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Pamplemousse atomique en promo dans votre hypermarché...

 


Saviez-vous que certains de nos fruits proviennent du JARDINAGE ATOMIQUE ?



                                         

Le pamplemousse Red Ruby a été obtenu par bombardement aux rayons gamma dans un jardin atomique


                                 Un JARDIN ATOMIQUE vu du ciel

 

Le jardin atomique de Hitachiomiya au Japon fait 100 m de diamètre, entouré de fossés et de clôtures.

 

Au centre, une tour irradie les plantations de rayons gamma provenant du cobalt-60.

Les plantations sont organisées comme des parts de gâteau.

À proximité de la tour centrale, la plupart des plants meurent car les rayons gamma sont trop importants.

En s’éloignant du centre, les plants continuent de subir des mutations génétiques aléatoires en masse.

Les fruits sont couverts de tumeurs, leur croissance est anormale. Mais ils ne meurent pas nécessairement.

 



                                        

Le jardin atomique de Hitachiomiya peut encore être visité.
Photos : Govinda Rizal

 
Encore plus loin, on trouve enfin des fruits irradiés d’apparence normale.

C’est là que les « jardiniers » espèrent découvrir de nouvelles variétés mutantes désirables :

  • plus résistantes aux infections,
  • plus colorées (pour attirer l’œil des consommateurs), etc.

           Pour eux, le jardinage atomique, c’était l’avenir…

C’était le début de la Guerre Froide. On créait des jardins atomiques en Europe, aux États-Unis, en URSS.

À l’époque, on cherchait de nouveaux usages pour l’énergie atomique.



                                         

 

 



                                                      

 

 

Publicités pour des graines irradiées


On pouvait lire :

« L’énergie atomique peut créer sans danger de nouvelles plantes dans votre jardin. »

« Les graines exposées aux rayons gamma ne deviennent pas radioactives. Ces graines sont parfaitement sans danger. »

                Que sont devenues toutes ces variétés mutantes ?

À partir des années 1970, le jardinage atomique a été abandonné au profit des modifications génétiques ciblées : transgénique, interférence par ARN… Autrement dit les OGM.

Mais les variétés mutantes issues du jardinage atomique existent toujours !

Par exemple, 75% des pamplemousses cultivés au Texas sont de la variété mutante Rio Star issue du bombardement aux rayons gamma [1].

                      En promo dans votre hypermarché

Le Dr Lagoda, en charge de croisements de plantes et de la génétique à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique explique :

Des milliers de « mutants utiles » ont été créés grâce au jardinage atomique (mutagenèse aléatoire) [2].

Ces milliers de variétés mutantes de fruits, légumes, céréales, issues des cultures atomiques sont actuellement sur nos étals.

Ces mutants constitueraient une part importante des cultures agricoles d’aujourd’hui.

On parle notamment de variétés mutantes de :

  • Riz
  • Blé
  • Orge
  • Pamplemousse
  • Poires
  • Petits pois
  • Coton
  • Menthe poivrée
  • Tournesol
  • Arachides
  • Sésame
  • Bananes
  • Manioc
  • Sorgho [3]

Et le plus grave, c’est que ces variétés mutantes ne sont pas considérées OGM !!!

Oui, vous avez bien lu :

Les pamplemousses atomiques ne sont pas classés OGM.

            Pourquoi ne sont-ils pas classés OGM ?

C'est une histoire un peu obscure :

Le 12 mars 2001, la Directive 2001/18/CE du Parlement européen et du Conseil rend obligatoire l'étiquetage des OGM (organismes génétiquement modifiés) [4].

Sachant l'aversion des consommateurs pour les OGM, cette Directive donne un coup d'arrêt aux ventes d'OGM en Europe.

Seulement, dans l'Annexe I B de cette Directive, on lit que les organismes obtenus par MUTAGENÈSE ne devront pas être étiquetés OGM !

Résultat, aucun des mutants issus du jardinage atomique (transgenèse aléatoire) ne sera étiqueté "OGM".

Curieux, non ?

Voilà pourquoi vous n’avez aucun de moyen de savoir si vous mangez un pamplemousse, ou une banane qui a muté sous l’effet des rayonnements gamma.

 

2001-2018 : La MUTAGENÈSE redevient la muse des ingénieurs de Monsanto, Bayer et Syngenta

Suite à cette Directive 2001/18/CE sur les OGM, les manipulations génétiques classées OGM sont délaissées. Par exemple, la TRANSGÉNIQUE – insertion de gènes ciblés dans l’ADN.

Sans attendre, les ingénieurs en génétique se mettent à développer des nouvelles techniques de mutagenèse in vitro (en éprouvette) classées non-OGM. On peut citer l’invention des ciseaux moléculaires CRISPR cas9, mis au point par Emmanuelle Charpentier. 

Très vite, de nouvelles semences mutantes apparaissent (notamment le blé résistant à la rouille noire).

Pour mettre fin à cette situation absurde, 9 associations d’agriculteurs, dont la Confédération paysanne, ont saisi la Cour Européenne de Justice.

Finalement, le 25 juillet 2018, la Cour de Justice de l'Union Européenne tranche [9] :

Désormais, « les organismes obtenus par mutagenèse seront étiquetés OGM ».

Tant mieux !

Mais, il y a un « mais ».

         Le jardinage atomique s’en sort sans égratignure

En lisant le communiqué de presse de la Cour Européenne de Justice, on découvre une phrase troublante :

« La Cour constate cependant qu’il ressort de la directive sur les OGM que celle-ci ne s’applique pas aux organismes obtenus au moyen de certaines techniques de mutagenèse, à savoir celles qui ont été traditionnellement utilisées pour diverses applications et dont la sécurité est avérée depuis longtemps. »

En somme, la Cour Européenne de Justice met fin aux nouvelles techniques de mutagenèse in vitro (en éprouvette)... 

... mais les techniques barbares de mutagenèse aléatoire in vivo (dans des jardins atomiques) échappent à nouveau à l’étiquetage OGM.

Allons-nous voir réapparaître des jardins atomiques dans nos campagnes ?

Cela paraît fou, mais ça semble être la prochaine étape…

 

              Que faire ?

Mon conseil serait de privilégier les variétés anciennes.

Elles coûtent peut-être plus cher, elles sont parfois moins appétissantes, mais la précaution s’impose.

Ensuite, le bon sens voudrait que TOUS les fruits et légumes atomiques soient étiquetés OGM.

Mais j’ai bien peur que le scandale soit trop ancien pour ressurgir…

Bien à vous,

Eric Müller

PS : Peu de gens le savent, mais l’Humanité pratique la modification génétique depuis 9000 ans.

Seulement les moyens n’étaient pas les mêmes…



                Voici un récapitulatif des grandes méthodes de modification génétique :

Culture sélective Agriculture atomique, alias mutagenèse aléatoire Transgénique Interférence par ARN Mutagenèse in vitro
Pratiquée depuis 9000 ans Depuis 1950, directement liée à la découverte de la bombe atomique en 1945 Depuis les années 1970 [5] Depuis les années 1990 [6] Depuis les années 2000
Méthode ancienne de croisement de variétés et de sélection des semences Exposer des graines à des radiations gamma (ex : cobalt-60). Mutations aléatoires et imprévisibles. Insérer des gènes choisis à des endroits précis de l’ADN. Rendre « silencieux » certains gènes en les remplaçant par de l’ARN. Provoquer des mutations sans insertion d'ADN étranger. Notamment en découpant l'ADN, ou en l'exposant à des rayonnements ionisants
Sur presque tous les fruits, légumes, céréales, arbres, fleurs (ainsi que le bétail, et les animaux domestiques) Certaines variétés de pamplemousses, tomates, riz, orge, blés, menthe poivrée pour dentifrices… et bien d’autres Certaines variétés de maïs, soja, coton… la liste est infinie Certaines variétés de maïs, tomates, pommes… et bien d’autres Blé, etc. 
Affecte entre 10 000 et 300 000 gènes Impossible de connaître le nombre de gènes affectés Affecte 1 à 4 gènes Affecte 1 à 2 gènes  Information non disponible
Pas « OGM » Pas « OGM » « OGM » « OGM » « OGM »

[7] [8]



29/07/2018
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