Aujourd’hui, la version militaire du nucléaire ne peut exister que là où le civil existe encore. La réponse de la

France Insoumise est la même pour les 2 faces du nucléaire : il s’agit d’arrêter le nucléaire. Car il y a aussi

des accidents dans les entrepôts d’armes nucléaires ou dans les opérations militaires. Le 24 janvier 1961, un

aéronef étasunien transportant deux ogives thermonucléaires opérationnelles s’écrase en Caroline du Nord.

Une des bombes n’explose pas grâce au fonctionnement d’un simple commutateur. En 1980, à Damascus,

aux États-Unis, une douille tombe accidentellement sur le missile nucléaire entreposé dans le silo militaire.

Le silo explose, mais la tête nucléaire ne se déclenche pas, par chance. Plusieurs fois, durant la guerre

froide, des sous-marins nucléaires ont également failli atomiser un pays adverse car ils avaient perdu le lien

radio avec leur base de lancement. Le danger nucléaire ne s’arrête pas aux portes des centrales.

Pour ce qui est du nucléaire «

civil

», la France insoumise entend arrêter tous les développements : plus de

recherche de «

nouveaux réacteurs

», fin des chantiers en cours (CIGEO à Bure, EPR, ASTRID...), arrêt des

divers aspects du cycle nucléaire (extraction, enrichissement, retraitement...) et mise à l’arrêt de l’ensemble

des réacteurs français de façon sécurisée (tant sur le plan technique que celui de l’emploi). En parallèle,

notre pays basculera en énergies renouvelables pour produire l’énergie nécessaire. Et il rejoindra les autres

pays européens dans leur volonté de se passer du nucléaire.

Pour ce qui est du nucléaire «

militaire

», il coûte près de 4 milliards d’euro par an et pose des questions de

sécurité aussi criantes. Nous défendons un arrêt de la «

modernisation de l’arme nucléaire

» (promis par

Emmanuel Macron), des essais de tirs - y compris en simulation - et un désengagement de la stratégie de

force de frappe (nucléaire tactique, frappe aérienne). Et bien sûr, relance d’une Conférence Internationale

sur le Désarmement Nucléaire, qui n’existe plus depuis la chute du mur de Berlin. De la sorte, notre pays

demandera à l’ensemble des pays de le rejoindre dans sa volonté de se passer de l’arme nucléaire.

 

 

23. DÉCHETS ET ORDURES NUCLÉAIRES

 

Il faut d’abord savoir de quoi on parle : en France, «

les déchets radioactifs sont des substances

radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue ou envisagée

» (voir l’Institut

de Radioprotection et de Sureté Nucléaire).

Et dans le cas de l’industrie nucléaire (oublions la médecine et les laboratoires de recherche), on ne veut

parler de « déchets » que pour une petite partie des combustibles irradiés sortant d’un réacteur.

Un peu de culture technique

Dans un réacteur, il y a environ 60 tonnes de combustible. Elles sont changées par tiers (20 tonnes), tous les

12 à 18 mois. Au départ, ces 20 tonnes de combustibles sont constituées de 96 % d’Uranium 238 (19,3 tonnes)

et 4 % d’Uranium 235 (700 kgs). C’est l’Uranium 235 qui va fissionner, pour donner l’énergie qui permet

d’avoir du courant. Après son utilisation, chaque année, on extrait 20 tonnes de combustible usé. Mais la

composition du combustible a alors évolué. On y trouve 18,8 tonnes d’Uranium 238 et 160 kgs d’Uranium 235,

mais aussi du Plutonium (180 kgs, dont une partie de qualité militaire) et 800 kgs de produits de fission divers

et variés (Neptunium Americium, Strontium, Cesium....). Au total, les réacteurs français produisent tous

ensemble 1200 tonnes de combustible irradié par an. On ne sait pas quoi en faire. Mais en attendant, seule

une petite partie (les 800 kgs de produits de fission) sont considérés comme du déchet !

 

L’uranium n’est pas considéré comme un déchet (on pourrait toujours s’en servir pour refaire du combustible,

mais on ne le fait pas). Le Plutonium non plus (on en fait des bombes et on se force à faire un nouveau

combustible, le MOX – beaucoup plus délicat à gérer – avec une partie. Le reste est stocké à la Hague). Il reste

donc ces 100 kg, que la loi veut bien appeler « déchet ». Mais pas le reste.

 

D’où la légende que le nucléaire français ne produit que très peu de déchets. Mais en gros, on sort des

réacteurs français environ 1 200 tonnes de combustible par an (et ceci depuis près de 40 ans), mais on ne

veut reconnaitre que 4% de déchets (48 tonnes quand même) appelés «

ultimes

». Le reste ? Discrètement

stocké à la Hague ou envoyé en Russie. Et ce sont ces déchets « ultimes » qui doivent partir à Bure.

Allons un peu plus loin

Le cycle nucléaire dans son ensemble produit beaucoup plus de déchets que cela (mais encore une fois,

on n’a pas le droit de les appeler déchets). Pour un réacteur (Fessenheim), par an (21,5 tonnes de combustible

nucléaire), on compte :

Au niveau de l’extraction du minerai :

. 69 000 tonnes de résidus miniers radioactifs (reste sur place, donc on n’en tient pas compte)

Au niveau de l’enrichissement :

.

117 tonnes d’Uranium «

appauvri

» mais radioactif quand même (on peut en faire des quilles de

bateau ou des obus, alors ce n’est pas un déchet)

Au niveau du retraitement des 21,5 tonnes :

.

20 tonnes d’uranium «

de retraitement » dont on ne fait rien et qui ne sont pas considérés comme

des déchets.

. 210 kg de Plutonium. Évidemment là encore non considérés comme des déchets.

. 100kg de « vrais » déchets pour Bure.

Le futur des déchets

Soyons optimistes : l’essentiel des éléments radioactifs (et donc instables) présents sur terre vont finir par

devenir du Plomb. Mais ils vont mettre un temps très variable pour cela. C’est la «

période

» ou «

demi-vie

»,

qui va de la seconde (ou moins) à plusieurs millions d’années : le temps que met la moitié du produit pour se

transformer (et pas disparaitre, la masse totale reste la même).

Exemple : Si on a 1 kg de Plutonium239 (fabriqué dans les réacteurs), au bout de 24 000 ans, on aura 500g

de Plutonium (et 500g d’autres éléments, dont certains radioactifs, comme l’Uranium...). Au bout de 48 000 ans,

il restera 250 g. Et ainsi de suite : 72 000 ans: 125g. 96 000 ans : 62,5 g....

C’est pour cela qu’il ne reste plus de Plutonium dans la nature : la terre a plus de 3 milliards d’années...

Quelques périodes :

. Iode 131 : 8 jours

. Strontium : 30 ans

. Uranium « naturel » : 700 millions d’années (c’est pour cela qu’il en reste encore).

Le danger ?

Le danger représenté par ces déchets (comme pour tout élément radioactif ) c’est d’abord de les avaler

(avec l’air que l’on respire, ou dans une nourriture contaminée).

Certains de ces éléments sont confondus par notre corps avec leur équivalent non radioactif qui lui, est utile :

par exemple, nous avons besoin d’iode ou de calcium pour vivre. L’iode radioactif est ainsi assimilé par la

thyroïde, le Strontium (équivalent au Calcium) dans les os, les dents. Et de la sorte, nous pouvons nous

retrouver avec des sources radioactives dans notre corps, qui vont irradier (avec le risque de cancer que

cela représente) durant toute leur période. C’est d’ailleurs pour cela qu’un cancer dû à la radioactivité peut

mettre très longtemps à se déclarer. Et alors, impossible de remonter au responsable.

Et puis...

Mais lorsque l’on parle de «

déchets nucléaire

», il ne faudra pas non plus oublier tout le reste : le réacteur

lui-même et les générateurs de vapeur (300 tonnes la pièce), les usines d’enrichissement ou de retraitement,

les «

Castor

» (containers de déchets), les outils, les blouses et chaussures des employés, etc. Lorsque cela

ne servira plus, ce sera quoi ?

On ne les appellera pas déchets, mais ce seront quand même des ordures nucléaires.

 

 

24.

LE NUCLÉAIRE MILITAIRE :

POUR UN DÉSARMEMENT

NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL

Quels sont les effets d’une arme nucléaire ?

Effets physiques

. Flash aveuglant (au sens propre).

.

Effet thermique : chaleur intense qui volatilise les corps près du point zéro et, plus loin, les brûle,

les carbonise, et provoque d‘énormes incendies.

. Effet de souffle : une onde de choc se propage à plus de 1000 km/h et pulvérise tout.

. Effet électromagnétique sur les installations et instruments électroniques.

. Effet radioactif à court, moyen, long et très long terme.

Effets humains

. Morts et blessures par effets de souffle et de chaleur.

. Maladies et décès dus à la radioactivité. Anomalies et difformités génétiques.

Exemple :

Une bombe de 100 kt – plus petite bombe française, 7 fois Hiroshima - explose sur l’Assemblée Nationale.

Dans un rayon de 3 km

( jusqu’au boulevard périphérique), la chaleur entraînera la mort quasi instantanée

de tout ce qui vit. Avantage : les victimes auront à peine eu le temps de souffrir.

Entre 3 et 5 km,

la plupart des gens mourront rapidement d’asphyxie ou des effets conjugués de l’explosion,

des incendies et de l’irradiation.

Entre 5 et 10 km,

la moitié des personnes mourront de traumatismes et de brûlures, et beaucoup d’autres,

dans les jours suivants, d’hémorragies internes et de la décomposition de leurs tissus, dues aux radiations.

Au-delà,

des milliers de personnes mourront dans les mois et les années à venir de cancers et autres

maladies dues à la contamination radioactive.

19

Combien d’États possèdent-ils des armes nucléaires (bombes atomiques) ?

Actuellement 9

(peut-être 10 avec l’Arabie saoudite).

.

5 États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN),

désignés comme tels dans le Traité de Non-Prolifération

nucléaire (TNP) dont ils sont signataires : les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni (tous trois à l’origine

du TNP), la France et la Chine. On les surnomme «le P5».

.

4 États nucléaires officieux :

Israël, Inde, Pakistan, qui n’ont jamais adhéré au TNP, et Corée du Nord,

qui l’a signé mais s’en est retirée une fois qu’elle a acquis l’arme nucléaire grâce à lui.

.

184 États membres de l’ONU ne possèdent pas

d’armes nucléaires et sont considérés comme

des « États non dotés » ou

ENDAN

. D’après la doctrine française (« notre arme atomique est notre

assurance-vie »), ils sont censés vivre dans l’insécurité. Ils devraient donc se la procurer...

Combien y a-t-il de bombes atomiques dans le monde ?

14 550, chiffre estimé début 2018.

D’après les Scientifiques Américains (FAS), La Russie en détiendrait 6 800,

les États-Unis 6 600, et les 7 autres Etats 1150 au total : la France 300 (confirmé), la Chine 270, le Royaume-Uni

215, Israël 80, le Pakistan 140, l’Inde 130, la Corée du Nord une quinzaine. 2 000 de ces armes sont prêtes à

partir sur ordre à tout moment. C’est le cas des 96 « têtes nucléaires » françaises équipant les 16 missiles M51

(6 par missile) embarqués à bord d’un sous-marin nucléaire (SNLE) toujours en mer (ils sont 4).

Cinq pays - Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie - hébergent chez eux des bombes américaines

en vertu d’un accord dans le cadre de l’OTAN. 23 autres pays se disent placés « sous le parapluie américain ».

Dans les années 80, on comptait environ 70 000 armes nucléaires.

Une série de traités bilatéraux entre

USA et URSS puis Russie (de Washington sur les FNI, START, SORT, New START en 2010...) les ont ramenées

à moins de 15 000. Elles peuvent néanmoins anéantir entre huit et dix fois la totalité des humains.

Combien la France a-t-elle d’armes nucléaires ?

300.

C’est notre «

outil de dissuasion de stricte suffisance

» : de quoi faire un milliard de morts, pour un coût

cumulé de plus de 300 milliards € et 4 milliards €/an (bientôt 6) pour sa « modernisation ».

Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU doivent-ils leur statut au fait de posséder

des armes nucléaires ?

Absolument pas.

À la création de l’ONU en octobre 1945, ils ont obtenu ce statut parce qu’ils faisaient partie

du camp des vainqueurs de la 2

e

guerre mondiale. Un seul d’entre eux avait la bombe : les États-Unis.

Aujourd’hui, 4 États au moins disposent de l’arme nucléaire sans avoir ce statut. Admettre un lien entre les

deux, ce serait offrir un siège permanent à la Corée du Nord ou à tout État proliférateur.

L’emploi d’armes nucléaires constituerait-il un crime contre l’humanité ?

Oui.

Pour l’Assemblée générale de l’ONU, « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires

doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et

commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (résolution 1653 (XVI) du 24 novembre 1961).

Les armes nucléaires sont-elles interdites ?

Pas encore.

Elles le seront quand le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), approuvé en juillet 2017

par 122 pays (non nucléaires), entrera en vigueur après sa ratification par 50 États. Mais seuls ceux qui

l’auront ratifié seront tenus par cette interdiction, du moins tant qu’ils ne sortiront pas du traité, et aucun des

9 EDAN n’a l’intention de le signer. Pire, la France augmente ses dépenses et prépare ses armes de 2080.

Existe-t-il une obligation de procéder à l’élimination complète des armes nucléaires ?

Oui, mais elle est restée lettre morte.

L’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) en vigueur depuis 1970

énonce cette obligation pour les EDAN, contre l’engagement des ENDAN de ne pas se procurer d’arme

nucléaire. La Cour Internationale de Justice l’a confirmée à l’unanimité dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996 :

«

Il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au

désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace.

»

20

Existe-t-il un moyen de contraindre la France à changer de politique ?

Oui, par un référendum d’initiative partagée

(parlementaire et citoyenne) posant la question : «

Voulez-vous

que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination

complète des armes nucléaires sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?

»

Pourquoi prévoir un contrôle mutuel en plus du contrôle international ?

Deux précautions valent mieux qu’une.

L’AIEA, chargée d’empêcher la prolifération, a échoué dans le cas

de la Corée du Nord. Elle sera chargée de contrôler aussi le désarmement nucléaire. Mais le contrôle sera

d’autant plus sûr et efficace que les EDAN, premiers intéressés, se contrôleront aussi mutuellement.

Source : www.acdn.net / © ACDN

 

Plus aucune arme nucléaire

d’ici l’an 2000 !

Mikhaïl Gorbatchev

(Janvier 1986)

 

La dissuasion nucléaire et la menace

de destruction mutuelle assurée

ne peuvent pas servir de base

à une éthique de fraternité

et de coexistence pacifique entre

les peuples et les États... C’est mon

grand espoir : un monde sans armes

nucléaires est vraiment possible.

Pape François

(Vienne, 8/12/2014)

 

Les armes nucléaires sont

fondamentalement dangereuses,

extraordinairement coûteuses, militairement

inefficaces et moralement indéfendables.

Général US Lee Butler, ex-chef du Strategic Air Command

(1996)



 

 
 


15/03/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 42 autres membres