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Usines pour fabriquer des humains ?...

Mon opinion (très personnelle) sur ce "progrès"


Des chercheurs, membres de l’académie chinoise des sciences, ont annoncé avoir obtenu des souriceaux en bonne santé à partir de deux souris femelles.


« C’est la première fois que l’on parvient à supprimer les barrières naturelles qui, jusqu’à présent, empêchaient deux mammifères de même sexe de se reproduire entre eux », a annoncé le journal Le Monde [1].

Les deux souris ne se sont toutefois pas vraiment « reproduites entre elles ».

Des scientifiques ont prélevé sur elles des cellules souches.

Après modification de certains gènes, ils ont réalisé un clone avec la moitié du patrimoine génétique de chaque souris.

Notre façon de nous reproduire est dépassée !!

N’empêche !

Le fait est que les scientifiques ont prouvé une nouvelle fois que notre façon de nous reproduire pourrait bientôt paraître complètement dépassée.

Nous sommes battus en brèche par la technique !!! Au diable les vieilles méthodes de grand-papa pour avoir des enfants !

Ce que nous ne pouvions pas faire (nous reproduire entre personnes du même sexe) est désormais possible. Ou, du moins, à portée de la main, car il faudra quelques années pour passer de la souris à l’être humain.

Maintenant, la question qu’on peut se poser est : pourquoi font-ils cela ?

Un progrès pour l’égalité entre les sexes ?

On peut voir cette nouvelle technique comme un jalon supplémentaire sur la voie de l’égalité entre les sexes.

Mais on peut craindre une vision beaucoup moins « rose », si j’ose dire.

En effet, ce n’est peut-être pas un hasard si ces progrès toujours plus audacieux sur la reproduction ont lieu en Chine.

La Chine, pays où les humains sont traités comme des choses au service de l'Etat

Rappelons que la Chine est une dictature qui a tendance à traiter ses citoyens comme de la « matière première » au service du parti unique.

Selon les époques, la population est massacrée (Grand Bond en avant, Révolution culturelle…), la surnatalité obligatoire (« Un enfant, c’est une bouche, mais c’est aussi deux bras », disait Mao) ou alors quasi interdite (politique de l’enfant unique depuis Deng Xiaoping).

Ce qui frappe quand on lit l’histoire récente de la Chine est l’indifférence apparemment totale des dirigeants chinois au bien-être de la population.

Priorité est systématiquement donnée à l’idéologie et à la puissance du parti central, les personnes n’étant qu’un moyen pour étendre l’influence des dirigeants et le prestige national.

Autre exemple en ce sens dont on en parle bizarrement très peu en Occident : la population chinoise sert actuellement de matériau à la première expérience grandeur nature de « dictature informatique totale [2] » :

Dictature informatique totale

Plus de 200 millions de caméras à reconnaissance faciale ont été installées à travers le pays pour un suivi à la trace des citoyens 24 h sur 24, où qu’ils se trouvent [3].

Leurs moindres faits et gestes, paroles, consultations de sites Internet, achats, sont enregistrés par un système centralisé qui attribue une « note de crédit social » à chaque citoyen.

Vous commencez avec un capital de 900 points, qui diminue chaque fois que vous faites ou dites quelque chose jugé indésirable par le régime.

Pire : votre note baisse aussi si quelqu’un de votre entourage (famille, ami, collègue, contact sur Internet) fait ou dit quelque chose jugé contraire aux intérêts du Parti.

Plus votre note baisse, plus vous vous rapprochez de la mort sociale : retrait de votre passeport, perte de votre travail, de votre maison, perte du droit de louer ou conduire une voiture, de louer une chambre d’hôtel, de prendre le train…

Considéré comme un « parasite social », celui qui perd ses points disparaît ou rejoint les camps de rééducation, où 1,5 million de personnes sont déjà internées.

Je vous invite à regarder les images stupéfiantes de ce système de surveillance digne de Matrix, publiées dans les médias : https://www.abc.net.au/news/2018-09-18/china-social-credit-a-model-citizen-in-a-digital-dictatorship/10200278

Bientôt des usines pour fabriquer des humains ?

Bref, plus que jamais la Chine de 2018 traite ses citoyens comme des choses, des objets qu’on peut jeter à la poubelle quand ils sont considérés comme inutilisables ou viciés.

Dans cette perspective, l’intérêt du gouvernement chinois pour les techniques de reproduction, ou plus exactement de fabrication d’êtres humains en laboratoire – et demain, peut-être, en usine –, est particulièrement inquiétant.

La dernière barrière au projet de soumission totale des individus au Parti communiste reste les solidarités familiales, le réflexe archaïque de protection que des parents peuvent éprouver pour leurs enfants, et vice-versa.

Envoyer des gens dans des camps continue de poser problème lorsqu’ils ont des parents, des grands-parents, des frères ou des sœurs, ou des cousins, qui s’inquiètent pour eux et risquent de protester.

Fabriquer des êtres humains hors d’une généalogie clairement identifiée est au fond le meilleur moyen d’avoir à disposition une population encore plus soumise.

Vous pourrez faire d’eux n’importe quoi, car ils n’auront plus de liens de solidarité profonds avec des personnes prêtes à tout pour les défendre, comme une mère ou un frère.

La dictature chinoise n’est pas la seule…

Je ne vais pas accabler les Chinois toutefois, car les autres pays ne font pas toujours mieux.

Aux États-Unis et en Europe, on observe aujourd’hui clairement une volonté de créer de tels individus sans racines, privés de cadres sociaux protecteurs.

Des biologistes britanniques ont créé en 2016 une matrice artificielle permettant de « cultiver » des bébés jusqu’à plusieurs semaines après la fécondation [4].

Sachant que les premiers jours de la vie sont les plus délicats, il semble qu’il n’y ait plus véritablement de frontière (autre que légale) empêchant de faire pousser des bébés dans une machine jusquà maturité.

Le médecin Jean-Yves Nau explique que les scientifiques ont déjà réalisé « les premiers pas de l’utérus artificiel [5] ».

« (L)a “grossesse artificielle” n’est plus ni un tabou ni un simple fantasme.
Assurer in vitro l’ensemble des fonctions physiologiques normalement remplies par le placenta et l’utérus entrera progressivement dans le champ des possibles.
On n’est ici, toute proportion gardée, qu’à un degré supérieur de complexité par rapport à celle du rein artificiel », écrit-il.

Des enfants sans nombril

Les fœtus ainsi obtenus ne seront néanmoins plus reliés à une mère par un cordon ombilical, puisque la machine leur apportera directement tous les nutriments nécessaires à leur croissance :

« Les enfants nés d’une machine auront des organes génitaux mais pas d’ombilic », avait expliqué, lors d’un congrès de bioéthique organisé en 2004, Rosemarie Tong [6], féministe et spécialiste de bioéthique (université de Caroline du Nord). « Ils seront de simples créatures du présent et des projections dans l’avenir, sans connexions signifiantes avec le passé. »

Combien de temps dureront encore les interdictions légales ?

Dans le domaine de la biologie reproductive, on sait ce que valent les « limites légales ».

Les comités d’éthique, censés freiner les innovations allant à l’encontre de la dignité humaine, se sont montrés remarquablement inopérants.

De toute façon, il semble qu’il y aura toujours un pays, une région, un laboratoire, qui se permettra d’aller aussi loin que la technique le permettra, toujours en invoquant les nécessités de la recherche contre l’autisme, la mucoviscidose ou autres, et sans, d’ailleurs, qu’aucun progrès ne soit réalisé dans ces domaines.

Si j’étais dictateur, en tout cas, et si j’avais un énorme problème d’ego me poussant à désirer des millions de créatures soumises, nul doute que je serais très intéressé par ces « progrès scientifiques », m’offrant la perspective de me créer une armée renouvelable à l’infini grâce à des usines à êtres humains.

Mais ce qui est clair, c’est que la vision selon laquelle la recherche sur les embryons a pour but premier le bien de l’humanité et la lutte contre les maladies paraît de moins en moins crédible.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis



21/10/2018
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